Mercier dit qu'on le hua
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Façade du Palais-Royal en 1703
rentré le soir dans la maison de Duplay et s'entretenant du jugement du roi, parut protester contre le vote du duc d'Orléans.
— Le malheureux! dit-il à ses amis, il n'était permis qu'à lui d'écouter son rœur et de se récuser, il n'a pas voulu, ou il n'a pas osé le faire : la nation eût été i)lus magnanime que lui! » (Lamartine)
Le matin 19, Maleslierbes se rendit près de Louis XVI. Il tomba à ses pieds sans oser lui dire un mot qu'il avait horreur de prononcer. Le roi le comprit, prononça le mot sans pâlir, releva son ami, l'embrassa et voulut le consoler. Il
LiV. 2o. A. Fayard, (d.tcur.
I^*> lilSTiiULL UL l'XlJLi6'UU\Alj
s'informa rnsuitc du vote de quolquos-un.s de» membreb de la «.ouvciiUoii «in il connaissait.
— Oii>'«»l :'i Manuel et ii Pélion. dil-il, je ne m'en informe pas, je ituis sftr 'ju'il n'ont jias vott- ma mort!
Il demanda comment ;ivail voté son cousin le duc d Orléans. M. de .Malc.sherbes lui dit son vote.
— .\h! dit-il, celiii-li\ m'afflige plus que tous les autres!
C'était le mot de (Icsar reconnaissant Brutus parmi ses meurtriers; celui-lù seul lui arracha une exclamation.
< Toi aussi, mon ûls! *
ASSASSINAT DE ISPELLETBK BB BAINT-FARGEAU PAB LE GARDE PAIITR. — MORT DE l'a9SABSIN. — TENTATIVE FAITE POUR DÉLIVRER LK ROI.
La séance du 18, dans laquelle on rejeta la demande de sursis, avait été levée h trois heures du matin, le dimanche 20. Le même jour, un de ceux qui avaient voté la mort fut assassiné par un parde «lu roi, dans un café du l^alais-É;^'alité.
La victime, Lepelletier de Saint-Fargcau, était, ainsi que d'Orléans, l'objet de la haine que les royalistes vouaient particulièrement à des transfuges.
Issu dune ancienne famille de haute magisti'alure , riche de six cent mille livres de rente, Lepelletier avait d'abord défendu le pouvoir royal aux étatsgénéraux, où il s'opposa presque seul à la réunion de la noblesse au tiers.
Gétait un homme de plus dambition que de génie, d'un caractère doux, bon et généreux. Dans son essai d'un code i-riminell, il se déclai'e contre la peine de mort.
Mais, comme tous les ^ens de Tobe, il était enclin à se ranger du coté de celui qui lui paraissait le plus fort, et, lorsqu'il vit le pouvoir passer de la couronne au peuple, il quitta le roi du passé pour celui de l'avenir.
.\près la Constituante, il se retira dans ses terres, dans le département de l'Yonne.
Là, il flatta son nouveau souverain avec tout le zèle d'un homme <iui a beaucoup à se faire pardonner.
Sens le nomma à la Convention. Un autre transfuge, Loménie de Bricnne, ancien ministre de Louis XVI, archevêque de Sens, avait assisté, en costume civique et coilVé du bonnet rouge à l'élection de Lepelletier.
De Loménie portait déjà sur lui un poison préparé par Cabanis et envoyé par Condoi-cet. dont il devait se servir quelques mois plus tard.
A la Convention, Lepelletier se subordonna à Robespierre. U présida quelquefois les jacobins. Il avait écrit un plan d'éducation plein d'idées excellentes.
Eb même temps, il était des habitués des salons du duc d'Orléans et songeait, dit on, an mariage de sa tille unique avec le duc de Chartres.
Sa fortune, son influence en Bourgogne, groupaient autour de lui une douzaine de membres de la Convention.
Ces douze voix, en se déplaçant à un signe de Lepelletier faisaient une différence de vingt-quatre voix dans le procès de Louis XVI; les royalistes le savaient. Quebiues-uns sollicitèrent de lui secrètement un vote de clémence. Il le promit. Mais les jacobins, instruits de cette manœuvre, le reconquirent et, au dernier moment, ce fut à eux qu'il tint parole.
Son vote, pour les royalistes, fut une trahison.
Parmi ceux qui s'étaient juré de sauver Louis XVI (il y en avait, dit-on, cinq cents cachés au Palais-Royal) était un des plus exaltés un nommé Paris, fils d'un employé dans l'administration du comte d'Artois et ancien garde constitutionnel. Jeune, aventureux, homme d'épée, habile et audacieux, il affrontait les jacobins et parvenait toujours à échapper à leur haine.
Le vote de la mort, le refus du sursis l'exaltèrent jusqu'à la démence. Il embrassa sa maîtresse, marchande de parfums au Palais-Royal, qui lui donnait asile, cacha son sabre sous son manteau et sortit le soir du 20 janvier, décidé à venger son roi.
Il eût voulu pour victime le duc Égalité.
Il erra longtemps dans les cours et sous le péristyle, mais son espoir fut trom^^é; d'Orléans ne sortit pas.
Accompagné d'un ami, il entra chez un restaurateur des galeries, nommé Février.
On y mangeait dans le sous-sol.
Ces caves étaient décorées et aménagées avec une pauvreté que l'on commençait à affecter, pour éviter l'accusation d'aristocratie.
L'opulent Saint-Fargeau y dinait ce soir-là , seul à une petite table, près de la(iuelle Paris et son ami vinrent s'asseoir. Tous deux attiraient les regards par leur exaltation trop visible. La fureur, la rage qui les dominaient, les empêchaient de manger.
Paris, par moments, se levait comme saisi d'une inquiétude soudaine, sortait de la salle, et rentrait comme s'il eût épié quelqu'un.
Le dîner fini, il croisa ses bras sur sa poitrine, et, pendant un instant, parut réfléchir.
En ce moment, Lepelletier (^ui avait également terminé son repas, se leva et fut payer au comptoir. Paris qui machinalement le suivait des yeux, l'entendit appeler par son nom. Il ne connaissait ni le visage ni le vote du député de Sens, mais il le connaissait pour un gentilhomme récemment converti à la République. Il s'approcha de lui :
— C'est vous Lepelletier de Saint-Fargeau?
— C'est moi ; que me voulez-vous?
— Vous m'avez l'air d'un homme de bien... Vous n'avez pas voté la mort du roi?
— Je l'ai votée, monsieur, ma conscience le voulait ainsi.
— Tu as voté la mort du roi? Eh bien ! tiens ! voilà ta récompense.
!'"• III- h •NU'; bU l'AL.\l.S-lMJVAL
Ihsaiil (Ts iiuds. l'Aris ôrniio Hon inant«>iiu, saisit hoii sahro; Saiiil-I;irj{t;iii avaiHc les mains pour sr «ouvrir, mais iaiilri' lui [ilnn;,'»' non arme dans l»* «;»i'ur vl stiifuit.
On s'emprt'sso anionr du lilcssi'-. mais fc|iji-<i cxpiic pri'stpto aussitôt
Le soir, W l'alais-lioyal so rtunplit d'un»- loulo furieuse. \)vs orateurs populaires racoiiluiont eu les suluiinisant les circonstances do celte mort, et la présentent comme le premier acte dune immense <'onjuration royaliste. Xu milieu des pi»pies et des sal)res aj^ilés par la mullitiide <|ui, à ^jrands cris, réclamait justice, l'assassin .so promenait avec son ami
Un royaliste l'ayant rencontré, <l lui ayant exprimé sa surprise et sa terreur :
— Ma journée n est pas linif, lui dillViris; il m'en faut un autre ipio je trouverai ici ou à la Convention et (|ue j'enverrai rejoindre le pn-miiT.
TiMile celte iniit, et pendant huit jours, il se montra impunément au l'alais- Hoyal. Kidiu il quitta Paris avec s.i maitiesse et son frère, enfant <le dou/e ans, sans se donner la peine de se déguiser. Il voulait s'eml)ai<|u<'r à l)ifppi' pour l'Angleterre.
Sa maîtresse et son frère laccompai^nèrenl jusiju'à Gisors. De là. il .se diri- {ïea à pied vers Forge.s-les-Eaux. Entré le soir dans une auberge, et, en attendant qu'on préparât son dîner, il s'approcha du feu autour duquel se tenaient quelques colporteurs.
— Kh l)ien! leur dit-il, que pense-t-on ici de la mort du roi?
— On pense qu'on a l»ien fait de lui couper le cou, et qu'il est dommage qu'on ne pJiisse en faire autant à tous les tyrans,
— Ah! lit Paris entre ses dents, je ne rencontrerai donc que des assassins de mou roi.
Kt il se retira dans la chambre où il avait deman<lé qu'on le servit.
Ses propos étranges avaient excité la méfiance des gens de l'auberge. Tandis qu'il mangeait, on l'observa à travers le vitrage de la porte, et on le vit porter, à plusieurs reprises, sa main droite à ses lèvres et la baiser.
Cela lit sourire, car on ne pouvait deviner qu'il la remerciait du meurtre de Saint-Fargeau.
Après le souper, il demanda une plume et de l'encre et écrivit qiiel«iues lignes au dos de son brevet de garde du roi, puis il plaea un pistolet sous son oreiller et se coucha.
Mais les colporteurs et l'aubergiste étaient allés avertir le maire et les gendarmes, et, le lendemain matin, ceux-ci entrèrent dans la chambre de l'étranger encore endormi.
Il les regarda sans manifester ni crainte ni surprise.
— - C'est vous, leur dit-il ; je vous attendais.
— Montrez votre passe-port.
— Je n'en ai pas.
— Dans ce cas, suivez-nous à l'Hôtel de ville-
— Je vous suis, dit Paris.
Il se souleva d'un air calme, glissa la main sous roreiller, tira son pistolet et se fit sauter la cervelle.
On trouva sur sou cœur son brevet de garde du roi, avec ces mots écrits la veille :
« Ceci est mon brevet d'honneur. Qu'on n'inquiète personne; je n'ai point eu de complices dans l'heureuse mort du scélérat Saint-Fargeau. Si je ne l'avais rencontré sous ma main, je faisais une plus belle action : je purgeais la France du parricide d'Orléans. Tous les Français sont des lâches. »
La Convention, à la nouvelle de cet événement envoya Tallien et Legendre à Forges-les-E]aux, pour s'assurer de l'identité du corps. Legendre proposa à la Convention de ramener le cadavre de Paris à Paris pour y être traîné sur la claie ; mais la Convention répugna à se venger sur un cadavre. Il fut enterré dans un bois du voisinage.
Paris avait pu assister aux funérailles de sa victime. La Convention décerna à Lepelletier des honneurs dignes d'un héros et d'un martyr. Chénier en organisa le spectacle sur le modèle des funérailles héroïques de l'antiquité, et improvisa un hymne à la gloire du martyr.
Au sommet d'un catafalque porté par cent citoyens, le corps de Lepelletier, à demi découvert, était couché sur un lit de parade. Sa large blessure s'étalait aux regards et un de ses bras pendait comme pour réclamer vengeance.
Derrière le catafalque, les vêtements ensanglantés du mort étaient portés en faisceau au ;bout d'une pique. Puis venaient la famille en deuil et la Convention lout entière. Au milieu de ses sept cents membres, s'élevait une bannière sur laquelle étaient inscrites en lettres d'or les dernières paroles attribuées à Lepelletier.
« Je meurs content de verser mon sang pour la patrie; j'espère qu'il servira à consolider la liberté et l'égalité et à faire reconnaître les ennemis du peuple. »
Enfin le peuple entier suivait ; les hommes portant des couronnes d'immortelles, les femmes des branches de cyprès.
Le cortège se dirigea vers le Panthéon. Arrivé là, Félix Lepelletier, frère de la victime, monta sur l'estrade et prononça un discours où il comparait son frère à l'ainè des Gracques. Il termina en jurant de le venger.
Le lendemain, il conduisit à la Convention la fille de son frère, enfant de huit ans. Celle-ci, par un décret d'enthousiasme, fut proclamée fille adoptive de la République.
Nous n'avons pas voulu interrompre l'iiistoire de la mort de Lepelletier pour parler de celle de Louis XVI. Le roi avait été exécuté la veille de ces pompeuses funérailles.
Sa lin tragique ne se rattache ({u'indirectement à notre histoire. Nous avons parlé du complot formé pour délivrer le roi. Les mesures militaires qui avaient été prises rendaient impossible toute tentative de ce genre. Derrière la voiture du roi marchait une véritable armée, composée de gardes nationaux, infanterie (le ligne, cavalerie et artillerie. Deux haies de baïonnettes et de piques étaient formées de la place de la Bastille à l'échafaud. Des canons chargés à mitraille
IM HISTOIHK Wj l*AL\IS-ROV\L
smvoillaioiit iiux |>vinri|>.iltvs (Mnl»oiirhiir*M ^1o^ nieH. la W^ur <fti fortt'^^'t». Fiitin un oiilif (lu jour do la r.diiiiMMiif iiiti-nlisait aux ciloy^Mis de traverser les ni»*'^ 'pit (iiM)OUchaient sur les boulevards et de se mnntror aux fenêtres.
('.<'I>(Midaiil, «Milre Ifs porlfs Saiiil-Mailiti et Saiiit-l)euis, au wiouicnt «ni une montre UHsrz roide ralentissait le pas des chevaux, tout h coup sept ou huit jeunes j^ens, débouchant de la rue iioaurej^ard, rompirent la haie dos ^^ardes nationaux, et, le sabre \ la main, se pr»^ci pilèrent vers la vojiiiro ou criant :
— A nous, ceux (jui veulent sauver le roi !
Du nombre de ces fous étaient lo banui de Hatz et Deveaux, son secrétaire.
Plusieurs milliers de jeunes pons affidcs au complot devaient répondre à ce sijînal ; mais aucun ne s'y risqua, i^t los conspirateurs, profitant do la surprise, traversèrent la chaussée et prirent la fuite dans les rues voisines. Les gendarmes les poursuivirent et en tuèrent «luelquos-uns.
Le cortège, un moment arrêté, reprit sa marche.
vrr
TUAHISON DK DUMOUUIEZ. — LE DUC DE < HARTRES PASSE A l'ENXEMI. — ARRES- TATION DE PHILIPPE-ÉGALITÉ. — VENTE DU PALAlS-RoYAL. — LE FAUliOURfl EST AMEUTÉ CONTRE LUI.
Pour marclier sur Paris, comme il s'y était décidé après la mort de Louis XVI il fallait à Duniourioz une armée victorieuse. Vaincu à Xerwinden et obligé à la retraite, il néj^ocia avec les .\utrichions.
Par une convention secrète avec le duc de Saxe-Cobourg, il devait laisser à l'ennemi, à titre de gages, Gondé, Lille et Valenciennes, puis marcher sur Paris et y rétablir la constitution de 91 avec le duc de Chartres pour roi.
La Convention avertie lui envoya quatre commissaires et le ministre de la guerre Beurnonville pour le sommer de comparaître à sa barre. On sait comment Dumouriez répondit à cette sommation, en faisant arrêter le ministre et les députés par ses hussards et en les livrant à l'ennemi. Après cette trahison, il voulut reprendre Condé et échoua. Ses soldats lui refusèrent obéissance. U prit la fuite et il n'échappa à ses volontaires qui le poursuivaient qu'en se réfugiant dans les lignes autrichiennes. Le duc de Chartres l'y rejoignit.
Cette désertion porta à Philippe-Égalité le coup mortel.
En effet, la Convention ayant aboli l'inviolabilité dont ses membres étaient revêtus, le premier usage qu'elle fit de ce décret fut l'arrestation de d'Orléans.
Le 8 avril, sur la proposition de Cbarlier, elle décréta que tous les individus de la famille de Bourbon, femmes et enfants, hors ceux qui étaient détenus au Temple, seraient mis en état d'arrestation.
Le duc fut arrêté au Palais-Royal, avec son troisième fils, le comte de Beau-
jolciis, âgé de treize ans, au moment où ce jeune prince prenait une leçon en présence de M. Lebrun son gouverneur.
Le duc de Montpensier fut arrêté à Nice.
Le duc d'Orléans fut d'abord gardé à vue dans ses appartements, puis conduit à la mairie et de là à l'Abbaye où il fut bientôt rejoint par son jeune fils. Cette prison n'était que provisoire, il devait en être transféré dans les forts de Marseille.
Ce fut alors, dit M. Vatout ', que les mandataires de ses créanciers lui demandèrent une procuration pour vendre eux-mêmes ceux des biens désignés dans l'état, dont la vente serait jugée utile à la liquidation. Le duc s'y résigna.
« Tous ses biens étaient mis sous le séquestre ; mais les mandataires obtinrent de faire les ventes désignées dans le concordat, sous la condition que les produits en seraient versés dans le trésor public.
« Ils commencèrent leurs opérations, et tout fut mis en vente indistinctement, tant les biens désignés dans l'état du concordat, que les propriétés qui n'y étaient pas comprises. On vendit même ce que le duc d'Orléans n'aurait pu vendre, tel que le Palais-Royal et ses dépendances, qui ne pouvaient être aliénés ayant été exceptés de la reprise des biens de l'apanage, en 1791. Les mandataires se rendirent acquéreurs eux-mêmes d'une partie des bâtiments de la cour des Fontaines et vendirent le reste du domaine pour la somme de huit cent seize mille trois cents francs en assignats.
« Les autres maisons dépendantes du Palais furent vendues de la même manière, et, le 22 octobre 1793, Gaillard et Derfeuille furent déclarés adjudicatai. res pour la somme d'un million six cent mille francs en assignats, non seulement du théâtre dont ils étaient locataires, mais encore de la partie du Palais qui s'y trouvait adossée.
« Ne pouvant payer, ils cédèrent leur acquisition à M. Julien. »
D'après ce tableau, que nous empruntons à M. Vatout, la famille d'Orléans semblerait ruinée. N'en soyons pas trop affectés. Ne restons pas plus longtemps sous une impression si pénible. Madame d'Orléans rentra dans ses biens personnels dès 1795 et son fils, Louis-Philippe, retrouva le reste, soit comme biens non vendus, en 1814, soit dans le milliard de l'indemnité. La Révolution de 1830 enfin n'y diminua rien. Le roi entra aux Tuileries, laissant tout à ses enfants, et ces derniers, nous le montrerons, sont aujourd'hui à leur aise.
Tandis que l'on procédait aux ventes, le duc, ses deux fils, Montpensier et Beaujolais, sa sœur, la duchesse de Bourbon et le prince de Gonti, étaient enfermés au fort Saint-Jean, à Marseille.
La duchesse d'Orléans, arrêtée chez son père, le duc de Penthièvre, que sa bienfaisance faisait respecter, était conduite au Luxembourg, converti en prison.
Le lecteur doit se dire :
Mon Dieul mais ce n'est pas aussi gai que je l'aurais cru, cette histoire du Palais-Royal.
1. nisl. du Palais-Royal par Valout, bibliothécaire du roi Louis-Philippe.
IIISTOIIM'; hl r\I.\lS-l(OVAL
l^-cliMir, nitif iiii IxMii jt»iir <lo |>r<)iMrii.i(|.' et iiii jnynix jour (U- l<-h*. w vous ost-il pasarrivô (U> n-sler clininciuurô it.ir l:i i»liiic, à lin» «N-h journaux? lOt huuh co conlrL'li'uips, combien «icnlro vous auraient perdu le courant <leH /'V^rieinents poIilii|iie.s ?
Le Palais-Hoyal, dans sa Ioii^mjc cxisli'iui' .1 <mi ii.'.-.'^<;iir<'!in'iit <••- i..iM-tristea, ses averses do politirpie.
8i j'ai eu le boiilifur do vous inti''n\ss*r à lui, appri'iidru/-vous, par rxeinple. sans (juclquo émotion, <iu'au commencement de cello année, il courut le danj^er d'être pillé, rava^'é, mis \ sac, comm»' une vilji' prise, au moyen A«;e, par les Normands?
Le pillage du Palais-Huy.il, de ses ni.iifliaiidsd or, île >e>c;ive>, *U:»-s séjail>. voyez-vous cela?... Qnello proie olFerle aux appétits d'une multitudelfllanK laquelle, en grand nombre, il faut toujours compter «les malfaiteurs et des geéll éperdus do misère.
H.uontons cette histoire.
Déjt\, le 27 mai, la Convention avait été envahie. L'insurrection était partout à l'ordre du jour. La Commune déclarait Paris en insurrection pour l'arrestation des traîtres; l'Évèché voulait l'insurrection brutale; les Jacobins linsiirrection morale; enfin l'insurrection maratiste travaillait le faubourg Saint-.\ntoine à l'aide de la calomnie la plus akkoce, criant que la Butte des Moulins (section du Palais-Uoyal) a pris la cocarde blanche et proclamé Ja contre-rcv<dution.
Les Jacobins disaient que les Girondins avaient formé le projet d'anéantir Paris, et les maratistes poussaient un quartier de Paris à en égorger un autre, en s'armant d'une calomnie semblable à celle qu'employaient les Jacobins.
Le (Quartier à é<,'orger »'tait celui des orfèvres, horlop; 'rs, bijoutiers, joailliers.
Tout d'abord, la pîfï'tie sa ne du faubourg ^;iint-Antoine hésitait à croire b-s meneurs; mais bientôt la crédulité gaj,'na, et le faubourg en armes, formant uuf colonne immense, s'ébranli pour mettre à la raison les royalistes de la section corrompue.
Ils étitient, dit-on, vingt mille.'
Toute la section accusée, avertie de cette invasion, s'était rangée en bataille dans le jardin du Palais-Royal. Les grilles étaient fermées et les communications avec le dehors interdites. Des aanons chargés à mitraille attendaient les assaillants.
L'anxiété était doublée de l'ignorance absolue où l'on était des intentions et des forces de l'ennemi.
Heureusement, avant d'en venir à donner l'assaut, les faubouriens envoyèrent quebiues parlementaires pour se renseigner eux-mêmes.
Ils sont reçus aux cris de Vive la république.
Partout ils voient les couleurs nationales. On les a donc trompés?...
Ils retournent vers les leurs. Les grilles s'ouvrent. Les prétendus royalistes vont tendre des mains fraternelles à leurs prétendus ennemis. Les deux camps se mêlent dans les transports de la frate.nité.
La première ascension.
Le Palais-Royal est sauvé.
On s'explique, on s'excuse, on s'embrasse.
La joie a succédé à la terreur et soudain le Palais et tout le quartier environnant ont pris un air de fête.
Toutes les tables, tous les sièges sont réquisitionnés. On boit, on chante, on danse, comme aux beaux jours de 89.
Enfin les gens du faubourg se remettent en colonne; leurs amis du Palais- Royal les reconduisent. On crie : Allons à la Convention !
LjIY. ^U. a. Fayard, éditeur.
'HY2 IIISTOIIIK \)V PAIAIS-UOYAL
11 fallait la rassurer, lui expliquer le malenteudu.
Kl voilà r.\.ssoml»l«''e ilo nouveau euvalne. Un citoyen obtient «le rc faire entendre :
— Législateurs! Htrrie-l-il, la réunion vient de H'opôror, la réunion do lu niitlo-des-Moulins ot du faulx^urg.
On voulait (juils s'éj^oryeassont; ils vionnont de s'embrasser!
lin député proposa que la Convontion fratornisAt avec le peuple. L'Apseinl)lée y consentit. Klle descendit sur la terrasse des Feuillants et assista à la retraite aux flanihoaux dos sections réconciliées.
Tout est Iticii iiiii linil bien.
I.KS PRISONS 1:T I.\ MulîT H K(iALlTE. — VOV\r,ES ET WENTI'PES T>r DI «' DE