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Environ cent soixante-trois mille francs

1 108. dit le Gros, devenu roi de France par la mort de Philippe, son père. Il est vrai que Henri commença en quelque sorte les hostilités, puisque deux fois il se ligua avec les vassaux révoltés contre leur suzerain, et qu'il prolongea ainsi par politique les troubles du royaume. Mais les seigneurs d'Angleterre ayant remué à leur tour, Louis les soutint, et essaya de rétablir en Normandie Guillaume Cliton, fils du malheureux Ro-

1118. bert. Les deux armées se rencontrèrent à Brenneville. Henri fut d'abord mis en déroute et dut payer de sa personne : mais il profita du désordre qui se mit dans l'armée victorieuse, rallia contre elle les fuyards, ei fit pencher enfin la fortune de son côté. La guerre pouvait traîner en longueur, si le pape Calixte IL qui tenait en France le concile de Reims, où fut excom-

1120. munie l'empereur Henri V, n'eût ménagé entre les deux princes une paix de courte durée. Le roi d'Angleterre repassait le détroit lorsqu'il vit s'enfoncer devant ses yeux et disparaître un vaisseau qui portait toute sa famille : juste punition du traitement barbare qu'il avait fait souffrir à son frère. Guillaume profita de ce malheur pour reprendre les armes, toujours soutenu par la France. Henri, de son côté, se ligua avec l'empereur, dont la marche et les desseins furent arrêtés par la bonne contenance de l'armée française. Mais les vassaux de Louis ne se portaient pas avec le même cœur contre le roi d'Angleterre, qu'ils regardaient, à cause des terres qu'il possédait en France, comme un compatriote dont ils se ménageaient l'appui. On plâtra donc une nouvelle paix, pendant laquelle les deux princes ne cherchèrent mutuellement qu'à se donner des preuves de leur animosité.

Il ne restait plus à Henri que sa fille Mathilde, mariée d'abord à l'empereur Henri V. Devenue veuve en 1125. cette princesse porta les droits qu'elle avait à la couronne d'Angleterre dans la maison d'Anjou, par son mariage avec Geoffroi Plantagenêt , déjà maître de l'Anjou, delà Touraine et du Maine. Néan-

1135. moins, lorsque Henri mourut, après un règne où il avait déployé autant de courage que d'activité et d'ap-

plication aux affaires, Etienne, comte de Boulogne, qui était son neveu, s'empara du trône au préjudice des enfants de Mathilde. Pour s'y affermir, il réforma les abus, rendit aux Anglais leurs lois saxonnes, le droitde chasse et plusieurs autres qui leur avaient été enlevés à l'époque de la conquête, et se fit ainsi un trèsgrand nombre de partisans. David 1er, oncle de Mathilde, régnait en Ecosse, et Louis VII, dit le Jeune, avait succédé en France au royaume et à la poli- 1137 tique de son père. Mathilde se ligua avec ces deux princes, qui se jetèrent l'un sur le Northumberland. l'autre sur la Normandie : mais Etienne parvint à détacher Louis le Jeune de la confédération. Il marcha ensuite contre Mathilde, dont il se serait rendu maître s'il ne s'était laissé tromper par cette habile princesse. En même temps, ses troupes remportaient sur le roi d'Ecosse une victoire signalée, dans laquelle 1139. onze mille Ecossais jonchèrent le champ de bataille. Le courage de Mathilde ne fut point abattu par de tels revers. Tandis que d'un côté le roi de France et les Ecossais reprenaient les armes en sa faveur, elle livrait, près de Lincoln, une grande bataille longtemps i 1 4 1 . disputée et qui se termina à son avantage. Etienne lui-même tomba entre ses mains ; mais les fautes de ses adversaires lui fournirent les moyens de se relever. Mathilde mécontenta par ses hauteurs les Anglais, que s'était attachés Etienne par les concessions du commencement de son règne. Son fds Eustache, comte de Boulogne, fut bientôt assez fort pour aller chercher devant Winchester l'armée de Mathilde, renforcée par les troupes de l'Ecosse, et commandée par le comte de Glocester, le héros de cette guerre. Celuici fut pris dans l'action. Mathilde vaincue se vit obligée, pour échapper aux ennemis, de répandre le bruit de sa mort et de se faire emporter dans un cercueil. L'échange d'Etienne et du comte de Glocester ne fit que rendre la guerre plus vive. Elle désola l'Angleterre jusqu'en 1153. A cette époque, Etienne, ayant 1153. perdu son fils unique, convint par un traité d'adopter Henri, fils de Mathilde. Devenu par là paisible posses-

seur du trône, il ne songea plus qu'à fermer les plaies nombreuses que d'aussi longues dissensions avaient laites au pays. Quatre ans après, il mourut : Henri, deuxième du nom, déjà maître d'une partie de la France par droit d'héritage, monta sur le trône d'Angleterre.

Nous arrivons à l'époque des croisades. L'Europe, dont les principaux gouvernements sont enfin assis sur des fondements solides, va être entraînée sur l'Asie par un zèle religieux. Voyons auparavant la situation des deux peuples auxquels l'Asie était soumise, je veux dire les Grecs et les Sarrasins.

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