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d'Emèse, les musulmans rencontrèrent à Yarmoue

une armée grecque. Au nombre de 36,000 hommes, ils avaient affaire à des troupes quatre fois au moins plus nombreuses. Le combat dura trois jours. Les Grecs avaient été vainqueurs dans les deux premières journées ; mais ils s'étaient aliéné les habitants par leur conduite hostile, et ce fut la cause de leur défaite. Les restes de l'armée échappés à celte action périrent plus tard dans différents combats partiels, tous au désavantage des chrétiens ; leur général luimême fut pris, conduit à Damas et décapité.

Ces heureux succès ouvraient aux musulmans le chemin de Jérusalem. Mahomet avait toujours professé pour cette ville sainte une vénération très-grande, qu'il avait transmise à ses disciples ; aussi, dès qu'Omar eut appris qu'aucune armée n'opposait d'obstacle aux entreprises de ses troupes, il ordonna de marcher en Palestine. Jérusalem se défendit sept mois, (337, bien qu'elle n'eut rien à attendre d'Héraclius, qui en avait enlevé la vraie croix et les autres reliques. Omar se rendit en personne au camp pour traiter de la reddition de cette place importante; il accorda aux assiégés des conditions équitables, leur permit de conserver leur culte et leurs églises qu'il visita, et fit bâtir la première mosquée sur la pierre où Jacob avait reposé sa tête. Cette conquête et la prise d'Alep, d'Antioche, de Tyr, de Césarée, assurèrent la domination des musulmans en Syrie : ils avaient été moins de six ans à soumettre toute la province.

Une seule campagne les rendit maîtres de la Méso- 639. potamie, où les armées grecques et perses s'étaient si souvent heurtées. En même temps Amrou, général musulman, entrait en Egypte. Mesra, que certains auteurs veulent être Memphis, arrêta sept mois l'ennemi; peut-être même ne l'eùt-il pas emportée, tant la position de cette ville était avantageuse : mais le prince des Coptes, ou anciens habitants du pays, livra la ville aux musulmans, et consentit à payer un tribut annuel de vingt francs par tête; ce qui rendait six millions d'hommes sujets et tributaires de l' islamisme en Egypte. Malgré celte trahison, les chrétiens se

<ien. — Hist. du Moyen Age. 3

défendirent avec courage contre l'armée peu nombreuse d' Amrou. Alexandrie coûta quatorze mois de siège. Amrou pensa même y perdre la vie. Un jour qu'il allait reconnaître les murs, accompagné d'un seul officier et d'un esclave, il fut pris et conduit au gouverneur. La fierté de ses réponses fit soupçonner ce qu'il était, et on allait le conduire au supplice, lorsque l'esclave , par ses mépris affectés, remit en question son identité, et lui sauva la vie. Amrou retourna au camp poursuivre le siège. La prise de la ville entraîna la soumission de l'Egypte. On sait que les lettres eurent alors à regretter une perte irréparable, celle de la fameuse bibliothèque où l'on comptait 600,000 volumes. Amrou consulta le calife sur l'usage qu'il en fallait faire. « S'ils ne contiennent que le Coran, répondit Omar, ils sont inutiles .s'ils en diffèrent, ils sont pernicieux .• ainsi fais-les brûler. » Ils servirent, dit-on, à chauffer pendant six mois les bains de la ville.

£44 . Héraclius mourut quelques mois après que la capitale de l'Egypte eut succombé aux attaques multipliées des musulmans. D'abord vaincu, par suite de la faiblesse où il avait trouvé l'empire, et victorieux ensuite pendant dix années des Perses qu'il refoula dans leur pays, il eût été regardé comme un grand prince, s'il ne se fût pas endormi sur le trône, tandis que les musulmans enlevaient à la fois à la religion et à l'empire les plus beaux fleurons de leur couronne.

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