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Les choses en restèrent là jusqu’en 1829, M. Lagueux, président du comité nommé par la Chambre pour la construction d’un palais législatif, vint alors trouver
l'évêque pour lui soumettre de nouveau les mêmes pro-
positions, Plusieurs membres, disait-il, surtout les protestants, voulaient choisir pour site du Parlement le jardin du roi près du château Saint-Louis, Les meimbres catholiques eux consentaient à voter une rente annuelle et perpétuelle de mille louis sterlings pour l'achat du terrain de l'évêché. IT faisait remarquer que si le Parlement était construit ailleurs, le prélat se trouverait fort en peine de tirer partie des anciens bâtiments et qu'il perdrait la rente de cinq cents louis sterlings, payée pour le loyer depuis 1820 (1).
L'année svivante, le comité revint à la charge et demanda officiellement à l'évêque s’il consentirait à céder à la province la propriété entière du palais épis- -copal et de tout le terrain qui en dépendait, moyennant, une rente foncière, et quelle serait cette rente. Cette fois Mgr Panet consentit, à condition que la rente annuelle serait de mille louis sterlings. Cependant rien ne fut décidé alors, et ce ne fut qu'en 1831 que les parties en vinrent à un arrangement définitif, Le
comité écrivit à l’évêque, qui répondit en ces termes :
(1) Auparavant cette rente était de cent cinquante louis ‘seulement.
‘ Québec, 2 mars 1831.
“ En, GLACKMEYER, écuyer, Greffier des comités de la Chambre d’assemblée, “ Monsieur,
En réponse à votre lettre du 26 février dernier, j'ai l'honneur d’informer le comité de la Chambre d’assemblée chargé de s’enquérir des moyens d'agrandir la bâtisse où se tiennent les séances de la Législature, que je suis disposé à céder et aliéner à la province la propriété du palais épiscopal communément appelé l'Evêché de Qu'bec, ainsi que le terrain en dépendant, aux conditions suivantes qui sont à peu de chose près semblables à celles qui sont mentionnées dans ma lettre du 25 février de l’année dernière,
lère condition.— Il sera absolument nécessaire qu'un plan correct de ce terrain soit préalablement dressé d'après les différents titres qui y ont rapport, surtout d'après les plan et procès-verbal de Maître Lamorille, reconnus par un jugement de M. Bigot, intendant, en date du 23 janvier 1759 (1).
“ 2de condition. — Je ne crois pas devoir demander
pour cette cession moins d’une rente foncière annuelle
(1) Procès-verbal de l’alignement des Fiefs et Seigneuries de Sa Majesté, de la Fabrique de Québec et du Séminaire des Missions Etrangères, en la cité de Québec. Le Maître Lamorille, arpenteur, 16 mars 1755 et jours suivants ; copie par F.Têtu, N. P.
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et perpétuelle de mille louis sterlings, payable de semestre en semestre à l’évêque catholique de Québec, à ses successeurs, où à la personne ayant l'administration du diocèse pour le temps d'alors, laquelle rente foncière sera toujours considérée comme bien épiscopal et comme représentant la propriété des dits terrains et par conséquent aura toujours la même destination qu’auraient eu le dit palais épiscopal et le terrain en dépendant,
“ Dans le cas où il ne serait rien fait à cet égard pendant le présent Parlement, je n’entends aucunement être lié pour l'avenir par les conditions ci-dessus ”,
Ce fut le 21 mars qu'on lut pour la 1° et la 2° fois le bill (1) “ pour mettre Sa Majesté en état d'acquérir la propriété du palais épiscopal de Québec … pour les usages publies de la province, moyennant une rente foncière de la somme de mille livres sterlings ””. Dix jours après, le gouvernement donnait la sanction royale à cette mesure ainsi qu'à un autre bill passé dans la même session pour autoriser la construction, au coût de neuf mille livres courant, d’une aile au nord-ouest de la chapelle servant de Chambre d’assemblée d’après les plans de M. Louis-Thomas Baillairgé, architecte, Le contrat entre Mgr Panet et le gouvernement ne fut passé que le 1% août 1832 devant Maître Archibald Campbell, notaire de Sa Majesté, Ilest signé par Mgr
Panet, par les trois commissaires nommés par le Parle-
(15 I Guillaume IV, chap, XVI.
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ment pour représenter Sa Majesté, MM. William Burns Lindsay (1), Jacques Leblond, père, et Gustave William Wicksteed (2), enfin par les notaires Archibald Campbell et Edward Glackmeyer (3).
Cependant les commissaires ci-dessus nommés se mirent immédiatement à l’œuvre pour la construction de l'aile nord-ouest du nouveau Parlement, Ils donnèrent le contrat de la maconnerie à M, Michel Fortier et celui de la menuiserie à M. Charles Casault, et tout se fit selon les plans et sous la direction de M. Louis Thomas Baillairgé, Les excavations furent commencées le 13 juin de la même année 1831, et le 8 septembre suivant on posait la pierre angulaire, ÆEn 1853, on démolit ia vieille chapelle de l'évêché pour élever en sa place le corps principal de l’hôtel du Parlement. Le 15 juillet les quatre belles colonnes du portique étaient placées, et, avant de les couronner de leurs chapiteaux, on fit la cérémonie accoutumée de la pose de la première pierre et de la plaque commémorative, Aux
applaudissements de la foule, l'architecte, M. Ls-Thomas
() Ilétait le grand'père de M. l'abbé Lindsay, chapelain actuel des Ursulines. Greftlier de la Chambre d'Assemblée, il avait ses appartements et demeurait habituellement dans le » ais législatif.
(2) M. W. Wicksteed demeure depuis longtemps à Ottawa, Il est âgé de 96 ans et il écrit encore comme un jeune homme, Il a bien voulu, avec une exquise bienveillance, nous donner de précieux renseignements pour ce petit travail,
(3) Voir Appendice F, £
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Berlinguet (1), et les trois commissaires apparurent debout sur les colonnes. Puis on déposa sous l’un des chapiteaux une plaque en cuivre portant l'inscription suivante :
Salle de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada Dans la 111e année du règne de Sa Majesté Guillaume IV Roi du” Royaume-Uni de la Grande-Bretagne le 15 juillet 1833 Sous Son Excellence Matthew Lord Aylmer, gouverneur en chef des provinces du Bas et du Haut-Canada etc. etc. etc. Sa Grandeur Monseigneur l'Illustrissime et Révérendissime Joseph Signay, évêque de Québec, Pierre-Flavien Turgeon, vicaire général, coadjuteur, élu de Sa Grandeur l’évêque catholiane de Québec, {William B. Lindsay, écuyer, greffier de la Chambre d’assemblée, + Jacques Leblond, père, écuyer.
G. W. Wicksteed, écuyer, assistant clerc en | loi de la Chambre d’assemblée.
Commissaires de cette salle
Sous la direction des plans et conduite de Ls-Thomas Berlinguet, architecte, depuis le 4 mai 1833.
Maître maçon: François Fortier, : | Louis Fortier. Ses cautlons ‘|Joseph Petitclerc, père.
Maître menuisier: Charles Cazeault.
[Joachim Mondor.
Ses cautions:!,. à ; Fee | François Vallée (2).
(1) Il était le père de M. F.-X. Berlinguet, comme lui architecte, et demeurant à Québec, M. Ls-Thomas Baillairgé, qui avait commencé à diriger les travaux avec M. Berlinguet, avait abandonné la tâche le 4 mai précédent.
(2) Cette plaque est conservée avec soin dans les voûtes de l'hôtel de ville. M. Baillairgé, ingénieur de la cité, a eu l’obligeance de nous la montrer,
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On conserva jusqu’en 1851 l'aile sud-est de l’ancien palais épiscopal, qui devait faire un singulier effet à
côté du magnifique édifice auquel elle était attachée,
L'intérieur servait à divers usages. Au-dessus du porche, une dame Cross tenait maison de pension, louait des chambres et des bureaux, C’est là aussi qu'avait été transporté le fameux musée Chasseur, M. Pierre Chasseur, sculpteur et doreur, avait commencé en 1824, dans sa résidence de la rue Sainte-Hélène, une collection d'animaux et surtout d'oiseaux du Canada. Quoique peu instruit, ce brave homme, grâce à son talent et à son énergie, parvint à former le musée le plus complet de la province, Il avait réuni cinq cents espèces d'oiseaux du Canada, Le gouvernement l’aida de ses deniers et finit par devenir propriétaire de la collection (1).
(1) La Gazette de Québec disait en 1826: ‘ La cité de Québec doit s’enorgueillir de posséder dans son sein un citoyen dont les travaux doivent nécessairement tourner à la gloire de la patrie. Mais si l’industrie et la persévérance de M. Chasseur ont droit à nos éloges, la manière dont il conduit son ouvrage n'est pas moins digne de notre admiration. Il rassemble, autant que possible, autour de chaque objet, tout ce qui tend à le caractériser, de manière à nous donner tout à la fois, en quelque sorte, l'histoire et les habitudes de l’animal en vue. Pour atteindre ce but, il a dû suivre la nature à la piste, et, pour ainsi dire, la prendre par surprise, et il lui a fallu la chercher dans les bois, sur le sommet des monta. gnes, dans les marais et jusque sur les rochers les plus escarpés ”. M. Chasseur mourut le 23 mars 1842. Outre les animaux, le musée renfermait bien des curiosités et souvenirs histori-
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Comme les Chambres ne siégèrent plus à Québec o depuis 1838 à 1852, la maison du Parlement fut con-
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vertie en hôtel de ville, et, comme nous l'avons dit
plus haut, il y avait des salles et des bureaux pour des
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sociétés littéraires et de bienfaisance, C’est là que se réunissaient les membres du bureau de santé, et la société littéraire et historique de Québec y tenait sa bibliothèque et son musée, En 1850, ce qui restait de l’ancien palais épiscopal, c’est-à-dire l'aile sud-est, fut démoli, et l’on acheva, en 1851 et 1852, les constructions de l'hôtel du Parlement, d’après les plans de M. G. Brown, architecte (1); c'était le plus bel édifice de Québec. La salle du Conseil législatif, où se faisaient
les cérémonies solennelles de l’ouverture et de la fer-
meture des Chambres, passait pour la plus remarquable en ce genre sur ce continent, sans excepter le sénat de Washington.
Il n'entre pas dans le cadre de cette esquisse de
faire l’histoire détaillée de ce Parlement, mais comme il
ques, entre autres un canon trouvé dans le fleuve vis-à-vis Champlain. On y montrait aussi une hache avec la jolie inscription suivante : ‘ C’est ici la hache que Dewey a tué sa femme avec”. Ce Dewey avait été pendu à Montréal le 30 août 1833.
(1) Entrepreneurs, MM. Toussaint Vézina et F. Belleau, contrat pour £7,895. C'est le 14 décembre 1850 que les ouvriers trouvèrent la plaque de plomb dont nous avons déjà parlé sous la pierre angulaire de l’ancien palais épiscopal.
Voir, appendice G, quelques détails concernant l'ancien cimetière.