CHAPITRE CINQUIÈME
Vente du palais épiscopal au gouvernement, — Mgr Plessis, — Mgr Panet. — Contrat. — Construction du nouveau Parlement. — Musée Chasseur. — Incendie du palais législatif. — Construction et incendie du dernier hôtel du Parlement bâti sur le terrain de l'évêché. — Le gouvernement paie le capital de la rente à l'archevêque de Québec.
L'un des événements les plus importants dans l’histoire du palais épiscopal est sans contredit la vente qui en fut faite au gouvernement de la province en 1831. Il en était question depuis assez longtemps déjà, et la chose nous est parfaitement prouvée par une lettre de Mgr Plessis au cardinal Fontana, en date du 25 juin
Le prélat s’exprime en ces termes : “ Dans le serment que prêtent les évêques le jour de leur consécration, ils s'engagent à ne jamais vendre, ni donner les propriétés de la mense épiscopale, avant d’avoir consulté le souverain pontife. Or la seule propriété qui appar-
tienne à l'évêque de Québec, c'est son palais, qu'aucun
évêque, depuis la conquête du pays par les armes britanniques, n’a eu les moyens d’occuper, Il s’est agi plusieurs fois de céder ce palais au Parlement provincial moyennant une rente annuelle et perpétuelle de mille louis sterlings, payable à l’évêque actuel et à ses successeurs, Comme tout le monde admet que cette transaction serait très avantageuse aux évêques, et que l'offre peut en être faite et acceptée, sans que l’évêque ait eu le temps d’en donner avis, je demande done avant toute chose que le Saint-Siège Apostolique me donne la permission de conclure ce marché, surtout avec le consentement du coadjuteur et des principaux membres du clergé ”,
Les communications à cette époque étaient loin d’être aussi faciles qu'aujourd'hui, Mgr Plessis passa toute une année sans recevoir de réponse ; elle arriva enfin, et elle était favorable au projet proposé, “ L'indult dit :” SSinus Dnus Noster Pius D. P. PP. VII … concessit Jfacultatem cedendi qubernio seu Parliamento pro annuo et perpetuo censu mille aureorum sterlinorum ipsi ejusque successoribus in posterum persolvendo Palutiwim ad Quebecensem mensam pertinens quod, ut ipse asserit, nullus Ebpiscoporum pro redituum
insufficientia post subactum armis Britannicis
Cañadam occupare potuit ”, (12 mai 1822).
Les choses en restèrent là jusqu’en 1826. Mgr Plessis était mort l’année précédente, et ce fut son successeur,
Mgr Panet, qui eut à s'occuper de nouveau de cette grave question, Le 27 février, un comité de la Chambre d’assemblée “resolut de recommander la nécessité de pourvoir à des appartements plus convenables pour les
séances de la Législature ”, De plus on décida de soumettre respectueusement les questions suivantes à Sa Grandeur Mgr l’évêque catholique de Québec: “1° S'il consentirait à continuer de laisser à l’usage de la Législature son palais épiscopal pour un temps qui n’excéde. rait pas vingt-neuf et ne serait pas moins de vingt années ? 2° Si, dans le cas où il accéderait à cette proposition, il ne consentirait pas en même temps à laisser, pour l’espace de temps dont il serait convenu, tout le terrain qui en dépend, Le tout qu’il reprendrait à la fin du bail avec les améliorations qui auraient été faites pendant sa durée ? 3° Si autrement Sa Grandeur con-
sentirait à abandonner l'évêché et tout le terrain qui en
dépend, indéfiniment à la Législature, moyennant une
rente financière et perpétuelle, et quel serait le montant de la rente qu’il entendrait, en ce cas, stipuler ? ” (Signé) J.-B. Viger, président du comité,
Mgr Panet répondit affirmativement aux deux premières questions, mais à la troisième il fit la réponse suivante : “ L'évêque ne croit pas, dans les circonstances actuelles, pouvoir prendre sur lui d'abandonner indéfiniment à la Législature l'évêché et le terrain qui en
dépend moyennant une rente foncière et perpétuelle ”. ‘Lettre de Mgr Panet du 2 mars 1826).