‹ Histoire du moyen âgeChapitre 52 sur 114 · LES SUCGESSBURS BB MAHOMET · texte numérisé non relu

LES SUCGESSBURS BB MAHOMET

élevée à côté de Tégliise de la Résurrection*. La conquête de l'Asie jusquau Taurus fiit achevée par la prise d*Antioche et de Césarée, tandis qu Héraclius, découragé, s'embarquait avec son armée pour Constantinople (A'' 638). Abou Obeidah mourut dans la même année et eut pour successeur dans le gouvernement de la Syrie Moaviah, cousin d*Abou Sofian, de la famille d'Ommaya. Saad fut chargé de continuer la guerre en Perse; Amrou pénétra en Egypte.

Deux partis hostiles existaient^ on la vu, en Egypte : les anciens habitants, que l'on désignait sous le nom de Coptes et dont le nombre s'élevait à six millions, professaient Thérésie des Jacobites, tandis que les Grecs ou impériaux étaient orthodoxes. Benjamin, le patriarche des Jacobites à Alexandrie, avait été chassé de cette ville : il entra au nom des Jacobites en négociations avec Amrou. Le général arabe leur promit la liberté religieuse et parvint jusqu'au Nil, où il s'empara de la ville de Mesr, l'ancienne Memphis, presque sans résistance. L'armée grecque campa pendant quelque temps en face des Arabes ; mais abandonnée ^ttrahie par les Coptes, elle fut obligée de se retirer à Alexandrie. Le reste de l'Egypte tomba au pouvoir d' Amrou, qui assiégea la ville d'Alexandrie et la prit après un siège de deux ans {k^ 641).

A la même, époque tombait en Asie la monarchie des Sassanides. Après une guerre civile pour le trône, le dernier •de ceux-ci, Isdigerd III, âgé de quinze ans, était monté sur le trône. Déjà Basra sur l'Euphrate était occupée par les Arabes (A'' 635). Une armée persane de 100,000 hommes, envoyée au devant de ceux-ci, fut totalement défaite dans la bataille de Cadésia (A** 636). Après une deuxième bataille qu'il gagna sur les Persans près de Djalula, le général Saad s avança jusquau Tipfre et assiégea Ctésiphon, que les Arabes appelaient Madaïn ou les deux villes, en y comprenant le faubourg de la rive gauche. Cette capitale repoussa toutes les attaques des Arabes, dont le camp fut transformé plus

*) Théophane, p. 519.

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tard en ville, sous le nom de Coufa ' . Ctésiphon fut pri& après une héroïque défense de deux ans*, et la bibliothèque du roi de Perse fut jetée dans le Tigre. Isdigerd, après avoir tenté en vain la fortune dans plusieurs batailles, se retira à Rey (Rhagès),lieu remarquable par un des plus anciens temples consacrés au culte du feu, et abandonna à son général Firuzan la défense de son royaume. Les Persans appelés aux armes accoururent sous les drapeaux de Firuzan au nombre de cent cinquante mille et combattirent pour leur indépendance dans la bataille de Nahavend (A^ 641)^ : ils succombèrent; leur général fut tué, et le dernier descendant de Sassan s'enfuit dans le Chorasan. Poursuivi par ses infatigables ennemis, il chercha un asile chez le kakhan des Turcs. Secouru par celui-ci, il ne rentra dans son royaume que pour y périr, assassiné par une main inconnue^. Le royaume des Perses fut ainsi détruit, mais la haine des adorateurs du feu contre l'Islamisme ne tomba pas aussi vite. Un esclave persan nommé Firouz assassina Omar dans la mosquée de Médine, vengeait ainsi les malheurs de sa patrie.

Omar a été le premier organisateur du califat. Pendant que ses généraux combattaient , ils visitaient les provinces^ conquises, et en réglaient le nouveau gouvernement. Il s'attacha principalement à empêcher le mélange des musulmans avec leurs sujets, les infidèles. Pour assurer l'unité religieuse de l'Arabie, il en exclut tous les dissidents, tant juifs que chrétiens, en leur fournissant les moyens d'émigrer dans les autres provinces. Il ne voulut pas non plus que les Arabes conquérants s'établissent dans les anciennes capitales de l'Orient, où ils seraient exposés à se vicier au contact d'autres mœurs. Après la prise de Ctésiphon, la capitale de la Perse, il établit la résidence du gouvernement de cette contrée dans la ville nouvelle de Coufa, bâtie en deçà de l'Euphrate. !1 donna pour capitale^

1) Weil, I p. 75.

-) Rawlinson, Seventh Oriental Monarchy, p. 565.

3) là. p. 573.

^) Ib. p. 575.

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