‹ Histoire du Palais-RoyalChapitre 69 sur 126 · Histoire fie In Restawnlion, par im homme d'État, 3 vol · texte numérisé non relu

Histoire fie In Restawnlion, par im homme d'État, 3 vol

464 HISTOIIii: l'i: I' \I.MS-ROYAI.

ces ra;irchnnd8 du Palnis-Hoval (|iii cha.ssî'renl do leurs galeries l'amour vénal et lojoii!...

Le ;{1 tléocmbro 18^0, :\ miiiuil, les jpux du Palais-Royal furont f'iiM'''i Poui la dernière fois le croupier na/illa : Messieurs, rien no va plus...

El au Palais-Hoyal rien n'alla plus... La (oulo émigra dans les nouveaux passages ouverts sur le boulevanl cl sur les boulevards eux-mêmes.

• Dépouillé des vices qui ont fail sa gloire, le Palais Royal, dit un d*» ses historiens, dorl aujourd'hui du sommeil de la vertu. >»

Que l'on n'exagère point cepon«lanl nnlro pensée; ce magnifique et cliarniant endroit n'est pas moit, comiuf» la placcî Royale par extMuple. Il n'est pas d'étranger qui nesoit curi'Mix de visiti r lunivre admirable de l'architecto Louis. Les riches magasins qui garnissent les galeries les arnHont à cha(|ue pas. De quatre à cin*! heures, du mois de mai au mois d'octobre, trois fois par semaine, un concert est donné par les musiques militaires. Ces concerts sont le rendezvous de la société bourgeoise, la plus parisienne de Paris.

Sous Louis-PhiUppe, comme aujourd'hui, il y avait dos concerts publias; ils étaient donnés par la musique de la garde nationale.

Sans les bonnets à poils, sans la garde constitutionnelle — arc-en-ciel de nos libertés, disait .\rnal, — rien ne se faisait, rien nétait possible.

Les autres objets d'attraction, les cafés, les restaurateurs, n'étaient pas encore entrés en pleine décadence.

Pour ramener la foule au Palais-Royal, on a proposé d'établir au jardin un panorama, ou do transformer cette agréable luomenade en un jardin d'hiver, mais ces projets saugrenus, même en cas de succès, n'auraient profité qu'à leurs entrepreneurs, et naturelleiijent ils n'ont pas été soutenus par les commerçants des L-alorios.

LE PARTI RÉVOLlTIONN'AinE ET LOUTS-PHTI,IPPE. — L\ VIEILLESSE PU ROI. — l'attentat de OlÊNli>SLl. —LE 13 JUILLET 18V2. — PRINCES ET PHINGESSEîr.

Nous passerons sous silence les événements politiques qui appartiennent à la seconde partie du règne de Louis-Philippe, et nous nous bornerons à dire que la monarchie de Juillet, mise chaque jour en péril par de nombreuses sociétés secrètes, des insurrections et des attentats, ne pouvait s'asseoir solidement. Les républicains qui n'étaient en 1830 qu'en faible minorité, faisaient des progrès considérable?.

Pour le plus grand nombre la République était la révolution, une sorte de dictature populaire qui eût permis de reprendre en sous-œuvre et de continuer la révolution de 89.

Bien qu'ils n'eussent aucun programme, aucune connaissance des problèmes surgis depuis trente ans, ils ne s'effrayaient point de replonger la France dans

HISTOIRPJ DU PAL.VIS-UOYAL

Mort (lu duc d'Drléaus.

un état violent de réformes politiques et sociales improvisées. En un mot le chaos de 1848 se formait.

Tandis que les Barbes, les BhuKfui, les Martin Bernard tentaient, les armes à la main, de renverser le gouvernement, d'autre part des rêveurs et des empiriques, saint-simoniens, phalanstériens, communistes, icariens , avec beaucoup de science et d'éloquence, proposaient de détruire la société et de la reconstruire de toutes pièces.

Enlisant aujourd'hui de ces insanités on demeure confondu; car leurs

LlV. ôy. A. Fayard, cUileur.

iWi IlIftJTOIltl': hl l'AI,AIS-li(nAI.

lulcurs u cliuonl pus ilos uliùiiûu puiHtjUf, plus Und, iU oui hu lairu de biilluulfh r-'ilunon, et It'ur ^rand air d'honnêteté ne permet pus de les prendre pour (!<••< iii\>itlticuteurs.

\ COUS de ces chefs d'école, on on voyult d'uutres qui, HomblubleM aux al. IiiiiiisleH du nioytMi Age, cherchaient Vabiolu, un gouvernoinont «pil n'eût pour luoteur ni un hninme, cointno sous la royauté dilo conslitutioniicllc ou la monarcliie absolue, ni une coteiioou une faction coninit' sous la Hépublique.

Enfin comme si ce n'était pas assez, beaucoup de citoyen» revenAioDt à une «iictaturo césarieiine. Les bonaparllstos, sans se dôcounij^or de la mort du fils de Napoléon, 80 ralliaient à lacaiulidatiire d'un nevou do 1 ♦•nipLiLiir. 1»; prince Louis, lils de la reine Hortense.

Cepcndinl que faisait Louis-Philippe? Uion. Il a été con^Utté que de IHIO a 1818 tout l'ellort du gouvernement i)our résoudre les (lueslionH d'uinélioralion sociale s'est borné i\ trois circulaires relatives au paupérisme, adressée» par le ministre de l'intérieur aux préfets et restées dans les cartons de l'administration. « On a reproché à ce prince, dit Daniel 8lern , • d'avoir manqué de gran-ii-ur, mais ce n'est point assez : l'histoire sévère doit lui repioclier d'avoir mau que d'amour. Non assurément qu'il ne fût porté par nature à la bonté, à la tolérance, h une sai^esse toujours inclinant an itanlon, mais sagesse et bonté demeuraient en lui stériles parce quelles n'étaient pas animées de cette chaleur généreuse qui font les rois pères du peuple. Louis-Philippe n'aima point les classes laiiorieuse», 11 les considérait comme une force aveugle dont on ne devait attcn- 'iro que du désordre. 11 n'aima point non plus cette bourgeoisie à la(|uelle il scflorçalt de complaire, car il s'employa sans relâche à l'asservir en l'avillasunl et se lit un jeu de tiumper le vieil esprit parlementaire et municipal qui vivait en elle, en masquant sous l'appareil de formes représentatives et du langage républicain un goiivrrneinent qu'il voulait exclusivement dynastique et person-

ïicl S'infatuant de la médiocrité de st.>

pensées à mesure qu'il les voyait plus généralement partagées; se félicitant de sa sagacité à mesure que le jxmvoir lui montrait les hommes plus facilement corruptibles; se riant de tous les conseils, s'isolant dans le sentiment d'une autorité que la vieillesse avait rendue jalouse, ce malheureux prince unit par devenir totalement étranger à son siècle et à son pays. »

Par un jeu cruel du sort il devait trouver sa perte dans ce qui faisait le sujet de son contenteiîient. Cette bourgeoisie qu'il avait façonnée à sa guise, ces égoïsmcs qu'il avait tournés à ses lins ne donnaient à son règne aucune base solide. Quand vint le jour de la lutte, lorsquil eût fallu faire appel au dévouement, il sentit je ne sais quoi de mou d;uis l'atmosphère morale. En méprisant les hommes il les avait rendus digues de mépris, et pour parler le langage de la Bible, « il avait semé la corruption, il recueillit la pourriture. »

En vieillissant il s'absorbait aub*i de plus eu plus dans les soius de sa uombi-euse famille.

Page 1