‹ Histoire du palais épiscopale de Québec [microforme]Chapitre 20 sur 79 · FER · texte numérisé non relu

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Il est évident qu’il s’agit ici de la maison Carpentier ment'onnée plus haut et dont l’histoire est assez difficile à faire, Elle fut vendue le ler avril 1749 par la famille Carpentier (1) à M. Claude Barolet, l’un des notaires les plus connus de cette époque et marié à Francoise Dumontier, Le siège de la ville en 1759 l’obligea à se retirer avec sa famille à Charlesbourg, et c'est là qu’il mourut et qu’il fut inhumé en 1761, Sa veuve, incapable de rebâtir la maison, qui avait été presque démolie par les bombes, fut obligée de la vendre por empêcher la perte totale des masures qui restaient encore sur cet emplacement, Et elle le fit de l'avis et consen.ement de maître Antoine Bedou, ancien conseiller au conseil supérieur de ce pays, et de dame Françoise Barolet, son épouse. de maître Claude Panet, greffier en chef de la jurisdiction supérieure de cette ville de Québec, et de dame Marie-Louise Barolet son épouse. ses gendres et filles demeurant en cette ville... (2) ”. L'acquéreur était M. Joseph Turgeon, marchand, ‘“demeurant ordinairement dans l’Ile-Jésus, paroisse de Saint-Martin (3) ”. En 1803, on le trouve à Terrebonne.

(1) “ Antoine Ange de Créqui et Catherine Carpentier sa femme, Pierre Carpentier et Madeleine Ange de Créqui sa femme”. Etude du notaire Du Laurent. Autre contrat du 20. mars 1751 passé par devant Saillant,

(2) Le cardinal Taschereau est l’arrière-petit-fils de Marie. Louise Barolet mariée à Jean-Claude Panet,

(3) Greffe du notsire Sanguinet,.

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Le prix de cette propriété fut fixé à six mille livres payables aux héritiers Barolet, et il y avait en outre l’hypothèque de onze cents livres que madame Barolet s’engageait à payer elle-même à l’évêque de Québec (1), Ce terrain était borné d’un côté par l'évêché, et de l’autre par la maison de M. Lanaudière, ce qui prouve que la rue Port-Dauphin n'existait pas encore.

Le 3 mars 1792, Louis Robitaille, marchand orfèvre, de Québec, procureur de monsieur et de madame Tur. geon, vend la même maison “ aux sieurs William Fraser et James Edie, associés, maîtres-menuisiers et faiseurs de meubles (2)”. James Edie devint seul propriétaire en 1800 et continua d'occuper cette résidence jusqu’en 1803. Cela nous est prouvé par des notes de la main de Mgr Plessis sur le contrat de vente. Mais ensuite, malgré toutes les recherches que nous avons faites, —et Dieu sait si nous avons cherché! — nous n'avons pu trouver aucun document jusqu'en 1821. A cette date, la maison appartenaic certainement à Mme veuve Jean-Baptiste Morin, puisqu’elle la louait à M. Alfred Hawkins. Ce qui est également certain, c’est qu’auparavant elle servait de bureau de poste, car l’acte de bail

dit: “une maison, hangar et cour, près des jardins

(1) Turgeon était marié à Marie-Catherine Lacroix. 11 était l'oncle de Mgr Turgeon. Madame veuve Lacroix, sa belle-mère, demeurait rue Notre-Dame, vis-à-vis l'église de la Basse-Ville.

(2) Greffe de Chs Voyer.

du séminaire, ci-devant occu pée par les offices de la

poste (1). Dans le guide de Québec de 1822, on trouve Hawkins “ Fort street, near Prescot Gate ”, Il y demeura depuis 1821 jusqu’en 1823. Il était marchand de vin et tenait aussi maison de pension. On sait qu’il est l’auteur de plusieurs publications qui sont aujourd’hui d’un grand secours à ceux qui s'occupent de l’histoire de Québec (2).

Pour en finir avec cette maison qui est indiquée sur un très beau plan de Québec fait en 1793 et que nous reproduisons ici, disons qu’en 1824, M" Morin, par l'entremise de son procureur Philippe Brown, armurier, son gendre, la louait pour cinq ams au docteur John Rowley (3). En 1829, renouvellement du bail par

lequel la propriétaire cède en outre au même locataire

(1) Greffe de Archibald Canpbell. — Le bureau de poste fut transporté en haut de l'escalier du Freemason's Hall, :maison du Chien d'Or.

(2) ‘“ The Quebec Directory ?, ‘ Picture of Quebec ?, très ‘beau volume,assez rare aujourd’hui, Historical Recoilections -Of Quebec ”, # Plan of the Battle of Quebec in 179 ”, etc.

M. Alfred Hawkins alla demeurer ensuite rue du Parloir, près du séminaire. En 1847, il avait sa résidence au Mount ‘Pleasant, Il mourut en 1854, ne laissant qu'un fils M. Alfred ‘Creorge Hawkins, employé pendant longtemps à la douane de ‘Québec, retiré du service depuis l'année dernière, Edwin “Hawkins, frère du premier, périt dans l'explosion de la poudrière, appelée le Laboratoire, près de la porte Saint-Jean, “en 1864,

(3) Greffe du not aire Erroi Boyd Lindsay. Le docteur avait un clerc qui demeurait avec lui Ce fut d'abord Michael Walsh, puis George Vine Taylor.

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tout droit qu’elle peut avoir à un bâtiment en bois situé en partie sur le terrain du palais épiscopal. Le docteur Rowley cette fois ne termina pas les cinq années de son contrat; la construction tout à côté du palais législatif rendait la position moins agréable, et il quitta en 1832. M'° Morin loua, le 3 mai de cette année, le deuxième étage de la maison à John Ryan, agent pour la compagnie des bateaux à vapeurs (1). Le 1° juin suivant, il menace de partir parce que l’étable et d’autres dépendances non moins nécessaires avaient été enlevées. Le 5 du même mois, le premier étage est loué à M. Robert Rennard, minéralogiste, pour y établir une école de filles, Il est probable que ces deux locataires ne purent y rester longtemps, car l’on voit qu'ils n’eurent pas de taxes à payer en 1832, le séjour de cette demeure étant devenu impossible,

En 1833 et 1834, les cotisacions sont encore payées par la propriétaire M®° Morin; plus rien en 1835. La maison avait dû être achetée par le conseil de ville et démolie (en 1834) pour l'élargissement de la rue la Montagne. Nous n'avons pas pu mettre la main sur le contrat de vente (2).

(1) Grefte du notaire Errol Boyd Lindsay.

(2) Madame Morin (Angélique Doiron), dont le mari était forgeron et marchand de poêles, etce., était la grand'mère de M. Théophile Ledroit.

Le 7 octobre 1831, avec l'argent qu'elle reçut de la ville, elle acheta, pour $1,210.00, de John Harwood, une maison située sur la rue Saint-Joseph, aujourd'hui la rue Garneau. Elle demeurait à Saint-Roch dans la rue Saint-Vallier,

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En 1811, on trouve un monsieur Thomas Giffard qui a l’usage d’un jardin sur le terrain de l'évêché,

Dix ans après c’est M. Jacques Leblond (1) qui pour

une rente de vingt schellings obtient un emplacement de vingt-six pieds de front sur trente pieds de profondeur; borné à l’ouest par la rue Port Dauphin, au sud “par un emplacement appartenant à la veuve Jean-Baptiste Morring (2), à l’est et au nord par le reste du terrain appaitenant à l'évêché ”. La même année, M. Joseph Dorion, marchand de fer, demeurant No, 30 rue de la Montagne, loue, pour la même somme de vingt schellings, un morceau de terre de cent vingt pieds de front sur cinquante de profondeur, au nord du terrain Leblond, et il renouvelle son contrat en 1825. Enfin en 1827 vient

à son tour M. Michel Clouet qui pour la même somme

(1) M. Jacques Leblond était marchand, demeurant 8 rue Buade ; sa maison existe encore, elle est occupée maintenant par M. Dobbin et elle porte le No29. Son magasin qu’il tint pendant plusieurs années en société avec son fils Joseph, était en face de l’église de la Basse-Ville, On verra M. Leblond en 1831-33 commissaire du gouvernement pour la construction de l'hôtel du Parlement. Joseph fut le père de Madame €" inic, de Québec, et de l'abbé Jacques-Edmonc Leblond qui mourut à Rome, en 1862, fut innumé d’abord dan; l'église de la Mirerve, puis transféré dans les caveaux de l'église actuelle du séminaire Français, rue Santa Chiara. Jacques, frère de Joseph, était avocat. M. de Gaspé parle de lui dans ses mémoires,

(2) Dans le contrat sous seing privé que nous résumons, c'est Morring qui est écrit ; de fait J. B. Morring était écossais, mais il écrivait lui-même Morin et fut marié sous ce nom.

de vingt schellings aura un emplacement de vingt-huit pieds de front sur treize de profondeur, à l’est de la maison Morin (1).

Après avoir loué ces divers terrains, il restait encore à l’évêque une lisière assez considérable le long de la grande batterie, et il fut question en 1519 d’en céder une partie aux Magistrats, qui faisaient alors l'office du conseil de ville (2), pour y transporter le marché au foin et au bois de chauffage ; mais le prix de soixante louis par année demandé par Mur Plessis ne fut pas agréé, Il y eut aussi au même endroit un corps de

garde à l'usage des troupes régulières comme on le voit

(1) Michel Clouet, l’un des citoyens les plus influents de la ville, était marchand de fer, et il fut élu deux fois pour représenter le comté de Québec. Son megasin était rue Buade 17, où se trouvent aujourd’hui les bureaux du chemin de fer C. P.R. Il avait acheté en 1810 et 1817 des héritiers Taschereau, et il agrandit considérablement la maison en 1821. Sa femme devenue folle demeurait dans la partie occupée aujourd'hui par l'imprimerie de M. Dussault, et ceux qui descendaient la rue de la Montagne l’entendaient souvent crier à tue-tête : ‘ Clouet ! Clouet ! ” Chose vraiment singulière, le jour où on vint lui apprendre la mort de son mari, elle recouvra subitement l'usage de la raison et put même s'occuper avec succès de régler toutes lesaffaires. Elle était la tante de M. Edouard Parant, mort curé de la Pointe-aux- Trembles, et c’est elle qui paya en 1840 le voyage qu'il fit en Europe avec M. Holmes, M. Taschereau (aujourd’hui cardinal) et M.J.-0. Fortier. Quand on demanda de l’aide aux citoyens, en 1844, pour la construction de l'évêché actuel, Madame Clouet donna $40.00 ; c'était l’une des plus fortes souscriptions,

(2) Le conseil de ville de Québec ne fut définitivement organisé qu’en 1833.

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par un plan de 1786, et l’évêque, en faisant clôturer son terrain, avait permis, pour la commodité des soldats, l'usage d’un triangle de terre entre ce corps de garde, la batterie et la rue du Prince (aujourd’hui Port- Dauphin), Ce corps de garde fut rasé en 1797 et remplacé par celui qui couronna depuis la porte Prescott.

“ Le palais épiscopal ne servait pas seulement pour les chambres d’assemblée et les bureaux du gouvernement, il était affecté à toute espèce de réunions et de sociétés. On y tint même une école, comme l'indique le Directory de 1790 qui donne le nom de “ William Sargent, maître d'école, Bishop’s Palace”. Une meilleure preuve nous en est donnée par M. de Gaspé qui s’y trouvait lui-même au nombre des élèves, lorsqu’en 1796, il entendit le tocsin qui annonçait l'incendie du couvent et de l’église des Récollets, ‘ J'étais, dit-il, à

l’école, dans l’ancien évêché, situé près de la porte de la

Passe-Ville, lorsqu'on entendit le tocsin au beffroi de la cathédrale, et un instant après les tambours qui battaient la générale... (1) ”.

Les clôtures qui entouraient les jardins sur le terrain de l'évêché et les autres petits bâtiments que l’on avait dû faire pour la commodité des jardiniers ou autres ouvriers, parurent à la fin une véritable nuisance publi-

que, et, le 7 juin 1826, le juge de police recut l’ordre du

(1) Mémoires de M. de Gaspé.

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gouverneur en chef de raser tous les ouvrages en bois

qui s’y trouvaient et d’entourer tout l'emplacement d’une nouvelle enceinte semblable à celle du château Saint-Touis, Quant aux bâtiments en pierre, ils devaient être laissés, jusqu’à nouvel ordre (1).

(1) Lettre de M. Cochran, secrétaire civil, à M. Robert Christie, chairman, Quarter Sessions, Quebec.

Dans les livres de cotisations de l’hôtel de ville, on trouve deux jardiniers établis sur le terrain du Parlement en 1821 et qui paient les taxes,

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