‹ Histoire du Palais-RoyalChapitre 29 sur 126 · SCENE m · texte numérisé non relu

SCENE m

LES PRÉCÉDEiNTS, DESCHAMPS

SCÉVOLA {d'un ton sévère). — Que veux-tu, citoyen?

DESCHAMPS. — Je viens pour...

SCÉVOLA. — Nous faire une dénonciation, mon camarade! En ce cas- là, sois le bienvenu et prends la peine de t'asseoir.

DESCHAMPS. — Citoyen, ce n'est pas une dénonciation, mais c'est...

CATON. — Un instant. Qu'est-ce qui prend la plume?

DEScHAMi's. — Mais, citoyen, il n'y a pas besoin de plume pour ce que j'ai à vous dire.

ARISTIDE. — {Il s'assied et écrit).

DEscHAMPS. — Citoyens, je suis le domestique de M. Dufour.

i.ATON. — Que signifie cette expression « Monsieur Dufour?»

DESCHAMPS. — Citoyens, je vous demande pardon, c'est (jue, voyez-vous...

ARISTIDE. — C'est que Dufour t'ordonne de l'appeler monsieur, n'est-ce pas?

DESCHAMPS. — Moi, pas du tout, citoyen, mais...

SCÉVOLA. — Petit mutin, ne dites donc pas non, dites oui.

AiiisTiDE. — Paix. Ecoute l'intitulé du procès verbal. (Il lit:) « Cejourd'hui, au Comité réTôlutionnaire de Dijon, est comparu Charles François Doschainps, au service du citoyeu Dufour. »

330 lll>|n||;i; hi |'\I,\|< |{(>V M

HKiK ii\iii*!> — MaiK, ctloycii, ji< m- iirn|)|ifllf \m» Cliarlot'raoçoi*...

iiit\uL\. — Vu'iiiiiiortoiit IcH pri'iKiiiiM? Nuiiit itit-ttruiit, «i tu le vimix. \|i|iiuii iMiUlni^l.i.

\iii!tTiDK (conlinur (h lirr). — ■I.i>i|(i<-I iiuim n il^clur^ qii« le cil«>VPii l)iifour c>>l un rou-, iraliMir fitiociii'', qui ciicrclH* Il rétablir r»ni*icii n'tgiuii', i-u rtigiMiul deicilovi-iiH i|iil «mil U «uii..r\i ■ •]» A» iMii|ilui<>iil (It'M iiiinliliciilinii' ft'*oilalfH i-t Jui«lciiii>iil|irti«criteM.., »

tiKHciUMPs. — Main, l'itoycii, je tu' voiih iii |m» dit un mot de çu !

(:\To:<. — CMinnii'ut, iiu|>»»luur, tu n'itn pan «lit cel» tuiil & rbeurc7Nou« pread»-tu duiic |i<iur il<'« faiii(.«nir(>A? Son^i' (|ue tu l'n au Coniitô D-vulutiounniri-; i-')-i>t t'un dir<> amioz.

ARi^TiDK. — Allitti!*. conlinur.

UKM.iiAMP». — Eli bien, citoyiMis, jo viens voUi* pi ii-r. .

ARIHTIDK. — yu't'f»t-CO (JUG c'irst qUt VOIIM?

MiÉvoLA. — C"«'!*t «Micori' M. DuTour qui m- veut pan qn on le tiiluiu. Ktri!«,i' rif.

\iklsTittK {écrifdnt}. — Qui* Ifdil DuFuur i'hI un eniH'iiii pronuiici'* «le l'i-Ralilé; qu'il regrutte In •iiiitinction de» onirffl i>t !•■ rù^nic (le la noMt'^si-, en tolérant cluz lui de vieilles lucutiuOtf qui rappelliMit la sorvillido et l'eitclava^io.

tiiusciiAMPS. — Oi'i diable prein-z voim toiil ce que voim écrive/?

• ,\Tu> — liitiolent, tnis-toi et ré|iond!i ratéK<>i'iqueineiit !

scKvoLA. — Il parait i|iie lu maison e^l bien etiliebée d'urictucrutii.'.

DCM-iiAMPâ. — Citoyen, mais pas du toul. nous sonuueti tono de bon.* patriotei».

8i'.tvoLA. — Oui, comme oii l'esl à Cobleniz, n'est-ce pas?

CAT05. — Voyons: qu'est-ce ipie la citoyenne Unfour dit de la furmeUiro de» é^liseb?

DK.tciiAVPs. — Citoyen, mais elle dit qu'on aurait peut-être au^si bien fait de laisser lu liberté des culte».

ARISTIDE {écvivaiil). — Que lu citoyenne Dufour est une fanaliquc qui lient de» conciliabules nocturnes avec des prières, pour rétablir le culte catliolique.

scÉvoLA. — Président, ajoute des prêtres réfraclaires, l'addition est ini|>ortnntc. Der^cbaujps, c'est bien là, si je ne me trompe, ta déiionciutioa?

DESciiAMrs. — Ab! ça, mais, de bonne foi, est-ce pour moi que vous écrivez tout cela?

scKvoLA. — C'est pour l'accusateur public.

Dtsi.iiAiirs. — Ali! mon Dieu! vous me faites frémir! ynoi ! vous voudriez faire punir le cibiycn Dufour et sa femme sur des mensonges aus>i atroces?

LATON. — Situ disencoreuiiseulmoliiousalloQst'envoyersur-lc-cbampau tribunal. Sais-tu signer?

DKM-.iiAMPS (tout tremblant}. — Oui, citoyen, je sais sifiner.

cATo:». — Eb bien signe donc !

DEscHAMPS [avec véhémence). —On me tuera plus tôt que de jigner dépareilles borreurs.

ARISTIDE [écrivante — Et a déclaré ne savoir signer, « de ce interpellé. »> (»7 se levé} — Écoute bien le conseil (pie je vais te donner : Tout ce qui se liit, se fait, ou se passe dans un comité révolutionnaire est un secret d'Etat; le violer c'est se rendre coupable du crime de lèse-uutiou. Tu m'entends? Uetire-toi.

bKscHAMPn {à part en s'en allante — .\li! mon Dieu! quelle caverne d'assassins! \^il svrl).

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