‹ Histoire du palais épiscopale de Québec [microforme]Chapitre 17 sur 79 · SE ES : = = · texte numérisé non relu

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défunt, fit son entrée dans sa ville épiscopale le 29 août 1741. Il est probable qu’il demeura deux ans au séminaire ; quoi qu'il en soit, sa prise de possession du palais épiscopal n’eut lieu que le 26 octobre 1743 (1). L'année précédente un arrêt du roi lui avait accordé dix mille quatre cent vingt livres et «aix sols pour payer le coût

des réparations indispensables qu’il y avait à faire (2).

En 1744, le prélat fit une ordination sacerdotale dans la

chapelle de son évêché et il continua de s’en servir à cet effet de temps à autres jusqu’à 1:58 inclusivement, Kalm, qui écrivit en 1749, ne consacre que quelques lignes au palais épiscopal. “ La maison de l’évêque, ditil, est la première habitation que l’on voit à droite, en montant de la Basse-Ville à la Haute-Ville. C’est un grand et bel édifice, entouré d’un côté par une cour spacieuse et un jardin potager, et de l'autre côté par un mur ?.

Le marquis de la Jonquières fait les plus grands éloges de l'hospitalité de Mgr de Pontbriand. Il éerit à sa femme le 19 août 1749: “J’ai pris possession de mon gouvernement le 15 de ce mois, au milieu de l'acclamation générale des grands et des petits. Les harangues du clergé et de tous les corps ont fait beau-

(1) Greffe de Boisseau. L'acte est mentionné dans le répertoire avec la page, mais, comme bien d’atres documents, il a été enlevé. Voir à l’appendice l'arrêt du Conseil d'Etat du 30 mai 1743 et les lettres patentes sur arrût,

(2) Voir à l’appendice.

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à coup souffrir ma modestie par les belles et magnifiques choses qu'ils m'ont dites, n’aimant pas tant d’encens, Les festins n’ont pas discontinué depuis que je suis ici, surtout chez Mgr l’évêque qui est l’homme de France le plus poli et le plus aimable ”.

Quelques années plus tard, Montcalm préfita à son tour de l'hospitalité épiscopale, et quand il arriva à Québec, le 13 mai 1756, ce fut à l'évêché qu'il prit l’un de ses premiers repas (1). Dans une de ses lettres au chevalier de Lévis, le marquis lui apprend qu'il fréquente la maison de l'évêque, quoique “ de loin en loin ”, Le prélat lui rendait ses visites et assistait à ses diners. “ Mardi, l’intendant chez moi; jeudi, Monseigneur ; mais je mange mon bien et je frémis pour l'avenir (2) ”.

Si ce distingué prélat savait aussi au besoin proportionner la richesse de ses banquets à la dignité de ses hôtes, il vivait lui-même avec une grande simplicité, tout en exerçant une généreuse hospitalité à l'égard des prêtres de son diocèse. Il choisissait ses domestiques parmi de jeunes enfants de la campagne, à qui il tenait lieu de père plutôt que de maître; après leur avoir donné dans sa maison une éducation convenable à leur état, il leur procurait un honnête établissement pour

récompenser leurs services (3),

(1) “L'évéque, M. de Pontbriand, prélut respectable, voult me donner à souper Journal de Montcalm, page 02.

(2) Let de Monteali

(3) Ora l funèbre, p M.J

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Après l'incendie de l'Hôtel-Dieu arrivé le 7 juin 1755, Mgr de Pontbriand offrit aux Sœurs Hospitalières et à leurs malades l’usage entier de son palais, avec son ameublement et toutes ses dépendances. Il indiquait, dans le mémoire qu'il fit à ce sujet, les modifications qu’il faillait y faire pour le rendre propre à cet emploi, et il terminait par ces admirables paroles : “ Enfin je livre toute ma maison pour cette bonne œuvre; et, s’il est nécessaire, je me livre moi-même pour être le premier infirmier de ce nouvel hôpital ?,

Les Mères de l’'Hôtel-Dieu furent profondément touchées de la charité de leur évêque et de ses offres généreuses, mais elles ne furent pas obligées de les accepter.

iecues d’abord pendant trois semaines chez les Ursulines, elles allèrent ensuite occuper une des ailes du collège des Jésuites jusqu'en 1757 où elles prirent possession de leur maison rebâtie,

Le siège de Québec en 1759 rendit bientôt inhabitable le palais de l'évêque, ct il se retira à Charlesbourg, Et c’est de là qu'il entendit les canons tonner sur sa ville épiscopale et en briser tous les édifices religieux. Mgr de Pontbriand écrivit au ministre du roi pour lui faire connaître les événements de cette fatale campagne, ct il joignit à sa lettre un mémoire qu'il nommait “ la des cription imparfaite de la misére du Canada ”.

“Québec, dit-1, a été bombardé et canonné pendant

l'espace de deux mois; cent quatre-vingts maisons ont

été incendices par des pots-à-feu; toutes les autres,

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criblées par le canon et ies bombes, Les murs de six pieds d’épaisscur n’ont pas résisté … L'église cathédrale a été entièrement consumée. Dans le séminaire, il ne reste de logeable que la cuisine, où se retire le curé de Québec avec son vicaire … Le palais épisco- | pal est presque detruit et ne fournit pus un seul | appartement logeable ; les voûtes ont été pillées … (1). Mgr de Pontbriand, parti de Québec à la fin de septembre, se rendit à Montréal où il mourut le 10 juin de

l’année suivante, 1760.

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(1) Les évêques de Québec, page 259.

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