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Aujourd hui la Gallick

pays, entraîné par le schisme des Grecs, fut perdu pour le catholicisme.

1028. Constantin ne laissait que des filles. En mourant, il choisit pour son successeur Romain III Argyre. à condition qu'il épouserait Zoé, l'une d'elles. Celui-ci régnait depuis deux ans, quand les Sarrasins reprirent les armes. Ils proposèrent la paix, à la première nouvelle que l'empereur marchait contre eux : mais Romain préféra combattre et fut vaincu. Rientôt la peste, la famine et les tremblements de terre ruinèrent tour à tour l'empire. Tandis que Ptomain cherchait dans plusieurs actes de piété un secours à tant de maux, Zoé le fit empoisonner; et comme le poison agissait trop lentement au gré de l'impératrice, on le noya dans un bain.

1034. Le malheureux prince était à peine expiré, que Zoé envoya chercher le patriarche pour l'unir avec Michel IV le Paphlagonien, homme de basse naissance, qu'elle aimait et qu'elle fit aussitôt reconnaître pour empereur. Michel se rendait trop de justice pour ne pas persécuter tous ceux qui se distinguaient par leur mérite ou par leur naissance : cependant il soumit en personne les Rulgares révoltés, après avoir conclu une trêve de trente ans avec les Sarrasins, alors travaillés par des dissensions intestines. Tourmenté par les remords, il expiait dans les pratiques d'une dévotion outrée le crime commis contre Romain Argyre, lorsqu'il fut attaqué d'une maladie de langueur; et après

1041. avoir abdiqué en faveur de Michel V Galafate, son neveu, il alla passer le reste de ses jours dans un monastère. Calafate , ainsi appelé, parce ce qu'avant l'élévation de sa famille il était calfateur de vaisseaux, ne jouit pas longtemps du pouvoir. Ayant exilé Zoé, qui l'avait adopté, il fut déposé par le peuple après quatre mois de règne, et l'ambitieuse princesse redevint maîtresse du trône avec Théodora, sa sœur, qui sortit pour y monter, du monastère où elle avait été renfermée.

Les ambitions prenaient un libre cours sous l'autorité de deux femmes Pour v mettre un terme. Zoé

rappela de l'exil, où il avait été relégué sous les précédents règnes, Constantin IX Monomaque, qui n'avait 1042 pour lui que sa naissance et sa figure, et elle lui donna le sceptre avec sa main. Le nouveau prince eut néanmoins le bonheur, au commencement de son règne, de vaincre ceux qui prirent les armes contre lui, entre autres Maniacès, célèbre dans les dernières guerres d'Orient, que nous avons vu défendre en Italie les restes de la domination byzantine. Les Russes fournirent encore à Constantin l'occasion d'acquérir de la gloire. Wladimir, que l'Eglise met au nombre des saints, avait partagé ses états entre ses douze fds. Après de longues guerres civiles, suite inévitable de tels partages, Jaroslaf Ier (1019-1054) réunit sous sa domination les différentes provinces. Ce prince, à qui la Russie doit son premier code et des villes nombreuses, et qui cultiva lui-même les lettres, ne se distingua pas moins par ses succès dans la guerre. Il vainquit les Petchenègues, quand ils attaquèrent ses états, soumit quelques tribus révoltées, et sortitviclorieux des luîtes que provoquèrent les Polonais et les Lithuaniens. Une querelle entre les Grecs et quelques marchands russes l'entraîna dans une guerre contre l'empire. Cent mille hommes descendirent le Dnieper sous Wladimir, fds de Jaroslaf, et cinglèrent sur leurs canots jusqu'à la vue de Constantinople : mais quelques vaisseaux grecs suffirent pour les dissiper, et malgré quelques avantages partiels, les Russes durent regagner leur pays. Depuis ce dernier échec, ils furent constamment les alliés des Grecs, et servirent en mille circonstances sous leurs drapeaux, lorsqu'ils ne trouvèrent pas chez eux l'occasion d'exercer leur humour guerrière.

Ces premiers succès de Constantin, et la prise de plusieurs places, dont les Sarrasins s'étaient rendus maîtres sous les deux Michel, pouvaient faire espérer aux peuples plusieurs sécurité : mais un nouvel ennemi se leva à la fois contre les Sarrasins et contre l'empire. Les Turcs, d'origine tartare, s'étaient mis depuis longtemps au service des califes. Sous Motasem 8il .

Gen. — fjist. du Moyen Age. 8

{833-842), fils d Haroun. nous les voyons occuper les premières places du palais, et former au dehors une milice de cinquante mille guerriers, dont le chef fut nommé général de toutes les troupes. D'esclaves pour la plupart, ils devinrent bientôt les maîtres. Plusieurs califes essayèrent d'abattre leur puissance sans y parvenir : au contraire, ils furent ou déposés ou même massacrés par ces hordes mercenaires ; ce qui était d'autant plus facile, que les ambitions toujours renaissantes ne «essaient de déchirer l'empire fondé par Mahomet. Malgré la politique constante des califes, qui changeaient presque chaque année les gouverneurs des provinces, plusieurs d'entre eux se déclarèrent et se maintinrent indépendants. Ainsi, l'Egypte et la Syrie

878. leur échappèrent dès l'an 878, pour rentrer à peine quelques années sous leur obéissance-, ainsi, les provinces mêmes qui environnaient Bagdad, capitale de l'empire, passèrent successivement sous la domina lion des Thahérides, des Saffarides, des Buides et des Gaznévides; enfin, les Karmates. secte musulmane.

890. commencèrent à paraître Tan 890, et, presque toujours vainqueurs pendant un siècle, ils ravagèrent impunément l'Arabie, la Syrie, la Mésopotamie et la Chaldée, pillèrent la Mecque et s'avancèrent plusieurs fois vers Bagdad, seule ville qui demeurât fidèle aux ealifes. Ceux-ci relevèrent quelquefois leur puissance, et même ils parvinrent à se délivrer de la tyrannie des Turcs : mais ce fut en appelant à leur secours les Sarrasins d'Afrique et les princes indépendants qui les environnaient; c'est-à-dire qu'ils changèrent de mai-

93a. très. Rhadi, pressé de tous côtés par des révoltes, et sans aucune ressource, chercha un protecteur et crut l'avoir trouvé, en nommant Ibn-l\ayek, émir al-omrah , titre qui signifie commandant des commandants. Ce fut le dernier coup porté à la puissance des califes. Les Buides, déjà maîtres de la Perse . disputèrent la dignité d' al-omrah et la puissance qui v fut attachée, à celui qui en était revêtu: ils s'en emparèrent en 945, et la conservèrent longtemps dans leur famille. Le calife dépouillé n'eut plus qu'un

titre sans fonctions, et ne conserva, sous le bon plaisir des émirs, que la suprématie spirituelle. Mahmoud le Gaznévide vint enfin élever un grand empire dans la Perse, sur les ruines de plusieurs dynasties. Fils d'un général desSamanides, qui étaient maîtres depuis longtemps du Khorasan et des provinces voisines, Mahmoud succéda à son père dans ses gouvernements, et pro-907 clama bientôt son indépendance. Les crimes qui ensanglantèrent le trône des Samanides, furent pour lui une occasion de renverser celle famille, sous prétexte de venger la mort du prince. De là, ayant pris le nom de sultan, il s'empara de la Géorgie, enleva aux Buides la Perse, et porta ses armes victorieuses jusqu'aux limites les plus reculées de l'Indoslan, qu'il soumit à l'islamisme. En même temps, ce pays, vierge de toute invasion, remplit les trésors du conquérant d'immenses richesses. Bagdad tomba aussi en son pouvoir; mais il dédaigna le titre d'émir al-omrah. dont il laissa jouir les Buides.

Au milieu de ces révolutions, les Turcs, s'alliant loin à tour aux différents princes, avaient souvent fait pencher la victoire. Mahmoud lui-même s'en était servi. Pour récompenser leur bravoure, il leur donna des terres dans le Khorasan. Bientôt il s'aperçut de la faute qu'il avait faite en les admettant ainsi au cœur même de ses états: mais quand il voulut les combattre, il lui fallut tout son courage et sa bonne fortune pour les vaincre ei les chasser de son empire. Les vaincus trouvèrent asile dans le Turkestan. sous la conduite de Alp- \islan. fils de Seljouk. tige de la famille des Seljoueides. Togrul-Beg, ayant succédé à son père Arslan. reconnut l'hospitalité du prince de ce pays en le dépouillant de ses états. Lorsque, après la mort de Mahmoud, son fils Massouh fut devenu seul chef desl028. Gaznévides en faisant crever les yeux à son frère, les Turcs revinrent dans le pays d'oii ils avaient été (liasses. Tandis que Massouh poursuivait dans les Indes les conquêtes de son père, Togrul-Beg se fortifia si bien dans le Khorasan et les provinces m usines, que toute la puissance des Gaznévides ne pul l'ébranler.

Les divisions se mirent dans cette famille. Togrui ea profita pour entrer en Perse: il vainquit les armées qui s'opposèrent à lui, soumit le pays entier, et prit à son tourlenomde sultan. Le calife, accablé d'ennemis, l'engagea à prendre sa défense. Togrui le défit en effet de ses tyrans et renversa les Ruides. mais pour prendre leur place. Par là les Seljoucides se trouvaient maîtres de la Perse et de presque toute la haute Asie.

Ce fut contre ces puissants ennemis que Constantin Monomaque eut à combattre. Un des généraux de

4048. Togrui, battu par les Arabes, força le passage sur les terres de l'empire, et vanta tellement à son maître la fertilité de ces provinces, que celui-ci envoya son neveu à la tête d'une armée pour s'emparer de la Médie. Malgré la guerre que l'empire soutint alors contre les Petchenègues, les Turcs, victorieux quelquefois, furent cependant obligés d'ajourner de ce côté leurs projets de conquête. Du moins ils ravagèrent ave< impunité le territoire grec, parce que Constantin négligeait, par avarice, d'entretenir des troupes réglées sur ses frontières. Ce prince d'ailleurs n'était plus occupé qu'à consommer le schisme avec l'église la-

-1053. tins- Ce fut l'œuvre du patriarche Michel Cérulaire Son ambition le portant à méconnaître l'autorité du pape, il renouvela contre les Latins les puériles accusations de Photius, envenima la haine que les Grecs portaient à la cour de Rome, et fit proclamer l'indépendance du siège de Constantinople. Les Russes, fidèles alliés de l'empire, le suivirent, comme nous l'avons dit, dans ses erreurs. Ainsi fut accomplie la rupture de l'église grecque d'avec l'église de Rome, schisme déplorable, qui se continue encore de nos jours.

1054 Constantin survécut peu à ce dernier acte. Zoé n'était plus; Théodora, sa sœur, prévint les dispositions de l'empereur mourant, et se fit reconnaître impératrice. Malheureusement pour l'empire, qu'elle gou-

1056. vernait avec sagesse, cette princesse, d'un âge trèsavance, succomba après un an et neuf mois de règne. Klle avait habilement choisi ses ministres, et cepen-

dant elie déclara son successeur Michel IV Straiioiïquc, vieillard d'une incapacité reconnue. Méprise des peuples el haï des grands qu'il persécuta, il fut bientôt déposé. Isaac Comnène, proclamé empereur par les 10? soldats, et soutenu des meilleurs généraux, marcha contre Stratiotique. le vainquit près de Xicée, et fut aussitôt couronné à Constanlinople par Michel Cérulaire.

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