l. Ariovaid6i5.636 662-680 66^ =« Grimocid
épouse 1^ j^^jj^ri 636-652 j } 662.671
I Cuniperi x Regimbert |
Hodoald t653 679-702 -î^ 102 Garibald 671
Liudperc Aripert II
701 702-712 ^} Voir le Carmen de sy^iodo Ticiaensi, cité supra, p. 191. *) Warnefried, IV, 51.
les mains de l'usurpateur sa femme et son fils Cunipert (A** 662). Grimoald ceignit ensuite la couronne et bien qu'issu de l'ancienne dynastie nationale des Gausingen \ il trouva plus politique de se rattacher à la dynastie nouvelle en épousant la sœur des deux rois qu'il venait de détrôner*. Lavènement de Grimoald rendit plus d'unité à la nation en resserrant le lien entre les Langobards du nord et ceux du midi, dont il avait délégué le gouvernement à son fils du premier lit, Romuald. Cette circonstance sauva la monarchie^ menacée en ce moment d'un retour otfensif des empereurs de Constantinople. Pendant longtemps les forces de Tempire avaient été ab<orbées par la lutte qu'il avait à soutenir en Asie contre la puissance croissante des Musulmans. Mais la scission entre Ali et Mohavia donna aux armes romaines un répit, dont l'empereur alors régnant, Constant II, voulut profiter pour reconquérir l'Italie. Il s'y rendit à la tête d'une flotte imposante qui débarqua à Tarente^. Il y avait deux siècles que l'Italie n'avait plus vu d'empereur (A° 663). Constant II s'attaqua d'abord aux Langobards du midi, qui étaient les moins nombreux. Mais le moment était mal choisi. Grimoald accourut au secours de son fils Romuald, en sorte que l'armée byzantine dut tenir tête aux forces réunies des Langobards du midi et du nord*. L'empereur dut renoncer à s'emparer de Bénévent, dont il avait commencé le siège, et dans une bataille livrée ensuite en Campanie, son armée éprouva une défaite totale. Constant II se contenta de faire une courte apparition à Rome ^, et, abandonnant ses projets sur l'Italie, il concentra ses forces dans la Sicile, pour faire face aux Musulmans qui faisaient de nouveaux progrès en Afrique, et mourut six ans plus tard à Syracuse, où il s'était retiré.
^) Voir sa place dans cette Généalogie^ suprA p. 156.
*i Warnefried. V, 1.
*) Théophane p. 292.
*) Warnefried V, 7-10.
*) Liber poniificalis : Vite Vitaliani.
Cet échec de Constant II eut pour effet de restreindre encore sa domination en Italie. Romuald en profita pour faire la conquête de Tarente, de Brindes avec toute laneienne Calabre*. Son père Grimoald lui céda définitivement le duché de Bénévent (A^ 667), et à la même époque, les Langobards de ce duché abandonnèrent à leur tour Tarianisme, qu'ils professaient encore, avec un mélange de superstitions germaniques, et qu'ils abjurèrent enfin à la voix du pieux évêque Barbatus de Bénévent».
Grimoald, après avoir réprimé avec le concours des Avars une rébellion du duc de Frioul, laissa le trône à son autre fils issu de son mariage avec la princesse de la maison des Agilolfings, à Garibald^. Mais Pertharit, le frère de cette princesse, vivait encore ; après une existence aventureuse, tour à tour chez les Avars, chez les Francs, qui tentèrent sans succès une intervention en sa faveur, il avait trouvé un dernier refuge en Angleterre, d'où il revint subitement après la mort de l'usurpateur. Garibald fut abandonné (A"" 672) et toute la nation se tourna vers le roi légitime, qui reprit possession du trône et y associa son fils Cunipert (A° 680)*. Malgré la popularité de leur maison, leur règne ne laissa pas d'être troublé par de nouvelles rébellions de la part des ducs sur lesquels les rois n'exerçaient qu'une autorité intermittente. L'un d'eux, le duc Alahis de Trente, tenta même de s'emparer du trône. Maître de Pavie, il en fut chassé par Cunipert (A"" 692)^, qui laissa en mourant le trône à son fils mineur Liutpert (A** 700)* sous la tutelle d'Ansprand, chargé de défendre celui ci contre les factions des ducs. L'un de ceux-ci, Regimbert. duc de Turin, qui se trouvait en même temps être le fils du
») Warnefried VI, 1.
•) Vita S, Barbati beneveiUani (19 février) dans les Scriptores pebum Langob. p. 556.
», Warnefried V, 33.
*) Ib V, 35 5)ïb. V. 38 41.
•') Warnefried VI, 17.
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feu roi Gundepert, frère de Pertharit, aspira au trône sur lequel son père avait régné, et réussit à s'en emparer*. Il mourut presque aussitôt (A° 701), mais laissant un fils, Aripert II, capable de lui succéder. Ansprand fit un vain effort pour restaurer son jeune maître. Celui-ci fut tué ; Ansprand dut chercher un refuge en Bavière*. Dix ans plus tard, avec le secours des Bavarois, Ansprand reprit la guerre, mais cette fois à son profit. Aripert II, après un combat indécis entre Bavarois et Langobards, ne se crut plus en sûreté dans sa capitale, mais en voulant traverser à la nage le Tessin, il sy noya ^. Avec lui s'éteint la branche des Agilolfings d'Italie (A" 712).
Sous les souverains de cette dynastie, la nation des Langobards ne réussit pas à fonder en Italie une puissance durable. Leur développement politique ne cessa d'être paralysé par trois circonstances : par la dispersion de leurs forces, divisées en trois tronçons, nord, centre et midi ; par la quasi- indépendance de leurs duchés, et surtout par ce fond chez eux si persistant de l'esprit germanique, en tout temps réfractaire au principe d'unité. Si les Langobards continuèrent néanmoins à gagner du terrain en Italie aux dépens des Romains, ce fut moins le résultat de leur politique qu'un effet imprévu du péril arabe qui tenait alors en échec la puissance des empereurs d'Orient et ne permit pas à ceux-ci de rétablir leur domination sur l'Italie entière. Ainsi les armes arabes eurent des effets opposés en Italie et en Espagne : en Espagne, elles venaient de renverser le royaume germanique des Goths; en Italie, elles contribuèrent au maintien du royaume germanique des Langobards.
Plus importants furent les progrès de la nation des Langobards dans Tordre religieux, depuis Tavènement de laj dynastie catholique des Agilolfings : ce fut la fin de
') Warnefried VI, 18.
«) là. VI, -20.
^ h, VI, 35.
la grande hérésie arienne, qui n*avait réussi à se maintenir que dans les royaumes barbares et grâce à la protection de princes incultes et faciles à séduire ; Tltalie lombarde, son dernier refuge, fut aussi son tombeau. Le règne du roi Cunipert vit s'éteindre encore une autre scission religieuse, moins grave, mais non moins tenace, le schisme d'Aquilée*, qui s'était localisé en Istrie, et qui fut discuté une dernière fois au synode de Pavie, convoqué par ce prince : les évoques schismatiques y reconnurent leur erreur concernant le V* concile œcuménique, et y firent leur soumission, qui fut ensuite portée à Rome par une députation des deux partis et reçue solennellement par le pape régnant Serge I (A** 698)*.
Désormais Fltalie entière était catholique, à part les Juifs, auxquels le roi Pertharit essaya en vain d'imposer de force le baptême *. Les évoques reprirent possession de leurs diocèses * : les monastères se multiplièrent. La piété des Langobards, des rois et des ducs, se manifesta par de nombreuses donations de terre*. Le Saint-Siège ne fut pas oublié et reçut ou reprit pour sa part le patrimoine important des Alpes cottiennes^.
Parmi les monastères les plus florissants, il faut signaler chez les Langobards de la Cisalpine celui de Bobbio, la
i) Sur le schisme d'Âquilée, supra, p. 138, p. 180.
2) Carmen dé synodo Ticinensi (dans les Sckiptores Lanqob. p. 189); — cfr Warnefried, VI, 14. — Vita Sergii c. 15 (dans le Liber pontificalis).
^) Carmen, cité, vers 9.
^1 Sur la restauration des diocèses d'Italie, voir Hartmann, p. 268-270
^) On trouvera les matériaux de la diplomatique lombarde dans Troja, CoDiCB DiPLOMATico LA^60BAKD0 (Naples, 1852, 5 vol.)) qui ne comprend pas moins de 995 n'* (de 568 à 774), mais ce chiffre est grossi par une foule de textes soit d'origine littéraire, soit d'origine épigraphique, et comme tels étrangers à la diplomatique. Les Rkgrstbs de c-es actes, dressés par Bethmann (dans N. âkchiv, vol. Ill), forment 522 n*', ne comprenant que les diplômes, mais sans distinction, authentiques, suspects ou faux. Le plus ancien diplôme authentique e^t du roi Pertharit A* 673 (Rkgesta, 1*** 28). Cfr Chroust, Untersuchungen ûber die langcbardUchen Urkunden. Gratz, 1888.
6, Warnefried, VI, 28.
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fondation du moine irlandais, Colomban*; chez les Langobards du centre celui de Farfa, fondé par un moine bourguignon, Thomas de Maurienne, et doté par le duc de Spolète Faroald', et surtout dans le duché de Bénévent le célèbre Mont-Cassin.
Ce berceau du monachisme bénédictin, à peine fondé, avait été détruit par les Langobards de l'invasion. Les corps de S. Benoît et de sa sœur Scholastique qui y étaient restés, avaient été enlevés un siècle après (A"" 673) par des moines francs et transportas en Gaule ^. Ces lieux étaient complètement déserts lorsqu y arriva une moine de Brescia, Pétronace, qui releva le monastère de ses ruines et fut le premier abbé du Mont-Cassin restauré (A** 706)*. Les princes et les papes comblèrent de faveurs son abbaye, dont la renommée ne tarda pas à se répandre au loin ; des princes illustres, fatigués du siècle, vinrent y chercher un asile : Carloman, le frère du roi Pépin ; le roi langobard Ratchis, successeur de Luitprand.
Ces monastères furent le berceau de la première culture intellectuelle parmi les barbares. On s y adonnait avec zèle à la transcription des auteurs classiques, dont on doit aux moines de ce temps la conservation. Leurs manuscrits sont encore reconnaissables au genre spécial d'écriture dite
t) Voir sar lorigine de Cotomban, p. 176 ; sur soq rôle en Gaule, p. 205 et 215; sur son arrivée en Italie, p. 189
^) Le diplône de Faroald (A® 705) est suspect : Rboesta ïi? 39-40; plu a authentique celui du duc Lupon {A9 749) : Rkgbsta n** 212.
3) Adrevaldi, Historia iranslationis S. Benedictl (dans Miracula S. Bene> dicti, éd. Certain, Paris, 1856 Soc. H. France). Ce fait de l'enlèvement ne peut être contesté, étant affirmé par un historien tel que Warnefried (VI, 2)^ moine lui-môrae du Mont-Cassin. Que ce fût au monastère de Fleurj (St-Benolt-sur-Loire) que se soit fait ce transport, n^est pas aussi certifié et demeure un sujet de controverse entre les Bénédictins d'Italie et ceux d» France. M^tbillon, DUseruaio in translalione S. Benedicti (dans ses Acta SS. vol. II, p. 337). Chamard, Les reliques de St-Benoit. Paris, 1881. Ouïssant, De reliquiis S. Benedicti (BeneJict. Studien) 1884.
^) Warnefried, VI, 40. — Chranica SH-Benedicli Caiinensis (dans les 8S. RBaoM Langob. p. 467).
lombardique ^ . Il s y forma ainsi des bibliothèques : celle du Mont-Cassin est redevable de son premier fonds à un don du pape Zacharie, qui y envoya, entre autres manuscrits, l'exemplaire original de la Règle de S. Benoît^.
Ces moines ne se bornèrent pas à copier ou compiler les œuvres d'autrui. Il y en eut qui tentèrent d enrichir la littérature de nouvelles productions. Cest au Mont-Cassin qu un moine originaire du Frioul, le diacre Paul, fils deWarnefried, écrivant Yhistoire des Langobards, a élevé un monument durable à la mémoire de sa nation trop méconnue*. Dans les épisodes quil retracé avec la sincérité d'un historien, s'il en est beaucoup qui se ressentent de la barbarie du temps, on y rencontre d'autre part maints traits de générosité, maints exemples de ce dévouement chevaleresque d'homme à homme, de serviteur à maître, qui avait ses racines dans les mœurs de la Germanie antique, et qui se retrouvera à la base de la société féodale.
La construction ou la restauration de tant d'églises ne manqua pas de donner un certain essor aux beaux-arts. Le sti/le lombard^, qui a sa place dans l'histoire de l'architecture, n'est sans doute qu'un dérivé alourdi du style byzantin. Les Langobards, sans pouvoir prétendre à l'originalité, n'en ont pas moins devancé les Francs sous ce rapport, et quand Charlemagne s'avisera de faire entrer ceux-ci dans le grand courant de la civilisation, c'est à ritalie qu'il demandera pour ses écoles des maîtres, pour ses constructions des modèles et des matériaux.
^) Sur récriture lombardique, Reusens, Eléments de paléographie, p. 60.
2) Warnefried, ib. cfr Traube, Textgeschickte der Régula S. Benedicti. Munich (ac.) 1898, in-4°: On a un Catalogue de la bibliothèque de Bobbio au z« siècle, publié par Muratorl, dans ses Antiquitates, vol. III, p. 817.
3) Kurth, Histoire poétique des Mérovingiens, p. 37 : - Nul autre peuple n*a trouvé dans son historien national un si fidèle écho de sa vie, un interprète si ému de ses sentiments. »
**) Sur le style lombard, Reusens, Éléments d'archéologie chrétienne^ p. 316.