Huloùe de ta révolution dt ië
Après le duc d'Orléans, il lui fallut pourvoir se?; filles et ses fils. La princesse Marie épousa le duc de Wurtemberg, sa sœur Clémentine devint duchesse de Gobourg; enfin dans la famille de Saxe-Gobourg-Grotha il trouva une riche héritière pour le duc de Nemours.
En 1838, la duchesse d'Orléans mit au monde un enfant qui reçut en naissant le titre de comte de Paris ; un an plus tard la naissance d'un second fils fut sa dernière joie.
Jusqu'alors les craintes de l'archiduchesse d'Autriche Sophie ne s'étaient pas réalisées pour elle. Plusieurs attentants avaient été commis contre le roi, mais aucun n'avait menacé les jours du prince héritier qui, ainsi que ses frères, était très populaire.
Cependant le 13 septembre 1840, rue Saint-Antoine, au moment où les ducs d'Orléans et de Nemours s'avançaient à la rencontre de leur frère d'Aumale qui rentrait d'Afrique avec le 17« léger, un nommé Quénisset tira un coup de pistolet.
Pas un des fils du roi ne fut blessé, mais la reine et la duchesse Hélène furent atteintes au cœur. Quoi! déjà les sombres fureurs du régicide se portaient sur ces jeunes princes dont la conduite était irréprochable, sur ces vaillants soldats do notre armée d'Afrique, dont la France aussi bien que le roi pouvait être fièrel...
Ce Quénisset n'avait pas besoin de tant se hâter contre l'héritier de la couronne, la mort déjà s'apprêtait à le frapper.
Le 15 juillet 1842, le duc d'Orléans étant parti de Neuilly en voiture, ses chevaux s'emportèrent. Le prince ouvrit la portière et sauta sur la chaussée. Malheureusement ses pieds en touchant le sol portèrent sur les talons. Le choc fut rude et détermina une lésion de la colonne vertébrale. L'infortuné tomba la f;tco contre terre et expira sans avoir repris connaissance.
Un instant après les chevaux s'arrêtèrent d'eux-mêmes.
On transporta le mourant dans une petite maison qui se trouvait sur le chemin de la Révolte à l'endroit où s'élève aujourd'hui la chapelle commémorative dédiée à saint Ferdinand.
La famille Royale avertie accourut aussitôt. Nous laissons à penser quelle fut sa douleur.
Hélas ! mourir ainsi; pauvre prince, à trente ans ! Sans uu mot de sa femme, un regard de sa mère, Sans avoir rien pressé dans ses bras palpitants, Pas même une agonie, une douleur dernière! Dieu seul lut dans sou cœur riuefTable prière Que les anges muets apprennent aux mourants*.
Cette catastrophe consterna le pays. Elle toucha de pitié même les indififérents. Comme le disait encore le poète qui avait été son condisciple et qui était resté son ami :
<< A défaut de regret, qui ne l'eût respecté? Quel ennemi du père ose haïr le fil»? »