‹ Histoire du Palais-RoyalChapitre 3 sur 126 · VU LA JOURNÉE DES DUPES · texte numérisé non relu

VU LA JOURNÉE DES DUPES

Cependant le bruit de la disgrâce du cardinal s'était répandu; tout le monde se réjouissait île la chute du colosse. Chacun s'apprêtait à le frapper et à partager ses dépouilles. Mais 1 illusion fut de courte durée. Le soir même elle se dissijta à Versailles, et le lendemain, M. de Marillac, garde des sceaux, était arrêté et partait sous bonne escorte pour le donjon de (>hâteaudun. La princesse de Conti, la marquise de Fargis et la duchesse dKlbœuf étaient exilées. Enfin un huissier de cabinet portait à Scliomberg, en ItaJie, l'ordi-e de faire arrêter le maréchal de Marillac, frère du ministre.

il y avait aussi près du roi un homme dont Richelieu redoutait l'inlluence et plus encore les indiscrétions. Cet homme était le confident de Louis XIII; il était le dépositaire de secrets importants: c'était le valet de chambre de Berini;liem, à qui Louis XIII avait un jour fait l'aveu dune impuissance que les tlalteurs décorèrent du nom de chasteté.

Pour s'en débarrasser, le cardinal usa d'une habileté que l'on peut qualifier de perfidie. Il le fit venir dans son cabinet et lui annonça qu'il allait servir en Italie en qualité de maréchal de camp. Le gentilhomme reçut de lui son brevet et ses ordres de service.

Il partit, muni pour de M. Schomberg d'une lettre close (jui, lui avait-on dit, n'était qu'une recommandation chaleureuse. Mais lorsque le maréchal eût lu cette lettre, il déclara au malheureux Beringhem qu'il venait d'apporter l'ordre de son exil. De la part de Hichelieu, cela n'avait rien d'étonnant; mais de celle du roi, ({uelle lâcheté et quelle ingratitude !

Enfin Châteauneuf eut les sceaux, c'est-à-dire que le Parlement déclara que la loi n'obligeant point les chefs mâles et majeurs des familles illustres à vivre sous la dépendance de leur mère, ils pouvaient, sans faillir, l'éloigner de leur maison ou même la tenir en exil ou en captivité pour le bien de leurs afiaires.

La Sorbonne reçut de l'argent et fit la même déclaration.

Fort de ces autorités, le cardinal proposa hardiment à Louis XIII de reléguer Marie de Médicis à Gorapiégne et de la faire garder à vue dans le château. . Le roi y consentit, mais en objectant qu'il lui répugnait d'user de violence. Le cardinal admira tant de délicatesse et répondit à Sa Majesté que si elle le voulait, Marie de Médicis se trouverait prisonnière avant même qu'elle se doutât de sa disgrâce.

La cour se rendit à Gompiègne. Marie de Médicis y alla sans méfiance, encouragée par le respect et l'accueil affectueux de son fils. Il y eut grandes chasses et banquets de gala. Les fêtes duraient depuis deux jours, lorsque, vers la fin de la nuit, quelqu'un frappa à la porte d'Anne d'Autriche.

Une visite à pareille heure causa à la reine une frayeur mortelle. Une de ses femmes demanda : — Qui frappe?

— De la part du roi, lui fut-il répondu.

Anne ordonna d'ouvrir et vit venir vers elle M. de Ghâteauneuf.

— Madame, lui dit-il, le roi s'apprête à quitter Gompiègçe de bonne heure et vous fait prévenir que, pour des raisons d'État, il doit laisser ici la reine sa mère sous la garde du maréchal d'Estrées. Le roi attend donc Votre Majesté au couvent des capucins, où on lui dit la messe. li me charge d'ajouter qu'il vous prie de quitter le château sans voir madame sa mère.

— Quant à cela, monsieur, répondit Anne, je suivrai mon sentiment. Je serais désolée que la reine Marie pût me croire indifférente à son malheur.

Ghâteauneuf s'inclina et dit en se retirant :

— Madame, j'attendrai Votre Majesté dans la galerie.

Dès qu'il fut sorti, Anne, tout en chemise, courut chez la Médicis. Elle la trouva déjà prévenue, assise sur son lit.

— Ah! ma fille! s'écria- t-elle. Encore prisonnière! Le roi n'est-il pas un fils dénaturé? Que veulent-ils donc faire de moi?...

— Le diable seul et le cardinal le savent, répondit Anne en l'embrassant.

— Le Ciel, ma fille, ne nous délivrera-t-il point de cet antéchrist I mais je compte sur vous.

— Ghut ! madame, on peut nous entendre I Songez que vos domestiques ont prêté serment à cet homme.

— Écoutez, fit la Médicis à voix basse. Entendez-vous avec M. de Bassompierre. Tout ce qu'il fera sera bien fait.

— Oui, madame; comptez sur moi. Mais je vous quitte, dit Anne en l'embrassant de nouveau.

Elles se séparèrent... Elles ne devaient plus se revoir. La reine, habillée à la hâte, rejoignit le roi dans la salle du conseil du couvent des capucins. Il ne faisait pas encore jour.

— Madame, lui dit-il, nous partons pour Senlis.

La cour résidait depuis deux jours au vieux château de cette petite ville, lorsque se présenta M. de Bassompierre, Gel affronteur de périls semblait venir défier ses ennemis.

Louis lui fit le plus gracieux accueil.

40 HISTollŒ DU l'AL.MS-HOYAX,

— Sirfl. j'firrive do (^ompiù^ne, <Iil-ll.

— .le l'onnHÎH voK bons stMitiinenls pour mmlanie ni!» mère, mar/Thal ; vou8 me Irouvez sans doute lii«Mi .s/'vôiv pour «'lie; niaiw j« suih décidr h nu- protéger contre* <li' «l«''U)yalt's iiitri^Mn»s nouri's ave»' <'ll«* «'l (taHton.

~ (Vost sans (louto pour cola, ri^pli((ua HasHompierre, (jut* Votre Maji-sté veut 111'' faim arr«Mt'r?

— Vous fairt' arn-lrr. vous, mon cousin?

— C'est un bruit fort accrédité en ce moment.

— Sur mon Ame. mon cher cousin, c'est une calomnie,

— .l'étais venu alin «le vous évit«^r la peine de me faire chert'her.

— Avez-vous pu le croire, et doutez-vous que je vous aime? (jessez ce discours, je vous prie, de crainte de m'offenser.

1^» maréchal fut retenu à souper et comblé do bontés.

r.e leiideiiiain, au moment où il traversait Saint-Denis, doucement assoupi dans son carrosse, il Jut arrêté parle sieur du Ilaliier, qui a))partenait au cardinal.

— Par saint François ! fit Hassompierre en se frottant les yeux, je vous attendais 1

— .T'ai le chagrin de prier M. le maréchal d'avoir la bonté de me suivre à la Rastille.

— Ah! c'est A la Bastille que le cardinal me loge. Mais, que ne me le disait-il hier? nous y serions déjà. .T'étais allé à Senlis pour demander au roi quelle juison il me destinait; mais Son Éminence a fait de Sa Majesté son disciple en hypocrisie. Je vous suis, monsieur; mais dites à votre maître qu'il ne m'envoie point le même cuisinier qu'à ce pauvre duc de Vendôme...

Les loisirs forcés de Bassompierre à la Bastille ne furent pas perdus, nous leur devons cette histoire.

Des principaux conjurés, il ne restait plus que Gaston d'Orléans qui lev.1 encore la tète. Il vint au Luxembourg la menace à la bouche, mais, après avoir été félicité par ses amis de rodomontade, il s'en effraya et s'enfuit en Lorraine.

Le cardinal pouvait se tenir pour satisfait, et il versa bien inutilement le sang du maréchal de Marillac, qui fut exécuté peu de temps après. Enfin allait-il s'installer dans son palais?

On venait de sculpter ses armes au-dessus de la grande porte ; et ces intéressants émigrants que nous avons vus prendre la route du Havre, les trente mulets, étaient venus déposer dans les caves du Luxembourg leurs mignons tonnelets d'or. Le cardinal avait de quoi pendre la crémaillère.

Cependant il ajournait la tète; il craignait d'exciter la jalousie du roi. Il supporta ce supplice de Tantale.

En 16.32, tout en soccupant à former sa magnifique galerie de tableaux, il eut à combattre la révolte à main armée de Gaston, —toujours, — de Henri de Montmorency et du comte de Moret, bâtard de Henri IV. Les révoltés furent battus à Castelnaudary. Moret y perdit la vie: Montmorency, blessé, fut fait prisonnier et

HISTOIRE r)U PALAIS-IIOYÂL

Les travaux furcut poussés avec l'aclivitti que le cardinal cxigei^it eu toyte eiilreprise.

décapité ; Gaston trahit ses complices, comme d'habitude, afin d'obtenir le pardon de son frère.

Pour Richelieu, la rébellion des grands seigneurs était une hydre ; il lui coupait une tête, il en repoussait deux. C'était peu. pour lui de tailler la politique européenne, il lui fallait prévenir les perfidies de Gaston et de sa mère, les intrigues de madame de Chevreuse, la femme la plus astucieuse et la plus remuante du monde, perdre un temps précieux à écraser des nains et des pygmées et souiller son histoire de sales taches de sang.

LiV. 6. A. Fayard, éditeur

IIISTOIKI-: in; l'AIwMS-HOYAL

Il lui fiillail encoro léconforlrr, ruiiiintr un iiionarquo buiik àino et Haiis «•^prit. jajitiix d'un pouvoir (lu'il hc sentait incapablo d'oxercor; diMMipor lc« faiitnuu's qui liantjiicnt son cervoau.

Kniln, après avoir fait décapiter Montmorency, Ir cardinal dut encore chasser le spectre du supplicié tjui harcelait I^uis XIII

Tons les mémoires du temps ont rapporté citie iji.sloiic cmiciisc

i: était à lÀ-onen. Le roi, suivi de queUiues gentilshomni''s, traversait une grande salle de l'édifice gothique ; les flambeaux que portaient ses valets de pied n'éclairaient (jue fail»lcm<nt cette chambre : la lumière était à ses cotés, l's ténèbres régnaient plus loin. Tout à coup, le roi s'arrête, recule de plusieurs pas, on portant ses mains devant lui, comme pour repousser uu objet horrible.

— Ah ! sécria-t-il, M. de Montmorency I... On s'empressa autour do lui.

— Ii;\ I lA!... cria-t-il encore en indi(|uant un olij<!t (luo son œil lixo apercevait seul.

Depuis r ' jour, il ne remit plus jps pieds à Ecouen. 11 se retira à Saint-Germain pour y aupi)orter une vie inutile et ennuyée; et le cardinal en prolila pour inaugurer son palais par une fête somptueuse. On joua enfin cette fameuse tragédie de Mirame, où l'auteur, faisant allusion aux amours d'Anne d'Autriche avec lord Buckingham, mettait ces deux vers dans la bouche de l'héroïne :

Je nie sens criiaiiipllc, riimant un étranger Qui met pour mon amoiu- cet État en ilanpcr.

Lamagnifioeni'û inouïe avec laiiucllc elle fut représentée néblouit personne et ne sauva point la pièce. L'abbé de MiU-olles, qui la vit représenter, va nous en dire le succès :

« Ilyeutau^^i, dans le Palais-Cardinal, force inaj^iuiK-encf pour la grande comédie de Mirame (jui fut représentée devant le roi et la reine avec des machines qui faisaient lever le soleil et la lune etpaiaitredansléloignementla mer chargée <lo vaisseaux. On n'y entrait que par billets, et ces billets n'étaient donnés qu'à ceux qui se trouvaient marqués sur le mémoire de Son Éminence, chacun selon son rang, son ordi'e et saprofession.il yavait desidacespourlesévèques, pourles abbés et même pour les confesseurs de M. le cardinal. Je me trouvai du nombre desecclédiasti(iues, et je la vis commodémeat; mais, pour dire la vérité, je n'en trouvai point l'action meilleure pour toutes ces machines et grandes perspectives. Les yeux se lassent bientôt de cela, et l'esprit de ceux qui s'y connaissent n'est guèreplus satisfait. Leprincipal descomédies, à monavis, est lerécit des bons autours, l'invention du poète et les beaux vers; le reste n'est qu'un embarras inutile.

« Monseigneur de Valencay, alors évêque de Chartres, et qui fut bientôt archevèqjie do Reims, parut en habit <'ourt sur la lin de l'action et descendit de dessus le théâtre pour présenter la collation à la reine, ayant à sa suite plusieurs officiers portant vingt bassins de vases dorés, chargés de citrons et de confitures ; ensuite de (luoi les toiles du théàti-e s'ouvrirent pour faire paraître une grande salle où se tint le bal, quand la reine y eut pris place sous le haut dais.

« Son Éminence, un pas derrière elle, avait un manteau long de taffetas couleur de feu, sur une simarre de petite étoffe ; et le roi se retira aussitôt que la comédie fut finie. Au reste, si je ne me trompe, cette pièce no réussit pas aussi bien que quelques autres auxquelles on n'avait pas encore apporté tant d'appareil. »

Le cardinal livra ensuite à l'admiration des invités, qui n'étaient pas tous des connaisseurs, sa collection de maîtres italiens, flamands, français et espagnols. Parmi ces toiles on remarquait le portrait de Son Éminence au-dessous duquel, avec une sorte de vanité indigne de lui, il avait souffert qu'on écrivît :

Hic stante, cuncta movcntur^.

Le lendemain, il trouva au-dessous cette réplique tracée au crayon blanc :

Erçjo cadente, omnia quiesceiit 3.

Il s'en montra blessé. Le géant avait ses petitesses. Quelques mémoires nous le montrent dans les familiarités de la vie intime prenant sa part de grosse gaieté aux bouffonneries d'Arlequin, de Golombine et du beau Léandre, dont les laz/i n'étaient pas d'un sel attique. On dit même qu'il leur emprunta un jour un costume, et qu'à la faveur du déguisement et du masque, après avoir dansé devant la reine, il lui tint le même langage qu'il avait jadis tenu à Marie de Médicis ; mais son discours, comme sa sarabande, n'obtint qu'un succès d'hilarité.

Non seulement il était grandcoureur de ruelles, mais il gaminait comme un page, faisait des niches à ses domestiques, leur pinçait l'oreille, comme Napoléon faisait à ses grognards, se cachait derrière un rideau avec une sarbacane; soufflait des boulettes sur le nez des passants ou des intrus hasardés dans son antichambre.

Le règne de Louis XIII est l'époque des parties fines. Le grand Armand aimait les soupers galants, mais sans débauche grossière, comme en a tant vu le Palais-Royal. Boisrobert en était, mais le P. Joseph, par exemple, n'en savait rien.

En somme, pendant les sept années qu'il passa dans son palais, le cardinal s'amusa moins qu'il ne l'avait espéré peut-être. Point de scandale. A vrai dire, le seul scandale du Palais était son luxe inouï quand on en connaissait l'origine, et que l'on savait que la reine mère, qui s'était sauvée de Gompiègne pour passer en Brabant, était sans ressources et devait bientôt tomber dans la misère.

Les dernières années de Richelieu, de 1638 à 1642, furent absorbées par la défense du royaume contre la formidable coalition des Espagnols et des Impériaux. Les premiers entrèrent parla Picardie, les seconds parla Bourgogne.

Les coureurs espagnols se répandirent rapidement jusque dans lilo de France. Paris s'en émut; la foule entoura le Palais-Cardinal, et le ministre n'osait plus sortir pour se rendre chez le roi.

On l'accusait d'avoir mis la capitale hors d'état de se défendre en comblant les fossés, en abattant les murailles pour faire des jardins.

1. Ici debout, il donnii 1(; mouvciiieul au mon(li\ 2. Donc, lui tomb»'*, lo nioade sera en ropo*.

MuiH bionl6t il comprit «{uo In prudcni^c était dans l'nuil.icc môme. Il monta PII raiTosso ot sans stjito, sans moii.s(juelairos ; il travrrsa la foule* inona<;;iiito et sp montra dans los rnos et sur los jdaiM's l«'.s pluH frcijuentéfM, salu;irit tout !•' monde, souriant et parlant au petit peuple, — inaugurant, sans avoir lu dan» l'avt'nir, la politiiiue du futur Palais-Iloyal.

Après avoir exhorté les i'arisions à Mt-ti servir I.' roi, il r.'uti-.i ili««/, lui enchanté de l'accueil ({u'il avait reçu.

Des enrôlements volontaire:^ furent organisés, des armées n iinprovir^érent. La guerre fut portée sur ton les les frontières ;\ la fois : aux Pays-lias, pour los partager avec la Hollande; sur le Hhin, pour mettre la main sur l'Alsace; en Allemagne, pour tendre la main aux Suédois; en Italie, on Espagne, pour s'eml»arer du Houssillon.

La France seconda ces grands desseins par des efforts prodigieux.

La Bourgogne s'illustra par rhéroï<iue résistance de Saint-Jean de Losne ; la Picardie, par le siège d'Arras. Le roi eoniballait au nord; le cardinal au midi, tout en menant la double politi(iue intérieure et étraii!.'ère. — One de pareils hommes sont rares, surtout de nos jours!

En 163H, l'Éminence grise, le P. Joseph, étant à la mort, Richelieu alla le voir et lui dit i)our le reconforter:

— Courage, père Joseph; Brisach esta nous!...

Mais î\ partir de 1640, lui-même déclina. La lame avait usé le fourreau. Il rentra chez lui épuisé. Pendant trois ans, il ne traîna plus quime vie languissante. 11 ne sortait plus qu'en litière... litière somptueuse et suivie d'un nombreux cortège de gardes et de courtisans.

Le 1" décembre 1642, il fut saisi d'un mal dont il reconnut aussitôt la gravité. Dès le lendemain, il voulut connaître la vérité sur son état.

— Parlez franchement, dit-il, à un de ses médecins.

— Monseigneur, dans vingt-quatre heures vous serez mort ou guéri.

— C'est parler cela, dit-il; et il manda le curé de Saint-Eustache qui lui apporta le viatique.

— Voilà mon juge, — dit-il quand on lui présenta Ihostie, — devant lequel je vais paraître bientôt; je le prie de me condamner si j'ai eu autre intention que le bien de la religion et de l'État.

— Pardonnez-vous à vos ennemis? demanda le curé.

— Je n'en ai jamais eu d'autres que ceux de l'État.

Il mourut âgé de cinquante-sept ans. Il légua au roi son palais, qui prit dès lors le nom de Palais-Royal ; et il désigna pour son successeur aux affaires le cardinal Jules Mazarin, Italien d'origine, entré depuis plusieurs années au service de la France.

Marie de Médicis était morte à Cologne, cinq mois avant le cardinal. Louis XIII les suivit de près, il mourut le 14 mai de l'année suivante.

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