‹ Histoire du moyen âgeChapitre 46 sur 114 · HÉRACLIUS · texte numérisé non relu

HÉRACLIUS

Les Arméniens n'avaient pas cessé de combattre le nestorianisme; mais ils se laissèrent entraîner dans l'hérésie opposée, celle des monophysites. Héraclius fit un dernier eflFort pour les ramener à Tunité. Un synode arménien, réuni en 645 à Tovin, qui déclara admettre les trois premiers conciles, mais rejeta le IV*", consomma la séparation*.

Les monophysites ne comptaient pas moins d adhérents dans la province de Syrie, où ils étaient connus depuis le vi^ siècle sous le nom de chrétiens jacohites^ du nom de Jacques Baradeus, le fauteur principal de cette doctrine parmi eux.

Un troisième foyer dé la même hérésie s*était formé en Egypte; presque tous les indigènes, au nombre de plusieurs millions, s'y rallièrent : on les nomme les chrétiens coptes, tandis que les Grecs de l'Egypte demeurés orthodoxes étaient appelés Melchiies ou Impériaux. L'un et l'autre parti avaient son patriarche à Alexandrie.

Quant aux monothélites, ils n'eurent qu'un succès éphémère. Après leur condamnation définitive, ils trouvèrent un refuge dans les montagnes du Liban, séparés du reste de l'Église par la domination des Arabes musulmans. On les a appelés les chrétiens maronites^ du monastère de St-Maron, fondé au vi® siècle, aux sources de TOronte et devenu le centre religieux de ces populations*.

Telle était la situation de l'Orient au moment de la conquête arabe, conquête rendue facile autant par ces divisions religieuses que par l'épuisement résultant de la dernière lutte politique des Romains et des Persans.

^) Ce nom de diùiranites apparaît pour la première fois au viii* siècle, dans les écrits de S. Jean Damascéne (De recta sententia, c. 8), qui les qualifie 4:héréUques, Ils étaient encore monothélites au xi* siècle, à l'époque des erotsades, qui amenèrent leur réunion à TEglise catholique : ceci est attesté par on contemporain immédiat, l'historien Guill. de Tjr, XXII, 8. Depuis Isor conversion, les Maronites ont voulu faire croire pourtant que leurs ancêtres n'avaient jamais versé dans Thérésie. Sur cette controverse, Hergenrôther I p 532.

§ ir. — LES ARABES AVANT MAHOMET.

Textes arabes : Monumenta vetustiora HistùHae Arabicae, éd. ScimlteD8, Leyde, 1740. ~ Tabari (at). Annales. Sectio I (usque 635). e<i. Go€|je, Barthe etc. Leyde, 1879 (en publication, mais inaccessible aax DOD-arabisants, faute d'oae version : il n'en existe traduits qae des extraits : chronique de Tabari^ traduite sur la version persane, par Zotemberg. Paria 1867-74. 4 vol.; Tabari, Geschichte der Zeit der Scusaniden, ùber. von Nôldeke. Leiden, 1879.) - Eutychii Alex. Annales éd. Pocoke (avec version latine). Oxford. 1659. 3 voK in-4.

Travaux modernes : Caussin de Perce val. Essai sur F histoire des Arabes avant Vislamisme et sous Mahomet. Paris, 1847. 3 vol. — Sprenirer, Die alte Qeographie Arahiens. Bern, 1875- — Glaser, Geschiàhte Arabiens bis zum Muhamed. Berlin, 1889-90.

« Habitant sous un ciel brûlant, dans une presqu fie défendue d'un côté par les déserts et entourée par la mer des trois autres côtés; isolés des autres nations qu'ils n'ont janaais craintes, ni recherchées ; préférant la vie nomade à l'établissement des grandes sociétés; fiers, libres et indépendants; jamais asservis par aucun conquérant étranger; de tous les peuples incultes de l'Asie, le peuple nomade ou Bédouin par excellence » , tel est le portrait que nous fait des Arabes l'un des grands arabisants du siècle ^ La contrée qu'ils habitent, bien qu'immense, n'a pas une seule rivière digne de ce nom. Aussi la culture n'y existe qu'à l'état sporadique, sous forme d'oasis plus ou moins étendues. Le reste n'est habitable que par des populations nomades, qui vivent de leurs troupeaux et subsidiairement du trafic qui se fait par les caravanes à travers les déserts. Dès les temps les plus reculés « le pillage y passait pour un moyen légitime de s'enrichir; c'était le lot assuré aux braves. La vengeance qui demandait du sang, non seulement pour le sang répandu, mais encore pour l'aflPront reçu, était la première loi de la bravoure arabe. Celui qui ne lavait pas l'injure dans le sang, de l'ofFenseup, était déshonoré. De là ces guerres perpétuelles qui ruinaient des tribus entières pour un propos injurieux ou pour une jument enlevée. ^ A cet esprit guerrier, au

^) J. de Hammer, Mines de l Orient. Vienne, 1809. t. I, p. 372 et ss.

Page 1