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(1) Garncau. Histoire du Canada,
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dans l’autre de 34 pieds; du côté du sud et de l’est il a trois Ctages, mais, des autres côtés, il n’en a que deux : il fut bâti pour servir de résidence à l’évêque catholique de Québec; il contenait une chapelle avec toutes les commodités convenables, et il n'était nullement dénué d’embellissements, Le gouvernement a accordé une annuité en remplacement au. chef des catholiques. Il est à présent dans un état de dépérissement qui menace d’une ruine prochaine, quelques-uns des murs sont mauvais même jusque dans les fondements, et si l'on n’y fait au plus tôt des réparations, ils ne soutiendront pas longtemps l'édifice. Les différentes parties du bâtiment sont actuellement occupées par plusieurs des bureaux du gouvernement, le Conseil Législatif, le Conseil Exécutif, la Chambre d'Assemblée, la Biblioihèque Publique, etc., ete. La chapelle, de 65 pieds sut 36, la seule partie qui soit tenue en bonne réparation, sert pour la réunion de la Chambre d'Assemblée ; tout auprès sont les différentes chambres des comités, la bibliothèque, ete. Au-dessus de la partie qui forme l'angle du nord-ouest, est l'appartement où le Conseil Législatif tient ses séances, et au même étage sont les chambres des comités, le bureau du conseil, etc. ete., qui dépendent de cette branche du gouvernement, Dans l’autre angle, sont les chambres pour le Conseil Exécutif et les différents bureaux qui en dépendent, A l’autre bout du bâtiment est la bibliothèque publique, au-desrous de laquelle sont les bureaux de l’adjudant-
général de la milice, de l’arpenteur général de la province, du département du génie, du secrétaire de la province, et quelques autres. Les caves sous le palais, à l'exception de celles qui sont destinées pour le secrétaire de la province et les clercs de la cour, et qui servent de dépôt pour les archives et la plupart des registres publics, sont dans un état de ruine, ce qui même est porté à un tel point sous la chambre du Conseil Législatif, où s'ouvre toujours la session du parlement, qu’il est maintenant dangereux d'y admettre le grand concours de personnes qui assistent ordinairement à cette cérémonie, La commodité publique de ce bâtiment pour les différents usages auxquels il sert maintenant rend surprenant que le gouvernement ne se soit pas occupé de le faire réparer solidement (1) ”.
Mgr Plessis, nommé conseiller législatif, le 30 avril 1817, ne manquait pas de siéger régulièrement à la Chambre où il venait d’être appelé, afin d’y prendre les intérêts religieux de ses diocésains,.
Cette nomination n'avait pas été sans inspirer 4ss inquiétudes à la Congrégation de la Propagande qui posa à l’évêque un grand nombre de questions concernant les pouvoirs de cette assemblée, sa composition, les prières et les cérémonies religieuses que l’on pou-
vait y faire, afin de savoir exactement si les membres
(1) Description topographique de la province du Bas- Canada... par Joseph Bouchette. A Londres, 1815.
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catholiques ‘n'étaient pas exposés à contribuer à une législation contraire aux intérêts de l'Eglise et à communiquer in divinis avec les hérétiques. Le prélat répondit à toutes ces questions de manière à dissiper toutes les craintes. Après avoir expliqué les attributions et la manière d'agir de cette assemblée et parlé de la formule du serment et de la commission donnée par le gouverneur, il ajoute : “3° Les membres catholiques du Conseil Législatif ne sont obligés en aucun cas d'assister avec les protestants à des cérémonies religieuses. A la vérité, la prière, dont copie ci-jointe, est récitée tous les jours par le greffier du conseil, à l'ouverture de la séance, mais nul des membres n’est obligé de s’y trouver. L'évêque catholique s’en abstient régulièrement et en détourne, autant qu’il peut, les autres catholiques ?. Il est évident que Mgr Plessis n'aurait pas été en faveur du fameux congrès des religions de Chicago !
“ La nomination de l’évêque de Québec à un siège dans le Conseil Législatif, continue le prélat, loin d’offenser ses diocésains, produisit, au contraire, une grande sensation de joie dans le clergé et dans le peuple catholique de la province, chacun étant dès lors persuadé, comme il l’est encore, que sa présence pourrait y arrêter des mesures tendantes au détriment de la religion... Les propagateurs du Protestantisme ont beaucoup avancé leurs affaires ici, pendant :ucn voyage en Europe, et continueraient impunémen, de faire des progrès, si
l'évêque catholique n’était dans le Conseil pour leur en imposer (1) ”.
Quelques mois après, Mgr Plessis revient sur le même sujet dans une lettre adressée au préfet de la Propagande : “ La dernière session du Conseil Législatit a été très orageuse, J’ai mieux compris que jamais combien la présence de l’évêque était nécessaire pour déjouer les intrigues des protestants. Forts de l'appui du gouvernement, ils n'ont rien négligé pour s'emparer de l’éducation dans toute la province, Ils s'appliquent avec énergie à propager leurs erreurs; ils font venir des ministres de partout, érigent des paroisses, construisent des temples là où il n’y a que trois ou quatre familles protestantes, enfin espionnent malicieusement le clergé catholique, comme pour bénéficier de ses fautes ”
Quels souvenirs, quels regrets et quelles espérances ne devaient pas se presser dans l’âme de ce grand
évêque, quand il entrait dans ce palais épiscopal qui
était bien le sien mais où il n'avait pas les moyens de
demeurer! Bâti et réparé par ses illustres prédécesseurs, cet édifice destiné au chef de la religion catholique au Canada, était souvent la demeure de ses pires ennemis, et, s’il abritait bien des dévouercents, il ouvrait aussi ses portes à bien des laines,
Quoique placé avec la minorité du Conseil Législatif, dont les principaux membres se laissaient guider sur
(1) Lettre au Cardinal Fontana, 10 novembre 1820.
les matières ecclésiastiques par le docteur Mountain, Mgr Plessis ne manquait jamais de revendiquer avec fermeté les droits des Canadiens catholiques, lorsque quelques voix ennemies s’élevaient pour les attaquer, En 1821, il se prononca fortement contre une décision de ses collègues, en vertu de laquelle la branche populaire de la législature se trouvait privée d’une partie de ses privilèges, dans le vote de la liste civile. Il résista avec tant de courage, en 1824, à quelques empiétements proposés par le parti ultra-anglican, qu'il fit rejeter des propositions offensantes pour les catholiques ; sa victoire fut complète, et l’évêque anglican quitta la salle en protestant contre le peu de dévouement des conseillers à la religion de leur auguste souverain.
Le Conseil Exécutif, qui siégeait également dans le même palais fut, un jour, témoin d’une scène plus amusante et que raconte M. de Gaspé dans ses mémoires. “ Grand émoi, grande consternation parmi les autorités soupconneuses de la ville de Québec. On vient d’apprendre qu’un général de Napoléon est non seulement dans la cité, mais qu’il a même l'audace de recruter un régiment, Le Conseil Exécutif s’assemble et on requiert la présence immédiate du prélat catholique, On lui fait senti” qu’il est assez surprenant qu’il puisse ignorer un fait aussi important, et surtout qu’il n’en ait pas instruit les autorités. L’évêque interpellé répond que la chose lui paraît ridicule, qu’un général francais pourrait bien
être caché dans la ville de Québec, mais qu’il n'aurait
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jamais l'audace d'y lever un régiment. Le procureur du roi tire un papier de sa poche et le passe au prélat, C'était bien un belet bon brevet de capitaine, revêtu des formes voulues en pareil cas. Le capitaine appartenait au régiment d’un général portant un nom français.
— “ Que dites-vous maintenant, Monseigneur, fit le.
procureur du roi ?
— “ Que je me fais fort, répliqua l’évêque, de vous.
produire, demain, à l’ouverture de la séance du Conseil, le général dont il s’agit ; jusque-là il est inutile de faire d’autres recherches.
‘“ Tout l’aréopage était réuni le lendemain, lorsque Mgr Plessis fit seul son entrée dans la chambre du Conseil. On se regarda avec inquiétude et l’on somma l'évêque de tenir sa promesse,
— “ Je vais l’introduire, fit celui-ci; il m'attend à la porte ; et il rentra aussitôt après tenant par la main un enfant de onze à douze ans.
“ Voici, messieurs, le général Vallière !
“ Quelques membres du conseil, ennemis acharnés. de tous les Canadiens-francais, croyant à une mystification, pâlirent de colère, tandis que d’autres, plus sensés, et qui connaissaient le haut caractère du grand prélat, éclatèrent de rire. Tout s’expliqua : “ Vallière (plus tard juge, alors élève du séminaire), levait un régiment d'enfants dont il s'était constitué le général.
“ Interpellé sur le brevet, si parfait dans sa rédaction,
il dit qu'ayant lu par hazard, deux ans auparavant, un
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CT brevet d’officier, il en avait adopté la forme qu’il n'avait pas oubliée ?,
Depuis 1815, à part la rente que touchait l’évêque de Québec pour le loyer de son palais, il recevait envore mille louis sterlings par année, “ Son Altesse Royale, … écrivait Lord Bathurst, au nom de Sa Majesté, veut que désormais les appointements de l’évêque catholique de Québec soient de mille louis par année ; c’est un témoignage rendu à la loyauté et à la bonne conduite du gentilhomme qui occupe maintenant cette place et des autres membres catholiques de la province ”, Cette allocation fut continuée aux évêques Panet et Signay, et cessa à la mort de ce dernier.
Pour augmenter leurs revenus, les évêques louaient à des particuliers une partie du terrain de l'évêché, C'est ainsi qu'en 1786, M°° Lanaudière (1), qui demeurait dans l’ancienne maison du docteur Sarrazin située exactement où se trouve l'évêché actuel, avait un jardin au nord-ouest de la chapelle servant de Chambre d’assemblée, En 1797, M. Gabriel Taschereau, le grand père de $, E, le cardinal, reconnaît que c’est avec l’agrément de Mgr Denaut qu’il jouit d'une partie du terrain de l'évêché de Québec le long de la rue des Remparts, dont
(1) Marie-Catherine Lemoine de Longueuil. Si sœur Marie- Agathe demeurait avec elle en 1784, Cette année-là, elle reçoit 1,000 livres de Mgr Briand, somme qu'elle lui avait prêtée pour les réparations de l'évêché.
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il a joui du temps de Mgr Hubert, ancien évêque. (1) ”, M. Taschereau était alors propriétaire de la maison où se trouvent aujourd'hui M. C. Holiwell, papetier, 12 rue Buade, et M. William Jacques, et qu’il tenait des héritiers Boishébert, A cette époque il demeurait habituellement ?. Québec, ayant en même temps son manoir seigneurial à Sainte-Marie-de-Beauce, et il était le tuteur des héritiers Tarieu de Lanaudière, “Ila été par sa piété et son intelligence l’un des hommes les plus remarquables de son époque (2)”. Le jardin dont il est ici question était celui loué auparavant par M"° de Lanaudière, qui mourut en 1788. En 1804, par un esatrat sous seing privé, Mgr Denaut loue le même terrain de cent dix pieds de long sur cinquante de large à Marie Ladrechère (Ladrière), épouse d'Hilaire Martin Labadie. Elle était employée comme femme de chambre au Parlement; on l’y trouve encore en 1822, Le terrain loué était, dit le contrat, derrière l'emplacement et maison occupée par James Edie, et faisant partie de
l'emplacement total de l'évêché ”.
(1) Contrat sous seing privé.
(2) Le premier cardinal canadien. ‘ De talents distingués, mais surtout d'une piété éminente, M. G.-E. Tascher-:u fut un des hommes les plus marquants et les plus utiles de cette époque … Il fut tour à tour Conseiller législatif, Grand Voyer et surintendant des Postes. Il était seigneur de Ste-Marie, Linière, Joliet, ete. Il mourut à son inanoir, le 18 septembre 1809, laissant sept enfants, quatre du premier lit et trois du second.
Histoire des grandes familles françaises du Canada, p. 339.
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