‹ Histoire du moyen âgeChapitre 77 sur 114 · LES PIRATES SARRASINS · texte numérisé non relu

LES PIRATES SARRASINS

L'empire d'Orient et les pirates Sarrasins.

Ce que les Normands étaient pour les États francs, les pirates sarrasins devaient l'être dans Tautre moitié de la chrétienté, dans Tempire d'Orient. Cet empire, refoulé en Asie, exclu de l'Afrique, venait encore de perdre Rome avec la plus grande partie de l'Italie. Mais Constantinople demeurait la reine des mers, grâce à sa situations admirable à l'intersection des principales communications par terre et par mer, grâce à son commerce universel et à la possession de toutes les étapes commerciales dans la Méditerranée depuis Chypre jusqu'à la Sardaigne. C'est ce domaine maritime qui allait lui être disputé. Depuis la chute de la vaillante dynastie isaurienne*, l'empire était le jouet des généraux, aussi souvent en lutte entre eux qu'avec les barbares ou les musulmans. Nicéphore, le premier successeur d'Irène (A® 802), se vit disputer la couronne par le général Bardane*. Son gendre et son successeur Michel I Rhangabé

1) Oénéalogies des empereurs byzantins du ix* siècle : Nicéphore 1 : 802-811

Staurace t 811 Procopie ;

= Michel I RhaDgabé 811-813 (t 848)

plusieurs eofants, dont Ignace (Nicétas) patriarche de C. 846-877.

Michel II le Bogue 820-829

Théophile : 829-842 = Théodora, Régente : 842-854

Michel III rivrogne mineur : 842-854 empereur : 854-867 «) Theophanes, 6295. — Hamartolos, c. 259.

fut trahi par T un de ses généraux, Michel le Bègue, supplanté par un autre, Léon V l'Arménien (A'^ 813)*. Quand Léon voulut se défaire de Michel le Bègue, c est lui qui fut assassiné, et Michel II monta sur le trône*, qu'il dut défendre à son tour contre un troisième général du nom de Thomas ^. C'était donner beau jeu aux ennemis de l'empire, en particulier à ses plus proches voisins, les Bulgares, qui avaient à se venger de leurs récentes défaites. Ils avaient recommencé leurs dévastations sous un chef redoutable nommé Krum. Nicéphôre, voulant porter la guerre chez eux, y périt ^. Son successeur Michel I s'était fait battre à Andrinople, et les Bulgares étaient déjà sous les murs de Constantinople, lorsqu'une mort inopinée leur enleva leur chef (A"" 814). Léon V, qui venait d'arriver à l'empire, leur infligea deux défaites et conclut enfin avec leur nouveau chef Omortag un traité de paix pour trente ans (A** 815)^ Malheureusement pour l'empire, Léon V s'avisa d'entamer une autre guerre qui avait fait tant de mal au siècle précédent, la guerre aux icônes, qui fut conduite sous son règne et continuée sous le règne de son rival, Michel le Bègue (A^820)^ et de Théophile, fils de celui-ci (A^ 829) ^ avec le même fanatisme, allumant les mêmes persécutions et faisant de vrais martyrs^, et cela pour une querelle plus liturgique que dogmatique. La première persécution iconoclaste avait coûté aux empereurs l'Italie. C'est durant cette seconde persécution que leur puissance sur mer fut entamée par les pirates sarrasins. — Ceux-ci accouraient comme

1) Theophanes, 6304. — Hamartolos, c. 261. *) Ib.. 6305. — Ib. c 262.

3) Theophanes continuatus I, 20.

4) Ib. II, 10-20. — LXpi&tola Hichaelis II à Louis le Pieux (Baronius, A^ 824) relate les mêmes faits, mais de son point de vue personnel.

») Theophanes, 6203.

6) Theophanes continuatus I, 20.

7) Ib. II, 8, 14.

8) Ignace, Vita Nicephori, p p. de Boor. Leipzig, 1880. Cfr Pargoire, L'Église byzantine. Paris, 1905, p. 267. Sur le Martyrologe^ cfr supr», p. 471, n. 4.

Page 1