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pour lu »!«'>» h;u>{«' tl's |>t>rsoiinofi <(iii .srraiciil rciihiVH nvojr «lôlilirn', (l'.ijiiit.r qu'il «'st fait par tr^s cxpivs coniniaudouiniil «le Voir»» Majesté.
Ce tjul voulait «liiv : V.ius N» vnuloz, tant pis; nyoz-on lonto la roRponsabililô ot tout ro«li«Mix. et n'attfMiilt'z rion ilc |iliis.
Lp roi, blrss»'' «'l lioiiMé, ii''|»oiiilit rri lialhutiaiit ; — i'.A m'est i'lmI Puisse ravissant ol so souvonatit <|uil e^t mi. il «lit avec colère :
— Si, c'est l<V:'K /inrre «/iteje le veux.
Il lit si^Mie au j^anlt» <los sceaux, lui parla ileulever d'Orléans do son sit^p, de l'arracher du Parlement. Liimoignon éluda, dit qu'il n'avait pas sons la main les moyens d'une telle violence. Le roi ne se connaissait plus, .\dieu l'argent! La consolation de la cour fut de jeter deux membres du Parlement dans nno prison dMtat et d'exiler d'Orléans à Villers-Cotleicts.
Cette belle action lit reconijuérir au due un peu de popularité. \ sa sortie du Palais, il fut acclamé el |>orté en triomphe JMsiju'à son carrosse.
Mais Cl» beau coura^^e du prince devait-il se soutenir?
(jMelques jours après, le Parlement envoya une dépulation au roi pour lui • lemander le rappel de d'Orléans et des deux membres emprisonnés, dette déniarche fut sans succès. Sa Majesté répondit avec rnntr'<iiid.nMe [,.ii|ix.()iiHtor/ième qui décidément semblait lui plaire :
— .1 ai éiouté avec attention les représentations de mon Parlement; je n'ai rien de plus à lui dire que ce que vous ave/ déjà entendu. • Mon Pnrlnnenl tie doit fjas sdliiciter de ma justice ce qu'il ne doit attendre que de ma bonté. »
Ainsi, en 1787, deux ans avant la prise de la Bastille, six ans avant l'écliachaud. Louis XVI croyait encore devoir gouverner selon son bon ftlnisir !
VA l'on va voir à (jnel esprit répondent ces prétentions orientales.
A tliverses époques, on avait créé à Paris des sociétés politiques auxquelles on avait (b^nné le nom aii<j;lais de club.
Ces clubs déplurent aux ministres du bon plaisir, qui les lirent fermer quatre ou cinq fois, et surb)ut ceux du Palais-Royal, réputés plus dangereux que les autres. Ceux-ci répomlirent par lécrit suivant :
Remontrances très humbles des clubs du Palais-ltoynlù M. le baron de /ireteuil sur la dernière fermeture.
« Une petite lettre de M. de Crosne (lieutenant de police) qui nous assure que vous assurez que l'intention (bi roi est qu'on ne lise plus la gazette autonr d'une table ronde, suffit donc pour renverser la table et disperser les lecteurs?
(1 Cette petite lettre, monsieur le baron, est une grande sottise, car elle nous avertit que, dans les salons comme dans les chaumières, les barons et les paysans ne sont plus rien et qu'il n'y a de libre en France que le roi et son conseil. Comment n'avez-vous pas senti que cette petite lettre était une démonstration de la nécessité dune constitution qui nous affranchisse du despotisme oriental?
i Si vous serviez bien le roi et la nation, ainsi que vos confrères, qu'auriezvous à craindre de la réunion de (fuelques honnêtes gens qui aimeraient mieux s'entretenir de vos talents et de vos vertus que de vos déplorables opérations?
• Mais si vous prétendez toujours nous gouverner avec des jihrases de l'Alco-
ran, ce n'est pas assez d'interdire les clnbs, il faut sans différer mettre à la Bastille tous les Français qui savent lire, brûler les livres, les imprimeries, et procéder entre vous à un nouveau partage des terres. Vous en serez les propriétaires et nous les laboureurs.
« Heureusement, monsieur le baron, la petite lettre de M. de Crosne nous éclaire encore plus que tous les arrêtés du Parlement. En nous laissant un simulacre de liberté, on aurait retardé les effets qui nous en procureront la réalité ; vous les rendrez persévérants et nécessaires.
« Les déprédations et l'impudence de M. de Galonné ont arraché à la nation un premier cri d'indignation ; devenez décidément oppresseurs aujourd'hui, et nous serons libres demain. »
Cette charmante lettre était trop spirituelle pour Louis XVI et trop sérieuse pour Marie-Antoinette. Elle nous est restée pour nous apprendre que, si à cette époque, à Paris, on avait de l'esprit un peu partout, on en avait surtout au Palais-Royal. La Fronde, qui avait jadis envahi le palais, semblait renaître sous les galeries.
• En 87, on y formait des clubs fort pacifiques; en 89, le jardin et les galeries ne seront plus qu'un club.
Cependant le duc d'Orléans avait la nostalgie de son palais, de ses orgies du soir; il se désespérait et demandait grâce. La reine ne voulut point céder sans qu'il eût toute la honte de sa lâcheté, et ne consentit à son retour qu'à la condition qu'il lui écrivît à elle-même. Il le fit. Il resta avili à ses propres yeux, et sa haine s'accrut de toute l'amertume de son humiliation. Antoinette ne réussit qu'à donner à ses ennemis, sinon un chef, du moins un centre ; à donner pour caissier à l'émeute, à l'intrigue, un prince de vingt millions de rente. S'il n'agit point contre elle encore directement, dès lors il la regarda, la suivit dans sa course à l'abîme.
Bien qu'il ne fût pas un esprit très pénétrant, — mais grâce peut-être à son entourage, — il prévoyait la Révolution, il en sentait le commencement, et, s'il avait voulu du bien à Louis XVI, il lui eût conseillé de la faire lui-même.
Tandis que la cour de Versailles restait sourde à tous les conseils, deux avocats terribles allaient parler pour la cause du peuple; ces deux avocats étaient la faim et le froid.
Le 9 décembre, la Seine fut prise, ainsi que tous les fleuves. Les arrivages cessèrent. Le froid tomba à trente degrés. Les vins les plus spiritueux gelaient près de la cheminée. Le peuple, en chaque pays, retint les blés. Tout commerce de grains fut traité d'accaparement. En vain le ministère demanda-t-il à acheter ; la terreur était générale et Necker, aux lettres qu'il écrivait nuit et jour, aux cent courriers qu'il expédiait, ne recevait pour réponse que des nouvelles désespérées : la famine régnait partout.
Pnris alors n'avait point d'approvisionnements ; il s'alimentait au jour le jour; la mortalité devint immense. On mourait dans les greniers, on mourait dans les rues. Parfois les bras manquaient pour enterrer les victimes de la faim et du froid.
ici; iiisroii;!-: di- pm.ais-koyai.
La <li;irit«'' Hil roiisidi-raltlc, tous Ioh riclirH «loimiTcril ; mais nul autant «|m<' 1p(Iu«- (1 Orléans. Il avait ut'^anis«'> dans sun palais un bureau d'asHiKtiince |)itbliquu. Toute In journùo, ses kciih pun'ouraiunt l'aiispour y distribuer des HocourH "If toiilo nature, ««n ar^-^'ut, en denrées aliniontaircs, on boiH, on vètemfuth. La duchesse, ctcur exrellent, vidait les caves et occupait ses cuininiers à faire di« la soujK? j)our les pauvres, (iette prodigalité royale, dont les j^H/ettes ne manquèrent pas de faire l'élo^'e, lit rinquiétudc de Versailles.
De ce ti inps, en toute chose, I iniaj^ination haineuse de la rnur vil iu inam «lu duc dOrléans, In club s'ouvrait-il, c'était sous son inspiration. On publiait en «{uatre mois deux mille cinq cents brochureH; elles étaient dictées par lui. Le t^rand désordre (|ui succéda à la famine de l'hiver, dans les campagnes, était fomenté par lui; ceux qu'on appelait les bri^jauds étaient dos orléanistes. (l'était tine manie à Versailles, c'était une grande sottise aussi, car on donnait à ce prince mou et sans ambition une importance légendaire; on le forçait à entrer dans la voie que lui traçaient ses conseillers, Genlis, iSillery, Laclos. D'Orléans avait semé pendant l'hiver, il récolta au printemps avec abondance. Les premiers beaux jours de 1789 ramenèrent au Palais-Hoyal les groupes politiipies ({u'on avait entrepris d(^ disj)orser l'année précédente. Ils reparaissaient plus animés contre la cour, plus empressés de louer le prince populaire. On accourait en foule au jardin, de tous les quartiers de Paris, pour y chercher des nouvelles et se mettre au courant de ce (}u'on ne pouvait apprendre ailleurs. Les journaux étaient rares. L'arrivée d'une personne qui venait de Versailles étail un événement; on l'entourait, on 1 interrogeait, on l'écoutait avec avidité pour savoir ce que faisaient la cour et les états-généraux. Ces réunions journalière^ présentaient plus de danger pour le gouvernement que rinflucnce d<'s journanx. elles créaient un centre aux forces populaires.
Parmi les orateurs du jardin se faisait déjà remanjuer Camille Desmoulins. « Le jeune avocat picard, très léger d'argent, plus léger de caractère, traînait sans cause au Palais, lorsque la Révolution le lit tout à coup plaider au Palais Royal. Pour être quelque peu bègue, il n'était que plus amusant. Les saillies errantes sur sa lèvre embarrassée s'échappaient comme des dards. R suivait sa verve comique, sans trop s'informer si la tragédie n'allait pas en résulter. » (Michèle!.'
LE DVC AUX KT.VÏS GÉNKIIAIX. — LLS GAKDliS-FR.VXÇAIPES AU l'ALAIS-ROYAL. — LE RENVOI DE NKr.KEU. — LA COC.VRDE VERTE.
Les états généraux otlrireut au duo une occasion de plus de se rendre populaire : ses amis le pressèrent de la saisir.
Lorsque les communes voulurent prendre le titre d'Assemblée nationale, ils
le conjurèrent de prendre une attitude, de rompre le silence. Ils obtinrent ({u'il lii-ait un discours de quelques lignes pour engager la noblesse à se réunir au tiers. Il le fit, mais en lisant, le cœur lui faillit, il se trpuva mal. On vit en le déboutonnant que, dans la crainte d'être assassiné par la cour, ce prince trop prudent, mettait en guise de cuirasse, cinq ou six gilets l'un sur l'autre.
« lie jour du coup d'État manqué, (23 juin) le duc crut le roi perdu et lui roi ; il ne put en dissimuler sa joie. Le 25 il alla s'unir aux communes. La joie en fut grande au Palais-Royal. Une adresse à l'Assemblée fut rédigée au café de Foy ; plus de trois mille personnes la signèrent et la plupart sans la lire. Cette pièce contenait un mot étrange sur le duc d'Orléans : — Ce prince, objet de la vénération publique. »
('ela faisait penser à la Folie de Chartres.
A mesure que les événements politiques prenaient de l'importance, le jardin du Palais-Royal devenait plus tumultueux.
Le colonel des gardes-françaises, Du Ghâtelet, avait fait mettre à l'Abbaye onze de ses soldats qui avaient déclaré qu'ils n'obéiraient à aucun ordre contraire à ceux de l'Assemblée. Il ne s'en tint pas Là et voulut les envoyer à l'épouvantable ghetto de Bicètre.
Dès qu'on l'apprit au Palais-Royal, un jeune homme monta sur une chaise et cria : « A l'Abbaye f Allons délivrer ceux qui n'ont pas voulu tirer sur le peuple ! »
La foule s'ébranle; en route, des ouvriers s'y joignent. On enfonce le guichet, on brise les grosses portes à coups de hache. Les soldats sont délivrés et avec eux les autres prisonniers. La foule les emmène chez elle, à son Palais-Royal. On dresse une table dans le jardin; on les fait asseoir.
Parmi les délivrés, un vieux soldat qui depuis longtemps était enfermé à l'Abbaye, en était touché jusqu'aux larmes.
— J'en mourrai, messieurs, disait-il, je mourrai de tant de bontés.
Mais après le banquet, il fallait loger ces malheureux. Ce fut encore le Palais- Royal qui leur donna l'hospitalité. On les coucha dans la salle des Variétés, et on monta la garde à la porte I Pendant toute la nuit, soldats et gens du peuple, ouvriers et bourgeois, riches et pauvres, à la lueur de grands feux, se promenèrtiiit dans le jardin. Il n'en résulta aucun désordre. II n'y eut dautre bruit que ({uelques cris de : Vive là nation I
Le matin enfin, ou se cotisa pour héberger les délivrés dans un hôtel (|ui se trouvait sous les galeries.
Ainsi s'établit et se cimenta l'amitié des gardes-françaises et du peuple de Paris.
A quelques jours de là, le 12 juillet, nouvelle scène dramati(iue au jardin du peuple.
Une chaleur orageuse pesait sur Paris et ajoutait à lénervenient déjà causé par la faim... car la famine sévissait toujours.
C'était un dimanche, le matin, vers dix heures, quelqu'un vint dire au jardin que le roi avait renvoyé le ministre Necker, alors si populaire. On traita ce
uîfl HiSTOiiu*: Di l'\l.\ls-u<•^ \i,
ï>ortcur d«' iiialfvaisos iiouvollcs iraristorrali- ul daxriit provocateur. On im) pouvait y croiiv. Mais bientôt la nouvfllt: se roiilirina; Ir-s all«?eH, len urraMes 8'oinplireiit d'un inomle fiirioiix.
Tout i\ coup le petit ranon tonna, — il était midi : — i On ne peut rendre, dit 1 .Imi du rnt\ le sombre sentiment de terreur dont ce bruit péurtra les AmcH. »
r.amille Desmoulins sortit du mfr tb- I'<»y et sauta sur un»- table.
— Citoyens, dit-il, il n'y a pas un moment à perdre. J'arrive de Versailles, M. Nerker est renvoyé; ce renvoi est le tocsin d'une Saiiit-Hartb''lcmy de patriotes ; ce soir tous les bataillons suisses et allemands sortiront du Champ de Mars pour nous égorger. 11 no nous reste qu'une ressource c'est de courir auK annes et de prendre des cocardes pour nous reconnaître. Quelle couleur voule/.-vous'?
Quelqu'un répondit : — Choisissez.
— Voulez-vous le vert couleur de l'espérance, ou le rouge couleur dr Tordre libre de (Uncinnatus? (Ordre fondé par Washington).
— Le vert! Le vert! cria la multitude. Desmoulins reprit :
— Amis ! le signal est domir. \ Oici lf-> rsjjidns et les satellites (!<• la jioiice qm me regardent en face. Je ne toniberai pas du moins vivant entre leurs mains.
Il lira (b'ux pistolets de sa poche, et ajouta en arrachant une feuille de marronnier qu'il mit à son chapeau : Imitez-moi :
Tout le monde en lit autant ; puis on se précipita chez Curtius, qui tenait un cabinet de ligures de cire où il montrait le buste des contemporains célèbres. On enleva les bustes de Necker et du duc d'Orléans, et on les promena couverts de crêpes à travers Paris. Place Vendôme, devant les hôtels des fermiers généraux, un détachement de dragons attendait le peuple ; il fondit sur lui, le dispersa et lui brisa son Necker. Un garde -française fut tué. En revanche les barrières que l'on reconstruisait, furent attaquées par le peuple et brûlées. *
Le duc d'Orléans se trouva ainsi mêlé par son palais, par son nom, par son image, au premier combat sanglant de la Hévolution.
Cependant le duc d'Orléans, toujours prêt à remuer le zèle de ses amis, >■[ noii moins jaloux de son rôle d'Altesse royale que de celui de prince populaire, voulut conjurer le ressentiment de la cour. Il se rendit à Versailles, se remit à ses ennemis, et protesta que plus que personne, il avait eu peur de cette émeute.
On ne le crut pas ; mais on le pria de coucher au château alin de l'avoir sous la main.
Ces tergiversations continuelles, ces élans et ces défaillances, ce double jeu, ce masque à deux visages, font de cet homme une véritable énigme. Tantôt on peut le croire un hypocrite d'ambition, comme Cromwel, et tantôt un poltron qui n'a pas le courage de ce qu'il désire. On s'égare au dédale de ses intrigues; on le perdrait cent fois, si, pour le retrouver, on ne s'attachait aux pas de Laclos et de la Genlis.
11 n'était pas au Palais-Royal, le 14 juillet, quand les habitués du jardin fournirent leur contingent aux héroïques assaillants de la Bastille. Le mouvement
C'était une petite souillon de douze à treize ans.
populaire (jui emporta le peuple à l'assaut de cette forteresse maudite ne partit point effectivement du Palais-Royal, comme l'émeute du 12, mais il fut fomer.té par ses orateurs.
Dans la nuit du 13 au 14, on jugea au jardin Flesselles et de Launay, et l'on y prononça contre eux l'arrêt de mort qui fut exécuté le lendemain.
Foulon et Berthier y furent jugés et condamnés également.
Enfin les jugements du comte d'Artois, des Gondé, des Polignac leur furent expédiés à eux-mêmes et eurent pour effet de les frapper de terreur et de les faire partir de B'rance.
LiV. 22 A. Faynrd, éditeur.
Hi^i<tii;|.: |.i i'\i,\i>-i:us \i.
(î'iMalt (I.niH «fllf (lie. mil' i|f rali-. Me iii;ii-,'»ii-, i\r jiii cl i|i- lillrs, i|iii- !«• |i<i|. |)1«'. dans ro qu'il avait <li» plus jiMirio, de plii^^ audacioiix o\ do |dii>. ;irditil l. n.iil SCS assisos.
Dans rclto ( risr. |r |Miipii< seul |»(iuvail saisir i-l rnipi.ir drs rrimiin-l^ tout puissants. Ses ju^^t'iiifiits rt:ii»'ut sujrlsà l'iTirur, mais m* IV'laiuiit pas dav.uila^»*que ceuxduChi\tidi>t rt liii l'arl«Mueui. Ils urtaient paH plus liarltares que les procAlures socrèles des Iribuuaux ivf^uliers, pnxvdures faites tout entières sur pièces que l'acrusé ne voit pas, et sans coiifrontation d»; témoins. Los pein^H prononcées étaient moins cruelles que le luV-lier ri lu roue, supplices révoltants dont Strasbourg et Paris furent encore témoins cette année mémo.
l'u exalté faisait le procès d'un ^'rand coupable au Palais-Hoyal. des luritux exéiutaieul la sentence à la Grève, à la lantmif.
t Dans la foui.- misérable qui environnait les orateurs, il y avait d'étranx»'^ ti^ures, comme écliappées derauti'c iiioiidc; di's bommcs ;'i face do spectres, mai^ excités par la laim, ivres déjeune et (|ui n'étaient plus des hommes...
« On affirmait que plusieurs, au 2() Juillet, ne mangeaient pas depuia troi-^ jours. Parfois ils se rési«,'naient, luouraient, smiin faire mal à personne.
<« Les femmes ne se résignaient pas, elles avaient des enfants. Klles erraient comme des lionnes. En toutes choses, elles pou.ssaient des cris frénétiques, faisaient honte aux hommes de leurs lenteurs ; les jugements .sommaires de la firève étaient toujours tro]» lon^'s pour elles. > (Michelct).
LES RÉUNIO.SS L)L P.VL.Ms-UUYAL IMKUDITES. — l'KOTESTATION DE DESMOULINS. — LE rAL\18-UOY\L DÉPEINT PAU SON OHATEIR. — LES FEMMES DU 5 OCrOBHK. — LOUISON (IIAUHY.
La prétention du roi au droit de veto (30 août», avait jeté l'alarme dans Paris, et, au Palais-Royal, on décida d'aller à Versailles. Le manjuis de Saint-Huruj;e se mit en etTet à la tête d'une centaine d'hommes pour se rendie à l'Assemblée.
Ce marquis que l'on avait naguère enfermé à la Bastille, à la requête d'une femme galante, était le champion le plus ardent de la Révolution, Sa robuste stature, sa voix de stentor, sa violence ajoutaient à sa popularité. Son expédition fut arrêtée aux Champs-Klysées par les gardes nationaux.
Le lendemain, au jardin, un jeune et éloiiuent journaliste, Loustalot, dit qu'il fallait s'adresser à l'Hôtel de ville et y obtenir la convocation des districts.
Loustalot et la députation furent mal accueillis, puis accusés à l'Assemblée. On fit arrêter Saint-Huruge. et la garde nationale profita d'un moment de tumulte pour fermer le café de Foy. Les réunions du Palais-Royal furent interdites et dissipées par l'autorité municipale, sur la demande de Lafayette... un républicain.
t Le Palais-Royal avait-il donc si gi-and tort? se demanda Desmoulins dans sa Lanterne.
HiSTOlKE DU PALAIS-ROYAL 171
« Je sais que la promenade du Palais-Royal est étrangement mêlée, que des liions y usent fréiiuemment de la liberté de la presse, et maint zélé patriote y a perdu plus d'un mouchoir dans la chaleur des motions. Gela ne m'empêche point de rendre un témoignage honorable aux promeneurs du Lycée et du Portique.
« Le jardin est le foyer du patriotisme, le rendez-vous de l'élite des patriotes qui ont quitté leurs foyers et leurs provinces, pour assister au spectacle de la Révolution de 1789, et n'en pas être spectateurs oisifs.
« De quel droit priver de sufï'rages cette foule d'étrangers, de suppléants, de correspondants de leurs provinces ? Ils sont Français, ils ont intérêt à la Constitution et droit d'y concourir. Combien de Parisiens même ne se soucient pas d'aller dans leurs districts ! Il est plus court d'aller au Palais-Royal. On n'a pas besoin d'y demander la parole à un président, d'attendre son tour pendant deux heures. On propose sa motion. Si elle trouve des partisans, on fait monter l'orateur sur une chaise... S'il est applaudi, il la rédige; s'il est sifflé, il s'en va.
« Ainsi faisaient les Romains, dont le Forum ne ressemblait pas mal à notre Pal ai s -Royal.
« Ils n'allaient point au district demander la parole. On allait sur la place, on montait sur un banc, sans crainte d'aller à l'Abbaye. Si la motion était bien reçue, on la proposait dans les formes, alors on l'affichait sur la place, elle y demeurait en placard pendant vingt-neuf jours de marché. Au bout de ce temps, il y avait assemblée générale; tous les citoyens, non pas un seul, donnaient la sanction.
« Honnêtes promeneurs du Palais-Royal, ardents promoteurs de tout bien public, vous n'êtes point des pervers et des Catilina, comme vous appellent M. de Clermont-Tonnerre et le Journal de Paris, que vous ne lisez point. Mes bons amis, recevez les plus tendres remerciements de la Lanterne. C'est du Palais-Royal que sont partis les généreux citoyens qui ont arraché des prisons de l'Abbaye les gardes-françaises détenus ou présumés tels pour la bonne cause. »
« C'est du Palais-Royal que sont partis les ordres de fermer les théâtres et de prendre le deuil le 12 juillet. C'est au Palais-Royal que, le même jour, on a crié aux armes! et pris la cocarde nationale.
« C'est le Palais Royal qui, depuis six mois, a inondé la France de toutes ces brochures qui ont rendu tout le monde et le soldat même philosophes.
« C'est au Palais-Royal que les patriotes dansant en rond avec la cavalerie, les dragons, les chasseurs, les suisses, les canonniers; les embrassant, les enivrant, prodiguant l'or pour les faire boire à la santé de la nation, ont gagné toute l'armée et déjoué les projets infernaux des véritables Catilina.
« C'est le Palais-Royal qui a sauvé l'Assemblée nationale et les Parisiens ingrats d'un massacre général... »
Tel est le nid où éclate la Révolution, où elle pousse ses premiers cris, où elle essaye ses premiers pas j tel est le /"or^w paiisien, établi dans le jardin d'un prince, entre des bâtiments superbes dont la plupart sont consacrés au plaisir.
Mais cet étonnant jardin change de physionomie plusieurs fois par jour.
Les réunions politiques n'y sont pas permanentes.
Le m:itin, on y lit les journaux, on y déjeune ; à midi, on y règle sa montre;
mSTOlUK Dlî l'AKAIS-IiUYAL
puis on s'y proinèiie, ol ver.s le stur la .soru'lc s y compose dci* élûiii*-iilH K'.-i plus vuriôs.
(tons do police et filous, élnm^'ers curieux do nos mœurs, 80 mêlent imx jiojitiquos. Le m'aiiil cImIisc pivpan' ; autour de ses Ilots grondants, circulent les niarcliiinils de rafralchisseiniMit et bs Itou'jiietières... On allume les quinqucts et une armée do femmes j,'alantes. année iunomhmble, dit Desmoulins, OBt d«''j:i sr.iiH les armes, descend des mansardes et sort «les salons de coiffures.
Après la réunion politique, le jardin et les ^Mlerioj» sont à elles; a lnnnl prave des motionnaires, aux a|>plaudisst»mentsdes patriotes, succèdent les chants des concerts, les violons, et le fracas des vaisselles et des cristaux.
L'oreille «l'un avare percevrait peut-être» encore It; bruit de l'or <|uc le rat<;au des croupiers ratisse dans les maisons de jeu.
Ces maisons terribles, ces enfers, nous les décrirons plus tjird, nous voulons attendre qu'elles soient dans toute leur vo^'ue et leur fureur. Le nouveau Palais- Royal n'est encore â^'é (jue d'une année.
Mais ce tableau ne serait pas complet, si nous n'y faisions voir aussi, errant sous les portiques et les marronniers, pAleset mornes, les spectres de la faim.
L'automne revient... On frissonne au souvenir des souffrances de l'autre hiver... 11 y a toujours à Montmartre vingt mille mendiants que l'on retient à des pioches, à des pelles désœuvrées pour un morceau de pain insuflisant. Beaucoup de ces misérables, aux joues creuses, au teint noirci par les privations viennent se ranimer à l'odeur des cuisines, à l'éclat des lumières du (juartier «^'énéral des plaisirs.
Mais ce ne sont pas les hommes qui soutirent le plus, ce sont les leuimes. Nous en avons déjà parlé au 12 juillet. Elles reviennent plus nombreuses, reproches muets aux joies factices ou réelles des galeries. C'est surtout sur elles que s'acharne la calamité publiiiue. En voilà <iui n'ont plus rien à coudre ou à liler, plus rien à manger, et dont les enfants meurent de faim.
Elles ne savent plus que faire pour vivre et se demandent où elles iront mourir. Parmi elles, des lilles, disgraciées de la nature autant (jue de la fortune, ou flétries par le travail et la soulïrance, qui errent aussi désespérées, sans avoir même la dernière ressource de se vendre, eflfrayées de se voir aux glaces des boutiques, effrayantes pour le velours et la soie menacés du contact de leurs haillons.
Nous sommes au 5 octobre...
Il y a dans cette foule de malheureuses créatures (jui n'ont pas mangé depuis trente heures ' . La veille, un dimanche, tandis que les orateurs publics exerçaient leur verve, une femme dune trentaine d'années, belle et forte, d'une mise décente, s'ouvre un passage à travers les assistants, et en quelques mots dépeint la situation atroce des femmes. Elle veut qu'elles aillent à Versailles; elle marchera à leur tète.
On la plaisante, elle réplique par un soufflet à l'un des plaisants ; et le lendemain son appel est entendu et on la revoit, comme elle l'a promis, à la tète des
1. Voir Michelet, t. I. — Le moniteur, 1, 568. — HUt. dei deux amis de la libeité, t. III.
femmes qui, de l'Hùtel de ville, partent pour Versailles. Elle a pris un canon à la ville, et à cheval dessus, la mèche allumée, elle est à l'avant-garde de l'imposante et navrante manifestation (i[ue dirige Ihuissier Maillard.
Près d'elle marche une autre habituée du Palais-Royal; c'est une jeune fille de dix- sept ans, jolie et spirituelle, Madeleine Ghabry. Elle était sculpteur, mais le travail manquant, elle s'était établie bouquetière au Palais-Royal sous le nom de Louison. Elle ne souffrait que dans son bon cœur, et n'avait écouté que lui, en suivant l'entraînement général.
Elle était bien connue et aimée, ce fut elle qu'en arrivant au château, on choisit pour porte-parole. En présence du roi, son émotion fut si forte, qu'elle put à peine dire : Du pain I Et elle tomba évanouie. Le roi lui fit donner des soins, et lorsqu'au départ elle voulut lui baiser la main, il l'emlirassa paternellement.
Elle en fut si touchée qu'elle sortit du palais en criant : Vive le roi !
Ses compagnes furieuses dirent qu'on l'avait payée. Elle eut beau retourner ses poches, elles lui passèrent au col leurs jarretières pour l'étrangler. Il fallut qu'elle retournât près du roi et obtînt de lui un ordre écrit pour taire venir des blés.
On sait le reste.
L'énergie des femmes, la terreur de la cour, obligèrent le roi et la reine à rentrer aux Tuileries. On est touché aux larmes, en voyant ce pauvre peuple revenant de Versailles enthousiasmé, criant quil ramène le boulanger, la boulangère et le petit mitron, croyant la paix faite, la famine finie, et royaliste autant que Louison Ghabry I...
LA COUR ET LAFAYETÏE ACCUSENT d'ORLÉANS. — IL EST EXILÉ EN ANGLETERRE. — SON RETOUR A PARIS. — IL SE RÉCONCILIE AVEC LE ROI. — IL EST OU- TRAGÉ AUX TUILERIES.
Lafayette accusait d'Orléans d'avoir fomenté « les troubles » des 5 et 6 octobre.
On prétendait l'avoir vu dans un groupe d'hommes et de femmes, montrant du geste le château. Le duc prouva qu'il n'était allé à Versailles ni le 4 ni le 5 octobre.
Parti le 3, après la séance de l'Assemblée, il était revenu à Paris. Il avait passé la journée du 4 dans son palais et sa villa de Mousseaux. Le 5, il était reparti pour Mousseaux. Son cabriolet ayant cassé sur le boulevard, il avait continué sa course à pied par les Ghamps-Élysées. Il avait passé la journée à Passy avec ses enfants et M™« de Genlis. Il avait soupe à Mousseaux et couché à Paris. Ge n'était que le 6 au matin, qu'instruit des événements de la veille, il était parti pour Versailles et que sa voiture avait été arrêtée au pont de Sèvres par le cortège qui portait les têtes coupées des gardes du roi.
Pour le roi, la reine et Lafayette, cette apparition du duc eut une signification d'ironie qui les blessa cruellement.
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On avait «lit au.s>i à la tour i|ii«' Mirabciiii s'iHall conrort<i avec d'Orlraiis, |Kiur coinplotor lu maiiifeslatioii des fommos. On sait ({u'il n'en était rien. Un moment il avait chorrlit' nn allié dans le prince, pnls s'était éloigné avec dÔROÛt, tlo cet ambitioux il.-tui.^ d't'iicr^ie. •< C'est un eunuquf. dit-il. il vent ft ne peut pas. •>
liafayelte rechercha alors rallianci' do MiralMaii, mais commença par lui tléclarer ((ii'il fallait renoncer i\ tont complot contre la reine.
— Kh bien, j^rut'iai, repondit Mirabeau, pnisipie vous le voulez, «prelle vive I Une reine humiliropeiit être utile; mais nno reine «''^^nrpi'e n'est bonne qu';\ faire • oniposer une mauvaise tragédie.
Après avoir rallit' l'un, f.afayette votilut se déb;ur;is>.i de i ;iutr<-. il h^ lit prier «le se rencontrer avec lui chez la marquise de Coi^jny. Leur conversation ne fut connue que de Mirabeau. Klle fut, dit ce dernier, Irh impérieuse d'un rôfr, trèsrt'sitjnéede rau(re,cl\\ fut convenu que le duc part irait tout de suite pour Londres,
Les amis du prince le firent «•hant,'er de r«!'soliition i>endant la nuit. Il en informa Lafayette par un l)illet. Le général lui donna un second rendez-vous, où il le somma de tenir sa promesse. Il le conduisit chez le roi. Là, d'Orléans accepta une mission liclive, et promit de ne rien néj^liger pour déjouer en Angleterre, les complots contre le roi :
— Vous y êtes intéressé plus «(ue persoime, lui dit Lafayette ; personne n'est pfus «compromis que vous.
Mirabeau, indigné de le voir se courber sous cette pression, voulut le défendre à la tribune, d'accord en cela avec Sillery, Laclos, Lauzun et le prince lui-même; mais Lafayette a vent de cette résolution et, ;\ la pointe du jour, fait venir le duc au ministère des alFaires étrangères. Là, de nouveau d'Orléans se soumet, et adresse à l'Assemblée une lettre qui doit paralyser les intentions de Mirabeau.
C'était bien un eunuque Enfin il partit. Laclos alla le voir à Londres. Il le
détermina à rentrer, mais Lafayette écrivit : « — Si vous rentrez, je me bats avec vous. »
Et il resta.
Il protesta si bien de son innocence, qu'on lui permit de rentrer. Il demanda à voir le roi et en obtint audience.
Ils demeurèrent longtemps enfermés ensemble. Un écrit confidentiel du prince, rédigé pour justifier sa mémoire aux yeux de ses enfants et de ses amis, rend compte de cet entretien. D'Orléans se défend de toute autre ambition que celle de servir son pays en bon citoyen, et prouve qu'il n'était pour rien dans les émeutes du l'2 juillet et du 6 octobre. Mais nous le savons et nous croyons pouvoir nous abstenir de reproduire ici un mémoire assez long qui ne nous apprend rien.
Le roi fut persuadé de la bonne foi de son cousin; il lui pardonna.
— Je crois comme vous, dit-il à son ministre, que le duc d'Orléans revient de bonne foi, et qu'il fera tout son possible pour réparer le mal qu'il a fait et auquel il est possible qu'il n'ait pas eu autant de part que nous l'avons cru.
La réconciliation était faite. Mais il était écrit, comme disent les Orientaux, qu'elle ne devait pas durer.
Le diiiiHUche suivant, le duc se présenta au château. C'était l'heure des grandes réceptions, la fouie des courtisans encombrait les escaliers et les appartements des Tuileries. La réconciliation du roi avec le prince était encore ignorée : A la vue de cehii-ci, un murmure d'indignation s'éleva, on s'écarta de son passage avec une répugnance affectée. En vain chercha-t-il un regard accueillant, un salut respectueux. Arrivé à la porte du roi, des groupes de courtisans et de gardes lui barrèrent avec affectation l'entrée en lui tournant le dos et en serrant les coudes. Il n'insista pas, ne dit rien et entra par les appartements de la reine.
Le couvert était mis pour le dîner de la famille royale.
— Prenez garde aux plats! crièrent des voix outrageantes.
Le prince pâlit. Il crut, dans ces insultes, reconnaître la haine de Marie-Antoinette et un mot d'ordre du roi. Il s'éloigna blessé au fond de l'âme et regagna l'escalier. Mais là de nouveaux outrages, des huées le poursuivirent.
Du haut de la rampe qu'il descendait, M. de Goguelat lui cracha sur ses habits et jusque sur la tête. — C'en était trop. Il sortit des Tuileries ne respirant plus que la haine et la vengeance. Désormais plus de réconciliation possible, et les ennemis de la famille royale devinrent ses alliés naturels.
Avait-il tort? Cent fois non; car, informés de ce qui s'était passé, Louis XVI et Marie-Antoinette ne firent aucune démarche, ne prononcèrent aucune parole qui pût réparer le mal ou en écarter leur responsabilité.
Ce silence fut une mauvaise action. Et maintenant quoique fasse le duc d'Orléans contre Louis et Marie-Antoinette, nous sommes disposés à l'indulgence.
Qu'ils prennent garde ! Le duc est entouré de gens habiles et déterminés, qui commandent à un parti puissant. La guerre est déclarée — entre le Palais-Royal et les Tuileries.
Le duc n'avait pas d'ambition personnelle. Homme de plaisirs, débauché et avare, il avait une secrète horreur des émeutes et des luttes politiques. Il s'était jeté dans la Révolution par légèreté et pour se moquer des méchancetés de la reine ; il s'y enfonça pour se venger.
Né bienveillant et pacifique, il n'eut plus d'autre mobile que la haine. Si un moment il avait désiré d'être lieutenant-général du royaume, la vue du sang répandu en juillet et de^ têtes coupées en octobre avait suffi à lui faire renoncer au pouvoir.
Au pont de Sèvres, on avait arrêté ses chevaux et tiré sur son postillon; il n'avait dû son salut qu'à un poste de gardes nationaux. Le rude contact de la multitude lui avait fait peur, mais les crachats de M. de Goguelat lui firent braver jusqu'à la guillotine.
I7«{ HISTOIIIK l>l' P.\T,AIR-ROYAL