Alfred de Musset
\i;h ifi~rnn{i- du I'.vlaus-uuïai.
Tout 11' nioiiito aiiKHi ont li* |irt>»s<!iiliiiitMil <Icm cniiHiMpititircH {vjlititiueH de oolto caUistroplie. L:i tiouloiir clu'/. le roi précipita le pro^^rùs do la viinlIoKHC, or lin do SOS niiiiistros disait avoc jiistesso : « Je crains laoins la mort «lu roi quo sa radufil/'. »
IMtis il vioillissait, moins il acceptait la contradiction, plus il doven.iit despote-
L<< duc do Joinville écrivait >\ son frère de Nemours au sujet du suicide de notre ainlKissadt'iir à N'aples, M. Bresson :
" La mort do Brosson m'a funestù... Brosson n'était pas malad<» : il a exécuté son plan avec le san^'-froid d'un homme résolu.
* .l'ai reçu des lettres de Naples de Montessuy et d'autres qui ne mo laissent jjuère de doute. Il était ulcéré contre le père. Il avait tenu à Florence d'étranges propos sur lui : Le roi est inilexible. Il n'écoute plus aucun avis. 11 faut que sa volonté l'emporte sur tout. On ne manquera pas do répéter cela, et en relèvera ce que je re^'arde comme un |^Man<l dauf^er, l'action i\nr le père exerce sur tout, cette action si inllexil)le (jne htrsijuun homme d'État compromis avec nous, ne peut l;i vaincre, il n'a plus d'autre ressource que le suicide. »
Ou a dit ({ue l'auteur de cette lettre, M. de Joinville, se ])ermettait d'émettre franchement son avis aux Tuileries sur la politique de son père.
En admettant que cela fût (nous en doutons) le jeune prince n'avait point souvent le loisir d'exercer à Paris son influence; il était presque toujours en mer.
Les d'Orléans ont toujours tenu à avoir un marin dans la famille afin de garder les proues de la galerie orientale du Palais-Royal dans leurs armoiries.
.loinville, on s'en souvient, dirigea deux grandes opérations maritimes, le siège de Saint-.Fean-d'Uloa et le bombardement de Tanger. Cefut lui aussi qui eut l'honneur de ramener de Saint-Hélène les restes de Napoléon.
Ses frères, d'autre part, étaient presque toujours en Afrique. Louis-Philippe, depuis la mort du duc d'Orléans, n'avait dans son conseil privé personne qui pût lui faire entendre les conseils d'un attachement à la fois dévoué et indépendant.
Loin de le regretter, il s'en félicitait, dit-on. Il paraîtrait même qu'il était jaloux de la popularité de ses fils. Il se croyait aussi jeune qu'eux. Sa .santé robuste lui faisait illusion et en parlant de la régence, il ne craignait pas de laisser entendre qu'il comptait bien l'empêcher en vivant jusqu'à la majorité de son fils. Il n'avait aucune confiance dans les capacités politiques de la duchesse Hélène, plus formée à l'école des livres qu'à celle de la vie pratique. Lélève de madame de Genlis s'était toujours méfié des femmes. Son fils pensait comme lui. Il avait dit dans son testament :
« Si par malheur l'autorité du roi ne pouvait veiller sur mon fils jusqu'à sa majorité, Hélène devrait empêcher que son nom ne fût prononcé pour la Régence. »
Qui donc, dans sa pensée, eût été appelé à remplacer la duchesse ?... Le duc de Nemours ?...
Et cependant on croyait savoir que le roi, en tenant ce prince à récai*t de sa politique, n'avait jamais marqué sa confiance en lui pour h-s affaires.
On lui prête ce mot :
— Il est capable, disait-il, d'enlever le trône à son neveu et de le rendre à Henri V.
Il est certain que Nemours n'avait pas oublié les bontés particulières que Charles X avait pour lui et que peu de jours après la Révolution de 48 il se rendit près du comte de Ghambord afin de lui déclarer qu'il reconnaissait ses droits au trône de France.
Aux Tuileries, en plaisantant on l'appelait le légitimiste.
On l'aimaitdonc mieux aux camps qu'à la Cour. Dailleurs Louis-Philippe aurait pu s'appliquer le vers du Louis XI de G. Delavigne :
Je me vois dans mon père et me crains dans mon fils.
« Se souvenant, dit M. D. Sterne, de l'influence qu'avait exercée son salon sous le règne de Charles X, il voulait surtout éviter que les salons des jeunes princes devinssent des foyers d'opposition et de cabales. La dévotion de la reine servait en cela, comme en beaucoup de choses, la politique d'un époux auquel elle vouait une admiration sans bornes, et une soumission passionnée.
« Autour de la table à ouvrage de Marie-Amélie une étiquette rigide rassemblait chaque soir de jeunes princesses que le bruit des fêtes et des plaisirs, les images lointaines d'une vie libre et joyeuse, faisaient soupirer. Un ennui mortel glaçait ces réunions, d'où la gaieté était bannie comme une inconvenance.
« La duchesse d'Orléans pouvait seule, par le privilège de sa position, s'en exempter quelquefois. Assez mal vue du roi, qui la trouvait trop intelligente, objet d'un ressentiment caché delà part de la reine, qui attribuait à des alliances hérétiques désapprouvées par le ciel, la mort prématurée de ses deux enfants de prédilection', peu recherchée des autres princesses à cause de ses goûts sérieux et des ambitions qu'on lui supposait, la mère de l'héritier du trône se tenait à l'écart.
— On me traite de jacobine, disait-elle à une personne de son intimité. Un jour elle reprochait à M. Guizot sa conduite contre révolutionnaire.
— Ah! madame, lui répondit le ministre quand le National on \di Réforme m'adressent ce reproche, j'y suis préparé: mais il m'était permis de ne point l'attendre de la part de Votre Altesse Royale.
Le duc de Joinville, disait-on, la soutenait contre le duc de Nemours.
Il est certain cependant qu'au jour de la crise finale, Nemours se montra très loyal et entoura sa belle-sœur de l'afïection la plus dévouée. Ce prince d'ailleurs s'eftaçait volontiers.
« Le duc de Montpensier, au contraire, poursuivait la popularité, mais sans discernement. Il en aimait l'éclat et le tapage plus que les avantages solides ; protégeait avec ostentation, plutôt qu'avec goût, les artistes et les liommes de let-