DE FRANCE
Textes anciens : Oatre les Annales, la Chronique de Réginon, cités p. 676, Adon, Chronicon (voL II, in-fol. de Pertz); — Flodoard, Eistoria Eccl. remensis (voL XIII, ih,); — Annales Yedasiini (vol. II. ib.); — Folcoin, Gesta Abbatum S. Bertini (dans le cartulaire de S. Bertin p. p. Guérard), Paris, 1841, in-4 ; — Hariulf, Chronicon centulense p. p. Lot. Paris. 1894.
Travaux modernes : Outre les ouvrages de Gfrôrer, Dûmmler, Calmette cités p. 676, Giry et Lot, Les Annales de Charles le Chauve (fragment dans le Moyen Age 1902). — Kleinclausz, L'empire carolingien. Paris, 1902. — SchrOrs, Hincmar von Rheims, Fribourg, 1884.
L'empire après Textinction de la branche aînée.
Avec rextinction des Carolingiens de la branche aînée, l'empire du moyen âge entre dans une phase nouvelle. Jusque là la couronne impériale avait passé sans diflSculté du père au fils, du vivant de l'empereur régnant. Pour la première fois, l'empire était vacant. Il s'agissait d'opter entre les branches survivantes de la dynastie, entre les Carolingiens gallicans et les Carolingiens germaniques. Cette option ne pouvait revenir qu'à la papauté. C'est à Rome que Charlemagne avait reçu du pape la dignité impériale. Ses trois successeurs, Louis I, Lothaire, Louis II, n'étaient entrés dans la pleine possession de leur titre qu'en faisant renouveler ce couronnement par le pape régnant. C'est ce que le dernier d'entre eux venait de reconnaître
lorsqu il fut mis en demeure de justifier son droit au titre d'empereur romain par son collègue d'Orient. Louis II ne pouvait invoquer en faveur de sa famille un droit historique. Car, sur le terrain de l'histoire, les titres des Césars byzantins étaient plus anciens et plus authentiques. Force lui fut de prendre son point d*appui dans la papauté et de se prévaloir du lien désormais indissoluble entre le sacre et le titre d'empereur pour en arriver à cette conclusion générale que celui-là pouvait seul s'appeler empereur romain qui avait été oint à cet effet par le pontife romain * . C'est ainsi que se sont dégagés des tâtonnements de tout début les principes sur lesquels repose l'empire du moyen âge.
Chose étrange ! au moment où se fixait la doctrine, l'empire dévia de sa destination : au lieu de servir de trait d'union entre les États chrétiens, il fut pour eux une pomme de discorde, et pendant une période de quatre-vingts ans, depuis l'extinction des Carolingiens de la branche aînée jusqu'à la fixation de l'empire dans la maison des Ottons de Saxe, la couronne impériale fut disputée et ballotée entre des prétendants appelés à Rome tour à tour, mais dont aucun ne fut à la hauteur de sa mission ni à Rome ni dans la chrétienté.
Le règne de Charles le Chauve.
Le premier de ces prétendants est Charles le Chauve, le roi de la France occidentale ou gallicane Petit-fils du fondateur de l'empire, dont il portait le nom glorieux, fils préféré du second des empereurs, Charles le Chauve avait
^) Ludovici Epistola (Reg. K. n° 1247) : « Francorum principes imperatores dicti sunt hii dumtaxat qui a Romano pontifîce ad hoc oleo sancto perfusi sunt. « Quelques critiques (supra, p. 679) doutent de la participation de l'empereur à cette lettre, dont on est d'accord à attribuer la rédaction au célèbre secrétaire, Ânastase, en sorte que ce manifeste exprime en tout cas la doctrine en cours parmi les contemporains. Celle-ci est exprimée plus nettement encore par Jean VIII dans sa convocation au synode romain de 879 (Reg. n° 3224) ; <* ipse, quia nobis est ordinandos in imperium, a nobis primum atque potissimum débet esse vocatus atque electus. »