‹ Histoire du Palais-RoyalChapitre 5 sur 126 · L'auleur îles .Vffj-j»/i · texte numérisé non relu

L'auleur îles .Vffj-j»/i

— A qui le dites-vous ! fit la Morlière.

Cependant l'heure avançait ; le Champagne et les beaux yeux de la dame mettaient à bout la patience du chevalier qui subissait le supplice de Tantale. Il devint pressant et rencontra la môme résistance.

— Cruelle amie, lui dit-il, si vous ne voulez point céder à l'amour, cédez au moins à la nature et, après un repas délicieux, veuillez vous coucher.

— Avez-vous donc sommeil ?

— Non, mais il estprès de minuit ; à cette heure on se met au lit. Souffrez que je vous y mette ; je me tiendrai à votre chevet, ou je me retirerai.

— Vous ne me quitterez point, et nous pourrons nous reposer tout habillés sur le sofa.

— Quoi! tout habillés... je pourrai vous laisser dormir, mais que je puisse fermer les yeux, ne le croyez pas.

— Attendez, fit-elle.

Elle lève, tire facilement le canapé en travers, en tire les coussins, les draps^ la couverture, et en un clin d'œil voilà un lit large et commode.

Elle prend un grand mouchoir dont elle affuble la tête de son amant, puis elle lui en présente un second en le priant de lui rendre le même service.

Heureux chevalier I II découvre la chevelure la plus belle du monde.

Elle rit de bon cœur, à ses cris de surprise et d'admiration. Il veut pousser plus loin ses découvertes, délace queb^ues rubans du corsage. Elle le repousse sur le lit ; il y tombe en l'entraînant avec elle ; mais elle est forte, elle lui résiste, elle ajourne un bonheur promis et n'accorde encore que les moindres faveurs qui puissent tromper la soif d'une passion ardente.

— Mon ami, lui dit-elle, une autre fois nous serons plus heureux. Apprenez de moi à souffrir l'abstinence. Je vais partir, mais vous, rien ne vous presse, et vous pouvez demeurer ici et vous y reposer.

Elle sonne. La même femme qui était venue la veille l'aide à changer de costume, et M"" de Flévillc est bientôt transformée en sœur Philomène.

— Adieu, chevalier, dit-elle, je t'attends après-demain pour m'indiquer la nuit que j'irai passer avec toi à Paris, et alors tu seras tout à fait heureux, et moi également. Adieu.

SUn'E DES AMOUUS DU CHEVALIER DE LA MOULIÈRE. — QUEL ÉT.\rr LE PROTECTEUR

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