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sa première force, conclut un traité avec le roi de Naples et se lia avec ce prince par un mariage. Non content de priver Frédéric des secours de l'Aragon. il consentit lâchement à le détrôner lui-même. Pour reconnaître l'aveugle soumission de ce prince, le pape lui donna l'investiture de la Sardaigne et de la Corse, dont il dépouillait les Génois et les Pisans, ses ennemis. Ces peuples en restèrent cependant possesseurs

1323. jusqu'en 1323. Les Sardes s'étant alors révoltés contre des maîtres qui les opprimaient, Jacques fit revivre ses prétendus droits. Il envoya à leur secours une flotte et son fils, chassa les Pisans, repoussa leurs

1324. flottes, s'empara de Cagliari, la capitale, et la laissa toutefois aux vaincus, mais à condition qu'ils reconnaîtraient la suzeraineté de son royaume. Peu fidèles

1326. au traité, les Pisans tentèrent deux ans plus tard de chasser à leur tour les Aragonais. Jacques envoya une nouvelle flotte, et l'île fut entièrement soumise, sauf quelques légers troubles qui appelèrent encore une intervention armée.

■ Dans la guerre de Sicile, le roi de Castille, Sanche

IV, avait embrassé la cause du pape et de la France. Pierre III d'abord, puis Alphonse III et Jacques II. ses fils, entreprirent, pour s'en venger, la protection des Lacerda. Alphonse, l'aîné des deux frères, fut proclamé roi de Castille , et reconnu de quelques villes : mais son parti s'affaiblissait de jour en jour.

1295. Sur ces entrefaites, Sanche mourut, ne laissant qu'un fils jeune encore. La minorité de Ferdinand IV fin très-orageuse, son oncle et son grand oncle disputant la tutelle à Marie de Molina, sa mère. Le roi d'Aragon

1298. crut l'occasion favorable. Il entra en Castille, fit proclamer à Sahagun Alphonse de Lacerda, et se vil en peu de temps soutenu du roi de Portugal et de la puissante famille des Lara. Ferdinand paraissait devoir succomber sous tant d'ennemis, s'il n'eût été soutenu par l'habileté de sa mère. Cette princesse, aussi prudente que courageuse, fit tête à l'orage. Elle batlit

1300. les Lara; elle céda en partie aux prétenlionsdes princes ; elle détacha de l'alliance (4301) le roi de Portugal,

Denis 1er, qui était monté sur le trône l'an 1-279, et se le concilia par un double mariage ; puis se liant avec les mécontents d'Aragon, elle se trouva si forte contre Jacques, qu'il demanda la paix. Après tant d'efforts 1305. et de combats, les Lacerda obtinrent, en dédommagement de la couronne, une somme d'argent et quelques places. Ils se fixèrent d'abord en France 5 mais Alphonse revint (1331) mourir en Espagne.

Cependant les Maures essayaient de relever leurs affaires presque désespérées. En 1292, une flotte du Maroc fut complètement défaite par les Espagnols et les Génois. Peu de temps après , le roi de Grenade entra en Andalousie 5 il y fut d'abord battu, puis il y obtint de brillants succès. Lorsque la paix eut été conclue entre l'Aragon et laCastille, Jacques marcha le premier contre lui. Maître de plusieurs places, il lui dicta la loi, et rendit aussi tributaire le roi de Tunis, 1309. dont les vaisseaux avaient commis sur les côtes d'Aragon quelques ravages. Ferdinand se disposait de son côté à châtier les Grenadins, lorsqu'il mourut. 1312. Son fds Alphonse, onzième du nom, lui succéda. Une seconde régence sous un prince de deux ans amena de nouveaux troubles, qui dégénérèrent en guerre civile. Les Maures n'étaient pas moins divisés. Les deux régents, s' alliant à l'un des partis, vinrent mettre le siège devant Grenade -, mais ils furent défaits et pé- 1318. rirent de fatigue après le combat. Les vainqueurs désolèrent le pays, et se rendirent maîtres d'un assez grand nombre de places. La majorité d'Alphonse fit plier un instant les ambitions sous sa volonté souveraine. Ce fut à cette union, quoique momentanée, que les Chrétiens durent une victoire sur le roi de 1323. Grenade, la reprise des places qu'il avait enlevées, et la défaite sur mer du roi de Maroc. Malheureusement Alphonse, se défiant d'un de ses cousins, le fit tuer par trahison. Cet acte toujours coupable, et d'autant plus pernicieux dans un prince qu'il détruit toute confiance en sa parole, fut la source de révoltes continuelles contre le roi de Castille. Les rebelles se liguèrent tour à tour avec les rois de Grenade, d'Ara-

gou et de Portugal. Le roi de Grenade y gagna quelques places qu'ils lui livrèrent, et Gibraltar qu'il assiégea

1333. et qu'il prit, sans qu'Alphonse put ni la secourir ni la reprendre, à cause de ses embarras intérieurs. Le roi d'Aragon était alors Alphonse IV, qui succéda l'an 1327 à son père Jacques IL L'ancienne rivalité de l' Aragon et de la Castille le porta à secourir les rebelles : mais une guerre avec Gènes pour la possession de la Sardaigne, ne lui permit pas d'agir comme il l'aurait désiré, et bientôt il laissa le trône (1336; à son fils Pierre IV, qui ne songea d'abord qu'à s'affermir. Tandis qu'une victoire navale le vengeait en Italie des ravages que les Génois commettaient sur les côtes d'Aragon et de Valence, les mécontents de Castille. privés de son appui et abandonnés du roi de Grenade, dont les usurpations avaient été consacrées par une trêve avec Alphonse XI, implorèrent à leur défaut le roi de Portugal. Denis 1er, qui rendit son peuple heureux pendant quarante-six aunéesde règne, qui fonda l'université de Lisbonne, transférée depuis à Coïmbre, et qui inspira le premier aux Portugais le goût des voyages et de la navigation, avait laissé le trône, en 1325, à son fils Alphonse IV, qui s'était révolté plusieurs fois contre lui. Alphonse déclara en effet la guerre à la Castille: mais il se désista bientôt de son

1338. entreprise, en sorte que les rebelles eurent enfin recours à la clémence de leur roi, ou éprouvèrent son inexorable justice.

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