LES SUCCESSEURS DE MAHOMET
à rÉgypte, au lieu d* Alexandrie, la ville plus rapprochée de Fostat, aujourd'hui le vieita; Caire*. Aux peuples conquis, il laissa, avec des restrictions, la liberté religieuse et se contenta d'imposer aux inlSidèles* un tribut modique, moins élevé que les charges de tout genre dont ces pays avaient été accablés sous la domination romaine. L'Egypte fut surtout une conquête précieuse parce quelle devint un grenier d'abondance pour l'Arabie et sa capitale Médine. Dès le califat d'Omar, on chercha à rétablir la communication qui avait existé autrefois entre le Nil et la mer Rouge. Dès son temps aussi, les Berbers, ces Bédouins de l'Afrique, entrèrent en relations avec les Arabes, avec lesquels ils ont tant de ressemblance. Ils envoyèrent des ambassadeurs à Omar, et reçurent de lui le titre de parents des Arabes. La conquête du nord de l'Afrique, jusqu'à l'Atlantique, fut ainsi préparée.
Othman.
Othman ou Osman (c'est la prononciation turque), de la famille des Ommayades,^ fut l'un des six disciples de Maho-* met, auxquels Omar délégua le soin de choisir son successeur
1) Postai (qui signifie tenie en arabe) leur avait servi de camp ; mais il ooeapait l'emplacement d*uDe ancienne ville connue sous le nom de Babylone d'Éffypie. D'où le nom de Soudan de Babylone donne au souverain d'Ëgjpte au temps des croisades. Guill. de Tyr XIX : 14. Cf. Kiepert, A. Geogr,^ p. 200.
^) Ce tribut des infidèles était déjà prévu dans le Coran, qui porte : « Ne forcez pas les infidèles À embrasser la vraie foi contre leur gré et contentezvous de leur soumission en leur imposant un tribut, n Par contre les croyant» i»OBt exempts de fout tribut; ils ne doivent que Taumône.
3) Généalogie de la branche des Ommayades :
Ommaya
Âboul As
Harb
Afian Hakem
Abou Sofian (t 65
0tliiiian(t656) Merwan I (f 684) 3« calife. ?• calife.
Moaviah (f 679) 5« calife.
il réunit le plus grand nombre de suffrages, malgré l'opposition d'Ali, qui dut se soumettre à ce rival. Othman, qui était d'un âge avancé et d'un caractère faible, se laissa constamment conduire par sa famille, qui s'empara ainsi toutes les premières places dans le califat, ce qui fut l'origine de l'opposition qui finit par éclater contre lui. Son cousin, Moaviah, était déjà gouverneur de l'importante province de Syrie. Othman, levant la prohibition de son prédécesseur, lui permit d'armer une flotte et de commencer les conquêtes maritimes tandis qu'Abdallah, le gouverneur de l'Egypte, remportait sur les Grecs la victoire de Jacoubé et rapportait un immense butin d'une expédition entreprise sur le territoire de Carthage. Cependant Moaviah poursuivait le cours de ses opérations maritimes : il occupa l'île de Chypre (A® 648), conquit l'île de Rhodes et disposa tout pour attaquer Constantinople à la tête d'une nombreuse flotte. Après une victoire navale dans laquelle il anéantit, près des côtes de la Lycie, la flotte grecque commandée par l'empereur Constantin II, il était au moment de faire voile vers le Bosphore, Iprsque la nouvelle de l'assassinat de son cousin le calife arrêta ses projets. La destitution d'Amrou, au profit d'un parent d'Othman, avait irrité les Arabes d'Egypte et fourni aux Byzantins l'occasion de reprendre Alexandrie. Replacé à la tête des armées, Amrou prit Alexandrie une seconde fois; mais il ne fut pas rétabli dans sa première dignité. Le mécontentement éclata au retour des troupes d'Egypte : le calife fut insulté en pleine mosquée, et, poursuivi jusque chez lui, sur son refus d'abdiquer, il fut assassiné (A"* 656).
Ali.
L'assassinat d'Othman fut le signal d'une première guerre civile, qui dura cinq ans et sema la dévastation dans toutes les parties du nouvel empire. Ali fit de nouveau valoir ses droits au califat, et cette fois il s'y fit nommer par ses partisans à Médine. Mais il se forma contre lui une cabale à la tête de laquelle se plaça la veuve du prophète, Aysha, que les Arabes appelaient la mère des croyants. En vue d'éviter