L'éloquence du prince Napoléon
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* JiU Ole allli^^o; lo mot est justr. iniiirusHc ; lu kltrc m ellr-uniuo .•-,1 vxienttv9... Deux seuls journaux se sont iV-jouis do la li-ttrc, ce sont <loux journaux royalistes. 11 y u un proverbe oriental : a Vcux-lu savoir si tu a» commis une faute ?He^artlo ilaiis les yeux île ton »'nneMii. «
« Votre jugement sur le discours m'a paru rapiiroclier du vrai. 11 est bon .ju il y ait plus d'un côté dans rinteri)rétation naiwléonienne. Le prince représente linlerprélation démucratiiiue, patrioli<iiit; do ISl.j — bleue. 11 peut y avoir des nuauces au bleu. Mais lo blanc no sera jamais une de ces nuances.
«« Lo vieux Laurent (de lArdèche), qui a assisté à 1815, disait hier : « 11 a été frappé pour avoir parlé en Bonaparte et sous un Bonaparte, n C'est 5*affaiblir pour le chef de l'État (luo de se retrancher son côté gauche et de dire tout haut : «C'est un ami de mes eniieuiis. »
« Combien de gens ne se rattachaient nu gouvernement de l'empereur que par une adhésion ou une conliance plus ou moins vague, plus ou moins confuse aux sentiments du prince Napoléon, dans lesipiels ils croyaient voir des indicateurs, des précurseurs d'autres sentiments impériaux I Les voilà avertis et dé-sabusés. El maintenant, «pie faire?
« Je suis assuré que l'empereur regrettera, dans sa boulé et sa justice, ce ((u'il a fait. C'est alors, princesse, — c'est bientôt (pie vous pourrez intervenir; — et dès à présent vous le pouvez auprès de votre frère. Très probablement on le pressera, on le priera de garder la présidence de l'Exposition universelle (juc, seul, il est en état de tenir en main; mon sentiment serait, qu'après une résistance honnête, il cédât ; (pi'// permit à l'empereur de regretter ce qui s'est fait, de le réparer en partie... eiilin qu'il ne fermât pas accès et jour à une réconciliation; qu'il ne fût pas irrité au delà de ce qu'il faut. Je suis sur que le pays lui saura gré de la modération qu'il montrera en ce sens. 11 ne faut pas laisser les ennemis se réjouir et triompher à leur aise d'une zizanie qui afflige les amis sincères et serviteurs de l'empire. »
Les amis sincères avaient bien d'autres sujets d'aflliction. Ils déploraient la politique cléricale et les incartades des amuseurs de Compiègne ou des Tuileries, cette légèreté ({iii fit tant crier à la corruption.
« Savez-vous (j[ue jeudi dernier, à ce qu'on appelle le bal BuUicr ou la Closerie (les Lilas, le rendez-vous des étudiants, se trouvaient... qui?... M. de C... et ^p.io ^|^, p YQ^g voyez bien qui. Ils avaient dîné chez Magny; au sortir de là, ils allèrent au bal. C... y est connu des étudiants; elle fut reconnue elle-même, et c'est aujourd'hui la fable du quartier latin. Les étudiants et étudiania s'abordent depuis trois jours en se disant : * Éliez-vous jeudi àBuUier?... Y avez- vous vu C... et M"'° de P...? Je vous assure que c'est d'un elfet prodigieux, et que ce monde-là trouve que c'est incroyable, car on y u son genre de goût et de bon sens. Ou y est un peu fou, mais pas de cette folie-là
• J ai lu l'article de D... ^Deschanelj, il est assez piquant, en effet. D... n est pas de mes amis politiques^ mais c'est un honnête esprit ; il est fort instruit, et, ce me semblej assez tolérant. 11 est peut-cire du petit nombre de ce bord qui méri-
terait un appel bienveillant ot qui aurait le bon goût d'y répondre. Il a été longtemps en exil et il y a vécu on faisant des cours. Il me paraît gentil ot non sauvage.
Le confident de la princesse se permet souvent de se railler de l'empereur, mais avec une grande modération de langage.
« La situation de la presse est singulière et ridicule. Le chef gardant un parfait silence qui laisse le champ libre aux conjectures, chacun de ceux qui y ont intérêt essaye de le tâter pour deviner le fin mot, et il y en a même qui ont l'impertinence de croire qu'il n'y pas de fm mot arrêté et qu'ils pourront, à force de démonstrations et de tapage, en suggérer un. M. de la G... (de la Guéronnière\ est dans ce cas, il l'a dit à Nisard qui s'est refusé à ce vilain jeu. Selon M. de la G..., le chef n'ayant pas de projet, ni de résolution arrêtée, on pourrait agir sur lui et lui insinuer un projet autre que celui qu'on lui suppose : On lui ferait son opinion f
« Un grand chef habile et qui a tant de fois fait preuve de souverain ne saurait prolonger indéfiniment une situation où il a l'air de douter, de ne pas savoir, d'avoir la volonté malade. Que cela finisse donc' I Qu'il y ait un beau coup de tonnerre qui remettra tout le monde à sa place. La France n'est pas de ces nations qu'on tienne avec le système du bec dans l'eau. »
De temps en temps le correspondant de la princesse signale des points noirs, A propos du banquet de Bruxelles en l'honneur des Misérables ':
■v^j( Voici, princesse, cette brochure qui contient le récit complet du banquet de Bruxelles. Faites-vous la lire ; ne vous rebutez pas de quelques emphases et expressions ridicules : pour moi, je suis frappé de cette démonstration d'un Coblentz menaçant et triomphant. On ne se doute pas de cela à Gompiègne, dans cette atmosphère isolée et dorée. Eh bien, la jeunesse qui lit ces choses et qu'on n'a pas pris soin de rallier, s'en enflamme, elle accepte tous ces grands mots à moitié vides, mais si sonores ; des hommes graves s'y prêtent et y ajoutent de l'autorité. Sont-ce donc là nos envahisseurs de demain? nos prochains émigrés rentrants? Tel est ridicule aujourd'hui qui ne l'est pas demain. » Encore à propos de l'engouement français pour les grands mots :
« Cette nation n'est pas raisonnable. Les mêmes hommes qui seraient le plus attrapés du monde si on allait là oîi ils nous poussent et qui y ont été attrapés déjà, recommencent le même jeu; ces imprudences semblent incurables chez nous. Nous nous payons de mots quand un mot d'ordre est trouvé et qu'il résonne assez bien à l'oreille et à l'imagination, chacun le répète et cela devient un cri qu'on dit celui de la nation et de l'opinion. Peuple léger, peu sûr, que le nôtre et qui n'est qu'agréable. »