CHAPITRE X
Le Palais-Royal sous Louis-Philippe , duc d'Orléans.
1814 — 1«' janvier 1830.
Après avoir quitté le Palais-Royal pour l'armée , et combattu pour sa patrie à Valmy , à Jemmapes et à Nerwinde, Louis^Philippe , duc d'Orléans, proscrit en France par ceux qui dressaient les échafauds en 1793, se vit réduit à chercher un asyle dans les pays étrangers où l'attendait un autre genre de proscription. Là , persécuté comme un partisan de la révolution
DU PALIIS-ROTAL. aOg
dont it déplorait les excès, il erra l<Hig>temp9 de
!;iIO HISTOIRE
lais ( i) était déjà attaqué de la poitrine lorsqu'il
Antonius {^hilippus , dnx de Montpensier,
Regibus oriandns, Ducis Aurelianensis filius natu secundus , A tener juTentute In armis strenuus , In yincuUs indomitus y In adversis rébus non firactus, In secundis non elatus , Artium liberalium cultor assiduus , Urbanus , jucnndus, omnibus comis, Fratribus, propin<{nis, amids, patriae
Munquàm non deflendus.
Utcumque fortuns Ticissitadines
Expertus, N Liberali tamen AngLorum hospitalitate
ExceptuSy Hoc demùm in regum asylo - Requiescit.
Natus m julii HoccLXXv.
Ob. XYiii mail Mncccyii, setat. xxx.
In memoriam fratris diléctissimi
Ludovicus PhilippuSy dux Aurelianensis,
Hoc marmor posuit.
(i) Loiùs-Charles d'Orléans, né au Palais-Royal le 7 octobre 1779. Ce prince est enterré à Malte, dans l'église d^ Saint-Jean.
eut la douleur de voir périr son frère de cette maladie. Il sentit qu'il ne lui survivrait pas longtemps, et, assez indifférent sur sa mort prochaine, il ne consentit à céder à l'avis des médecins, qui avaient déclaré que le climat de l'Angleterre lui était pernicieux, que sur la promesse du duc d'Orléans de l'accompagner dans une autre région. L'état politique de l'Europe à cette époque ne permit de le conduire qu'à l'île de Malte. Son mal était mortel; il expira le ig mai 1808 à l'âge de a8 ans.
Le duc d'Orléans , resté seul après des pertes aussi cruelles, eut, au bout de quelques mois, la consolation de se réunir à la princesse sa sœur(i);
(i) Eugène-Louise- Adélaïde d*Orléans, Mademoiselle d'Orléans, avait accompagné son frère dans son exil en Suisse en 1793. Ce prince la plaça d'abord avec madame de Genlis au couvent de Bremgarten. Il obtint ensuite, en 1794 9 de la princesse de Conty, sa tante, qui était à Fribourg, de la prendre avec elle ; mais l'exaltation des opinions du temps
hOl^ -•!«
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et y le a5 novembre 1809,1! épousa àPalerme la princesse Amélie*, fille de Ferdinand IV, roi des Deux-Siciles(i). Cette réunion et cette heureuse
apporta à rexécutîon de ce projet des entraves auxquelles il paraît que la princesse de Conty ue s'attendait point. Il en résulta que n'osant pas recevoir sa nièce chez elle, elle l'établit dans un couvent cloîtré de Fribourg (la Visitation), d'où elle ne sortait jamais. Forcée plus tard de quitter la Suisse , la princesse de Conty emmena avec elle Mademoiselle d'Orléans, qui la suivit en Hongrie, d'où elle alla rejoindre en 1802 la duchesse d'Orléans, sa mère, en Espagne. £n décembre 1808, elle se réunit au duc d'Orléans, et en 1809 elle assista à Palerme an mariage de son frère. Depuis lors , cette princesse n'a point quitté le duc d'Orléans, qu'elle chérit et dont elle est tendrement aimée; elle partage ses jours entre le Palais* Royal, Neuilly et son château de Randan.
(i) Marie-Amélie , fille de Ferdinand IV, roi des Deux-Siciles , et de Marie Caroline d'Autriche.
Sa famille se compose aujourd'hui de cinq princes et de trois princesses :
LL. AA. RR. les ducs de Chartres et de Nemours, le prince de Joinville , les ducs d'Aumale et de Montpensier; les princesses Louise , Marie et Clémentine d'Orléans , (Mesdemoiselles de Chartres , de Valois et de Beaujolais ).
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alliapce pouvaient seules cicatriser les plaies de ;5an cœur.
Ce fut cinq ans après , et lorsqu'il était déjà père de trois enfans, quMl apprit à Palerme par un vaisseau anglais , le ai3 avril ifti4i que les portes de la France, qui lui étaient fermées 4epuis si long-teçips , lui étaient enfin ouvertes. Nommé colonel-gébéial des hussards par le Roi Louis XVm , il se hâta de rev^iir à Paris , parut aux Tuileries le 17 mai en uniforme de lieutenan tf général français^ et reprit le lendemain possession du Palais-Royal.
Cependant le duc d'Orléans ne put rhabiti»' immédiatement. Ce Palais était rempli de locataires, et dans un état de désordre, d'encomiwrement (i),
(1 ) On en avait fait un dépôt où se trouvaient: entassés des objets d'ameublement, entre autres ceux commandés aux fabricans de Paris, qui manquaient d'ouvrage pendant la campagne de Prusse en 1807; et le duc d'Oriéans avait été obligé , en arrivant , de se loger pendant quelques jours dans
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et de dégradation difficile à décrire; mais le prince ne perdit pas un instant pour trouver les moyens de le rendre digne de sa destination. Il appela auprès de lui M. Fontaine , et, grâce à rhabileté de ce célèbre architecte, le Palais- Royal fut bientôt mis en état de recevoir le duc d'Orléans et sa famille. « Mademoiselle j sœur du « prince j fut logée dans l'aile droite de la pre- « mière cour, sur la rue Saint-Honoré; Madame ce la duchesse d'Orléans, avec les princesses <K Louise et Marie , ses filles, habita le corps-de- « logis en prolongation de l'aile droite jusqu'au « jardin sur la grande cour. Le prince occupa ce l'appartement du premier, au fond de la cour ce d'entrée; le duc de Chartres en occupa l'aile « gauche, et les personnes de leur suite logèrent « dans les autres parties du Palais qui étaient
un hôtel garni, rue Grange-Batelière, jusqu'à ce que l'appartement que le Roi civait ordonné de lui préparer au Palais- Royal, fût prêt à le recevoir.
DU PALAIS-ROYAL. âl5
a restées libres. Le théâtre , la bourse , et les c< locataires envahissaient encore plus du quart «c de l'édifice. » Mais à peiné ces premiers arrangemens étaient-ils terminés, à peine Madame la duchesse d'Orléans avait-elle donné le jour au duc de Nemours , qui naquit au Palais-Koyal le â5 octobre 1814^ que l'évasion de l'Ile d'£lbe, en 181 5, vint de nouveau forcer le duc rfOrléans à quitter la France avec sa famille. Pendant son absence , Lucien Bonaparte habita le Palais-Royal : il se contenta de jouir des embellissemens que cette résidence venait de recevoir, sans se permettre d'y rien changer.
Après les cent jours ^ le duc d'Orléans , revenu dans ses foyers, s'occupa immédiatement de continuer ce qu'il avait commencé , autant que le lui permettaient les charges effrayantes qu'il devait soutenir avec deâ moyens disproportionnés. Ces charges consistaient dans les dettes dont la succession du prince son père était gre-
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vée. La liquidation en avait été commencée de
don vivant, par les mandataires de ses eréandîers
et continuée par l'État après sa mort : mais, loin
d'avoir été achevée, cette licjuidatîon avait été
interrompue , après avoir été conduite de telle
manière que TÉtat y avait fait des bénéfices
énormes y et que les gages des créanciers avaient disparu dans une proportion bien supérieure à
celle des dettes qui avaient été liquidées (i)«
(i) Faits qui constatent que y pendant la confiscation des biens de feu monseigneur le duc d'Orléans (Louis* Philippe- Joseph)^ VEtat a reçu au-delà de ce qiCU a payé,
La suppression des droits féodaux , la privation des produits de son apanage, ayant réduit le ^u prince à la perception de portions de revenus trop faibles pour subvenir au paiement des intérêts de ses dettes , il se vit contraint d'en entreprendre la liquidation par Taliénation d'une partie considérable de ses biens.
£n conséquence il conclut, le 9 janvier 1 79a , avec ses créanciers un concordat par Tequel il fut convenu qu'ils feraient, sous le nom du prince, et au moyen de la procu- * ration spéciale qu'il donnerait à cet effet et qu'il a donnée,
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Le duc d'Orléans rentré en 1 8 1 4 « dans la
la renie d'une masse de propriétés imâiobilières suffisante , dont le prix leur fierait délégué par lés contrats.
Ce concordat fut homologué pat le tribunal de Paris le 27 du même mois.
Les ventes étaient déjà Vsommeucées avant sa conclusion audientique; elles furent, après cet acte, poursuivies avec la plus grande activité. Tous les contrats ou procès-terbaux d^adjudicatîon portent délégation du prix en faveur des créanciers inscrits.
Ces dispositions , aux termes mêmes du concordat, avaient pour effet comme pour objet de libérer le prince jusqu'à concurrence du montant intégral dés ventes faites par les créanciers.
Un procès-verbal, dressé le 21 floréal an III par des commissaires du gouvernement, et déposé aux archives du ministère des finances , constate qu*à l'époque de la confiscation , après la mort du prince, il restait à payer par les acquéreurs de ceux de ses biens vendus en exécution du concordat 35,9349^^1 fr.; cette somme a été en entier recouvrée par l'État. C*est donc avec le produit des ventes des biens du prince, et non avec les deniers publics, que ces 35,9349^121 fde ses dettes ont été payés par l'État aux créanciers du prince, et l'État n'a fait autre chose que payer d'un côté ce qu'il percevait de l'autre.
ai8 HISTOIRE
ne possession des biens non vendus que le prince
C'est donc par erreur qu'il avait été avancé à la Chambre des députés que le gouvernement avait payé , à la décharge du feu prince, 43y345,ooo fr. :1e fait est qu'il n'a payé à ce titre que 7,4 10,779 fr.; ^^^ 35,934,iai fr. n'ont pas été payés à sa déchaîne; l'État qui était à ses droits et qui, aux termes de la loi, avait préalablement constaté la solvabilité de la succession, n'a fait ensuite que réaliser les*délégations énoncées aux contrats de vente jusqu'à concurrence de 35,9349^21 f«; ainsi ce n'est pas l'État qui a libéré le prince, il s'était libéré lui-même par les ventes qui avaient été faites en vertu de sa procuration, et antérieurement à la confiscation de ses biens.
Ici se présente une autre considération qu'il importe de ne pas perdre de vue : c'est que, quoique l'État ait perçu le prix des ventes, et l'ait payé aux créanciers, conformément aux délégations dont ils étaient nantis , ces ventes ayant été faites par les mandataires des créanciers du prince n'étaient pas des ventes nationales , et par conséquent les biens ainsi vendus ne rentrent point dans la catégorie de ceux pour là vente desquels la loi du 2 5 avril a accordé une indemnité. Il convient donc , pour apprécier les pertes ou les profits de l'État dans la succession de feu Ms^ le duc d'Orléans, de commencer par déduire ces 35,934,221 fr. (dont la compensation vient d'être démontrée) du passif ci-dessus de 43,345,000 fr., ce qui le réduit à 7,410,779 fr., cette der-
« son père avait possédés à quelque titre que ce
nière somme serait réellement la seule qui eût été payée des deniers publics.
Le produit des ventes des biens de cette succession opé-rées par l'État pendant la confiscation s*est élevé au plus à la somme principale de neuf millions , d'après un état dressé sur les bordereaux existant dans les bureaux du ministère des finances, ci • 9,000,000 »
Le passif étant de • 7>4io,779 »
Évidemment le bénéfice de l'État serait encore de c . . , . . 1,589,221 »
Car ce serait là le montant de l'indemnité de cette succès^ sion. Cependant l'État a un bénéfice bien autrement considérable. £n effet, sans parler des ventes nationales des biens de l'apanage , Qt qui ont réduit de moitié sa valeur, il résulte du même procès-verbal du 20 floréal an III que l'actif de la succession de feu M.^ le duc d'Orléans s'élevait à sa mort à 114,839,979 )»
Et le passif à 74)665,949 »
Ainsi-, en supposant que l'État eût payé la totalité de ce passif, il aurait encore un bénéfice net dé « 4<)9i74>o3o *
Mais comme l'État n'a payé que. 43,34 5,ooo »
Il faut ajouter à son bénéfice la différence
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il fût »^ avait recouvré deux sortes de biens : (termes de l'ordonnance du Roi.)
i"" Les biens patrimoniaux qu'il devait partager par portion égale avec la princesse sa sœur , cohéritière du feu prince ;
2^ Les biens d'apanage qui n'appartenaient qu'à lui seul.
Les biens d'apanage, inaliénables par leur na-
de cette somme à celle de 74,665,949 »
Cette difTérence étant de 3i,3ao,949 »
En rajoutant à celle ci-dessus de 40,1749030 »
On aura celle de • • . . . 7 194949979 *
De laquelle il est juste pourtant de déduire la valeur des biens restitués en 1814^ Ces biens, vendus aux enchères judiciaires pour liquider la succession que LL. AÀ* RB..
n'ont acceptée que sous bénéfice d'inventaire, n'ont produit que i2,43o,io3 »
Qui, retranchés de la somme des bénéfices ci-dessus de 7i,494i 979 fr. , laisseraient encore à l'État un bénéfice net de. ....... • $910649676 »
DIT PALAlS-KOYy\L. 2!^ I
tiire^au moins pour le prince apanagiste, puisqu'ils étaient grevés envers l'État d'un droit de retour, qui interdisait même de les hypothéquer, n^avaieiit j£iniais été donnés comme gages d'aucune créance, et n'avaient pas pu l'être; les créanciers des princes prédécesseurs du duc d'Orléans n'avaient donc de droits à exercer que sur les biens patrimoniaux ; et ces biens, par l'effet des diverses dilapidations dont nous avons parlé , se trouvaient réduits à une valeur bien inférieure à la moitié de la somme des dettes auxquelles ils devaient servir de gages* D'un autre coté, les biens d'apanage, tant par l'effet
des changemens survenus dans la législation de rÉtat que par celui des mêmes dilapidations , se trouvaient réduits au-dessous de la moitié de ce une Monsieur (duc d'Orléans) frère de Louis XIV, avait reçu comme sa part de la succession du Roi son père , et pareillement au-dessous de la moitié de ce que l'État avait repris en 1^91
aa2 HISTOIRE
lorsqu'une loi du temps avait opéré cette reprise.
Ainsi , le duc d'Orléans fut d'abord forcé j par la nature des choses , de n'accepter la succession du prince son père , quant aux biens patrimoniaux , que sous bénéfice d'inventaire , et de se déclarer j avec la princesse sa sœur , héritier bé" néficiaire.
11 ne lui restait ensuite que deux partis à prendre :
i"" Celui d'abandonner aux créanciers la masse des biens patrimoniaux de la succession , sans intervenir en aucune manière dans leur liquidation, et en se renfermant dans la jouissance des biens d'apanage sur lesquels les créanciers n'avaient point de droits à exercer.
a"" Celui de se charger de la liquidation des dettes en désintéressant les créanciers , et en les payant tant avec les produits des biens pat ri-
DU PALàlS-ROTAL. ^^3
moniauxy qu'avec une partie des ^revenus de son apanage.
Plusieurs membres de son conseil, effrayés du poids de la liquidation, inclinaient pour le premier parti, mais l'opinion personnelle du duc d'Orléans fit adopter le second. Le succès a couronné ses efforts : le duc d'Orléans a obtenu la satisfaction de pouvoir se dire qu'il est parvenu à liquider la succession de son père , de manière à ne laisser subsister aucune dette, et à conserver à ses enfans les débris des biens patrimoniaux de leurs ancêtres que la tempête révolutionnaire avait épargnés.
C'était donc au milieu de cette liquidation qui a duré dix ans , et pour laquelle il a fallu tant de sacrifices et tant de persévérance, que le duc d'Orléans devait entreprendre la restauration de son Palais-Royal. Aussi, de plusieurs côtés lui donnait-on encore le conseil d'y renoncer,'car l'état où se trouvait cet édifice était tel,
qu'il fallait ou le restaurer, ou Pabandoimer. Le duc d'Orléans pensa qu'en prenant, d'une part, des termes avec les créanciers de sa succession paternelle, et de l'autre en marchant systématiquement vers l'achèvement du Palais- Royal, et en n'entreprenant chaque année que la portion de travaux ou d'acquisitions qu'il |)ou-' vait solder , il parviendrait à mener à bien cette grande entreprise, et là aussi le succès a répondu à son attente.
« Le Palais-Royal tel qu'il fut rendu au duc «d'Orléans en 18147 dit M. Fontaine, n'était « plus qu'un squelette informe et mutilé. La « Cour des Fontaines, le théâtre avec tous ses « accessoires et une portion du Palais qui n'avait ce jamais été destinée à y être réunie, avaient été « vendus par les mandataires, ainsi que tous les « bâtimens de la Cour des Fontaines, la chan- «c cellerie , la trésorerie , et les maisons dépen«> <c dantes du Palais sur la rue Saint-Honoré et
« sur la rue de Richelieu. Les deux maisons « composées chacune de trois arcades situées à «c l'extrémité des deux ailes latérales sur le jardin K du coté du palais, avaient été vendues par l'État, <x ainsi que Thotel de Châtillon dont nous avons ce parlé plus haut. Cependant ces deux maisons «c avaient été réservées à l'apanage par les lettres tf patentes de 1 784 ^ parce que leur possession ' « était absolument nécessaire pour la construca tion de l'aile à élev.er sur remplacement des « galeries de bois. Le prix de l'une de ces maia sons, CQlle sur la rue de Valois que le feu « prince Louis-Philippe-Joseph, duc d'Orléans, «c habita pendant les dernières années de sa vie , « n'avait pas été payé à l'État par mademoia selle Montansier, et l'administration des do^ « maines qui lui avait intenté un procès en évicc( tion l'ayant gagné, la maison fut restituée au (c priilce actuel dès 18149 et plus tard il a racheté. « celle sur la rue de Montpensier. ?»
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11 était impossible d'acbever le Palais-Royal sans sortir de l'espace auquel on l'avait réduit par toutes ces aliénations , et avant d'arrêter un plan général de restauration et d'achèvement, il fallait se procurer l'étendue nécessaire à son développement. Cette étendue ne pouvait se trouver que dans des acquisitions ou dans la ' reprise de possession des parties du Palais- Royal dont l'aliénation n'aurait pas été faite légalement. Le duc d'Orléans devait donc ,
te
avant tout, examiner si les ventes de portions de l'apanage faites par les mandataires en 1793^ sans autorisation du prince son père, étaient ou non susceptibles d'être attaquées devant les tribunaux. Il parait que, quelque temps avant 1814» Napoléon avait ordonné que cette question fût examinée. Quoi qu'il en soit y le conseil du prince^ alors présidé par M. Henrion de Pansey j s'occupa à son tour de cet examen dont le résultat fut la con*
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victioti que les ventes élaicDt illégales , et devaient être annulées. £d conséquence M. Julien) qui se trouvait subrogé aux droits des premiers adjudicataires ( Gaillard et. Dorfeuille ) dans la possession du théâtre du Palais-Royal, fut assigné, et le procès commença dans les premiers jours de janvier 1818, devant le tribunal de première instance du département de la Seine. La question à décider était de savoir si ces ventes étaient ou non comprises dans la catégorie, de celles que. les lois subséquentes avaient couvertes de cette garantie solennelle qui rend les ventes nationales inattaquables pour quelque cause que . ce soit. La cause fut plaidée par deux avocats célèbres, M. Dupin soutenait^ pour le duc d'Orléans, que la vente d'un immeuble que le propriétaire n'avaitpas le droit d'aliéner, faite de àon vivant par l'abus d'une procuration particulière, donnée pour d'autres objets à des mandataires particuliers agissant,
aa8 HISTOIRE
comme dans les ventes particulières , par le mi* nistère d'un notaire interdit pour les ventes^ nationales 9 ne pouvait pas être classée parmi ces dernières; que les irrégularités et les nullités dont elle était entachée ne pouvaient pas être couvertes par la garantie que les lois accordaient aux ventes nationales ; que par conséquent elle devait être annulée. M. Tripier soutenait au contraire , pour M. Julien, que l'État ayant perçu le produit de la vente, lai avait par cela même imprimé le caractère de vente nationale , et l'avait rendue inattaquable au même degré que si c'était l'État lui-inême qui eût vendu.
Nous ne suivrons par ces habiles jurisconsultes dans tous les argumens qu'ils firent «valoir pour la défense de leurs causes respectives. Il nous suffît d'avoir indiqué eu quoi consistait le procès. 11 donna lieu à beaucoup de mémoires, à des discussions très longues^ très compliquées,
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et touvent assez animées. Le duc d'Orléans vit y par la tournure qu'elles avaient prise, que , quelque grande que £lit l'erreur de considérer ce procès comme le prélude d'une attaque sur les ventes nationales, cependant cette erreur trouvait des partisans intéressés à la faire valoir. Dans cette position ^ le duc d'Orléans préférait terminer le procès à l'amiable vivant qu'il ne fut jugé, et des offres d'ouvrir une négocia^tion avec M. Julien lui ayant été faites, il s'empressa de les accepter. Le résultat de cette négociation fut une transaction sur procès par laquelle les droits du duc d'Orléans furent mis à couvert, et dont le prix et les frais s'élevè-^ rent à plus de douze cent mille francs. II rentra par là dans la possession du théâti*e et de ses dépendances ; et le sacrifice fait par le prince a tourné au profit de l'État , puisque le théâtre est resté- apàoage , sauf, en cas d'extinction de U ligne masculine, l'indemnité que
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pourraient réclamer les princesse» ou leurs àsA^ csendans.
liC duc d'Orléans renonça dès lors à poursui-* vre Fannulation des ventes des bâtimens de la Gourdes Fontaines vendus comme le théâtre par les mandataires ; et là seule partie de ces bâtimens dcmt il ait repris possession, est la mai* son située dans Tangle et adossée à la rue des Bons-£nfans du coté du nord , que M. de Brossard possédait en vertu de Facte fait par les man« dataires le 3o juillet 1793. M. de Brossard offrit de la rendre , si on lui ranboursait la créance pour laquelle il l'avait reçue; ce qui fut accepté par le prince.
« Ce fut alors, dit M. Fontaine, qu'on fit un « plan général de restauration du Palais-Royal a dont l'exécution est presque entièranent ter* « minée aujourd'hui On crut qu'il convenait <c que l'aile gauche du palais du côté de la place « fut séparée des maisons adjacentes , comme
DIT PALÀlS«liOTAL. a3f
«l'aile droite Tétait par la rue de Valois; et, le « premier point arrêté fut qu'on acquerrait «( d'abord les maisons attenantes à l'aile gauche « qu'il était nécessaire de d^Enolir pour former «c cet isolement , et qu'on établirait à leur place a une cour à laquelle le duc d'Orléans donna le « nom de son second fils , le duc de I^emours. Il « fut résolu que cette cour^ ouverte du côté de la « place 9 ne communiquerait avec la grande cour a du coté du jardin que par une arcade prati- « quée à travers le cprpaHle->logis qui les sépare, a Mais il fallait encore trouver moyen de rem* « placer la Cour des>Fontaines par des dépen» « dances qui pussent compenser cette perte «c toujours bien regrettable , malgré la faute « qu'avait faite JVL Louis de l'isoler entièrement <c du palais par l'établissement de la rue de Valois, a Dans cette vue^on entreprit de réunir au palais « toutes les maisons qui le bordent sur les rues ce Saint-Honoré et de. Richelieu , en sorte que le
a32 HISTOIEE
a palais pût devenir totalement isolé du côté de« « rues , comme il l'était du côté du jardin ^ con- « formément au système de M. Louis ^ par la a restitution des arcade du côté de la rue de « Valois, et l'acquisition de celles du côté de la ce rue de Montpènsier.
' « Toutes les acquisitions nécessaires pour n l'exécution de ce plan étant terminées y le réta- « blissement du Palais-Royal, dont les disposi- «c tions générales avaient été arrêtées en 1817, €( devint moins problématique. On avait l'espace i< et les moyens d'isolement sans lesquels rien de «c convenable ne pouvait être entrépris; mais il u a fallu de grands travaux, des démolitions et <i des constructions considérables pour aggloa mérer toutes ces maisons en une seule masse rt et y former entre la cour dé Nemours et la rue a de Ilichelieu , le théâtre et la rue Saint-Honoré, « une cour qui a été nommée la Cour des Bemi- « ses^ parce qu'on est parvenu à y établir vingt
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« voitures (i); tandis que les bâtimens qui l'en* ce tour en t sont occupés d'un coté par les dépen- « dances du Théâtre-Français^ de l'autre par les « bureaux de l'administration du prince et par « les logemens d'un grand nombre des person-
if nés de sa maison. U est digne: de remarque que « cette grande dépendance rattachée au Palais, ce Royal par des corridors intérieurs , est arran* « gée de manière à ce que tous les étages com<* ce muniqtient entre eux, comme si elle avait été « bâtie d'un seul jet.
a Cependant il y avait encore d'autres oppo- «c sitions à combattre. Si nous en présentions les <c détails 9 on serait étonné de voir ce qu'il a fallu
« de soins pour vaincre tant d'obstacles. Plu-»
« sieurs 7 voulant se donner l'air de défendre ce des droits qui n'étaient pas attaqués , met»
(i) Quarante chevaux sont logés dans une autre partie du palais, et placés de telle manière qu'il n'en résulte pas dlnoonvénient.
<c talent une sorto de vanité intéressée à confit tester obstinément avec un prince qui n'a jau mais séparé la défense de ses droits et de ses c( intérêts du respect inviolable que l'on doit « aux lois.
c II fallait aussi mettre en harmonie les ou* fc vrages de plusieurs architectes qui s'étaient oc sncoédé sans s'entendre et sans jamais cher« <c cher à faire accorder ce qu'ils construisaient « avec ce qui avait été construit avant eux ; en <r sorte que la base de leurs projets paraissait cr avoir toujours été la destruction future de tout « ce qui n'était pas leur ouvrage, et l'entière rek construction du Palais^Royal selon leurs nou* K veaux plans.
« Le projet de M. Louis, exécuté en grande x( partie , était le plus raisonnable de tous ceux « qui avaient été présentés; mais cet architecte ce avait fait trop peu d'attention à la partie bâtie t< avant lui par M. Moreau du côté de la place et
DU PiLLÂIS*ROYAL. ^35
« de la pue Saint-Honoré. Il n'avait pas eu plus « d'égards pour les ouvrages de Lemercier et
tf de Contant, du coté du jardin; et^ dims ses « différentes compositioas, il paraissait déter« « miné à ne conserver que les vestibules et le ce grand escalier; car, selon son premier plap^ « n"* 4 7 lorsqu'il divisait le palais en trois cours , ffop, selon le second, n*" 5^ lorsqu'il n'en faisait « plus que deux avec ou sans le théâtre ^ on re* « connaît toujours que sou bui principal était a d'entourer le jardin de coqsttuctions nouvelles, «c et de refaire le palais sa^s penser au^ ancien- « nés constructions. Jl espérait sans doute que tf toutes les façades , et surtout celle du cprpsa de-logis principal) seraient changées conformé^ a ment à la décoration qu'il avait adpptée. La jtf pensée qu'il avait eue de placer le grand « appartement sur le jardin, et de faire de cette « partie de l'édifice l'objet principal de son a plan, n'a pas été approuvée.
ii>.--. '. ■ wt.;A ji. -«»i!*«.-
a3G HISTOIRE ,
« Il a été décidé par le àuc d'Oriéans actuel a qu'au lieu d'un grand appartement , on foric nierait au niveau du premier étage sur le jar- « din une grande terrasse avec deux parties en m retour sur les ailes, jusqu'au corps-de-logis
tf principal ; qu'au^ rez-de-chaussée il y aurait « une grande salle avec des portiques ou colonce nés, et deux l'an gs de boutiques de chaque « côté , (c'est ce qu'on appelle aujourd'hui la « galerie d'Orléofis); que^pouf terminer la façade « principale sur la grande cour regardant le a jardin , le pavillon ancien construit par «( M. Contant serait réuni au pavillon neuf que ''ce M. Louis n'avait pas achevé, par une con- <i struction du même ordre et de la même éléa vation , afin de former un centre et de don- « ner delà grandeur à l'ensemble de l'édifice.» Le rachat du théâtre aVec ses dépendances offrit les moyens de rendre au palais l'eniplacement de la galerie dont les comédiens français
avaient fait leur foyer et leurs loges. Déjà restaurée en grande partie , cette galerie sera prorlongée jusqu'à la rue Saint-Honoré* C'est là que le duc d'Orléans compte placer cette série de tableaux historiques destinés à reproduire, les principaux évé^ieoiens dont le Palâis-Royal a été. le théâtre.
«On a reporté dansle bâtiment de la Cour des «c Remises près le théâtre français et dans le bâti- « ment adjacent sur la rue de Richelieu, les foyers, « les magasins , les loges d'acteurs , et tout ce « qui s'était étendu dans l'aile gauche et dans le « corps principal du palais pendant la possession «c de M. Julien. Le théâtre ainsi dégagé, comme « M. Ijouis Pavait d'abord projeté , devint un a accessoire agréable, commode, et sans danger a pour le corps de l'habitation.
« Mais on se souvient qpe Sageret l'avait ence tièrement déformé ; il était dans un état déploce rable lorsqu'en i 8231, pour satisfaire aux condi-
Qc tions du nouveau bail passé avec les comédiens « français 9 le prince ordonna la restauration de <c la salle. L'arrangement primitif des loge^ au « pourtour de la salle était détruit ; le plafond « avait été trimché en plusieurs aidroits pour et placer plus bas une voûte en bois supportée (V par des colonnes en charpente qui étaient p6* <i sées en bascule sur la voûte d'un ve^ibule au « rez-de-chaussée ; enfin une décoration plus <( moderne remplaçait cdla de M. Louis. On mit ce la main à l'œuvre^ et en deux mois le travail <c fut achevé. Les colonnes des loges qui ca- « chaient la scène ont été suppripoées, et rem- «c placées par de légers supports en fer, afin de ce rétablir autant que possible le système primi-^ « tif. On a cherché à rendre la division et Tar- « rangement des loges plus convçnables ; les a détails ont été améliorés, les peintures ont été « renouvelées; le public voit mieux de toutes « parts, mais ce n'est plus la salle de M. Louis. »
DU VALAIS^-BOYAL. aÎQ
En examinant ensoile la décoration et la 4isr .position générale de la façade sur la rue Saint* Honoré, M. Fontainef a pensé que, pour obtenir de la régularité, il convenait de répéter dans la cour de Nemours , au premier, la décoration adoptée par M. Moreau, et au rez-d^çhaussée le système de portiques en colonnes doriques in* Iroduit par M. Louis.
« Le rez-de-chaussée des parties qui n'entrent <K pas dans la décoration des Êiçades principales , « et qui ne sont pas nécessaires aux services « particuliers de ki maison , est occupé par des ce boutiques dont l'établissement et la forme , « assez long-temps blâmés, scmt regardés aujour- « d'bui comme une conséquence naturelle de la a disposition générale du jardin et du palais où « l'on voit , pour la première fois, que la résid dence d'un grand prince peut être en même « temps le palais de l'industrie et des arts utiles, « sans rien perdre de son agrément et de sa di-^
a4o HISTOIRE
ce gnité. £o effet , tout a été combiné de manière « que les boutiques ont toutes des issues indé» « pendantes des cours et du jardin , et qu'il y a <c séparation totale entre la partie du palais qui « est habitée par le prince et celle qui est aban- « donnée ayx boutiques et aux marchands. Par cr suite de cette combinaison assez compliquée , Qc le prince peut^ quand il le juge à propos, faire . « fermer les grilles de ses cours, celles de son « jardin et toutes les portes de son palais, sans « causer la moindre gène aux locataires, ni en- €c traver en rien la circulation du public dans les c( galeries et devant les boutiques.
« Il serait fastidieux d'entrer ici dans de plus a longs détails et de chercher à décrire minu- Qc tieusement toutes les subdivisions et toutes les « particularités de ce grand édifice. Le plan que «c nous joignons à ceci, sous le n^ 6, peut faire « connaître en masse l'état des choses, et .donner K une idée des changemens qui ont été successi-
DU PALAI»*&OYAL. tÀ^i
« vement effectués. Cependant il ccmvient de «r parler ici des travaux auxquels l'incendie de <c 1827 a donné lieu , et des améliorations qui en « sont résultées.
« La galerie du rez-de-chaussée derrière le « théâtre, qui était encore peuplée de vieilles « échoppes en planches , ayant été incendiée par 4( la négligence d'une marchande de pantoufles , ce le 3 1 octobre 1827; les colonnes qui portaient « les murs de face ayant été calcinées^ ainsi que «c celles de la galerie à peine bâtie en avant dans « la cour; les voûtes, les plafonds, ayant été foro teraent endommagés , on a été obligé de re- « construire en sous-œuvre des piliers et des « arcs pour soutenir la voûte de la galerie qui a « résisté auK flammes par l'effet de sa construcu tion en fer et en pots. Cette reconstruction^ «c commandée par la nécessité, a donné les « moyens de continuer, de ce côté de la cour, le « système de boutiques établi sur les deux
!^4^ HISTOIRK
c autres, et dé rendre la circulation plus facile « dans le portique qui conduit de la cour de « Nemours aux galeries du jardin.
ce II suffît de jeter les yeux sur les différens « plans du PalaisrRoyal pour reconnaître com- «c bien il a été difficile de parv^iir à donner « quelque régularité à cet amas de désordres et ce de constructions singulières , dont le moindre « défaut était la dissemblance de toutes les parce ties subséquemment ajoutées les unes aux et autres. On doit voir que , pour tirer parti d'un tf tel chaos, il était nécessaire, avant de rien corn* « mencer, de prendre une détermination fixe, de a concevoir un plan définitif, et de s'y arrêter « pour ne plus s'en écarter.
ce Voilà ce que la sagesse et les lumières du « prince ont su faire. Certes , si la grande entrea prise de la restauration du Palais-Royal, où tant a d'intérêts divers ont dû être ménagés, a pu mé^ a riter quelques éloges, tous sont dus , comme
« nous ravoDsdéjà dit, au bon esprit , à la raison « éclairée qui ont présidé à rexécution de ce « grand travail. Il fallait^ après avoir choisi le parti il à prendre , ne pas l'abandonner pour en chérie cher un autre; il fallait se défier des égaremens « auxquels on s'expose en renonçant au bien pour a chercher le mieux , et ne jamais oublier qu'en c architecture, rien n'est beau hors des règles « dont l'utiUté et le bon sens ont marqué les a limites. C'est pour avoir méconnu ces principes « qu'on a échoué dans beaucoup d'entreprises «( de la nature de celle - ci ; c'est en ne s'en «. écartant pas , c'est en les prenant toujours a pour guides, qu'on est parvenu à terminer le « Palais-Royal. »
Le grand bassin et deux parterres brillans de fleurs et de verdure, ont ajouté à l'élégance et à la fraîcheur du jardin ; et, si l'on consulte le plan n* 6 dressé par M. Fontaine (i), on verra que
fï) Pour que ce plan soit entièrement exécuté, il faut en-
â44 HrSTOIRE
les distributions extérieures du palais sont à la
fois magnifiques et commodes. Mademoiselle
d'Orléans habite Faile droite à l'entrée du palais; l'appartement de madame la duchesse d'Orléans s'étend depuis le grand escalier ancien jusqu'au bout de l'aile du jardin sur la rue de Valois. L'appartement du Prince avec lés salons de représentation^ les galeries de tableaux (i) et la chapelle occupent le corps du logis principal jusqu'à la galerie du théâtre qui conduit vers son extrémité du côté de la rue de Montpensier, à l'appartement du duc de Ne- .mours. Les jeunes princes habitent l'étage audessus des appartemens de représentation sur la grande cour ^ et les jeunes princesses sont
core I** achever le |)éristyle Montpensier; %^ construire l'aile destinée à l'appartement du duc de Chartres, le pavillon Montpensier et la galerie du théâtre , jusqu'à la rue Saint- Honoré. Ces travaux seront terminés dans Tannée i83i. (i) Pièces justificatives, lettre E.
logées au-dessus de Tappartement de leur mère, dans le pavillon dit de FcUois.
Ce grand et beau travail , malgré les dépenses énormes qu'il devait entraîner (i) , malgré les difficultés de toute espèce dont il était hérissé , a marché avec une rapidité due à la persévérance du prince, autant qu'à l'heureux accord de son goût avec les talens de son architecte ; et si à la somptuosité dés bâtin>ens,on ajoute que l'intérieur est paré des plus riches produits des arts et de l'industrie nationale, c'est alors que re-
(i) C'est là qu'a été employée l'indemnité que le prince a reçue pour la succession de la princesse sa mère ; car il n'est peut-être pas indigne de remarque que , malgré les énormes dilapidations de ses biens paternels, le texte de la loi n'ait point permis qu'il reçût une indemnité pour la succession du prince son père. Non seulement la totalité du produit de l'indemnité maternelle, qui représentait un héritage patrimonial, a été consacrée, pour le plus grand agrément de la capitale, à un monument réversible à l'état, mais les dépenses que le rétablissement du Palais-Royal a exigées , en ont de beaucoup dépassé la valeur.
a^6 HISTOIRE DU PJILAIS-KOTAL.
portant avec raison sur le Palais-Royal les éloges que Corneille prodiguait par flatterie au Palais- Cardinal, tout le monde s'empresserait de reconnaître avec lui que cet édifice est devenu de nos jours ) sous les auspices^ du duc d'Orléans, un de ces monumens que l'étranger admire , et que la France contemple avec orgueil.
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