‹ Histoire du moyen âgeChapitre 56 sur 114 · I - . 1'* abbesse de Nivelles. « Ansegisel (-j · texte numérisé non relu

I - . 1'* abbesse de Nivelles. « Ansegisel (-j

Childebert Vulfetrude (f 658) fonde Ândenne

(t656) 2« abbesse de Nivelles en 691.

depuis 658.

2) 11 faut rejeter comme un paradoxe la thèse qui a voulu faire de Charlemagne un représentant de la nationalité romane (Léo, H. Karl der Grosse veiner Abstammung nach ein Romane, vol. I de la Zeitschrift far Gesckichte de Rosenkring), ne descendant des Francs que par la fille de Pépin. S. Âmoul, qui est l'ancêtre mâle le plus reculé de Charlemagne, n'était pas moins que Pépin de race franque, comme l'atteste son historien Wamefried, ib, • Post Los (supra n. 1), Arnulfus ex nobilissimorum Francorum stemmate ortas. ** Il le fait même descendre des Troyens, c'est-À-dire, dans sa pensée, de la «ouche primitive des Francs, pour expliquer le nom prétendument trojen du fils de S. Ârnoul, Ansegisel, qu'il croit emprunté à Ânchise, pore d'Enée, ib. Quant aux généalogies carolingiennes du ix* siècle, qui, pour ennoblir les origines des Pépins, se sont avisées de les rattacher par les femmes aux Mérovingiens, les recherches de Bonnell (Anfànge, cité, p. 9) en ont dévoilé la fausseté, ainsi que le procédé du faussaire, qui s'est emparé, en le dénaturant, du texte de Warnefried, cité supra, où il est question d'un autre évéque Ârnoald, descendant présumé (ut fertur) de Clovis. On commença par greffer la famille de Charlemagne sur celle d'Ârnoald, en faisant de

GloUire II, seul roi des Francs (613-6â9).

Pépin TAncien et Arnoul de Metz avaient débuté ensemble à la cour d'Austrasie, sous la régence de Brunehilde ; en provoquant la chute de cette reine altière, ils avaient contribué à la réunion de tous les Francs sous l'autorité unique du fils de Frédégonde, Clotaire II (A* 613). A la cour de Neustrie où ils se fixèrent alors, Arnoul et Pépin se rencontraient avec quelques hommes d'élite, Aquitains pour la plupart, qui devaient dans la suite illustrer TÉglise et qui déjà édifiaient le monde par leur vie exemplaire : c'étaient S. Didier de Cahors, attaché au palais comme trésorier du roi, S. Eloi, alors orfèvre de la cour et préposé à la monnaie royale, Dadon (S. Ouen), qui remplit les fonctions élevées de réfendaire sous le roi Dagobert *. Dans ce groupe d'hommes unis d'une étroite amitié, on voit poindre la rénovation religieuse qui date des réformes réclamées naguère par S. Grégoire le Grand et décrétées récemment par le concile de Paris (A° 614). L'union politique des Francs qui devait faciliter l'accomplissement de ces réformes, ne fut pas, il est vrai, de longue durée. Les Ripuaires avaient eu trop longtemps leurs rois particuliers pour descendre au rang de simple annexe du royaume des Neustriens. Aussi dès que le fils aîné de Clotaire II, Dagobert I fut en âge de régner, son père lui délégua le gouvernement particulier de l'Austrasie, avec Metz pour résidence (A^ 623). Dans l'Austrasie,

celaici le père de S. Arnoul. La famille d'Arnoald fut à son tour greffée sur une famille sénatoriale d'Aquitaine, les Tonantii Ferreoli, et l'on put ainsi remonter dans la généalogie de Charlemagne jusqu^au v« siècle. Voir Bonnell, cité, p. 42. En réalité, le père de S. Arnoul est inconnu aussi bien à lanteur contemporain de la vita S, Arnulfi, qu'à Warnefried.

*) VUa S. Desiderii Cadurcensis : « Desiderius. . . inter palatii ministeria... liabebat amicos bonse fidei viros, Paulum scilicet, Amulphum, Eligium et Aodoenum. « Il noas est parvenu un monument plus immédiat de ces amitiés dans une correspondance du temps, les Epistolae Desiderii Gardncensis au tome III des ëpistolae, série in-4°, de Perti.

2) Mentionné en cette qualité dans les Diplomata n° 14-17 édit. de Pertz,

dont ce jeune prince reçut alors la couronne étaient compris tous les peuples de la Germanie transrhénane, les Saxons exceptés. Encore parmi ceux-ci, les plus voisins de la frontière franque avaient dû se reconnaître tributaires des Mérovingiens déjà au temps de Clotaire I, et ils continuaient à fournir depuis lors leur tribut annuel de 500 vaches. Il paraît toutefois qu'à Tavénement de Dagobert, croyant Clotaire II mort, ils essayèrent de secouer cette domination : une prompte intervention de ce dernier aurait coupé court à ce soulèvement * .

Cette association du fils au gouvernement du père était une innovation heureuse : elle avait l'avantage de laisser à chaque fraction des Francs une certaine autonomie, sans les exposer au péril de ces guerres fratricides issues des partages précédents. Un concile national réuni à Clichy (A** 627)', et auquel prirent part tous les évoques de la Gaule, atteste que s'il y avait deux royaumes, il n'y avait pourtant qu'une nation. Pépin et Arnoul, qui avaient présidé à l'éducation du jeune Dagobert, furent chargés de l'assister de leurs conseils, l'un comme maire du palais, l'autre comme évéque de Metz. Unis par une amitié déjà ancienne, que resserra encore le mariage de Begga la fille de Pépin avec

^) Cette guerre de Clotaire II contre les Saxons est très contestée, déjà dans Touvrage fondamental d'Â. de Valois (1658). Frédégaire, en effet, n'en parle pas. La seule source, la gesta Francorum (dont les autres sources franques dérivent raconte cet épisode avec un luxe de détails dramatiques dont M. Kurth a supérieurement démontré le caractère légendaire (Méro' vingiens, p. 436). D'après lui, ce ne serait qu'une doublure de la, guerre de Saxe sous Clotaire I (supra, p. 118). Deux textes, toutefois, sont indépendants de la gesta : 1« Paul Warnefried (IV, 31), parlant d'une guerre entre Francs et Saxons, au vu* siècle, donc après Clotaire I; — 2*^ le carmen rusticum en rhonneur de S. Faron de Meaux, un évéque du vu* siècle (voir ses diplômes dans Pardessus, yol. II p. 39), ce qui exclut l'application à Clotaire I de ces rimes populaires, qui n'ont d'ailleurs rien d'épique, ni de germanique : De Chlotario est canere rege Francorum, Qui ivit pugnare in gentem Saxonum :

Quam graviter provenisset missis Saxonum Si non fuisset inclytus Faro de gente Burgundionum. «) Concilia aevi Merowingici (Pertz in-4, Sbctio V Lbgum) p. 196.

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