‹ Histoire du palais épiscopale de Québec [microforme]Chapitre 13 sur 79 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Mgr de Mornay.— Difficultés avec l'Hôpital-Général. — Arrêt du Conseil d'Etat. — Mgr Dosquet. — Réparations du palais. — Difficultés avec le gouverneur et l’intendant. — Vente d'un emplacement. Maison des Carpentier. — Villa Samos.— Mgr de Lauberivière.— Mgr de Pontbriand. — Réparations au palais. — Hospitalité de l'évêque. — Siège de Québec. — Destruction partielle du palais épiscopal.

Mgr de Saint-Vallier avait légué son palais épiscopal à ses successeurs sur le siège de Québec.

Après la mort du prélat, en 1727, Mgr de Mornay, son coadjuteur, qui demeurait en France et qui ne put jamais se décider à traverser la mer, devint évêque de Québec et fit prendre possession de son siège et de son évêché par M. Eustache Chartier de Lotbinière, archidiacre de la cathédrale, Celui-ci, accompagné de deux ecclésiastiques et d’un notaire, se rendit à l’église, puis, après avoir lu les bulles du nouvel évêque, et fait les autres cérémonies d'usage, il se transporta ‘“ au-devant du palais épiscopal … et il en prit corporelle, réelle et actuelle possession par l’entrée au dit palais par

Wadi

la principale porte et autres portes des chambres et appartements, et par l'entrée dans la chapelle du dit évêché (1)”. Cependant les Sœurs de l’Hôpital- Général se crurent en droit de réclamer, et M. de Saint-Senoch, leur agent à Paris, leur écrivit à ce sujet : “ Monseigneur de Mornay, ayant pris le parti de renoncer, purement et simplement, au don que feu Monseigneur de Saint-Valier a fait à ses successeurs évêques, du palais épiscopal qu’il a fait bâtir à Québec, il est certain, mesdames, que vous en devenez propriétaires … parce que tout évêque qui fait bâtir sur un terrain qu’il achète et qui lui appartient, il n’y a nulle difficulté que ce terrain et ces bâtiments n’appartiennent à sa succession, à moins qu'il ne fût bien justifié que le prince n’eût fait fournir une partie des deniers ; en ce cas-là, il faudrait faire évaluer le palais épiscopal, et ce qui se trouverait au-dessus vous appartiendrait. de droit, Vous devez donc, mesdames, commencer par vous faire informer si effectivement le roi a fait fournir: quelque somme pour cela ”,

MM. Beauharnoïis et Hocquait plaidèrent auprès de la cour la cause de l’'Hôpital-Général. Voici un passage d’une de leurs lettres, en date du 24 octobre 1735, copiée aux archives de la marine: “ Les guerres ont … empêché Sa Majesté de contribuer à la construction de la maison épiscopale, qu'il était indispensable de faire

(1) Les évêques de Québec, par Mgr Têtu, page 160.

ambres et apelle du l’'Hôpitalet M. de rivit à ce ris le parti on que feu uccesseurs à Québec, 2z propriéir sur un y a nulle appartienien justifié s deniers ; épiscopal,

artiendrait.

nencer par

ait fournir.

auprès de an passage bre 1735, res ont … ruction de le de faire

nn Lu mn

ee = ee DT TT a — == - red LE = Œ D STE ET ne == a ; Er Éo o TS RS Z Tux SET La 2 AT SEE, = ST De + SRE " = Se STE 7 à Een Na gr PEN SET : = = EE : ;

cg asus 5

LLX EH ON UN IQ IV LHOd LA ATTAAV HO VE AU

- /: A " CCJf 12 PER OPES >) TL 5

comme la suite de l'acquisition de ce terrain, le peu de bâtiments qu'il y avait alors dessus n'étant que d’un très

petit objet et nullement convenable au logement d’un

évêque,

“ C’est done évidemment Mgr de Saint-Vallier qui s’est trouvé seul chargé de faire de ses propres deniers toute la dépense nécessaire pour la construction de la maison épiscopale, dépenses que les religieuses, ses légataires, disent monter à quarante mille écus, et qui paraît n'être pas exagérée, eu égard à la grandeur, à la solidité et à la belle distribution de ce bâtiment,

“ M. de Saint-Vallier, en s’engageant dans autant de dépenses, avait plus écouté le zèle qu’inspire la qualité qu’il pouvait justement prendre de fondateur de ce palais, que l’état de sa fortune, quoiqu'il eût, indépendamment des revenus de l'évêché, des biens considérables, Il s’apercut même que la prodigalité à laquelle il s'était insensiblement laissé aller pour la construction de ce palais, lui avait fait négliger le soin des réparations des abbayes réunies à l'évêché, et dont il était titulaire en qualité d’évêque. La fondation du palais lui parut toujours néanmoins un présent si capable d’exciter la reconnaissance de ses successeurs évêques, que loin de chercher à les en priver, il voulut le leur assurer par une donation expresse et qui les mît à couvert de toutes discussions avec ses héritiers ou représentants ; mais en même temps il a estimé que les donataires auraient

PR Re ES

Ferme 2

arme Reese Pre

assez lieu d’être satisfaits de sa libéralité, pour le décharger et ses héritiers ou représentants, des réparations qui pourraient être à faire aux abbayes réunies à l'évêché, et dont l’objet ne pourrait jamais aller à la dixième paitie du don. Telles ont été les intentions de M. de Saint-Vallier dans cette donation qui est du ler février

‘“ Mais l'événement n’a pas répondu à son attente, M. de Mornay, son successeur, a pris le parti de renoncer, le 9 juin 1729, à la donation de 1710, et a fait ainsi retomber sur les relivieuses, légataires universelles de M. de Saint-Vallier, les frais de réparation de ces abbayes ; elles coûtent aux religieuses légataires plus de dix mille francs, somme considérable, mais qui justifie toujours que le don, comme on vient de l’observer, excédait infiniment cette charge.

“ Les religieuses légataires comptaient que, si la renonciation de M. de Mornay les avait obligées d’acquitter cette dette, elles en trorveraient le dédommagement dans la revendication du palais épiscopa’, laquelle était une conséquence naturelle de la renonciation de M. de Mornay qui, en anéantissant la donation, faisait rentrer de droit le palais épiscopal dans la masse des biens de la succession de M. de Saint-Vallier, Aussi les religieuses légataires ont-elles été sur le point d’en former la demande, qui n’a été jusqu'ici suspendue que sur ce que nous leur avors, Monseigneur, notifié de votre part,

en 1732, que Sa Majesté avait trouvé leur prétention

iT-

qui hé, me

de

rer

nte.

1onfait elles > CES plus jus-

Tver,

si la quitment était \, de pntrer ns de relirmer ur ce part,

ntioni

— Dl

mal fondée, et que son intention était qu’elles s’en désistassent,

“ Cependant l’acquiescement tacite dec religieuses légataires semblerait n'avoir donné que plus de confiance à M. de Mornay, non seulement pour se maintenir à leur exclusion dans le palais épiscopal, malgré sa renonciation au don de 1710, mais encore pour hazarder la prétention singulière des réparations de ce palais … ?

Le 27 octobre 1737, les religieuses de l’'Hôpital- Général écrivirent à leur tour pour se plaindre des prétentions de Mgr de Mornay, qui voulait les forcer à réparer le palais épiscopal,et pour en réclamer la propriété si on ne voulait pas leur rembourser les &ix mille francs qu’elles avaient dépensées pour les réparations de l’abbaye de Bénévent (1).

Cette affaire traîna en longueur, tellement qu’il en était encore question en 1743, Le roi de France ne trouva pas fondées les prétentions des religieuses, et le ministre, M. de Maurepas, écrivit, le 8 mai 1743, à Mgr de Pontbriand, pour lui donner connaissance de la décision royale,

D'après lui, Mgr de Saint-Vallier n'avait jamais regardé cette propriété comme sienne,

Il en donnait pour preuve, que l’évêque n’en avait pas appelé de l'arrêt du conseil supérieur de Québec, par

(1) Lettre copiée aux archives de la marine.

lequel il avait été condamné à remettre le prix et la valeur d’une partie du terrain primitif qu'il avait vendu (1).

Sa Majesté ordonna donc aux religieuses d’abandonner leurs réclamations. “ Sur le compte que j'ai rendu à Sa Majesté, écrivait M. de Maurepas, des nouveaux éclaircissements qui m'ont été envoyés concernant les prétentions de l’'Hôpital-Général de Québec sur la maison épiscopale, elle n’a point trouvé cette prétention fondée, Et vous verrez par l'arrêt qu’elle a rendu à ce sujet, qu’en réunissant cette maison à son domaine, elle a en même temps bien voulu en assurer la possession et même la propriété aux évêques de la colonie ? (2),

Monseigneur Dosquet qui vint au Canada dans l’automne de 1729, en qualité de coadjuteur, demeura quelques mois au séminaire, après lesquels il prit son logement daus le palais épiscopal.

Dès le 5 février 1730, il y fiv des ordinations, et à part quelques rares exceptions, ce fut toujours dans la chapelle de son évêché qu’il ordonna ses lévites (3). Cependant la maison épiscopale avait besoin de grandes réparations, ayant été à peu près abandonnée depuis le

séjour qu'y avait fait l’intendant Bégon. On ne voit pas

(1) Jugement cité plus haut,

(2) Voir appendices C et D.

(3) Le 3 juin 1730, l'évêque ordonna, à Saint-Joachim, M. Pierre-Thomas Rutin de la Morandière, du diocèse d’Angers. Il fit aussi quelques ordinations dans la cathédrale,

la

it

)ndu ux les Laiion \ ce elle n et

’aueura

, son

part s la à (3).

ndes is le

t pas

him, d'Anle,

sms ff

qu’eile ait été occupée ensuite, si ce n’est, comme nous l'avons vu plus haut, par le célèbre docteur Michel Sarrazin qui s’y trouvait en 1728. Le 24 mars de l’année suivante, l’évêque présenta le mémoire suivant au marquis de Beauharnois, gouverneur, et à M. Hocquart faisant les fonctions d’intendant.

“ L'évêque a l’honneur de représenter que le palais épiscopal qu’il occupe actuellement, ayant été depuis longtemps abandonné, est en si mauvais état, qu’il faut des sommes considérables pour le réparer, indépendamment des réparations qu’il y a fait faire depuis son arrivée en ce pays, et à ses propres dépens, montant à plus de 7,000 livres, que le mur qui clôt le dit palais du côté du sud et qui soutient les terres de la cour, menace une ruine entière et prochaine, qu’il a quitté son aplomb considérablement et causerait un très grand dommage au dit palais; que l'évêché n'ayant aucun revenu en ce pays, le dit sieur évêque aurait l'honneur de vous proposer, messieurs, d’agréer, au nom de Sa Majesté que, pour subvenir à la dépense qu'il convient de faire pour le mur d'enceinte du dit palais, il fût par vous autorisé de concéder, du côté du dit mur, qui règne le lons de la côte qui va de la Basse-Ville à la Haute- Ville, uelques emplacements, ce qui ne pourrait gêner ni incou moder le dit palais épiscopal. Les dits emplacements à prendre et joignant le chemin laissé pour aller aux fortifications en remontant le long de la rue et côte qui va de la Basse-Ville à la Haute-Ville, et qui

contiendrait sur cette face, “ soixante et dix-sept pieds de profondeur; soixante et deux pieds à compter sur la ligne qui sépare le terrain de l'évêché d’avec le chemin des Rondes sur le rempart, le dit emplacement à concéder terminant à l’autre bout à un point, et formant en total un triangle équilatéral qui contiendrait en superficie soixante et deux toises et vingt pieds,

“ De plus, il y aurait à concéder deux emplacements au-dessus du dit Palais, dont l’un qui serait le plus proche de celui de M. Sarrazin, conseiller, aurait de front sur la rue six toises et un pied, et de profondeur sept toises et demie, au bout de laquelle il se trouverait sept toises et un pied de large, qui ferait une figure trapèze ayant quarante-neuf toises et treize pieds en superficie,

“ Le second emplacement aurait de front sur la dite rue six toises et un pied, et sept toises et un pied de profondeur, faisant un quarré long de quarante-sept toises et neuf pieds.

“ Les premiers de ces emplacements seraient nécessaires pour soutenir les terres et rendre une des cours du palais épiscopal qui se trouve de ce côté, plus régulière, et les seconds ôteraient à l’évêque l’incommodité que l’on souffre dans un jardin trop découvert et exposé à la vue du Palais,

“ Ces aliénations et concessions donneraient de la facilité et le moyen de clore le terrain du palais sans

en Ôter .… la belle vue, et au contraire elles lui donne-

eds r la min 2ont en per-

ents

plus t de deur rerait figure

ls en

a dite ed de

e-sept

nécescours régunodité

ex posé

de la s sans

onne-

Pr

raient une décoration plus belle, plus agréable, et feraient annuellement un revenu pour le dit évêché, et procureraient des lots et ventes qui viendraient à bon profit de temps à autre ”.

Le prélat termine en demandant que l’on se transporte sur les lieux pour examiner le tout, et faire un plan et procès-verbal des améliorations et concessions, afin qu’elles puissent être autorisées par qui de droit.

Il en fut fait selon le désir de l’évêque, car, ie 15 octobre de la même année 1729, le gouverneur et l’intendant écrivaient au ministre du roi :

“ M, le coadjuteur a fait faire par M. de Léry le devis des ouvrages à faire pour la réparation du palais épiscopal, qui monte à 22,650 francs, qu'il a l’honneur de vous adresser, Dans le droit, la succession de Mgr de Saint-Vallier serait tenue de ces réparations; mais ce prélat n’a laissé que des ornements d'église et quelques meubles d’une très petite valeur, dont l'Hôpital-Général,

où il logeait, a hérité (1). M. l'évêque nous a priés de

(1) “Iln'y a dans le monastère (l'Hôpital-Général), presque aucun lieu où l’on ne conserve précieusement quelque objet donné par notre illustre fondateur ou lui ayant appartenu. Ici, c'est un tableau du crucifiement ; là, une antique image de la Mère de Dieu devant laquelle bien des fois, en des temps d'aflictions et d'épreuves, le vénérable prélat a épanché son âme. Un calice d'argent, un ciboire, des burettes avec leur plateau, servent encore tous les jours à la célébration des divins mystères, Nous avons de plus à la sacristie, venant de la même source, un crucifix, une clochette, quatre chandeliers, un encensoir d'argent, une ampoule pour les saintes

nr te A cine

spa ae ee TE SE

nous joindre à lui et vous supplier, Monseigneur, d'engager Sa Majesté à ordonner un fonds pour le rétablissement de ce palais ”.

Ce fut sans doute pour répondre à cette demande que le roi accorda, l’année suivante, mille écus à l’évêque de

Samos, en même temps que pour le dédommager des ) Oo

huiles, six chandeliers, un encensoir et un bénitier de cuivre argenté ; une boîte à hosties, brodée en fil d'argent, un prie- Dieu, des fauteuils, trois chasubles de différentes couleurs (vert, violet, noir) avec les étoles et les manipules, et l’aube magnifique que le prélat reçut en cadeau de madame de Maintenon, un pontifical et un missel romains ; sur le portemissel se trouve sculpté l’écusson des Saint-Vallier ; on peut voir les mêmes armes dans l’église, sur la chaire et sur le gradin du tabernacle. Aux jours de nos réjouissances inaccoutumées, on voit apparaître sur les tables du réfectoire, au lieu des écuelles et des sauciers d'étain du service quotidien, la vaisselle de terre que Mgr de Saint-Vallier avait substituée, pour son usage, à des vases plus précieux. On montre avec complaisance cette vaisselle antique aux personnes de qualité qi, en certaines occasions, sont admises à visiter le monastère.

‘ Mgr deSaint-Vallier, visitant un jour la prison de Québec, trouva parmi les détenus un homme, qui, placé devant un bloc de bois haut de quatre à cinq pieds, sans autre outil qu'un couteau, s'occupait à sculpter une statue de la sainte Vierge... Ravi du spectacle et des pieux sentiments qu'il reconnut dans le pauvre détenu, le prélat convint avec lui que l'image une fois terminée appartiendrait à l’évêque. Bien plus, par son crédit auprès des magistrats, il obtint l'élargissement du sfatuaire. Placée d'abord au palais épiscopal, la Madone du Prisonnier ne devint la propriété de nos Mères, qu'après la mort de Mgr de Saint-Vallier ”. Monseigneur de Saint-Vallier et l'Hôpital-Général de Québec, page 288.

pertes qu’il avait éprouvées dans le naufrage de l’Ælé-

le phant, vaisseau qui l'avait porté en Canada (1). Mgr Dosquet avait une fortune personnelle assez que considérable, et il vécut en grand seigneur tout le temps ede qu'il demeura au pays. Ses goûts aristocratiques et ses des exigences tant soit peu luxueuses durent paraître extrate ordinaires, d'autant plus que ses prédécesseurs, les vs seigneurs de Laval et de Saint-Vallier, avaient mené la prie- vie la plus simple et la plus apostolique. pee Aussi s’attira-t-il des désagréments,en voulant embelne de lir le séjour de son palais aux dépens de la commodité er Fe du public. A cette époque, l’on passait de la côte de la Montagne sur le terrain de l'évêché, par une entrée fl É 8 inac- située à l'extrémité sud (2), et l’on se promenait dans i es à le chemin des Rondes, longeant les remparts et d’où | ( tituée, l'on jouissait d’une vue magnifique, Cela ne pouvait l\ | " . . convenir à l’évêque, qui voulait être complètement chez 1 lee lui, et c’est pour en arriver là qu’il se mit en tête de

juébec, ant un e outil h sainte ts qu'il vec lui

fermer le passage par une porte. Le 22 octobre 1730, MM. Beauharnois et Hocquart en écrivirent ainsi en France :

“Nous avons vu, Monseigneur, (le ministre du roi)

évêque. ce que vous nous faites l'honneur de nous écrire au (il | obtint sujet de la porte que M, le coadjuteur nous a proposé (ie | his 8pis- {8e jété de = | . Mon- (1) Lettre de Mgr Dosquet, 28 août 1730. Voir à l'appen- (l Québec, dice B l'arrêt du conseil d'Etat, qui autorise Mgr de Samos |}

M Ne qu et D eee per ee

de vendre cinq emplacements dépendant du paiais épiscopai, (2) Voir le plan où cette rue est tracée,

ee

ee Pa Met a one "TS

RE caen ]

D De RES:

Re ge "A 2 Ë reporting < à ee res

me #6

de faire, au haut de la terrasse qui joint le terrain du palais épiscopal en descendant à la Basse-Ville du côté du rempart. Ilest vrai qu’il nous exposa, l’année dernière, les petites incommodités que les allant et les venant lui causaient, qui sont à peu près les mêmes que celles dont il vous a rendu compte. Nous nous rendîmes aux instances qu’il nous fit, et la porte fut construite bientôt après, non sans murmures de la part des habitants; mais jusqu’à présent elle n’a point été fermée, et nous ne croyons pas même qu’il soit à propos qu’elle le soit; parce que cet endroit est non seulement un passage commode pour le public, mais même nécessaire en cas d'incendie, qu’elle ne diminuerait en rien le concours de ceux qui vont à la promenade, qui auraient toujours la liberté d'aller à cet endroit par une autre route, à moins que l’on ne fermât des deux côtés le rem. part dans toute la largeur du palais épiscopal.

“ Le séminaire ne manquerait pas d’avoir les mêmes prétentions. Il n’y a point à craindre que les canons qui sont sur les remparts soient encloués, non plus que ceux des autres batteries ; et d’ailleurs M. le coadjuteur pourrait choisir le bel appartement dans son palais. Ce serait le moyen le plus sûr et le plus convenable pour éviter les inconvénients dont il se plaint aujourd’hui, Nous temporiserons, Monseigneur, et la porte ne sera point fermée que nous n’ayons recu vos ordres ”,

Cependant, après le départ des vaisseaux, l’évêque prit sur lui de faire fermer la porte, du côté de l'évêché ; et,

| ; ‘ (ll du le printemps suivant, les murmures recommencèrent [ té comme de plus belle, Profitant de l'absence du prélat, h| H 1 er- quelques étourdis forcèrent le guichet et l'ouvrirent pen- | les dant la nuit, Le concierge le referma le lendemain, ; : ‘ ‘ : {2 [ue mais la nuit suivante il fut forcé de nouveau et emporté, | en- C’est en vain que M. Hocquart fit chercher les auteurs fl on« de cet acte de vandalisme, Protégés sans aucun doute des par l'approbation tacite de la fonle, ils ne purent être ée, découverts, Le coadjuteur se plaignit amèrement de 1 lle ce désordre au gouverneur et à l’intendant, qui s’effor- ik un cèrent de le convaincre des inconvénients qui résultaient k : 1!

aire de la fermeture du passage, Cependant il ne fit pas fl ON faire un nouveau guichet ct M, de Beauharnoïs l’exhorta 1 ent à faire ouvrir comme de lui-même la porte entière (1). 1h atre Qnoi qu'il en soit, l’évêque obtint de Sa Majesté la | em- permission de vendre quelques emplacements sur son | ‘ s ; ) : ja!

terrain et, après avoir consulté le chapitre (2), selon le | mes : = 1 ons (1) Leitre de MM. de Beauharnois et Hocquart, 12 nov. 11 1731. ut que (2) Voici le procès-verbal de l’assemblée du Chapitre: ‘L'an | eur 1732 le 2 septembre, le Chapitre extraordinairement assem- pl CG blé au son de la cloche auquel ont assisté le coadjuteur et à | 8 tous les dignités et chanoines à l'exception de M. de la Tour Ë Dour et de Lorme, doyen et grand chantre actuellement en France, JA hui de M. Hamel et Fornel, malades, et M. Hazeur, grand péni- (al ' tencier absent, après avoir invoqué les lumières du Saint- 1 sera Esprit, Mgr le coadjuteur a representé au chapitre que con- | 4 formément à un arrêt du conseil d'Etat il aurait souhaité 4 | : vendre quelques emplacements sur le terrain de l'évêché ii: prit situés dans la rue de la Montagne depuis le rempart en \fb et, FN montant vers la porte au palais épiscopal et depuis la dite gi) Fi k ’ à |, à

Page 1