duc de Bénévent : duc des Bavarois
Grimoald, duc de Bénévent : 787-806
3) Eginhard Vita, c. 18 : » incertum qua de causa ». *) Thegan, Yùa Ludoûici PU, c. 1 : généalogie d*Hildegarde. ^) Eginhard, ib. fait allusion à cette discordia avec sa môre « in divortio filise Desiderii régis, quam, illa suadente, acceperat. •• Les Annales Regni gardent le silence sur ces mariages et divorces de Charlemagne.
^) Vita Adelhardi c. 7 : ce cousin de Charlemagne, scandalisé de ce second mariage après divorce » viJ!>ente illa », quitta la cour et se retira dans un cloître d'Italie, parce que cette alliance lombarde avait été négociée • quorumdam Francorum juramentis », en sorte que, par ce divorce, « nonnuUi Francorum essent perjuri. »
renne, soit dans ses possessions d'Alsace*. Ses sujets s'empressèrent de déférer la couronne vacante à son frère Charles, qui alla recevoir leurs hommages à Corbeny. Carloman ne laissait que des enfants en bas âge, incapables de lui succéder. Néanmoins quelques grands de sa cour, à leur tête le duc Autchaire, s'obstinèrent à leur conserver cette succession et, se défiant de Charles, les conduisirent, avec leur mère, la reine Gerberge, à la cour de Pavie*. Désidère accueillit avec empressement ces réfugiés, qui lui ménageaient une revanche contre Charles. Ainsi la mort de son frère, tout en doublant la puissance de Charles, allait le mettre aux prises avec de plus grandes difficultés (A"" 772). Devenu seul roi des Francs, Charlemagne réunit une assemblée nationale à Worms, où il fut décidé de porter la guerre au delà du Rhin, contre les Saxons : il s'agissait de mettre fin aux incursions incessantes de ces ennemis irréductibles des Francs. Dans cette première campagne, Charlemagne prit et détruisit, sans rencontrer de résistance sérieuse, un fort, TEresburg, au sommet d'une hauteur défendue par de grands abattis d'arbres, et un sanctuaire, rirminsuP, au cœur d'une forêt où se faisaient les rassemblements payens. Arrivé au Weser, le roi y accueillit les chefs des Saxons, accourus pour renouveler leur soumission, et il retourna sur ses pas, satisfait de leur avoir infligé cette leçon et ramenant douze otages de leur fidélité, ainsi
i) Voir ses diplômes (Reg. K. n^ 116-130), qui permettent de ponctuer son itinéraire. — Annales monasiiques, 77 1 .
«) Annales Regni, 771. — Vita Eadriani, c. 6. — Eginhard. V«a, c. 3.
') Annales Reg'ni, 772. VIrminsul saxon est un mot composé, dont le second élément, suie (zuil. Saule), a le sens très clair de colonne; mais le premier élément, qui reste obscur, a donné lieu à des interprétations fantaisistes. Les uns y voient un personnage historique, AmUnius, le célèbre vainqueur de Varus (supra^ p. 28), auquel ce monument serait dédié ; d'autres 7 voient un personnage mythique, Tun des trois fils de Mann, Irmitit éponyme des Herminones de Tacite (supra, p. 17). Grimm, Mythologie^ p. 326 ; Quitzmann, Religion der Baiwaren, p. 140. Un auteur du iz* siècle, mieux & même d'interpréter un terme de son temps, le traduit en latin par : » univ^ idlis » columna « quasi sustinens omnia » . Translaixo S, Alexandri, c. 3.
que l'or et l'argent accumulés par la piété de plusieurs générations dans le sanctuaire de Tlrminsul : ce fut le seul fruit de cette première campagne (A° 772),
Charlemagne était à peine rentré dans ses domaines des bords de la Meuse, pour y passer Fhiver, que les intrigues des Langobards l'appelèrent à déployer son activité sur un plus grand théâtre. Désidère avait à venger Taffront fait à sa fille et à sa maison. Il imagina d'opposer à Charlemagne les enfants de Carloman réfugiés à sa cour et entreprit de les faire sacrer rois des Francs. Il intrigait dans ce but à Rome, où le pape Hadrien I venait de succéder à Etienne III. Mais ce pontife, aussi énergique que son prédécesseur avait été faible, s'était hâté de secouer la tutelle lombarde, en éloignant, sous le prétexte d'une mission à la cour de Pavie, le principal agent de cette politique, Afiarte, qui ne devait plus rentrer à Rome. Car on profita de son absence pour soumettre sa conduite à une enquête, qui aboutit à son arrestation h Ravenne, ou le magistrat prit sur lui de le faire exécuter • .
En vain, pour forcer la main au pape. Désidère se mit-il en possession des villes pontificales à sa portée, répondant aux réclamations du pape par une mise en demeure de venir le trouver dans ses États. Hadrien I, flairant le piège, exigeait, avant toute entrevue, la restitution de son bien. Alors Désidère prit lui-même le chemin de Rome, amenant avec lui les enfants de Carloman et le duc Autchaire. Bien que la guerre ne fût pas déclarée, l'alarme fut telle à Rome que la ville fut mise en état de défense, les milices des environs y furent concentrées, en même temps que le pape envoyait au devant des arrivants trois évêques chargés de les excommunier s'ils passaient la frontière. La menace suflSt pour les faire rétrograder, premier exemple de la puissance des armes spirituelles brandies dans une lutteavant tout politique*.
>) Vita HadHani, c. 16.
«) Ib. c. -25.
Cependant Charlemagne, de son domaine de Thionville, où il passait Thiver, se tenait au courant de tout. Au premier appel des Romains invoquant de nouveau la protection des Francs, il envoya une ambassade chargée de s'assurer de Tétat dés choses à Rome et d'ouvrir des négociations à Pavie. Charlemagne voulait si peu la guerre qu il alla jusqua offrir à Désidère une compensation de 14.000 sols dor pour ramener à rendre le bien d autrui*. Seul le refus persistant de Désidère provoqua la lutte ouverte qui porta le coup final à son royaume.
La conquête de l'Ilalie (773-774).
Ce fut dans une assemblée générale convoquée à Genève que la campagne d'Italie fut décidée : elle était entreprise uniquement pour la défense du St-Siège attaqué dans ses possessions et dans ses droits, comme le répétait lultimalum adressé à Désidère par Charlemagne*. En quittant Genève, Charlemagne divisa ses forces en deux armées, qui devaient contourner le massif du Mont Blanc, Tune sous sa conduite par le passage récent du Mont-Cenis à l'ouest, l'autre par l'ancien passage du grand St-Bernard à l'est, celle-ci sous la conduite de Bernard, un frère de Pépin ^. Cette stratégie nouvelle eut un effet foudroyant. Les Langobards barraient la route suivie par Charlemagne, retranchés aux Cluses dans une forte position défensive, qu'ils croyaient inexpugnable, lorsqu'ils apprirent l'arrivée d'une seconde armée qui menaçait de les envelopper. La panique les saisit ; ils se retirèrent précipitamment sans combat pour se réfugier derrière les remparts de leurs villes : Désidère à Pavie; sou fils Adelchis, qui portait déjà le titre de roi, à Vérone, où il s'enferma avec la famille de Carloman. Charlemagne, descendu en Italie avec son armée intacte, fit investir Pavie de façon à
1) VitaHadriani, C.2S.
2) Viia Hadriani, c. 30.
') Annales Regni, 773.
la réduire par un blocus prolongé. Dans Tintervalle, il marcha contre Vérone, qui offrit naoins de résistance : Adelchis s enfuit et passa chez les Byzantins. La famille de Carloman s'en remit à la générosité du vainqueur. Les autres villes du nord ouvrirent leurs portes spontanément. Dans le reste de T Italie, ce fut une défection générale : les Langobards de Spolète firent leur soumission au pape Hadrien, qui leur laissa le nouveau duc, Hildebrand, qu ils venaient de se donner. Pour marquer leur transformation, ils se firent tailler les cheveux à la romaine. Les Romains de la Pentapole, secouant le joug lombard, s'empressèrent de reprendre cette coiff'ure, qu'ils avaient déjà abandonnée*. Cependant le siège de Pavie traînant en longueur, et les fêtes de Pâques approchant, Charlemagne y laissa le gros de son armée pour se rendre à Rome, où il eut avec le pape une entrevue dont il sera question plus loin. A son retour, Pavie se rendit; Désidère, gardé prisonnier*, fut ramené en Gaule avec sa femme et interné à Tabbaye de Corbie, où il finit ses jours dans une grande édification^. Le royaume indépendant des Langobards cessa d'exister (A° 774).