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LOUIS-PHILIPPE I«% ROI DES FRANÇAIS

Le 0 août, MM. Guizot et de Broglie présentèrent un projet de modification de la Charte aussi peu libéral que possible. Avec une habileté jésuitique, ils pré-

sentaient l'acte d'abdication de Charles X comme le motif déterminant d'appoler au trône le duc d'Orléans et donnaient ainsi à celui-ci le baptême de la légitimité. Le travail de ces messieurs fut écarté. La Chambre écoutait un projet de M. Bérard lorsque le président, M. Eaffitte, fut averti que des groupes menaçants se formaient autour du Palais-Bourbon. Bientôt on entendit des clameurs s'élever et les cris : A bas l'hérédité I... A bas les traîtres I...

La peur s'empare des députés. La séance est levée en tumulte. La i)lupart entourent Benjamin Constant et Lafayette et les supplient de les protéger de leur popularité; d'autres courent effarés au péristyle pour y prendre connaissance du (langer. Tel est l'affolement de ces poltrons que quelques-uns ne savent plus ce qu'ils font ni ce qu'ils disent.

M. Girod rencontrant M. L'Héritier lui dit en passant :

— "Vous connaissez Montebello?

— Oui.

— C'était un brave, n'est-ce pas ?

— Assurément.

— Eh bien, sa fille est mon gendre.

Enfin, tandis que quelques députés se concertent pour protester contre les républicains seuls fauteurs du désordre, Lafayette va pour la dixième fois tromper le peuple au profit de la royauté. Il parait sur le péristyle du palais.

A sa vue on applaudit et l'on crie avec une ardeur nouvelle : Pas d'hérédité I

— Mes amisi dit d'un ton suppliant l'ami de la liberté américaine, mes bons amis ! nous veillons sur vos intérêts. Nous reconnaissons que nous sommes ici sans mandat. Mais retirez-vous, je vous en conjure.

Et le brave peuple se retire.

Afin de se dérober au public, le lendemain les députés furent convoqués secrètement pour huit heures du matin, à l'insu même des journalistes. Il s'agissait de faire un roi en cachette. On avait refait en quelques heures une Constitution suffisamment réactionnaire; il ne s'agissait plus que d'élire le duc. On trouva enfin une formule très habile à l'usurpation du cousin de Charles X. La voici :

« La Chambre des députés, prenant en considération l'impérieuse nécessité qui résulte des 26, 27, 28 et 29 juillet et de la situation générale où la France s'est trouvée placée à la suite de la violation de la Charte constitutionnelle ; considérant en outre que, par suite de cette violation et de la résistance héroïque des citoyens de Paris, le roi Charles X, S. A. Louis-Antoine, dauphin, et tous les membres de la branche aînée de la maison royale sortent en ce moment du territoire français', déclare que le trône est vacant en fait et en droit et qu'il est indispensablement besoin d'y pourvoir. »

Ce préambule était suivi de la déclaration suivante :

« La Chambre des députés déclare enfin que l'intérêt universel et pressant du peuple français appelle au trône S. A. R. Louis-Philippe d'Orléans, lieutenant

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