CHAPITRE PREMIER
Coup d'œil sur la situation des différents peuples barbares, à la mort de Théodose : Scythes, Tartares , Slaves, Germains. — Mœurs des barbares. — Décadence de l'empire romain. (39o — IVe siècle.)
« Les Romains s'étaient crus les maîtres du monde : cependant leur empire , trop grand pour se soutenir, était trop petit par rapport aux vastes régions qui l'environnaient. Parce qu'ils ne découvraient que les lieux où ils portaient leurs armes, ils comptaient pour rien tout ce qui se trouvait au delà. Us ne connaissaient pas les peuples qui les devaient conquérir, et ils s'imaginaient que leur empire ne finirait qu'avec le monde, jugeant de sa durée aussi faussement que de son étendue * . »
Cependant deux peuples luttaient déjà avec Rome depuis plusieurs siècles, et s'ils n'avaient point entamé ses frontières, du moins ils avaient posé enfin une limite à cette puissance qui avait prétendu n'en reconnaître jamais. C'était, en Orient, la monarchie des Parthes, continuée par les Sassanides; en Occident, les Germains , quelquefois vaincus , mais jamais domptés et toujours campés sur le Rhin, jusqu'au moment où il leur serait donné de le franchir sans retour. De tels ennemis, livrés à eux-mêmes . auraient pu laisser l'empire romain s'éteindre indéfiniment dans une lente agonie. Les Sassanides avaient hérité de la magnificence, du luxe et de la corruption des Séleucides, en même temps que de leur puissance sur la haute Asie; un peu supérieurs en courage, ils pouvaient remporter quelques victoires momentanées et conquérir même plusieurs provinces : mais l'ennui de la guerre et de ses fatigues , mais l'épuisement du pays, suite ordinaire des succès aussi bien que des re-