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laissant qu'une fille nommer-. Marie, que Pierre IV avait fait élever en Aragon, et que Jean fit épouser a Martin, son neveu. En vertu de ce mariage. Martin passa dans la Sicile, qu'il soumit avec les forces de l'Aragon. Son oncle étant mort 1395) d'une chute de cheval , son père, de même nom que lui, monta sur le trône d'Aragon. Il s'affermit en Sardaigne, s'empara en passant de la Corse sur les Génois, retint l'île de Malte sous la domination de son fils,
1410. et mourut un an après lui, sans laisser de postérité. Parmi les prétendants qui se disputèrent leur héritage, on distinguait Ferdinand de Castille, neveu des deux derniers rois par sa mère, et le comte d'Urgel, d'un degré plus éloigné, mais qui descendait directement de la famille d'Aragon par les mâles. Le comte d'Urgel avait pour lui l'amour des peuples ; Ferdinand , les forces de la Castille et un caractère éprouvé dans la paix comme dans la guerre. En effet, le roi Henri III ayant eu pour successeur 1406) Jean II, son fils, âgé de deux ans, Ferdinand, oncle du jeune prince, avait pris en main la régence, de concert avec la reine mère, et maintenu au dedans la tranquillité. La Castille était alors menacée par le roi de Grenade, déjà vaincu sous le précédent règne. Ferdinand le défit par terre et lui fit lever le siège de Jaën (1407), tandis que les vaisseaux castillans remportaient aussi une victoire sur la flotte des rois d'Afrique. La guerre ayant recommencé l'an 1410, il gagna une première bataille sur l'armée mahométane, forte de quatre-vingt mille fantassins et de cinq mille «hevaux, en écrasa les restes dans les plaines d'Antéquéra, et contraignit le roi de Grenade à une trêve qui fut mieux observée. Ce fut en revenant de cueillir tant de lauriers, qu'il prétendit à l'héritage d* Aragon.
1412. Après plusieurs années d'anarchie, les trois provinces d'Aragon, de Catalogne et de Valence, nommèrent chacune trois députés qui furent établis les juges des prétendants à la couronne. Leur choix tomba sur Ferdinand. Dans l'intervalle, le comte d'Urgel s'était aliéné les esprits en faisant périr l'archevêque
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de Saragosse, qui lui était opposé. Dès qu'il eut appris l'élection de son rival , il prit les armes : mais il fut • vaincu, fait prisonnier, et condamné à une prison perpétuelle. Universellement reconnu dans les quatre royaumes d'Aragon , de Majorque , de Sicile et de Sardaigne. Ferdinand, dit le Juste, les laissa (1416) 1416. à son (ils Alphonse V le Magnanime, qui porta à son plus haut période la gloire de sa famille, en ceignant encore la couronne de Naples, après la mort de Jeanne II '.
Lorsque Ferdinand eut quitté la Castille, la reine mère y maintint la paix jusqu'à sa mort, arrivée l'an 1420. Les deux frères d'Alphonse Y prétendirent à la 1420. régence, que d'autres ambitieux leur refusaient : de là des troubles qui désolèrent longtemps le royaume. L'an 1425, Jean, qui était l'aîné, fut proclamé roi 1425. de Navarre j du chef de Blanche, fdle de Charles II, et ce pays revint ainsi à l'Espagne , après avoir successivement passé dans les maisons de France et d'Evreux. Jean n'en continua pas moins ses menées dans la Castille, mais sans succès. Le roi devenu majeur prît les rênes de l'état. Prince inappliqué et faible, il les laissa flotter au hasard, et bientôt, malgré son caractère soupçonneux , il les remit à des mains étrangères. Alvar de Luna, aragonais de naissance, s'était donné à la Castille, dont il devint le connétable et le ministre tout puissant. Pendant près de trente années qu'il jouit sans interruption de la faveur de son maître, il repoussa les ennemis extérieurs, comprima au dedans les séditions, mais ne permit jamais au roi de pardonner Les mécontents eurent recours aux menées secrètes et aux intrigues. La reine, qui pliait sous le favori, se mit à leur tête. Peu à peu ils envenimèrent si bien l'esprit du roi, que ce prince fit arrêter le connétable et lui donna des juges. Autant ses talents et ses ser-1454. vices étaient prouvés, autant ses crimes le furent peu : cependant il fut condamné à mort et exécuté. Le roi,