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CHAPITRE XXII

De l'Orient, depuis la déposition d'Irène jusqu'à la dynastie des Comnènes 802-1057), et depuis Haroun-al-Uaschid jusqu'aux premiers califes seljoucides. (786-105'« — VIII'- XI' siècles.) — Origine de la Russie. — Grand schisme d'Orient.

Démembrement de l'empire des Abassidcs. — Dynasties indépendantes. — Des Turcs Seljoucides.

802. Nicéphore, parvenu au trône impérial par la déposition d'Irène, s'était cru assez affermi, dès les commencements de son règne, pour refuser au calife Harounal-Raschid le tribut que l'empire devait lui payer. Plusieurs défaites l'obligèrent de se soumettre à une redevance annuelle de 33,000 pièces d'or; mais à peine le traité fut-il conclu, que JNicéphore le rompit, comptant rétablir ses affaires à la faveur d'une révolude quelques provinces contre le calife. Celui-ci fit marcher à la fois ses armées contre les rebelles qu'il réduisit, et contre l'empire, dont il ravagea impunément les plus belles provinces. Haroun était le plus puissant prince de son temps, après Cbarlemagne. A son exemple, il donna aux sciences et aux lettres une impulsion qui fut plus féconde en résultats; car l'Eu-

rope demeura barbare longtemps encore, et Bagdad, capitale de la domination mahométane, devint le centre de la civilisation. Néanmoins ce fut sous ce calife que la monarchie des Sarrasins commença à se démembrer. En 782, Edris-ben-Edris se créa, dans la Mauritanie, une principauté indépendante, dont Fez fut la capitale, et fonda la dynastie des Edrissites. A son exemple, Ibrahim-ben-Aglab détacha de l'Orient l'Afrique carthaginoise en 796, et transmit son pouvoir à ses descendants, appelés Aglabites de son nom. Ce fut cette dernière dynastie qui s'empara de la Sicile, de Malte et autres îles, et qui ravagea si longtemps les côtes méridionales de l'Italie et de la Provence. Haroun mourut en 808. La guerre civile ayant divisé 808. ses fils, l'empire respira quelque temps, et Nicéphore, profilant de ce repos, marcha contre les Bulgares. Il se vengea de leurs ravages en mettant tout à feu et à sang dans leur pays ; mais ayant refusé d'accorder la paix aux sollicitations pressantes des vaincus, il leur donna le courage du désespoir. Ils vinrent se jeter tout à coup sur son camp qu'ils forcèrent; toutes les armes et le bagage tombèrent en leur pouvoir; Nicéphore lui-même demeura sur la place avec ses meilleures troupes.

Staurace, son fils, ne fit que passer. Michel, beau- 811. frère de Staurace, fut élu, et eut à protéger l'empire contre les Bulgares, et contre les Sarrasins. Vaincu près d'Andrinople par les Bulgares, il abdiqua en faveur de Léon, un de ses généraux, qui venait de faire 81 3. éprouver aux Sarrasins une sanglante défaite, et qui remporta sur les mêmes Bulgares une victoire dans laquelle leur roi perdit la vie. Ce double exploit ramena aussitôt la paix. Léon Y voulut alors renouveler l'hérésie des iconoclastes-, mais il avait à peine publié son édit contre les images, qu'une troupe de conjurés le massacrèrent dans l'église, et portèrent sur le trône Michel II, dit le Bègue, condamné à mort par l'empe-820. reur, et qui alla recevoir dans le cirque la couronne, ayant encore aux mains les fers dont on l'avait chargé. Ce prince, Phrygien de naissance, persécuta aussi

les images. Il sortit vainqueur d'une guerre civile qui désola les provinces d'Orient; mais il perdit les deux îles de Crète et de Sicile que les Sarrasins lui enlevè-

829. rent. Théophile, son fils, lui succéda. Ami de la vertu, il tâcha de réformer les abus et les mœurs. Zélé pour la justice, il fit punir du dernier supplice les meurtriers de Léon, quoiqu'il leur dût l'élévation de sa famille. Soupçonneux, contre ses plus fidèles serviteurs, il força par mille dégoûts son gendre à se retirir de la cour dans un monastère, et poursuivit de ses haines Manuel et Théophobe, les deux meilleurs généraux de l'empire, au point que le premier chercha un asile chez les Sarrasins, et que le second, après les plus grands services, eut la tête tranchée par son ordre. Heureux dans la guerre, grâce à ses généraux, il repoussa les armées mahométanes, et leur enleva une partie de la Syrie ; mais il ne put les empêcher de ruiner Amorium, sa patrie, et la douleur que lui fit éprouver le désastre de celte ville, le précipita au

842. tombeau. Son fils Michel 111 n'avait que six ans. Théodora, sa mère, gouverna avec prudence, rétablit enfin le culte des images, et fit heureusement la guerre aux pauliciens, sectaires chassés de l'empire, qui avaient obtenu des Sarrasins quelques forteresses d'où ils ravageaient les provinces voisines par des incursions continuelles. L'ambitieux Bardas, frère de Théodora, la contraignit à quitter les affaires, s'empara du jeune prince et le plongea dans les plaisirs pour gouverner avec plus d'autorité. Trop fidèle aux suggestions de son oncle, Michel s'attira le mépris par ses mauvais succès contre les Sarrasins, et la haine par les exactions auxquelles il recourut lorsqu'il eut épuisé les trésors amassés par ses prédécesseurs et par sa mère. Bardas triomphait et gouvernait en despote : mais il laissa soupçonner à l'empereur ses desseins ambitieux, et fut mis à mort par son ordre.

Basile, Arménien d'origine et Macédonien de naissance, lui succéda à la faveur du prince. Quelques historiens le font descendre de la famille royale des Arsacides; d'autres affirment qu'il était de basse ori-

gine. Quoi qu'il en soit , déclaré César par Michel, il déplut par le désir qu'il manifesta de rétablir l'ordre dans l'empire, et prévint sa disgrâce en faisant massacrer son bienfaiteur. En lui commença la dynastie 867. macédonienne, qui occupa le trône pendant 189 ans. Basile Ier gouverna avec une justice, une modération, une affabilité, qui lui attirèrent l'affection des peuples. Il extermina les restes des pauliciens échappés à Théodora , battit par lui-même ou par ses généraux les Sarrasins d'Afrique, de Crète et d'Orient, reprit sur ces derniers plusieurs villes de Syrie et de Cappadoce, chassa de la Pouille et de la Calabre les Aglabites , et enrichit l'empire des dépouilles nombreuses qu'il remporta dans ces différentes guerres. En même temps il élevait de nouveaux édifices, et maintenait, par sa fermeté, la tranquillité intérieure : mais, à la fin de son règne, il rétablit Photius sur le siège de Constantinople. Cet homme, aussi célèbre par sa science que par ses querelles avec le sainl-siége, était capitaine des gardes de Michel 111. Saint Ignace, alors patriarche deConstanlinople, ayant irrité Bardas et son neveu par la véhémence de ses remontrances multipliées, fut déposé, et Photius prit sa place. Le pape excommunia l'intrus, qui à son tour, excommunia le pape. Il ne tint pas à lui que l'Orient tout entier ne rompît dès lors avec l'église romaine. La défection de Borne, enlevée pour toujours aux Grecs depuis le commencement de ce siècle, était une circonstance funeste dont Photius profita pour jeter dans les esprits des semences fécondes de division. Néanmoins ses projets n'eurent alors aucune suite, Ignace ayant été rappelé par Basile. A la mort d'Ignace, Photius, qui remonta sur le siège patriarcal , fut même reconnu du pape Jean VIII. La tranquillité paraissait donc rétablie, lorsqu'un nouveau sujet de discorde s'éleva. Le huitième concile œcuménique avait attribué au siège de Constantinople la juridiction sur les Bulgares nouvellement convertis. Les papes réclamant contre cette décision, et Photius se refusant à rien céder , les esprits s'envenimèrent ,

les liens de subordination se rompirent, et nous verrons plus tard ces malheureux germes de discordes porter enfin leurs tristes fruits.

886. Basile eut pour successeur son fils Léon VI, qu'il s'était associé à l'empire. Une nouvelle taxe imposée sur les marchandises des Bulgares, fut la cause d'une guerre fâcheuse. Siméon , alors roi du pays . entra sur le territoire grec, défit plusieurs fois les armées qui s'opposaient à lui , et imposa à l'empereur les conditions de paix qu'il voulut. Le sort des armes ne fut pas plus favorable contre les Sarrasins, qui battirent en plusieurs rencontres les armées et les flottes impériales. Malheureux contre les ennemis extérieurs, Léon gouverna d'ailleurs ses états avec sagesse et habileté. Il déjoua toutes les conspirations que des revers si désastreux firent éclore. On lui dut les Basiliques , recueil des lois grecques, qui remplaça le code de Justinien jusqu'à la destruction de l'empire.

912. Léon ne laissait qu'un fils en bas âge, nommé Constantin. Alexandre , son frère , fut proclamé , comme tuteur du jeune prince, et ne montra que peu de temps ses vices sur un si grand théâtre. Constantin VI , appelé Porphyrogénète, devint seul maître de l'empire, sous la tutelle de sa mère l'impératrice Zoé : mais il fut contraint de recevoir la paix des Sarrasins, et en même temps ses troupes étaient battues par les Bulgares. B.omain II Lecapène, un des généraux de l'empire , voyant le mépris que ces revers attiraient sur la cour, saisit cette conjoncture

920. pour partager le trône avec Constantin. Pendant les vingt années de son règne, les conspirations furent déjouées et punies, les Sarrasins repoussés de toutes parts , et la Thrace protégée contre les Busses qui l'avaient plusieurs fois envahie avec impunité.

Les Slaves avaient fondé Kief au cinquième siècle: mais déjà INowgorod était une république florissante Tout le pays était alors divisé en différentes tribus, qui avaient chacune son nom et son gouvernement particulier. Le défaut d'union facilita leur asservissement

par les Avares et les Khazares, qui les environnaient, au VIIe et VIIIe siècles, les uns au midi, les autres à l'est. En 859, des aventuriers nommés Warègues. partis des rives Scandinaves de la Baltique, imposèrent aux Slaves leur domination et au pays le nom de Russie. Rurik, qui les commandait, s'empara de Nowgorod en 862, et transmit à sa dynastie une puissance qui ne fit que s'accroître. Deux autres chefs. Askold et Dir, enlevaient de leur côté Kief aux Khazares. Poussés par l'amour du pillage plutôt que par le génie des conquêtes, ils insultèrent Constantinople en 866: mais leur flotte fut dispersée par la tempête, et ils demandèrent à Michel III la paix et des missionnaires. Oleg. qui succéda à Rurik en 879, appela à lui d'autres Warègues. Avec leur aide, il soumit toutes les tribus des Slaves, conquit Smolensk. mil fin à la domination des Khazares, et s'approcha de la Baltique parla soumission delà Podolie. Une trahison le délivra d'Askold et de Dir, et Kief devint la capitale de ses états. En 906, quatre-vingt mille Russes parurent devant Constantinople, et forcèrent Léon VI à un traité désavantageux. Igor, fils de Rurik, monta sur le trône en 912. Dans la trentième année de son règne, il conduisit contre Constantinople une flotte de dix mille canots, qui périt tout entière par le feu grégeois. Quatre ans plus tard, Igor périt dans une expédition contre une tribu slave. Swiatoslaf Ier. son fils, lui succéda (945) sous la tutelle de sa veuve Olga. Cette princesse se rendit en 955 à Constantinople, où elle reçut le baptême avec le nom d'Hélène; ce qui eût assuré la paix entre les deux peuples sans les révolutions dont l'empire fut le ihéàtre.

La même année que Swiatoslaf fut proclamé chez 945. les Russes, ennuyé de l'obscurité où le plongeaient Romain Lecapène et ses fils ', que leur père avait fait reconnaître en même temps, le premier pour son collègue, et les deux autres pour Césars, Constantin

i. Christophe, Etienne et Constantin VII.

suscita les enfants contre le père: puis, quand ils eurent dépossédé Romain, il les renversa à leur tour, et devint seul maître du trône. Son règne fut signalé par les grands avantages que remportèrent en Orient ses généraux sur les Sarrasins et sur le calife en personne ; mais une flotte envoyée en Crète fut défaite par l'impentie de celui qui la commandait.

959. Sous Romain II. qui empoisonna Constantin, son père, deux frères, Nicépbore Phocas et Léon, continuèrent à soutenir l'honneur des armées de l'Orient contre les Sarrasins. Tandis que Léon remportait de grandes victoires sur le calife, Nicéphore vengeait les défaites du règne précédent, en soumettant la Crète, et poursuivait ensuite avec le même bonheur les victoires de son frère en Orient. De tels succès irritèrent contre lui l'envie, et après la mort de Romain, il ne put échapper aux intrigues de Ja cour qu'en prenant

Jb3. la pourpre. Les applaudissements unanimes du peuple saluèrent son avènement. Il ne s'en montra pas indigne. Si ses armes éprouvèrent un échec en Sicile, d'autre part il enleva aux Sarrasins l'île de Chvpre. la Cihcie et la meilleure partie de la Syrie et de PÀsie mineure. Son bras droit dans ces différentes guéries fut Jean Zimiscès, à qui il fut redevable de plusieurs victoires. Mais ce général, se voyant mal récompensé et même tombé dans la disgrâce de 1" empereur, conspira contre lui. Conduit par l'impératrice Théophano. veuve de Constantin et épouse en secondes noces de N'icephore, il pénétra avec les conjurés dans l'appar-

969.tement ou ce prince reposait, le fit massacrer, et ceignit le diadème pour prix de son crime. Les Sarrasins crurent se venger de leurs précédentes défaites, et furent repoussés. Mais l'empire fut engagé dans une guerre plus difficile contre les Russes. Swiatoslaf. prince entreprenant et guerrier, avait étendu sa domination sur les peuples voisins. A peine avait-il reçu le pouvoir des mains d'Olga, qu'il avait attaqué d'abord les Khazares, et conquis tout leur territoire entre le Don et le Kouban. Nicéphore Phocas, dont il était l'allié, l'avait ensuite excité contre les Bulgares, qui

livraient passage aux Hongrois pour envahir la Thrace, et Swiatoslaf, aidé de l'argent et des officiers de l'empire, avait subjugué (ouïe la Bulgarie, où il voulait établir le siège de sa domination. Une invasion des Petehenègues, tribu slave qui bordait la Baltique, venait de le rappeler à Kief , où sa mère Olga était assiégée, lorsque Nicéphore perdit à la fois le trôné et la vie. Swiatoslaf voulut le venger. L'an 970, il fondit sur la Thrace à la tête de trente mille hommes, et mit le siège devant Andrinople : mais attaqué par l'armée impériale, il fut contraint d'abandonner son projet. après avoir perdu les deux tiers de son armée. L'année suivante, Zimiscès le prévint. Entré en Bulgarie dès le 971 commencement de la campagne, il emporta sur les Russes la capitale du pays, les poursuivit de place en place, et atteignit enfin leur armée sur les bords du Danube. L'innombrable multitude des ennemis d'une part, et de l'autre le courage des Grecs conduits par leur empereur maintinrent indéeise toute une journée la fortune du combat. Enfin les Busses plièrent; Zimiscès redoubla d'efforts, et la victoire fut complète. Swiatoslaf offrit d'évacuer la Bulgarie, à condition qu'il serait déclaré ami de l'empire, et que le commerce serait libre entre les deux nations. Zimiscès consentit à un traité si honorable. Le'grand-duc, bien traité à la cour, se mit en devoir d'exécuter ses promesses : mais comme il retournait dans ses états, il fut attaqué par les Petchenègues, et il périt dans le combat avec le reste de son aimée.

Zimiscès ne fut pas moins heureux contre ceux qui essayèrent de renverser sa puissance : mais ce que la force n'avait pu faire, un crime le fit. Quelques paroles qui lui échappèrent, donnèrent à craindre an premier ministre pour son autorité, et l'empereur mourut empoisonne: juste retour de sa conduite en- (.71;. vers son prédécesseur. Comme il ne laissait pas d'enfants, Basile II et Constantin VIII. fds de Romain II. que Nicéphore et Zimiscès avaient regardés comme leurs collègues, demeurèrent en possession du trône impérial. Tandis que Constantin s'endormait dans les

plaisirs, Basile montra qu'il avait profité des leçons des deux derniers princes. 11 eut d'abord à combattre des ennemis domestiques. Deux des meilleurs généraux de l'empire tentèrent d'occuper la place que laissait vacante Zimiscès. Les armes de Basile essuyèrent quelques écbecs : mais quand les deux rivaux se furent mutuellement affaiblis, et que l'un eut succombé sous les embûches de l'autre, Basile marcha contre le vainqueur, le défit dans plusieurs actions, et s'affermit par la mort de son rival dans la possession du trône.

Les Bulgares, soumis par Zimiscès, s'étaient révoltés à sa mort sous la conduite de Sisman, qu'ils proclamèrent roi. Celui-ci eut pour successeur Samuel, le plus jeune de ses fils, qui s'empara de la Macédoine 978; et d'une partie de la Thessalie, et qui pénétra même dans le Péloponèse. En 981, il avait même obtenu un avantage considérable sur Basile, encore peu sur de ses propres troupes et de ses officiers. Quand la guerre civile eut été heureusement terminée, l'empereur songea à se délivrer pour toujours de ces incommodes voisins. Dans cette vue, il rassembla des troupes nombreuses, qui allèrent chercher l'ennemi

996. dans la Thessalie, et qui remportèrent une victoire complète sur les bords du Sperchius. En 999, Basile entra en personne dans la Bulgarie, où il revint chaque printemps. Depuis cette époque, les places de Samuel furent emportées et ses armées constamment défaites. Basile déshonora ses succès par un acte horrible de cruauté. Ayant fait dans une bataille quinze

j oi \. mille prisonniers, il les divisa par bandes de cent, leur fit à tous crever les yeux, excepté au chef de la bande, à qui on en laissa un pour conduire ses malheureux compagnons, et il les renvoya dans cet état à Samuel, qui en mourut de douleur. Les Bulgares défendirent leur patrie avec désespoir. Toujours vaincus, ils furent obligés de se soumettre, après plusieurs années d'une opiniâtre résistance. Basile traita la famille royale et les principaux de la nation mieux qu'on n'aurait pu l'espérer du trait que nous avons rapporté :

DU MOYEN AGE. l(jy

mais en même temps il prit toutes les précautions de la prudence pour ôter à l'empire toute inquiétude à l'avenir. Cette expédition lui valut le surnom de Bul-1019 garoctone, ou dompteur des Bulgares. De là il tourna ses armes victorieuses contre différents ennemis et leur apprit à le craindre. Il se disposait à chasser les Sarrasins de la Sicile et des possessions de l'empire en Italie, lorsqu'il fut surpris par la mort, après cinquante années de règne.

Constantin, tiré de sa nullité, ne contribua pas peu 1025 a faire regretter son frère par sa conduite. Tandis qu'il obéissait à son esprit soupçonneux, en disgraciant ceux qui avaient rendu le plus de services à l'état, les généraux formés à l'école de ses prédécesseurs, protégeaient les provinces contre les invasions des Sarrasins. C étaient alors les seuls ennemis de l'empire: car les Bulgares étaient anéantis, et les efforts qu'ils firent dix ans plus tard ne servirent qu'à constater à jamais leur impuissance. Les différentes peuplades barbares, slaves, hongroises ou petchenègues, étaient en partie établies dans différents pays, en partie subjuguées par les Busses devenus les alliés de l'empire.

Les Busses avaient eu pour grands-ducs, après Swiatoslaf, Jaropolk Ier (973-980) et Wladimir Ier, ses fils. Wladimir, nommé par les historiens le Charlemagne et l'Alfred de la Puissie, mérite, comme eux. la double auréole du conquérant et du civilisateur Vainqueur de Mieczyslas, premier duc de la Pologne^ il conquit sur lui la Puissie rouge l. En même temps! il protégeait les lettres, appelant à sa cour ceux qui les cultivaient. Ce fut sous lui que les Busses embrassèrent le christianisme, choisi, disaient- ils, par Olga, la plus sage des mortelles. Son mariage avec la sœur de Basile et de Constantin, fut le gage d'une étroite amitié avec l'empire. Malheureusement il soumit l'église de Paissie au patriarche de Constantinople ; en sorte que quelques années plus lard, ce grand

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