‹ Histoire du Palais-RoyalChapitre 75 sur 126 · Voir nolro Histoire des Tuileries · texte numérisé non relu

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ii'on. il y avait un intérêt commun à tous los Honaparto ot (l'ailJourH, la priKoii (lo Ilaiu semblait avoir mûri lu c.aracli're du pr('*toiMlant qui manœuvrait avec autant du pru(l<>ti(-o tiiicillcibiluté.

Le l<i mai IH'i'.Mc prinro Napol''"M lut .'lii «lûpulô par le dôpartomciit -'■• !i Sarlhti.

Son rousin, devenu président du la iié]>ubliquo, crut pouvoir l'envoyer on Espagne conjmc ministro pliMiipoluiitiaiii' ; dans (juol but?... Nous avouons l'ignorer. Kt pounjuoi, au bout do quelipics jours, lo ministr»; quilla-t-il brus- «luoment son poste pour ronlrer h Paris, ce qui obligea le gouvernement à le révoquer? La surprise fut [^raiido à l'AsstMublée en lu voyant ainsi ruparaltru, et clic s'accrut encore en le voyant <|ui(ter les bancs du contre gaucbe pour ceux de la montagne. On discutait alors la loi Falloux. Le prince était, comme aujourd'hui, passionnément antielérical. La politi(iue du président, «pii était favorablu au olerijé, était eontrain' à ses opinions personnelles et sans doutt* il était désireux d'en témoigner. Mais, pour ses anciens amis politiques, cette attitude nouvelle était une trahison. Ils l'appelèrent le prince de la Montagne, il prit plusieurs fois la parole et révéla un talent d'orateur encore mal assoupli aux exigences de la tribune parlementaire, et dont la rudesse n'était pas sans originalité. Le 2 octobre 1849, en demandant le rappel des déportés de juin, il souleva des orages. Lorsque l'Assemblée, engagée dans une réaction à outrance, discuta la loi du ;'.l mai, on se rappelle que M. Thiers soutint cette loi, faite contre la vUe multitude. Le prince Napoléon répondit à l'ancien ministre de Louis-Philippe que la vile multitude avait prodigué son sang pour la liberté d'abord, la gloire ensuite, et (pie, même après Waterloo, elle eût encore sauvé la France, si les chefs de la bourgeoisie le lui eussent permis.

En votant la loi (lui mutilait le suffrage universel, le principe même de son existence, une loi en quelque sorte parricide, l'As.semblée porta à la i{épublique le coup le plus funeste et se suicida.

Cette loi fut la première arme que ramassa contre elle l'auteur du coup d'État de décembre, et l'attentat du président s'autorisa ainsi de l'attentat commis par l'Assemblée.

Le prince Napoléon ne pouvait ignorer complètement la conspiration dont l'Elysée était le foyer, mais il n'y prit aucune part. Les historiens du coup d'Étit ne disent pas un mot de lui et semblent avoir oublié son existence.

Après les journées de décembre, il ne se montra point davantage, ni à l'Elysée, ni dans les cérémonies publiques. Son père, l'ex-roi Jérôme, se tint de même à l'écart. La famille n'était pas encore hiérarchiquement organisée et, pour la présenter à la nation, le prince-président attendait qu'il fût empereur.

Après le 20 décembre, la nation l'ayant par un plébiscite amnistié du crime de décembre, Louis-Napoléon put considérer comme terminé son stage présidentiel à l'Elysée et se décida à s'installer aux Tuileries.

A peine fût-il dans l'ancienne résidence de Louis-Philippe, qu'il rendit deux décrets concernant les biens de la famille d'Orléans. Goiniae épilogue à notre histoire des ducs d'Orléans, nous croyons devoir les reproduire ici :

L'impératrice fut amenée à de» comparaison» singulières.

« Considérant que les gouvei'neinents qui se sont succédé ont jugé indispensable d'obliger la famille qui cessait de régner à vendre les biens meubles et immeubles qu'elle possédait en France ;

« Qu'ainsi, le 12 janvier 1810. Louis XVIII contraignit lés membres de la famille de l'empereur Napoléon do vendre leurs biens personnels dans le délai de SIX mois et que, le 12 avril 1832, Louis-Philippe en agit de même à renard des prmces de la famille de Bourbon ;

« Considérant que de pareilles mesures sont toujours d ordre et d'intérêt public;

LiV. 63. A. Fayard, éditeur.

41W msTollU: 1)1 l'\l-AlS-HOYAI,

• U>»'j»ijour(i liui plus que juinuis do huutoH considération!* politiques commandent impériousemonl do dimimi» r l'innuencc quo donne à la famille d'Orléans la possession do prés do 300 millions d'immeubles en France,

« D^T.nf.TK :

• Am . 1'". Les membres de la famille d'Orléans, leurs époux, «•pousc» et deseciid;iiil> ne peuvent posséder aueuns meubles et immeubles en France; ih seritnt tenus de vondie d'une manière drtinitivo tous les biens qui leur appartiennent dans l'étendue du territoire de la Républi<pie.

« Aur. II. Cette vente sera ctTeetuée dans le délai d'un an, à partir, pour les biens libres, du jour de la i)romulgation du présent décret et, pour les biens susceptibles de liquidatif)!! ou discussion, de l'époque à laquelle la propriété en aura été (létinitivemeiit fixée sur leuis tètes.

« Akt. III. Faute d'avoir elTectué la vente dans les délais ci-dessus, il y sei-a procédé ;i la dili^jence de l'administration des domaines, dans la forme prescrite par la loi du 10 avril 18;Ji.

« Le prix des ventes sera remis aux propriétaires ou tous autres ayants droit, t Fait au palais des Tuileries, le 22 janvier 185i. »

On ne peut contester la ju-<tico de ce décret. Le second décret, établissant la distinction qui existe entre les biens apanages et les biens patrimoniaux, frappait de nullité la donation consentie par Louis-Pliilipi)e au profit de ses enfants en ce (jui concernait les biens apana«,'és, et ordonnait le retour de ces biens à l'État.

Tout ce qu'on peut blâmer dans les décrets du •2-2 janvier, c'était l'arbitraire dont usait le président en disposant des biens confisqués de sa propre autorité. Il en fît trois parts : une pour la classe ouvrière, une autre pour le bas clergé, une autre enfin pour l'armée. Les millions furent mis à la disposition des .sociétés de secours mutuels et des logements d'ouvriers; puis, d'autre part, d'une caisse de retraite des desservants pauvres et dune dotation au profit des officiers de terre et do mer.

C'était arbitraire mais intellii^'ent et, en définitive, les d'Orléans n'en furent pas ruinés. Il leur restait une centaine de millions de i)ieus, en attendant les cinquante millions que leur donna l'Assemblée de 1871.

Le 7 novembre 1852, le peuple fut convo(jué dans ses comices pour accepter ou rejeter par un plébiscite le rétablissement de la dynastie impériale dans la personne de Louis-Xapoléon Bonaparte: 8.82i,189 sufl"ragcs, contre 253, 145., se prononcèrent pour le rétablissement de l'empire. L'empire fut proclamé le l^' décembre.

Dans le courant du même mois et par un décret daté de Compiègne, l'empereur désigna le roi .Jérôme ou son fils ou leur descendance màie pour lui succéder s'il venait à mourir sans postérité.

Le Palais-Royal leur était donné pour résidence. Il va sans dire que le prince laissa à la porte du palais ses opinions républicaines ; cependant, voulant se con-

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former aux traditions de son nouveau séjour, ii garda dans son bagage l'esprit d'opposition et d'indépendance philosopliique qui fut le plus bel apanage des d'Orléans jusqu'en 1830.

Enfin avant d'occuper ses appartements, fraîchement décorés, le prince Napoléon, devenu prince français, avait été nommé grand'croix de la Légion d'honneur et fait général de division, « attendu, » disait le décret concernant le « bienaimé cousin, » que, placé sur les marches du trône, il devait en être un des plus fermes soutiens et figurer aux premiers rangs dans la hiérarchie militaire.

Nous allons voir bientôt comment cette vaillante épée servit la France, protégea le trône et contribua à entretenir le prestige de la gloire militaire.

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