ENTRÉE EN SCÈNE DE G. DESMO^LINS
Jusqu'en 1787, le duc était resté l'objet des insultes et des haines de la cour. On croyait pouvoir l'outrager impunément. La folle violence de la reine et de ses militaires de salon s'épuisait contre lui. Ses démarches obstinées pour revenir en grâce n'avaient fait que les enhardir à redoubler ces indignités. Enfin l'occasion de se venger se présenta pour lui.
Ce fut lorsque le roi, cédant au conseil du plus funeste des ministres, Loménie de Brienne, pensa faire acheter au pays la réunion réclamée des états généraux, en demandant un emprunt de cinq cents millions. Le Parlement trouvait qu'il était plus sage de se borner à cent millions. Les orateurs se donnèrent carrière. On crut le roi persuadé ; mais il n'en était rien. Les débats duraient depuis cinq heures et paraissaient devoir se prolonger encore, quand Sa Majesté, se levant avec vivacité, ordonna l'enregistrement immédiat de l'édit.
Alors le duc d'Orléans dit :
— Sire, je demande à Votre Majesté la permission de déposer à ses pieds ma déclaration. Je regarde cet enregistrement comme illégal. Il serait nécessaire
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