‹ Histoire du Palais-RoyalChapitre 72 sur 126 · Le duc d'Orléans et la princesse Marie · texte numérisé non relu

Le duc d'Orléans et la princesse Marie

!n''>. Il» joiiriialisfi's siiiioiit qui piyaitMit ou /'loyi's hy|)oi'|»olit|iiCH Ioh [irivuitléH in.'ir'«'outuin<''es aux(|uolloH il.s so voyaient mlinin à VincomieH'. ..

Alt'X.indro Dumas rtait do tous |i> plus en faveur. Il avait OU''. Invil»'- au% noces (lu jeune prince avec l'infante liOuise, Hœur d'IsaltuUe U. et parties bon» mots et sa dôsinvolturo avait prouvé ù M.iirid quo pour lesliasconR(il l'ôluit de carao t«>ro) il n'y avait plusd" Pyréiit'i's.

Maintenant cela n'engaf^oait on rien. Le père do d'Artagnan en 1848 posa sa (Miiilidature coinni'* républicain, ce qui lui valut celte apostrophe spirituelle d'un pAlo voyou :

— Tais-toi donc I T'as encore dans la ^^ueulo un bouldci^are dcMontpensier. Pour terminer cette galerie de rapides croquis, disons que celui des princes

t[Mi prenait dejour eu jour linflueucc la plus si^rieuse «'•tait le dur d'Aumalo iiifelli^ionce cultivée et qui avait hérité d«>s (jualités politiques de son père.

Vers la fin de IS'iTil remplaraîiugeaud comme gouverneur de rAl^'érie.co«iuilil crier l'opposition, bien plus ombrnfr?use à cette époque qu'on ne la voit de nos jours.

XXXTI

SIGNES PRÉCURSEURS DE Lk RÉVOLUTION — MORT DE M\DA.ME ADÉL.UDE — LA COU- RUPTIOS — LES BANQUETS RÉFORMISTES — LAMARTINE — LEDRUROLLIN.

La mort subite de Madame Adélaïde parut à tout le monde un avertissement de celle du roi. Cette mort laissait auprès de Louis-Philippe une place vide que personne ne pouvait occuper. Seule confidente de ses pensées intimes parce que seule, par nature, par éducation, elle était capable de les comprendre, elle avait toujours pris une part considérable dans ses déterminations. C'était elle qui l'avait encouragé à prendre la couronne, elle qui lui servait d'intermédiaire dans les missions les plus délicates ou les plus épineuses. Sa perte afïecta tellement son frère que plusieurs fois la Bourse baissa au bruit de la mort du roi. Un jour M. de Rostlischild envoya son fils aux Tuileries pour savoir c^ qu'il en était. Le roi le devina aussitôt :

— Dites à votre père, lui dit-il en l'abordant, que je n'ai été ni saigné ni purgé. Il montait encore à cheval, mais il ne passait plus de revues. Le zèlp et

l'amour de sa chère garde nationale s'étaient altérés et même le Jour de sa ft-t»-. le 1" mai. il n'osait plus la convoquer ainsi que le faisait dire le Charivari au général .Tacqueminot :

■ Que les temps sont changés I sitôt que de ce jonr

Le belliqueux rappel annonçait le retour,

Des soldats citoyens, les cohorles foulées,

Du boulevard au loin inondaient les allées

Et tous bien Ocelés, rangés en bataillon

Sur leurs télés portant leurs beaux bonnet» d'ourson.

Tous joyeux à Philippe ils présentaient les arme».

L'hydre de l'anarchie arrêtant c« concours

En des jours ténébreux a changé ces beaux jonr>. ■

1. Le duc commandait à Vincennes et y recevait deux fois par semaine ilan« des appartements restaurés et ornt^s aver beaucoup de poftt.

11 arrivait mèuie ;i la garde montante des lïiileries de crier ttuus les lenètres du roi : « A bas la corruption I »

Ce cri était la note dominante des dernières années... Elle provenait d'un mal réel et profond qui chaque jour, par des scandales nouveaux, se révélait dans les classes dirigeantes, à la chambre, au Palais de justice, dans la chronique des mœurs que font les journaux. La corruption était partout dans l'aristocratie : Un grand seigneur était convaincu de fabriquer de faux jetons ; un aide de camp duroiétait surpris en tlagrant délit de tricherie au jeu ; le duc de Ghoiseul-Praslin, marié à la ûlle d'un maréchal de France assassinait à coups de couteau sa femme encore belle, et de moeurs irréprochables, afin de pouvoir épouser sa maîtresse, institutrice de ses enfants. Les détails atroces de ce crime, le nom, le titre de pair de France de l'assassin, répandirent l'horreur et la consternation. Le roi fit, dit-on, passer du poison au duc do Praslin qui se suicida. On a dit aussi qu'il l'avait fait évader et que le misérable avait été vu en Angleterre.

Presqu'enmême temps on jugeait aux assises de Toulouse le frère Léotade, coupable de viol et d'assassinat sur une enfant, la jeune Cécile Gombette. Dans l'industrie, la finance, les escroqueries les plus effrontées, les spéculations les plus scandaleuses rendaient suspectes toutes les entreprises. Le personnage de Robert Macaire devenait le type cynique des manieurs d'argent et des brasseurs d'affaires, et l'acteur Frederick Lemaitre, chargé de ce rôle aristophanesquc. prenait en scène le masque de Louis-Philippe; comme dans une pièce de Balzac, la Marâtre, il prêtait également la physionomie du roi au forçat libéré Vautrin.

Malheureusement de tels excès semblaient provoi^ués par les honteuses révélations qui éclataient à la tribune parlementaire.

«Des faits jugés impossibles se précisaient, se prouvaient. Tantôt c'était la vente dans un bureau du ministère de l'intérieur d'un privilège de théâtre, tantôt celle de la présentation d'un projet de loi, tantôt la protection accordée à un munitionnaire infidèle.

« Le scandale fut au comble quand un acte d'accusation amena devant la cour des pairs, un ancien ministre, M. Teste, président de la cour de cassation, grand officier de la Légion d honneur, convaincu bientôt d'avoir reçu une somme considérable pour la concession d'une mine de sel gemme. Un lieutenant général, M. Cubières, s'était fait l'intermédiaire de ce marché honteux.

« Les débats de ce procès mirent toute la France en émoi. La condamnation des accusés retentit jusque dans les profondeurs du pays. »

Cependant le cabinet, accusé des plus vils trafics, refusait l'enquête et la Chambre, se déclarant satisfaite, accordait un bill d'indcniiiilé à M. Guizot, que M. de Girardin accusait, preuves en mains, d'avoir vendu une pairie.

En 1847,1e discours du trône faisait baisser la Bourse, et lors de la discussion de l'adresse éclata l'aA'airo Petit, dans laquelle M. Guizot se trouva compromis.

M. Petit, receveur particulier à Corbeil, avait publié, avec preuves à l'appui, la scandaleuse histoire d'une convention faite avec M. Guizot, par l'entremise de son chef lie cabine t, M. Génie, et de M. Berlin, pair de France. Deux recettes

avaient iSlô <Schatigéo8 coiitro hi diMiUMsion d un consoilltT à l:i (.ioiir des coiiipU'M, •sur la charge duquel le niiiiislru avait jeté leH yeux i)our rôcoinpeiiscr une do ses rréalures.

MM. Alcni-Housseau et Petit avaient négocié relie domistinn nu jnix de 45,(K)0 francs d'argent comptant et d'une pension viagère df Và)0 fraiioi . .

Iiiler|)t'llt'' i\ la ('.lianihrc, le ininislre no peut contester les l'aith, il se borne à déclarer (ju'aucuu abus semblable ne s'est renouvelé depuis deux ans; et M. de Tocqueville prououce son oraison funèbre en déclarant que .V. Guizoï a perdu ion prestige d'austère probité.

Mais ce n'est pas tout, on ne sait où s'arrêtera ce débni il •iiphI dr révélations honteuses; un député apiuend à la Chandjro que les fonds d'une souscription de bienfaisance ont été détournés et distribués par un prélcl, au piolit d'une candidature ministérielle.

LaFrance, honteuse de son {^'ouvcrncuitiit. rédauK'à L'iainU cris une réforme électorale.

Dos ban(juets réformistes sorj^auiseul.

A Mikon, l'auteur populaire de Y Histoire des Girondins, Lamartine, dont l'œuvre oubliée aujourd'hui et toujours admirable passionnait alors la France, prononçait un discours où il annonçait la chute prochaine delà royaut»' :

• Si, disait-il, la royauté s'entoure d'un aristocratie électorale, s ;i>,sucie aux sourdes réactions de sacerdoce, se cami)e dans une capitale forlitiée et désarme peu à peu la nation comme un vaincu; si elle parvient à faire dune nation de citoyens une vile meute de trulicpianls. n'ayant conquis leur liberté au prix du sang de leurs pères (juc pour la revendre aux euchères des i)lus sordides faveurs... si elle fait rougir la France de ses vices officiels, si elle nous laisse descendre jusqu'aux tragédies de la corruption... si elle laisse affliger, humilier la nation par l'improbité des pouvoirs publics, soyez-en sûrs, elle tombera, cette royauté, elle tombera, non dans son sang, comme celle de 89, mais elle tombera dans son piège! Et après avoir eu les révolutions de la liberté et les contre-révolutions de la gloire, vous aurez la révolution de la conscience publique et la révolution du mépris! »

Au banquet de Châlons, Ledru-Rollin porta un toast à la Convention et déclara ({uon se préparait à une révolution et que l'on ne reculerait devant aucune de ses conséquences.

L'agitation des banquets hâte la catastrophe et l'on commençait à sentir la fermentation àlaipielle on recomiait l'approche des grands soulèvements populaires.

Une insulte plus grave que le coup de pistolet de Quénisset avait atteint un lils du roi dans le faubourg Saint-Antoine.

Au retour dune fête donnée à Vincennes par le duc de Montpeusier, les équipages armoriés avaient été hués. On avait lancé des pierres dans les glaces des voitures eu criant : A bas les voleurs! à bas les corrompus!...

L'opposition ayant décidé de se réunir dans un banquet, au clos Nitot, situé près des Champs-Elysées, le gouvernement la lit prévenir qu'il s'opposait à la rJuniou.

HI^TOlUb] DU PALÀIS-HOYAL

La galerie d'Orléans.

L'opposition hésita et ajourna le banquet et enfin, le 19, tit publier dans le National la note suivante : — La commission chargée de l'organisation du banquet du deuxième arrondissement a décidé que la manifestation aurait lieu irrévocablement mardi prochain, 22 février, à midi. »

Cette note fut suivie de près par la publication d'un programme de la cérémonie dont Armand Marrastfit un véritable manifeste.

Lo gouvernement répliqua par une proclamation, où il invitait les ha])itants à s'abstenir de toute manifestation. — 2*^ Par un arrêté qui interdisait le banquet.

LiV. 00. A. Fayard, Kditeur.

no

— M* IImo onlouuiiMi'o rontro les altroupninpnts 'i l'nf» pcorlain.ition aux j;;inlos nationaux.

Mais après avoir rimvo(|ur lf> poupU» sui* la place pulili<|iio, l<»s déput/'H Hainis (I.> pour à la voillr» du banquet r«'<Mi1«"'r'^rd malgré l'entraînante ««loquenre i\f> I.aniarline.

Lnr55»ju'ciitiii, i iiiiiniil. on \ iul lui .innniic'.'i- ([iif !•' toiiiit'' ri'iioiiriiit à la manifestation

— Kh bien, dit-il avec calme, la place df la Concorde dftt-elle être déîMîrte, tous les dt''putt'>s diissont-ils so retirtM- de leur d.'voir. J'irai seul au banquet avec mou Giijbre derrière moi.

D'aJitre part, aux m»Mnes heures, le comité électoral du deuxième arrondissement rédigeait une lettre où il di'mandait la démission en masse de tous les députés, seule mesure rapnhh: de dnnuer satisfaction à l'opinion publique. — Dans les bureaux de la Rt- forme (\o'< républicains déformiiiés se déclaraient j»oMr nn^pri^p darmes.

Nous touchons à 1 heure critique poui- la mnn;irchie d <)rir-ans. Aprrs avoir assité à son laborieux enfautemont au Palais-Hoyal, on voudra connaître s;ins doute son ajîonie et sa mort aux Tuileries.

Tout en évitant, autant que possible, d'entrer duns tous les détails d»* la révolution do 18 et de répéter ici ce que nous avons dit ailleurs, nous devons, par le récit anecdotique des événements de février, compléter l'histoire des princes d'Orléans.

C'est à eux surtout que nous désirons vous intéresser, puisque depuis si lon^'temps ils ont été les héros de notre histoire. Quand ils auront quitté la France, nous n'aurons rien à vous dire de ceux qui les ont remplacés au pouvoir.

La république de 18'i8a laissé dans le silence et l'ombre le Palais-Royal: mais nous ajouterons quelques lignes à l'histoire des princes exilés, pour ne nous occuper ensuite que du nouvel hùte du Palais, le prince .Tér(')me- Napoléon.

Page 1