‹ Histoire du moyen ageChapitre 46 sur 84 · Voir ehapiuc XXXVIIÏ · texte numérisé non relu

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lien. HiU. du Moyen Age. 11

commencèrent leurs ravages. Alors le prince et l'évoque offrirent à Hermann de Salza. grand maître des chevaliers teu toniques, de céder à l'ordre Culm, Dobrzyn, quelques autres territoires, et de plus tout ce qu'on enlèverai! dans la suite aux infidèles. Hermann 1228. accepta sur-le-champ une offre aussi avantageuse. Les chevaliers, ralliant à eux les ducs de Brcslau et de Pomérélic, marchèrent aussitôt contre les Prussiens, et remportèrent sur eux une grande victoire: puis ils 1-234. fondèrent les villes de Thorn et d'Elbing. et conquirent toute la rive droite de la Vistule jusqu'à la mer.

\u nord de la Prusse et sur les côtes orientales de la Baltique, s'étendaient trois provinces, la Courlande avec la Sémigallie, la Livonie et l'Esthonie, connues des Russes, qui y avaient quelques colonies , et des Danois, qui avaient voulu les soumettre, mais inconnues aux peuples occidentaux. Vers 1158, des marchands de Brème furent jetés par la tempête sur les côtes de Livonie, nouveau débouché pourle commerce. Trente ans après, on voulut convertir les naturels, qui étaient idolâtres. Bien des combats n'avaient encore amené aucun résultat, lorsque Albert d'Apeldern fonda en 1201 la ville de Riga, dont il fut le premier évêque, et institua en 1204 les chevaliers porte-glaives, auxquels il concéda en fief le tiers des territoires conquis et à conquérir. Bientôt l'Esthonie entière fut soumise (1217). Mais l'ordre avait à résister à la fois ;;ux B.usses, qui revendiquaient sur lui d'anciens sujets; aux Danois, jaloux de ses conquêtes et réclamant Pievel et Narva; enfin aux Lithuaniens, autre peuple idolâtre, moitié slave et moitié germain, comme les Prussiens et les Lives. Ringold, premier grandduc de Lithuanie (423Ô-1238), triompha dans une 1236. bataille sanglante des chevaliers, qui y perdirent leur grand maître. Effrayés de ce désastre, ils demandèrent à se fondre avec l'ordre teutonique, à condition d'avoir un maître provincial particulier, ce 1237 qu'Hermann accepta avec l'autorisation du pape. On fil la paix avec le Danemarck: puis on marcha contre les Russes, à qui on enleva Pskof, et contre les Li-

ihuaniens, qui furent vaincus à leur tour et qui rendirent leurs conquêtes.

En Prusse, les chevaliers tente-niques continuaient !a soumission du pays, malgré une opiniâtre résistance. L'invasion des Mongols, en 1240, les força de se concentrer sur la Yistule. Ils y furent attaqués d'un côté par les Prussiens qui secouèrent le joug, de l'autre par le duc de Pomérélie, jaloux de leur grandeur. De nouvelles bandes de croisés rendirent à Tordre la supériorité. Les Prussiens vaincus demandèrent la paix, qui leur fut accordée. Le nord 1249. n'était point encore dompié. Les chevaliers, aidés par Ottocar II, roi de Bohême, reculèrent au loin leurs frontières, et bâtirent les deux villes de kœnigs- 1255. berg et de Wehlau. D'autre part, ils contraignaient Mindowe, fds et successeur de Ringold (1238-4263), à embrasser le christianisme. Mais au moment qu'une nouvelle invasion des Mongols menaçait la Prusse, 4262. les Lithuaniens reprenaient les armes, faisaient éprouver à Tordre une défaite complète, et les Prussiens soulevés renversaient les églises et mettaient le siège devant Kœnigsberg. Les Allemands accoururent en foule sous les drapeaux chrétiens. Vainqueurs des Prussiens, les chevaliers les poursuivirent, s'emparèrent de leurs châteaux, et terminèrent enfin la con- 4283. quête du pays. Ils y établirent un gouvernement sage. où les lois étaient respectées, où la religion était eu honneur, où le peuple était heureux sous des maîtres qu'il avait combattus cinquante ans avec constance.

L'an 129-1, le sultan d'Egypte s'empara de Saint- 1291. Jean-d'Acre, qui avait été jusqu'alors le chef-lieu de Tordre. Le grand maître se transporta d'abord à Venise, où il résida tant qu'il put espérer une nouvelle croisade pour la délivrance des saints lieux. Cet espoir une fois évanoui, il se rendit en Prusse, et choisit 1.309. Marienbourg pour sa résidence.

La guerre continuait cependant avec la Lithuanie. Une nouvelle dynastie avait commencé en 1282 dans la personne de Wilen , homme d'une naissance obscure, qui s'était élevé par son mérite. Le nouveau

prince ne cessa de faire dans la Prusse des incursions qui attiraient sur son pavs de cruelles représailles. Son fils Gédimin 4315-4328; fut le fondateur de Wilna. Il reconquit sur l'ordre une partie de laSamogitie (1319), puis il tourna contre les Russes.

Le funeste exemple donné par Wladimir V le Grand ' avait porté ses fruits , et depuis le commencement du XIe siècle, la R.ussie était partager entre plusieurs gouvernements dont les chefs, issus de Pairik , reconnaissaient pour suzerain le grand duc résidant à Kief. En 1157, André Ier, qui avait hérite de Wladimir, où il se fixa, s'était proclamé grand-duc : et, maître de Kief '1169) par la force des armes. il avait transmis son titre à sa postérité. Ce fui sous ses descendants que les Mongols, dans les trois invasions de 12-24, de 1237 et de 1240, écrasèrent les armées russes, réduisirent en cendres les villes, et contraignirent les grands ducs à payer tribut, et à venir chercher à la tente du khan la confirmation de leur dignité. Parmi les princes qui onl ainsi régné sous une dépendance étrangère, l'histoire distingue Alexandre Ier Newski 1253-1263, , qui réprima les entreprises des Suédois et des chevaliers porte-glaives. Au milieu des querelles de ses successeurs, qui allaient mendier la couronne auprès du khan ou y recevoir la mort, le grand-duc de Lithuanie se jeta sur la Russie blanche, dont il fit momentanément la conquête. Bientôt après, il prit une part active aux hostilités qui commencèrent entre la Pologne et les chevaliers teutoniques.

L'histoire de la Pologne commence au IXe siècle Le pays était habité par les Lekhs et les Mazoviens. peuples d'origine slave. La dynastie des ducs remontait au paysan Piast, qui avait régné vers 840. Micislas Ier '964-992; fit du christianisme la religion dominante. Son fils Boleslas Ier, dit Chrobry ou le Vaillant, reçut de Henri II le titre de roi, que déposè-

1. Voyez, pour l'histoire de Russie jusqu'à cette époque, le chapitre XXII, pages 162-169.

rent Micislas II (4025-1034) vaincu par l'empereur Conrad II, et Casimir Ier (4041-1053), moine à Cluny avant de ceindre la couronne. Boleslas II le Hardi, fils de Casimir, prit une part glorieuse aux guerres des successeurs de Wladimir le Grand, et en 1077, il se fit couronner roi sans l'assentiment de l'empereur Henri IV. Son neveu Boleslas III (1 102-1430) conquit la Poméranie qu'il convertit au christianisme. Après avoir résisté à Henri V, il prêta hommage à Lothaire II, en lui payant, comme vassal, douze années arriérées de l'ancien tribut. Ce prince partagea la Pologne entre ses fils, d'où il résulta que la Silésie, qui avait l'ait jusqu'alors partie du royaume, fut morcelée entre plusieurs princes et cessa de lui appartenir. I)e même Leszek le Blanc (1206-1227) céda à son frère la Mazovie qui forma pendant un siècle et demi une principauté indépendante. Ce prince périt dans un combat contre le duc révolté de la Pomérélie. Sous son fils Boleslas V, les Mongols, victorieux en Bussie, dévastèrent (1240) la Pologne. Leszek le Noir (1279-1289) plus heureux triompha une première fois d'une armée de Mongols; mais dix ans après, il ne put protéger son pays contre une invasion nouvelle, et il en mourut de douleur. Au milieu de l'anarchie qui suivit, les états décernèrent la couronne (1300) à Wcnceslas, roi de Bohême. Après ce prince et son fils, le trône revint (1305) à Wladislas IV Loketek, qui l'avait déjà occupé quelques instants. Sous lui la guerre commença avec les chevaliers teutoniques.

L'ordre avait profité de quelques circonstances favorables pour acheter la Pomérélie et quelques districts qui relevaient de la Pologne (1308). Wladislas IV réclama longtemps, mais en vain. L'an 1328, il s'unit à (iédimin de Lithuanie, et tous deux se jetèrent sur j 328 la Prusse. I.e pape Jean XXII publia contre les Lithuaniens une croisade que commanda Jean de Luxembourg. La Samogitie fut conquise. Wladislas ayant fait une diversion en faveur de son allié, les croisés lui enlevèrent Dobrzyn, et forcèrent la Mazovie à se détacher de la Pologne. En même temps,

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les chevaliers achetaient de différents princes plusieurs districts et seigneuries.

Gédimin étant mort d'un coup de feu au siège d'une ville, ses fils se disputèrent ses états; et parmi

1330. eux, Olgierd et Kieystutl s'emparèrent enfin en 1330 du gouvernement. Cette même année ils envahirent la Prusse et contraignirent les chevaliers à demander la paix. Ce fut la ruine de Wladislas. Deux

1331. armées s'avançaient contre lui. 11 vainquit la première , mais se déshonora en faisant massacrer de sang-froid les chevaliers prisonniers; et la seconde étant survenue dans le moment, il fut complètement défait le même jour dans la plaine témoin de sa

1333. victoire. Son fils Casimir 111 le Grand lui succéda deux ans après. Ce prince conclut la paix avec le roi de Bohême en renonçant à tout droit sur la Silésie. Il céda également la Pomérélie à l'ordre teutonique par

1343. le traité deKalish, mais il recouvra les autres districts. Ce fut lui qui réunit à la Pologne une partie de la Piiissie rouge à l'extinction de la famille qui la possédait. Il contraignit aussi le duc de Mazovie à reconnaître la suzeraineté de la couronne. Prince juste et éclairé, il publia le premier code et fonda la première université. Mais on lui reproche d'avoir abandonné à la noblesse certains droits, ce qui avec le temps rendit le gouvernement aristocratique, de monarchique qu'il avait jusqu'alors été.

1370. Avec Casimir finit la succession mâle des Piast. L'héritier du sceptre fut Louis le Grand, roi de Hongrie, neveu de Casimir par sa mère. Il fit avec succès la guerre aux princes de Lithuanie, et leur enleva quelques unes de leurs anciennes conquêtes. Il s'était aussi engagé à reprendre la Pomérélie : mais il mou-

4382. rut en Hongrie sans avoir pu remplir sa promesse. Après deux années d'interrègne, les états appelèrent au trône Hedwige, seconde fille de Louis, qui allait fonder par son mariage une nouvelle dynastie.

La paix n'avait pas été de longue durée entre l'ordre et la Lithuanie. Dès l'an 1337, Jean de Luxembourg était venu secourir une seconde fois les che-

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valiers. Olgierd appela de son côté Iwan 1er nommé grand-duc de Russie par les Tarlares, en 1328. Ce prime (pie l'on regarde comme le fondateur de la monarchie, et parce qu'il transporta à Moscou le siège de l'empire, et parce qu'il soumit au vasselage nombre d'états indépendants, saisit volontiers l'occasion d'étendre son influence. Mais l'impétuosité russe devait céderlonglemps encore à la tartiqueeuropéenne.Siméon, fils et successeur (1340-4353) d'Iwan, et qui s'intitula le premier grand-duc de toute la Russie, continua la guerre avec plus de succès. Toutefois, en 1346, cent mille Russes ou Lithuaniens furent complètement défaits dans les plaines de Labiau. Une autre armée de croisés, Anglais, Français et Allemands, inspira à Olgierd une telle frayeur qu'il offrit d'embrasser le christianisme ; mais il s'y refusa, quand le danger fut passé. Tandis qu'il exterminait en Podolie et sur le Dniepr trois hordes de Mongols, la Russie était en proie aux fléaux les plus affreux. A la mort d'Iwan II (1359), frère de Siméon, lesTartares voulurent exclure son fils Dimilri : de là une guerre civile; maisDimitri sut profiter des dissensions qu'enlraînait la décadence des khans de la Horde d'Or, et il fut universellement reconnu en 1362. La peste ravagea presque aussitôt la Russie. Après la peste, un incendie réduisit en cendre Moscou, dont le Kreml ou citadelle, bâti en bois par Iwan Ier, fut alors rebâti en pierre. Olgierd crut l'instant favorable pour soumettre à ses lois le grand-duché. Deux fois il s'avança (1363) jusqu'aux portes de la ville incendiée, et deux fois il se retira sans succès. De son côté, Kieyslufl luttait courageusement contre une autre armée de croisés occidentaux. En 1370, les deux frères envahirent la Prusse à la tête de soixantedix mille hommes. Les chevaliers n'en avaient que quarante mille; cependant ils triomphèrent dans les plaines de P.udan. En 1378, les Allemands pénétrèrent jusqu'à Vilna, qui fut presque toute entière la proie des flammes.

Olgierd eut pour successeur (1381) son fils Jagiel ou Jagellon. Kieystutt marcha contrôle nouveau prince,

qu'il prétendait dépouiller; mais il fut attiré à une conférence, saisi par trahison et étranglé. Jagellon prit alors quelque part aux affaires delà Russie. Des mécontents avaient excité contre Dimitri le prince de Twer et Marnai, khan des Tartares. Le prince de Tirer fut presque aussitôt vaincu, et se soumit. Les Tartares dévastèrent une première fois la Russie en 1377, et retournèrent impunément chez eux; mais l'année suivante, ils furent vaincus sur la Woja. Le khan fit alors une ligue avec Jagellon et avec le prince de Pdazan. Dimitri s'avança promptement contre les Tartares, les attaqua sur le Don, avant qu'ils eussent été joints par leurs alliés, et remporta une victoire complète. Deux «eut mille Tartares jonchèrent, dit-on . la plaine. Maniai fut renversé la môme année (4380) par Toktamish, général de Tamerlan, qui somma Dimitri de venir lui rendre hommage. Sur son refus, il passe le Volga, entre dans Moscou et met tout à feu et à sang. Dimitri se vengea sur Riazan. H accepta cependant la paix des Mongols: mais ce fut pour détacher d'eux le prince de Riazan , auquel il donna sa fille, et Jagellon, devenu roi de Pologne. Il se disposait à recommencer la guerre, quand il mourut à l'âge de quarante ans. Ce fut sous lui que le christianisme civilisa la Permie, qui dépendait de la république de Novgorod.

Jagellon avait demandé la main d'Hedwige, reine de Pologne, en offrant de recevoir le baptême, et, la proposition étant acceptée, il avait été baptisé et cou- 1386. ronné à Cracovie, sous le nom de Wladislas V. La Pologne et la Lilhuanie réunies formaient le plus puissant royaume de l'Europe: mais "NYitold ou Alexandre, fils de Kieystult, s'unit aux chevaliers 1392. leuloniques, et obligea son cousin à lui céder comme fief laLithuanie. Wladislas continua la guerre contre les chevaliers. En 1393, soixante mille croisés assiégèrent Yilna; mais la moitié fut emportée devant la place I idî. par les maladies. Un nouveau traité valut à l'ordre la Samogitie. L'acquisition de la nouvelle marche de Brandebourg, que Sigismond vendit aux chevaliers 63,000 florins d'or, remit les armes aux mains de

Wiadislas. En vain l'empereur Wenccslas essaya-t-il d'arrêter les hostilités. Le grand maître, suivi de quatre-vingt-trois mille hommes, levés en partie chez les Allemands, vint se heurter, à Tannenbcrg, contre 1410. l'armée ennemie , masse informe de cent soixantetrois mille hommes, Polonais, Hongrois, Bohémiens, Russes, Lithuaniens et Tartares. Le combat dura tout le jour. L'ordre y perdit son grand maître, six cents chevaliers et quarante mille soldats. Wiadislas, qui avait chèrement acheté la victoire, mit aussitôt le siège devant Marienbourg ; mais il y sacrifia inutilement les restes de son armée. La paix de Thorn n'enleva à Tordre que la Samogitie. Aussi Wla-1411. dislas, qui réclamait la Pomérélie, fit-il, en 1422, une nouvelle invasion en Prusse, de concert avec le grand-duc de Lithuanie. 11 emporta d'abord la ville de Culm. Assiégé sur-le-champ dans cette place démantelée, il risquait d'être pris avec l'armée entière, lorsque le grand maître, cédant à une terreur panique, signa tout à coup le traité de Melno, qui rendait à la Lithuanie ce qui lui avait jadis appartenu.

Alexandre avait eu aussi une guerre avec la Russie. NN asili IV (1389-1425), qui marchait sur les traces de son père, avait réuni à ses états les principautés de Sousdal et de Nijnei-Novgorod -, mais en 1396, il perdit Smolensk que lui enleva Alexandre. Trois ans après, celui-ci fut vaincu sur la Worskla par Toktamish, qui s'était proclamé khan des Tartares. Tamerlan marcha contre son général rebelle et le vainquit, mais sans l'abattre; puis il s'approcha de Moscou el retourna ensuite sur ses pas sans avoir livré de bataille. Alexandre profita des troubles pour augmenter d'un tiers la Lithuanie. Quant à Wasili, appelé à la Horde d'Or, dès que Tamerlan fut retiré, il n'envoya pas même le tribut. Le khan parut (1407) devant Moscou, qu'il ne put emporter faute d'artillerie et de machines. Des factions divisaient les Tartares : cependant Wasili se soumit parce qu'il craignait les princes de Twer et de Lithuanie. 11 ne songea plus jusqu'à la fin

de son règne qu'à réparer les maux que la guerre avaii causés à la Piussie.

Wasili III n'hérita ni des talents ni de la puissance de son père et de son aïeul. Iourié, son oncle, et les fils d'Iourié, lui disputèrent le trône. Wasili fut deux fois renversé et deux fois rétabli, d'abord par la générosité, et ensuite par la mort de son oncle. Un de ses cousins le détrôna une troisième fois, et le fit aveugler pour venger son frère, auquel le grand-duc avait infligé le môme supplice ; mais peu de temps après il lui rendit la liberté et le sceptre. La concorde aurait dû régner depuis entre les deux princes. Bien loin de là, ils reprirent les armes, et luttèrent avec divers su< •ces jusqu'à la mort de l'usurpateur en 1453.

"VYasili, rétabli, gouverna avec plus de sagesse. Fidèle au plan tracé par son père, il réunit à la couronne les principautés de Halicz, de Mojaisk, de Borowsk et de ïwer, elsoumitde nouveau la république de Novgorod : ce qui le rendait maître de toute la Russie, excepté les provinces que les Lithuaniens avaient conquises. Malheureusement il partagea ses états entre ses fils, ce qui morcela une seconde fois le pays.

De son temps, un général mongol s'établit à Kasan (1437). Wasili voulut reprendre la ville, et fut battu. Plus malheureux encore en 1445 , il tomba aux mains des ennemis et ne dut la liberté qu'à leur générosité.

En 143G, le patriarche archevêque de Moscou se rendit au concile de Ferrare, où Ton traita de la réunion de l'église grecque avec l'église latine. A son retour, il fut déclaré traître et déposé pour avoir signé l'union, que les Lithuaniens acceptèrent seuls et à laquelle ils restèrent fidèles. Constantinople ayant succombé, le patriarche devint indépendant. C'était jusqu'alors le patriarche grec qui avait nommé l'archevêque de Moscou \ de là vient que le siège épiscopal avait été presque toujours occupé par des étrangers.

Nous avons continué jusqu'à la fin l'histoire de la Russie, qui ne se mêlait plus aux luttes des états

voisins. Revenons maintenant à la Pologne et aux chevaliers leutoniques.

En 1430, mourut Alexandre de Lithnanie. Son 1-130. frère Sigismond, et Boleslas, frère de Wladislas V, se disputèrent la couronne ducale, qui resta au premier. En 1434, Wladislas mourut à son tour, âgé de quatrevingts ans. 11 avait eu deux fds de sa quatrième femme. Pour assurer la couronne à l'aîné, il avait accordé aux nobles de nouveaux privilèges, ce qui rendait de plus en plus la couronne élective. Son fds aîné "Wladislas VI lui succéda à l'âge de dix ans. Ce prince n'oublia rien, 1434. en 1438, pour assurer le sceptre de Bohême à son frère Casimir, que bientôt (1440) les Lithuaniens appelèrent à les gouverner, Sigismond ayant été assassiné pour sa tyrannie. Lui-même obtint, la même année, la couronne de Hongrie. Quatre ans après, il périt a 1444. Varna, contre les Turcs. Casimir hésita trois ans avant d'accepter son héritage, parce que les Polonais mettaient comme condition la cession de quelques territoires par la Lilhuanie. Les deux pays furent ainsi réunis sous le même sceptre, quoiqu'ils aient conservé des intérêts différents jusqu'en 1569.

La paix de Melno avait commencé la décadence de l'ordre teutonique. Les finances étant épuisées, le grand maître convoqua, pour la première fois (1430 . une assemblée composée de six grands officiers de l'ordre, de six prélats, de six députés de la noblesse et de six députés des villes. Les réunions devaient être annuelles ; elles décidaient souverainement des impôts ; elles veillaient au maintien des privilèges et au bienèire des peuples : c'est-à-dire que le gouvernement devint représentatif. Les dissensions qui s'élevèrent entre les chevaliers, affaiblirent encore leur puissance. Des confédérations se formèrent entre les villes et la noblesse, et Frédéric III les autorisa; de sorte que la Prusse, au milieu du XVe siècle, était en proie à lu plus affreuse anarchie.

En Livonie, les porte-glaives avaient eu à lutter, depuis le commencement du XIVe siècle, avec les archevêques de Riga pour la suprématie. La querelle de-

meura longtemps indécise. On en vint plusieurs fois aux mains, et les chevaliers furent tantôt vainqueurs, tantôt vaincus. L'acquisition de l'Esthonie, que l'ordre teutonique acheta (1347) du roi de Danemarck, et qu'il revendit aux porte-glaives, leur donna la supériorité. Les archevêques en appelèrent au pape, qui prononça en leur faveur. Les chevaliers, recourant à la ruse, firent donner l'archevêché de Riga à des hommes qui leur étaient dévoués, de sorte qu'ils obtinrent, par des transactions frauduleuses, ce qu'ils n'avaient pu conquérir par les armes. Mais il ne fallait qu'une circonstance pour ranimer une lutte dont ta conséquence devait être la décadence et la ruine de l'ordre entier.

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