‹ Histoire du moyen âgeChapitre 51 sur 114 · JUSQU'AU CALIFAT DES OMMAYADES · texte numérisé non relu

JUSQU'AU CALIFAT DES OMMAYADES

Textes anciens : TabaiM(at), Annales, Sectio II (635-737). Leyde, 1889, (sapra p. 232).Taberistanensis Annales.pars V(632-637), éd. Kosegarten. Greiswald 1831-38, 3 vol. iD-4o (avec version latine) — Belad8ori(al), Liber expugnationis regionum, éd. de Qoeje. Leyde, 1864-65. — (Abu Abdalla?) Liber de expugnatione Memphidis et Alexandriae, éd. Hamaker. Leyde, 1825. —(al) Wakedl, LfberdeMesopotamiae exptcgnatione, éd. Ewald. Gôttingue, 1827, in-40 (version allemande par Wellhaasen, 1882). — Eotychius (cité p. 232).

Travaux modernes -. Weil, Geschichte der Chalifen, Vol. I. Mannheim, 1846. — Mair, Annals ofthe early Caliphate. Londres, 1883. — J. von Hammer, Die Landervenoaltung unter dem Chalifaie Berlin, 1835.

Abou Becr.

Mahomet, absorbé par la propagande de sa réforme religieuse d abord par la persuasion, ensuite par les armes.

avait négligé de donnor une organisation politique à la société nouvelle qu'il venait de fonder. Il mourut sans avoir réglé sa succession, ne laissant qu une iSille, Fatime, dont les deux fils étaient encore en bas âge *. Ali, leur père, qui était à la fois le gendre et le cousin de Mahomet, semblait devoir succéder à celui-ci. Mais Ali fut supplanté par Abou Becr', le beau -père de Mahomet, qui, durant sa dernière maladie, lavait désigné comme son remplaçant, pour présider à la prière publique. A ce titre, il fut reconnu comme le vicaire du prophète dfi Dieu (Khalif resoul Allah), d où le nom de calife, qui est resté aux successeurs de Mahomet, et sous lequel ceux-ci concentrent dans leurs mains les deux pouvoirs, spirituel et temporol. Cependant la mort de Mahomet faillit rompre le lien qui venait de réunir les tribus indépendantes de TArabie. La plupart refusèrent de reconnaître Abou Becr ; de nouveaux prophètes, séduits par le succès de Mahomet, parmi lesquels se distinguèrent Toleicha et Moseilama. s'élevèrent et réunirent un grand nombre de partisans. Le calife dut rassembler les fidèles qui lui étaient restés à Médine et deux autres villes, et réduire les rebelles par les armes.

Abou Becr reprit ensuite les projets de conquête de

^) Généalogie des parents de Mahomet, de la branche des Hachémites :

Hachem

Abd el Motaleb

Abou Becr (f 634) AbdaHah Aboa Taleb Abbas,

I I I souche

Aysha « Mahombt (f 632) Au (t 661) des Abbasôdes.

^f 674) = Kadisha = Fatime

Hussein Hassan

Ali, souche des Fatimides.

*) Abou Becr est son surnom, qui signifie père de la vierge, c^està-dire d*Ai/s?ia, la préférée des femmes du prophète. Il s'appelait auparavant Abdallah.

LES SUGGESSl^URS DB MAHOMET. 251

son prédécesseur, dont il chargea ses généraux, Kaled, surnommé Yépée de Dieu, Abou Obeidah et Âmrou. Le premier, après avoir vaincu le faux prophète Moseilama, poi*ta la guerre dans la province persane d7rac, l'ancienne Ohaldée, qui était arabe dès lors par sa population, et quil •conquit facilement sur les armées persanes, grâce à la connivence des indigènes. Il renversa le royaume arabe de Hira,qui confinait à la monarchie persane, tandis que Tautre général, Âmrou, attaquait le royaume arabe de Gassan, sur les contins de la Syrie romaine. Abou Obeidah, le troisième général, porta la guerre sur le territoire de l'Empire, où il fut rejoint par les deux autres armées. Les Arabes, avec ces forces réunies, fesaient le siège de Damas, lorsqu Abou- Becr mourut, laissant la réputation d*un musulman pieux, int^re et humain. Ce caractère se reflète dans les instructions qu'on lui attribue, lorsqu il envoya les armées arabes à la conquête du monde : <» Invitez les peuples à embrasser la vraie foi avant de leur faire la guerre, n'exigez de profession de foi que des hommes faits, respectez tout ambassadeur, n'exercez jamais de cruautés sur l'ennemi, ne tuez point les vieillards, les femmes et les enfants, ne coupez pas les arbres fruitiers, ne ravagez pas les champs en culture*. » Avant de mourir Abou Becr désigna Omar pour son successeur ; il l'avait chargé de faire la prière publique pendant sa maladie.

Omar I».

Mahomet avait dit d'Omar que si Dieu avait arrêté dans ses décrets de donner au monde un autre prophète que lui, son choix n'eût pu tomber que sur Omar. Cette parole du prophète fut pleinement justifiée par les succès de son second successeur, le plus grand peut être de tous les califes. « D'un caractère austère et farouche, observateur sévère des préceptes du Coran, repoussant loin de lui et de son peuple toute idée de luxe et de culture, c'était un Moslim accompli, r»

^) D'après al Wakedi. Dans le texte d'at Tabari ces instructions sont formolées aatrement, mais Tesprit en est le môme. Cfr Weil I, p. 9i

Jusqu à la fin de sa vie, il garda cette simplicité de moeurs^ ne sa nourrissant que de pain d orge, d*herbes et de légumes et ne portant qu'un vieux manteau rapiécé. Il se considérait seulement comme administrateur des trésors qui affluaient en Arabie à la suite des conquêtes de ses généraux, et il en rendait un compte exact aux Musulmans. Omar tâcha de, conserver chez son peuple une simplicité de mœurs sera- . blable à la sienne : il interdit la navigation, proscrivît l'architecture et on lui attribue la destruction des livres de la littérature profane*. Les Musulmans lui donnèrent le titre d'Emir al Moumenim, chef des croyants. Sous ce califat» les conquêtes se succédèrent rapidement. La première uou-^ velle qu'il reçut, fut celle de la prise de Damas par les armées réunies sous le commandement d'Abou Obeidah, auquel les deux autres généraux furent subordonnés (A** 634). L'empereur Héraclius renonça à combattre en personne contre ces formidables ennemis. Son armée envoyée au secours de ; Damas avait été défaite. Emèse fut prise après un siège de deux mois, et les Grecs vaincus dans deux batailles, la première près de Kiunesrim et la seconde sur l'Iarmuk, affluent du Jourdain (A^ 636). Toute la Syrie tomba au pouvoir des Arabes, et ils assiégèrent enfin Jérusalem, d'où Héraclius venait de retirer le bois de la vraie croix. La ville se défendit deux ans et capitula enfin sous la condition de se rendre au calife même (A"* 038). Omar arriva de Médine et signa lui- même les conditions de la capitulation : il accorda aux habitants la liberté de leur culte sur l'entremise de leur patriarche Sophronius, en leur imposant le tribut ordinaire et en leur défendant Tusage des armes. Une mosquée fut

1) On connAlc sa réponse à son général Amrou, qui. après la conquête . d'Alexandrie, lui écrivit pour savoir ce qu'il fallait faire de cette masse de livres accumulés dans les bibliothèques célèbres de cette ville : « Si ces livres ne contiennent que ce qui est dans le Coran, ils sont inutiles; et s'ils' renferment autre chose, ils sont dangereux. IL faut donc les brûler. «* Il n*j a. à retenir de cette anecdote que l'opinion qu'Omar a laissée de lui. Car il est reconnu que ces bibliothèques d^Alexandrie n'existaient plus au iv* siôcle,. A lepoque d'Orose (VI, 15) et d'Ammien Marcellin (XXII,. 16).

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