CONVERSION DES SUÈVE8 ET DES VISIQOTHS
eSeU r^etta, sur «on lit de mort, cet acte de fanatisme, et comprenant sans doute combien il était impolitique de s*aliéner les masses catholiques de son royaume, il recommanda lui-même son successeur Reccared au zèle apostolique de S. Léandre (A** 586)*. Avant de mourir, Leovigild avait achevé la conquête du royaume des Suèves et repoussé, par les armes de Reccared» les Francs, qui, sous le prétexte de venger Herménegild, avaient attaqué son royaume à la fois par terre et par mer'.
Reccared le Catholique.
Reccared, reconnu roi par ses Goths, fit la paix avec les Francs, mit fin à la persécution arienne et convoqua à Tolède une assemblée ou concile général tant des grands laïcs que des évoques du royaume; il y fit profession solen* nelle de sa foi catholique (A^ 589)^. Son exemple fut suivi par la masse de ses sujets, qui abjurèrent l'arianisme. Il y eut encore çà et là quelques soulèvements isolés, provoqués par le fanatisme des derniers évéques ariens : tels sont à Mérida le compétiteur de Mausone, Tévôque arien Suna^ ; en Septimanie Tévôque Attaloc de Narbonne^; à la cour même l'évéque Uldilas, qui conspira avec la reine mère Gosvinthe contre le roi, mais fut découvert à temps : Vévêque fut exilé;
^) LeoYÎgild moarut catholique, d'après Gregor. Turon. VIII, 46; hérétique, d'après Paul de Mérida c. 16. La version suivie ici est celle du pape {tb,), laquelle peut expliquer la contradiction des deux précédents.
') Cette intervention des Francs invoquait comme prétexte, avec la mort d'Herménégild, la captivité de sa femme Ingunde, la fille de Brunehilde. En réalité, Ingonde et son fils Athanagild étaient retenus par les Impériaux, qui avaient pris sous leur protection la famille d'Hermônégild, mais qui, au lieu de les reconduire chez les Francs, les emmenèrent à la cour impériale, ^mme otages, en attendant Texécution de Talliance promise par les Francs contre les Langobards. Ingunde mourut en route; Athanagild resta à Constantinople. Les Epistolae AustHasicae n? 27, 28, 29, 43, roulent sur une négociation ayant pour objet la restitution de cet otage de race royale.
*) CoLLKCTio ooNCiuoRUM HisPANiAB, od. Aguirro. Rome, 1693. Frédégaire «. 8. Gregor. Turon. IX, 15. Isidore, p. 289.
*) Paulus Emerit. c. 17-18.
*) Ib. c. 19. Gregor. Turon. IX, 15.
200 HISTOIKE DU MOYBN AGE.
la reine se donna la mo^t^ Reccared eut de même à soutenir une dernière attaque des Francs, qui nétait plus justifiable par le prétexte religieux. Il s'agissait en réalité d*enlever aux Goths la Septimanie : mais le duc Claudius remporta sur les Francs une victoire éclatante*, qui mit fin à leurs entreprises de ce côté (A** 589).
A partir de ce moment, Reccared régna encore dix ans dans une paix profonde, qui lui permit de consacrer toute son activité à régler Tétat intérieur de son royaume^, assisté par son principal conseiller St Léandre et encouragé par le grand pape St Grégoire, qui venait d arriver au siège pontifical. Dans ses lettres adressées au roi* et à l'évoque* et accompagnées de présents, St Grégoire se félicitait du triomphe de la foi catholique et les encourageait à persévérer dans Tœuvre commencée. Reccared en profita pour obtenir, par lentremise du pape, un nouveau traité avec lempereur Maurice fixant les limites respectives entre son royaume et l'enclave occupée par les Impériaux^. A la mort de Reccared il y eut une dernière réaction arienne (A** 601). Le chef de cette faction, Witteric, détrôna le jeune fils de Reccared Liuwa II, qui n'avait régné qu'un an, et le fit mettre à mort (A^ 603). Mais cette tentative n eut aucun succès. Après un règne de sept ans, l'usurpateur, qui avait échoué dans une guerre contre les possessions impériales du littoral, et que
1) Biclar A* 588.
*) Isidore, p. 289 : « Nul la unquam in Hispaniis Gothoram Victoria vel major vel similis extitit. •• Gregor. Turon. IX, 31. Biclar. Frédégaire c. 10. A ce général Claudius, est adressée une lettre élogieuse du pape : Régistrum, IX, n* 230.
3) Voir le brillant éloge de Reccared dans Isidon), p. 289.
*) Gregorii I Registrum IX n° 228, 229.
») Ib. InM3, 61.
^) Reccaredi Episiola ad Gregorium dans Baluze, Gollkctio YeUrum Monumentorum, t. V Paris 1700, (reproduit dans Registrum IX, n® 227 a). A l'occasion de cette négociation, S. Grégoire IX n? 229, nous apprend que les archives (Chartophylacium) du régne de Justinien, qui gardaient lat anciens pacta avec les Visigoths, venaient d'être détruites par le feu, « ita^ subita flamma incensum est ut omnino ex ejus temporibus pêne nuUa charta remaneret ».
sa vie dissolue et ses violences contre les catholiques avaient rendu odieux, fut à son tour victime d*une conspiration : il fut tué dans un festin (A** 610)*. Avec lui, disparaît l'arianisme définitivement. L'Espagne entière était catholique.
â VI. — LES FRANCS SOUS LES MEROVINGIENS JUSQU'AU CONCILE DE PARIS DE 614.
Textes anciens : Scriptores remm Merowlngarain (cité p. 81) : Grégoire de Tours; Frédégaire; l*anoDyme de VHUtoria Francorum, — Marias d'Avenches (cité ib.), — Portuoat, Opéra (vol. IV des Anctores Antiq.). — Les Vitae SS. (}ermani Pariêiemiê (S8 mai), Desiderii Viennensis (23 mai), Mauri abbatis (15 îaDvier), Gaugerici (11 août),Jfae?ardt (8 JuId), Vedasti (6 février), o*o/um6ant (21 novembre)*
TiuvAUX modernes : outre les auteurs cités p. 81, Kurtb, La reine Brunehaui (Revue des Q. Hist. 1891*). — Kellet, Gregory the Great and his relation u>ith Gaul, Londres. 1889. — Loebell, Gregar von Tuurs und eeine Zeit. Leipzig, 1839. — Digot, Histoire du royaume d^Atutraeie. Paris 1863. — Febi*, Staat und Kirche im Frànkischen Reiche. Vienne, 1869.
Pendant que l'Eglise regagnait pied à pied chez les autres nations germaniques le terrain perdu par les invasions, chez les Francs, laînée des nations chrétiennes, elle subissait une crise terrible : ailleurs les barbares entraient dans l'Église ; ici l'Église était envahie par la barbarie. La première cause de cette recrudescence de barbarie, il faut la chercher dans cette funeste coutume franque des partages, qui, traitant le royaume comme un héritage, mettait aux prises des héritiers rapaces, jaloux, effrénés dans leur ambition ou leur vengeance et ne reculant, pour les satisfaire, devant aucun genre de crimes : tel est le caractère de la seconde génération des Mérovingiens, celle qui se lève à la mort du dernier fils de Clovis, Clotaire P"" (A^ 561). 11 avait laissé, comme son père, quatre fils, qui reprirent le partage fait à la mort du fondateur de la monarchie en y adaptant les territoires conquis depuis : à Chari-
i) Isidore, p. 291.
bert échut Paris ; à Gontran , Orléans ; à Sigebert V\ Rheiros; à Chilperic P% Soissons*. Rien de moins stable d ailleurs que cette division, exposée dans le cours de leurs querelles à des remaniements incessants. Mais de ces partages réitérés, sortit avec le temps une division historique en quatre régions, répondant à la diversité de leur origine respective, à savoir : YAuslrasie ou la région de Vest (royaume de Sigebert), comprenant les Francs Ripuaires et les Francs transrhénans ; la Nevstrie^ (Chilperic), qui répond aux Francs Salions; Y Aquitaine (Charibert), conquise sur les Visigoths; la Bourgogne (Gontran), répondant au territoire des Burgondes.
Cette division était donc nationale autant que territoriale. Mais elle était surtout tranchée au point de vue de la civilisation. En Austrasie, où l'élément romain avait été quasi extirpé, subsistait un fond de paganisme^ et de barbarie germanique, qui ne disparaîtra qu'au viii* siècle, avec lapostolat de St Boniface. La Neustrie, au contraire, où la population romaine était plus dense, ainsi que les deux autres territoires, avaient conservé de beaux restes de la civilisation antique, qu'attestent l'activité industrielle et commerciale, la survivance des arts plastiques et des lettres
1) Gregor. Turon. IV, 22. Longnon, Géographie de la Oaule au VP siècle. Paria, 1878.
<) Ces dénominations, Austria et Neustria,({\ii se rencontrent aossi chez les Langobarls (supra p. 155) sont d origine germanique. Le sens d'Atistria, Oost-rijck, emprunté à l'orientation, est clair. On le rencontra pour la première fois dans Grégoire de Tours V, 14. Neustria n^est pas en usage avant Frédégaire. On le rencontre dans la diplomatique à la date de 681 (Pardessus n® 397) sous la forme in Niustreco. La meilleure explication est neuest r^jch, mais suppose un autre royaume plus ancien, auquel serait opposée une nouvelle France ou jeune France, Il n'était alors certes plue question de la Francia de la carte de Peutinger. Ce peut être le territoire nouveau conquis sur Sjagrius par Clovis, en tant que distinct de Tancien royaume des Saliens, l'héritage de Childeric.
3) C'est ainsi que St Grégoire I*' nous apprend dans ses lettres à Rrunehilde que ses sujets Francs, bien que baptisés, adoraient encore les idoles et les arbres. Registrum VI II n<* 4 : « pervenit ad nos quod multi et ad ecclesiae occurant et a culturis daemonum non abscedant. • Il demande : • ut idolis non immolant cultoresque arborum non existant. ■•
LES MÉROYINOIBlfS. 203
latines *« De là entre Neustriens et Austrasiens une opposition latente, que les querelles de leurs princes allaient faire éclater. C'est la seconde des causes qui expliquent les discordes du temps \ En effet les Francs ne pouvaient demeurer spectateurs passifs des querelles des Mérovingiens : la nation en profita pour reprendre son droit d'intervention dans Vélection du prince au sein de la dynastie. Bientôt il surgit çà et là des factions formées des premiers du royaume. Ce n'était point encore une aristocratie territoriale et héréditaire; leur puissance personnelle résultait des hautes fonctions qu'ils occupaient à la cour ou dans les provinces ; cette puissance qu'ils tenaient de la royauté, les grands la retournent contre le roi pour le mettre en tutelle, pour s'emparer, sous son nom, du gouvernement du royaume. Cette intervention des grands est la troisième cause qui contribua à plonger la nation dans les désordres des luttes intestines. Dans la lutte de ces factions le haut clergé fut entraîné fatalement. Les grands convoitaient les évéchés à cause des avantages temporels y attachés. Les rois, de leur côté, s emparant de Télection ou de la confirmation des évêques, en profitaient pour investir leurs créatures de ces hautes dignités : c'était un moyen d'accroître le nombre de leurs partisans et de grossir leur trésor. De là le vice de la simonie contre lequel le pape St Grégoire le Grand devait s'élever avec plus de vigueur que de succès ^ De là, à côté de quelques évêques modèles, tels que St Grégoire de Tours, le grand historien du temps, tant d'autres dont il flétrit dans ses écrits la conduite scandaleuse : tel l'évêque du Mans,
*) Voir le tableau remarquable qu*en a tracé Maurice Prou, La Gaule ^nérooingienne. Paris, 1 895. On y constatera que les utils recueillis sur cet état de la civilisation ne sont pas empruntés aux Austrasiens. Sur le commerce <le répoque, Hejd, Geschichte des LevaniéhandeU im M.-A, vol. I. Leipzig,
') Augustin Thierry et son école, partant de leur théorie sur le rôle des ncM en histoire, ont exagéré la part que cette seconde cause a eue aux luttes da VI* iiécle : ils en font uniquement une rivalité de race entre Oermains et Oallo-Romains, alors qu'il ne s'agit que d'une explosion de la barbarie se numifestant par des violences personnelles et décousues. Aug.Thierry, Lettres 9wVhistoirê de France. Paris, 1827.
') Voir plus loin, p. 214.
Baudegisel, qui laissait passer à peine ud jour sons dépouiller ses concitoyens ou leur susciter des procès; tels le& évêques Salonîus d*Embrun et Sagittaire du Gap, deux frères, qui se mêlaient aux combats, armés du casque et du bouclier, et s'abandonnaient chez eux aux vices les plus honteux *. Avec des exemples* partis de si haut, on s'explique le débordement de crimes et de vices qui ne pouvait manquer d*entralner toutes les classes de la société'. Durant cette crise, les monastères, qu on a vu naftre en Gaule, continuaient à se multiplier, derniers refuges alor» des vertus et de la civilisation chrétienne. Parmi ces nouvelles fondations, plusieurs sont dues à la munificence de ces mêmes rois mérovingiens, chez lesquels les passions n avaient pas pourtant éteint la foi^. La plus célèbre est le monastère double de Poitiers, fondé par la reine Ste Radegonde, qui y donna, jusqu à sa mort (A^ 587), l'exemple d'une haute piété '. La règle de St Benoit corn-
1) Sur l'ÈgliM franque au vi* siôcle, Hergenrôther I, p. 695697; LôbeU (cité) p. 309-358.
S) Ainsi parle le pape s^adressant A la reine franque Brunehilde, Regisirum XI n® 171 : «Causa sunt rainae populi sacerdotes mali. «
3) Gregor. Turon. VI, 6 : • Est enim omnis populus infidelis, perjuriis deditus, fartis obnoxius, in homicidiis promptus, at quibus nuUus justitiae fructus nullatenus crescit. » Ces lignes suffisent; elle valent un tableau. C'est pour couper court A la multiplication de ces crimes prirés, que les trustit locales furent alors organisées ou, si elles existaient déjà chez le» Germains, introduites dans les cantons non germaniques, où cette institution est nouvelle. C*est le sens le plus simple A donner à cette prescription r • decretum est centenas fieri » du plus ancien capitulaire mérovingien ; la date est controversée, selon qu'il s'agit de Clotaire I*' ou de Clotaire II. M oimmenta de Pertz in-4o : Capitularia Regum Franoorum vol. I. n*" 3, § 9.
^) C'est à des fondations monastiques que se rapportent presque tous les documents qui nous restent de la diplomatique mérovingienne, au nombre decent et une vingtaine, dont la moitié sont faux ou falsifiés. Les éditions dassiques sont : Diplomata abtatis MbrovCngicab éd. Pardessus (Bréquignj). Paris 1841-49. 2 vol. fol. Diplomata Impbrii 1. 1. Hanovre, 1872f8érie in-fol. des Monnmenta de Pertz). Trente-sept diplômes existent encore en originaux aux Archives nat. de France, reproduits en fac-similé dans : Diplomata et* Charta Mbrovingicab ABTATI8 in Archive Francise asservata. Paris 1844-66. Atlas Ce sont les controverses engagées sur ces précieux restes qui ont donné lieu au De re diplomatica, le chef d'œnvre de Mabillon.
^) Le Testamentum Radegundis en faveur de Poitiers est authentiqa»> <Pertz n«» 7).
meDçait à se répandre en Gaule aussi, apportée, dit-on, par son principal disciple St Maur, auquel la fondation du monastère de St-Maur-sur-Loîre est attribuée*. Mais l'événement le plus considérable dans Thistoire religieuse du temps, est l'arrivée en Gaule du moine celtique S. Colomban, avec ses douze compagnons. Etablis dans les Vosges, ils y fondèrent trois monastères, dont Luxeuil fut le principal {M" 590). Colomban y apportait, avec les usages celtiques, une règle propre, qui fit quelque temps concurrence à la règle bénédictine dans les monastères de la Gaule*. S. Colomban fit davantage en donnant une nouvelle impulsion aux missions parmi les populations barbares du continent. Son <^ractère indépendant allait, il est vrai, lui susciter des adversaires qui contrarièrent son œuvre. Mais il laissait des disciples pour la continuer, St Gall, Tapôtre des Âlemanes, St Livin apôtre et martyr en Flandre, St Amand, auquel la Flandre doit le monastère de ce nom. C'est au zèle de ces hommes de Dieu, qui vivent encore dans la mémoire reconnaissante de la postérité', que la nation doit d'avoir traversé cette crise violente, sans y périr.
1) Pour St Maar, St Grégoire le Grand (dialogi II c.) De fait aucune aliu- «ioo à sa mission en Gaule, sujet d'une controverse inépuisable : cfr dom Plaine, dans les Benedictiner Studien vol. 16 (1895), Girj, Bibl. E, Chartes Tol. 57 (1896). La yUa auctore FatASto, condamnée déjà par Papebroich, doit être abandonnée. Reste le diplôme de Clotaire I^' (c. 550) en faveur de H-Maur sur-Loire « in quo, dit le texte. Ven. Maurus.patris Benedicti discipolus, abbatis more videtur prodesse potius quam praeesse », Pertz n® 6, Pardessus II n<* 1 : l'un et Tautre le classent parmi les diplômes authentiques, sans en discuter la valeur. Une mention de cette donation dans Aimoin II c. 25 prouve seulement que cet acte, vrai ou faux, existait déjà au x* siècle, li doit être tenu au moins pour suspect.
*) St Colnmbani, Régula cœnobialis, éd. Seebass. 1896.
8) Il resta encore beaucoup à faire dans ce domaine de l'hagiographie mérovingienne, l'une des plus riches, en un sens des plus intéressantes, mais dont la critique est des moins faciles : le triage des Vitae originales dépend en grande partie du dépouillement des MSS : il faut suivre ce travail dans les ÀNALBCTA BoLLANDiANA (trimestriel depuis 1882] et dans les inventaires des MSS, qui y sont annexés : Catalogue codicum hagiographicorum Bibl. K. Braxellensis 2 vol. Bruxelles, 1886-89. Item Bibl. N, Parisiensis, 3 vol. Paris, 1889 93. Dernière édition de ces Vitae aux vol. 2 et 3 des SS. Rbrum Mbrowing.
Les MérovingieDS jusqu'à la mort de Sigebert I« (Pan 578),
t Presque aussitôt après le partage des États de CIotaire'H.'» unepremièreguèrre fratricide mit aux prises deux de ses fils, Sigebert, qui régnait sur l'Austrasie, et Chilpéric son voisin de Neustrie. Sigebert, dont les possessions s'étendaient jusqu'à TElbe, sétait porté avec toutes ses forces sur cette frontière pour repousser une incursion des Âvars arrivés d'Asie récemment^. Chilpéric, son frère, en profita pour envahir son domaine et s'emparer de sa résidence royale de Rheims. Sigebert, après un premier succès remporté sur les Avars, revint sur ses pas, reprit Rheims et à son tour se mit en possession de Soissons la capitale de Chilpéric, qui dut transférer sa résidence à Tournai (A"* 562)'. La mort de leur frère Charibert, qui ne laissait pas d'héritier (A** 567), les rapprocha, en leur fournissant l'occasion d'un nouveau partage à l'amiable entre les trois survivants. Paris, la capitale de Charibert, fut laissé dans l'indivision, avec cette clause qu'aucun d'eux ne pourrait entrer dans cette ville sans
1) Oénéalogie de la 2« génération des Mérovingiens, de Clotaire I*' à Olotaire II :
Clotairic !•' t 561
Aquitaine Bourgogne | Anatraaie Nenstrie
Charibert Gouthran f 592, Sigebert !•' f 575 / Chilpéric fôôT qui adopte en 577: sBranehildet6l3| f ^^
IMérooée^jyrr, ChILDKBBRT II 1= 1' Audovcra|= Brunehilde
né en 57 1 f en 596
{ ClocU 1 589
\-. 3* Frédégonde t597
Theuderic II Thbudebbrt II
né 587 t 61-2 né 586 f 613 ( Clotaikk II