‹ Histoire du Pape Alexandre VI, et de César BorgiaChapitre 3 sur 7 · D'ALEXANDRE VI · texte numérisé non relu

D'ALEXANDRE VI

ET DE

César Borgîa eut pour père Rodrigue Lenzolio » qui , ué d'une des sœurs de Calixte lil , avait su , mieux que les autres neveux du Pontife, obtenir de lui ces faviîurs, ces hautes préférences, ces privilèges du sang, qu'on appelle à Rome nc|>otisme, et qui alors étaient phts éclatans que jamais. Calixte avait donné à Rodrigue sou propre nom de Borgia.

• La mère de César se nommait, selon -quelques-uns, Catherine; selon d'autres, Rose. On l'appelait plus généralement la Fannozza :. c'é-

tait peut-être le nom de sou obscure famille. Celle de Rodrigue tenait un rang distingué à Valence, ea Espagne, et le neveu ehéri de Galixte était venu fort jeune encore à la cour de Rome, pour donner un vernis de politesse aux qualités odieuses qu*il tenait de la nature.

La Vannotza, artificieuse tomtùû }a plupart de ses compatriotes italiens, était devenue la plus adroite courtisane de son temps.^ Rodrigue, tout en se livrant aux poursuites de l'ambition la plus effrénée, ne négligeait point les plaisirs. Il y portait cette extrême licence de mœurs qui parait être, aux yeux de certains grands, un privilège du pouvoir. Parmi toutes les femmes qui cherchèrent à le captiver, la Yannoziza réussit le mieux. Jusqu'au moment #ù on le vit monter aux dignités les plus éminentes de l'Église, il lui accorda tous les honneurs publics d'une compagne légitime. La fécondité de cette femme fut un lien nouveau dont elle enchaîna son amant. Il eut d'elle quatre garçons et une fille.

César, le second par la naissance, devint le prenaier dans l'affection des auteurs de ses jQors, non tout-à-fait à cause des agrémens de sa personne, car sacomplexion extrêmement sanguine

donnait 9 dit^on, à son viaage un tètût et nb air repoussant (*), maispar la hautçur et la viTaeité de son esprit , qualités t<mjours chères* à des pa^rens ambitieux. Là Tannozza fit la praoïttie «dnci^mi de César «t de tses aiKtfesâs. On ptéh sume bien qods «eniiiMSÉ» €^et«6 feumnie leur inspira.

Parvenu àTâge où les soins maternels ne sont plus nécessaires^ et après arolr acquis tc^te llnstruction qui peut étie puisée dans les. basses triasses, 6ësar, à qui son père^ profitant d'un abus alors commun, avait déjà fait obtetiirTarchevéché de Pampelune, ftit etiv^jéà Pise, dont TuDiversité était célèbre e» ôe; temps-^là par la quantité de noblesse qu'on y voyait accourir. De jeunes princes ainsi que des cardinaux, revêtus de la pourpe avant la maturité de f âge, y venaient chercher des connaissances qui^ dans un siècle 91 dissolu ^ étaient pourtant jugées indispensabJee pour arriver aux dignités de l^lise^

(*) Çuwi fûciem 4i&o ruhore âuffu^ln iéibfrculiê qui sauten Uviter expuerunt redundantem^ ocutosoi^ introrsus recedentes, et atroci vipereoque obtutu scintillantes ae igneos ostenderet, quos nec amici quidem et fatniliares cotituendo ferre passent, etc. I^rtii Jote. ' .. )

. Cène fut. poiQt.seulemjeot. aux. travaux de resprlt que s'appliqua César, avec un succès d^m il donnai des preuves dans les thèses publiques ; les exercices du corps furent pour lui une autre ^^ârrière .de triomphes. A la lutte, à la course, ttu jeu de bagues, dans l'adresse à lancer des javelines ou à faire voler la tête d'un taureau furieux, le jeune archevêque n'avait point d'égaK

Cependant la chaire apostolique fut laissée vacante, en 14*9^» p^r la mort il'Innocent YIII^ prince de la maison Cibo. Les cardinaux se formèrent en conclave au. nombre de vingt-trois. JEn y comprenant les absens, ils n^étaient pias plus de vingt-sept en ce teiDps^là* On a observé que les papes à qui l'Église doit l'augfmentatioa progressive de césgrands dignitaires , furent précisément ceux qui les respectèrent le moins ^ et qui ne craignirent pas d'en persécuter plusieurs^ d'en comldmner à Texil et même ài la mort..

Sous le grand Sîxte-Quint, le nombre des cardinaux fut limité pour toujours à soixante-dix. Ce nombre rappelait celui des vieillards que Moïse choisit dans tout Israël, pour raccompagner sur la montagne où il allait recevoir la loi.

Rodrigue Lenzolio était le premier du sacré

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cx>llégepar Tancienneté, le créditet la richesse, maïs bien certainement lé dernier par le méiJte de la conduite et les mœurs. tJne feinte modération , des manières pleines d'humilité , et surtout de larges promesses lui gagnèrent d'abord ceux de ses collègues- qm, ne lui étant opposés» que par des motifs d'intérêt particulier, se trouraient d^autant plus propres à selaisser corrompre. Les autres, que n'éblouissait point L'éclat de l'or, etàquidès airs étudiés , mais nouveaux et démentis par toute une vie antérieure, n'imposaient^ nullement, furent contraints néanmoins de «céder au torrent de l'intrigue.

Complices forcés d'une extravagantie^élcctîon,' flè ne purent repousseîr de leur esprit tin ètn&ti^ présage. Il leur sembla' qu'ils donn^fent, avec les cleÉs de Pierre, le glaive de Paul à un homme qui n'en ferait usage que pour les exterminer. Présage vérifié dans la suite , quand le repentir accrut la punition sans diminuer la faute. Mais laissons- jouir quelque temps encore de leurs lucre3 à la chancellerie, de leurs beaux parlais, de leurs ipeublçs somptueux, ces hommes qui viennent de mettre .leur conscience à l'encan, et qui seront choisis pour premières victimes.

Bo^ijgu< Lensolîo, autrement dit le cardinal Bdgia , itsî doAc monté au siège de saint Pierre. U a pris le nom d'Alexandre YL L'avis de son exaltation vient d'être porté '4 toutes les cours chrétiennes ; et partout on blâme ce choix d'un homma^ d^»s la vigMCor de l'âge , et qui, placé auparavant à la tête des attires par son oncle , avait déjà donné des preuves nombreusesde dis-solution 9 de rapacité , de perfidie. On rapporte que Ferdinand P% rojde.NapleSt un desprinees les plus distinguiésdesontc^ips par ses lumières, et qui 9 saos la mort du pape Calîxte, allait voir, peut-être , son roya.mn6 envahi par des armes étrangères que secondaientles iûtrigucsde Rome, dit à quelques-uns de ses plus familiers, en ap* p^mUX h Jïomii^ation i^ Rodrigue :« Je suis »loin de m'^nxéjoùir, et, selon moi, aucune » personne de bon sens ne doit s'en féliciter. ».Borgta fut toujours un méchant homme, et le Mera encore qiuoique pontife. Mais quand morne «ilserait bon et juste , quand memeison élection «âeraît agréable à tous les autres princes, elle ne ^saprait l'être à £eux de la maison d'Aragon, >^eneore qu'il soit né leur sujet et qu'il leur doive »]û principe et les progrès de sa £ortune : il est «•d'un caractère à nous haïr d'autant plus que > ses obligations envers nous sont plus grandes.»

Césav-Borfia, qui poursuivait ses études et ses exerdecs à l'unnersité de Pise, comme nous Tafons dé)à dît^ ne pouvait être un des derniers à qui la grande nouvelle serait apportée. Depuis qu'on ne voyait plus des soldats s'élever à l'empire, et de simples pâtres s'asseoir sur le trône du oi^Mide^ était-il en effet un événeû^ent qu'on dût s'empresser davantage à publier que le transport de la tiare dans une famille dont elle MAwaif la fortune..

La jùit de César futextrême^ el^ devait passer toutes les bornes pour être. en Jf apport avec l'and«ee de sbn. ^imbitioia; Une. seule chose jp^ut* être eh modéra l'essor : dans l'arrogance effr^ffi^. de ses désirs, le bâtard do Pape s'était attendu à cette élévation de son père. Impatient de recevoir des hommages plus empressés et pjkis bas que ceux dont il pouvait être l'objet à l'univer* site de^Pîse^ il ^e> vendit à «Home ^ân^po^t^ 'S^v/^Q quelques^n$ de sesfamilteis. Ses espérances n'y furent point trompées ; il se vit tri»>ter comme un homme qui, bientôt rev^êtude h pourpre»

allait participer dans la )vtUè saijate k Vexeiciae. du pouvoir suptémfe. Descendu au Vatican^ il alla sani retard baiser les pieds du Pape, qui Fatt^Adislit au mitieti de ses autres fils et de plu-

sieurs cardinauxr Sa Sainteté le reçut axrec des marques d'affection assez bien mesurées; elle l'embrassa , le baisa au front , l'interrogea sur sa santé et sur son voyage. César répondit qu'il était fort au service de Sa Sainteté , et que son voyage n'avait pu qu'être heureux, ayant eu pour but de venir l'adorer sur un siège qu'elle avait si bien mérité.

 ce compliment, le Pape, qui s'était penché pour faire accueil au jeune homme, se redressa ; prenant un air plus grave, et laissant sOn fils à genoux, il crut devoir parler ainsi , d'un ton à se faire entendre de tous ceux qui étaient présens î . / . . . ,^ »^ ,

c Nous sommes bien persuadé. César, de la » joie que vous avez ressentie en apprenant que »la bonté divine, sans avoir égard à notre faible » mérite ^ qous avait élevé à de si hautes fonc- » tions. Votre joie devait en effet répondre à l'a- » mour que nous avons pour vous ; elle est de » plus autorisée par les espérances que votre mé- »rite vous permet de concevoir. Mais si ces es- ^pérances s'élèvent plus haut qu'il ne convient » (et je dis ceci pour vous autant que pour vos » frères), elles vous égarent, et vous n'embrassez

»que des illusions. Nous avons aàpiré avec ar- ^dieul:, il faut r^vQUer, au Souverain Pontificat^ » et, pour y atteindre^ nous avons »uîvî toutes »le8 voies qui sontoffertes à l-habileté humaine» » maïs avec Tintention, une fois arrivé au but, de

• faire concourîrtôus les moyens que nous aurions

• en main à procurer le meilleur service de Dieu i ainsi quela plus grande gloire et exaltation de » la chaire^ apostolique, afin d*cffader le sôuvehir ndé nos erreurs passées, eH de tracter à nos suc* » cesseurs un sentier remarquable , dansf lequel 1» ceux qui ne voudront pas: se montrer saints, à » Tepceoiple de nos plus anciens devanciers, pour^ »ronrt dû moine, sur nos pas^ marcher comme «Pobtifesi Dieu, qui nous a^secohdé dans les » m%>yen8; sittend de; nous là Tin : que nous nous «Sfi^mne^proptisée;' Troniper son attente,, ce !se«-

• rait g'exj[iaser à toutes les riguétiradeia fuslicei. -» Une attache trop grande à vofe Intérêts partiou-

• liers peut seule nous écarter. <i& l'honorable » but. Nous déplorerons toute notre vie les fau- «tes par lesquelles nous avons connu quel tort

• font au Saint-Siégë lesprévjentioils de la fkveur. «Plaise à Dieu i que notre- oncle 'Câlixte,d'heu- » reuse mémoire , n'en porte pas la peine plus »què des siennes propres. Il était orné dé toutes

« les vertus, il avait les intentions les plus sain- ;i tes; mais il aimait les sjena, et nous en parti- '•culier» par-dessus tout. Cette affection déaorp donnée lui fit accumuler sur un petit nombre » de têtes les bénéfices destinés» par leur institu- > tion, à récompenser les mérites de plusieurs ; il p versa dans notre maison ces tréson qu*onn 'aurait » point dû amasser aux dépenadespaufrea^ ou f dont il aurait fallu Ëiire «m plus saicut u^age ; »il démembra des États de TÉçUse le diicbé de » Spolète et d'autres riches doinuBes, pour nous »le8 donn^ en fiefs ; il ehargoa notre faiblesse

• des fonctions les plu&.impùrtanteé et les /plus «relevées : la vioe-rchancellerie ,. la préfedture de uRomë^ kigénéralat de l'Église nous fnrjent dé- »Tolus. Par nos sollifcitations, furent ékvés aux « dignités éibinentes des hommes qui n'y por- » taiient d'autre titre que noiare bienveiilaùce ; et

• tous ceux dont le mérite et les qualités dîstin-

• guées nous faisaient ombrage, se trouvèrent

• écartés. Pour dépouiller Ferdinand d'Aragon >da rojaume de Naples, vune guerre difficile et M sanglante fut entreprise, . dont 4fis6ue, si elle

• était faTorablêv ne pouvait serrir qil'à,l)0tre

• grandeur, tlandis que, malheureuse) elle devait » faire la honte et le deuil du Saint-Siège. Tou- » tefois, avec tant d'efforts et de soins, notre on-

»cle Galixte ne put si bien établit notre fortune , »qu'à sa mort elle ne se trouvât en butte à la » furie du peuple et aux ressentimens de ces ba- »rcms romains, qui n'avaient pu voir, sans en »êtte blessés, notre secret penchant pour la fac- »tion opposée à hi leur. Aussi, non*seulement

• nous fallut^il perdre une partfe de nos gran^

• deurs et de nos biens, mais nous dûmes encore

• dérober notre tête à Torage par un exil voton- > taire.

'..'. . •'■'. '[".'" • Dû tout cela,; nous avons lappris; ipie Dieu » tachant déjouer ks mesures -dès hommes,

• quand elles ne sont ^as selbd ia jui^ica, o'^t •tine grande enceurVdansdes sovîverâinfii ponttfbs,

• dé so(DgicT &u hien de'lem; liiatsiïDvqtii ivégav^ irait .être. ,^uti >pns)sagère'iC6mtrmiieu^^ plutôt »(|a1à eehiiiAe>li'Éi^t8e:,^'d<]iaf lia durée dèlt être » éterafiUe. Si vous leliTin^ firèr esciroos' etMsentes >i marcher daoé ce droit ciiekninqueiio^is tous

• indiquons^ nobre secours ne tous sferk jamais ^refiiM; màissi'TlKus.pensez'qub/riotiiè affection

• doive servir d'inbtrumenit à ves 'projets ambi- »tieux et déréglés^ nous vous felsoiigteonnaître » que nous sommes Pontife pour l'Église et non •pour vous, et qve^ «vicaire deilesus^Chri^l, nous ftvoulohs travatl}ei* dafisHIntàrêt de l^us l^s

» chrétiens 9 et sans àuciiii égard aux vues par^*- • ticulièapcfs:que.voug j>ourriez âTofr.»

Tibère v ' à ' aon lamienient , )parlà*t<^il mieux ? Quandil eut fini, le Pape donna sa béDédictioa à Gésar, qui était encore à genoux^ pwi» il ae retira ^^ns^ses appartemens les plus reculés^, laissant diacun'. des auditeurs idrt étoÔQûé d?uhe oaeifcuriàle à laquelle on s'attendait si: peuf..: /

César surtout fut plein de trouble et de confusion ;> il pàmitt -difficilement à. disÈinuilec sur $on YÎsagë et dans sa-con^tehance rjeffët deces paii^olçs,)lqui( lé rejetaient 'si* loin, du' terme où V^^ticrnt; porté^^ défà ses^ espérances , et q^i^rdé^ «iien tarent;, si: «rûellement les lélicitatioiw.dëjà îêçMbs. ^'peinervfiaiSaintété^tbfelIepattie, ^uvy mfAontibnt à uhes^&ij il 'se xenld^lf 'en* bâté oa Ii^9 d6!6^rmère,!imioin5'>iikipatièiAt de la't'eT<»r: ap^ès quelque^ temps iâ'abséneërliue de laisser auprès d'elle éclater sonr dépit» L'accueil tendue qu'il en i^eçUt contrasta hqureuseifiead ai^ci les ri^èurs doht :il avait à^e.'plaindre/iét divers motifs de eonaelationluifureAt prés^fTtés par cette femthè.

« ^\â ne conBaU'JÈmieiix que looi, dit La Yanji aoïza,! riiumeur dii Pape, et je saisiquel fonds

• on petit faite sur le grave discours qu*il si

• cru devoir solennellement tenir. Jamais il ne » parle mieux qtie lorsqu'il a l'intention d'agir

• mal.» .

Quelle que fût ^li reste l'opifiion d'une personne qui devait le connaître, il est certain que les.commencemens d'Alexandre YI furent aussi louables que la suite et la fia de sop pontificat se montrèrent dignes d'exécration. Il pourvut si libéralement aux besoins de TAnnopè ou grer* nier publiic, que, de mémoire d'bômçae, on n'a-r vBit vu' régner une telle abondance; des aumô* nés furent distribuées avec Je plus grand ordre dans les divets quartiers de la ville, afin que cette abondance ne restât pas 'stérile pour les indigens; et pavée que la justice n'est pas pour lès peuples un moindre besoin que la facilité d'à* voir dés subsistances^ il fpirma,' pour jirger les causes criminelles, une nouvelle com^mission de quatre docteurs doiit la.réputation était irréproehahle* De plusy pour, maintenir dans le cercle rigoureux des lais ceux qu'il chargeait de punir les. infracteurs, il créa une inspection des prisons, qui devait empêcher toute injustice ainsi que tout déni ou même tout retard de justice. Lui-même, et à toute heure du jour, il donnait

audience à quiconque se présentait^ ëchtiieissaiit les qué8ti€m8 les plus diffidles arec cette sagaoité profonde, cette rectitude de sens, partage des hommes qui paraissent yraiment nés pour l'em<i^ pire. Si quelqu'un, sous prétexte de prendre intérêt à sa santé 9 rengageait k se lÎTrer d'idiord moinâ Ttrement aux affaires, afin qu^il pût y vaquer plus long^temps, il répondait qoW Ta* yait fait Pape pour gouverner, non pour se gmÈ* verner (*)* A la connaissance que, dans sa vie privée, il pouvait avoir acquise des hommes le» plus distingués par leur mérite, soit dans let cloîtres , soit dans le clergé séculier, il joignit^ en arrivant au pouvoir, une exacte recherche de tous ceux qui seraient propres à donner de Té^ clatauxpluséminentes places de rÉglisc. Aussi^ notn-^seulemént la Cour de Rome fut bientôt pleine dlllustres prélats, soatenms avec magni^ ficence par le trésor public, mais là cité même devint comme un théâtre où se montrèrent tout ce que la chrétietité fournissait alors de person* nages plus remarquables. Maïs, quoi! s'écrie le cardinal Gilles de Yiterbe, dans un écrit relatif au pontificat d'Alexandre, l'aurore fut belle, et le soleil ne brilla point : Non tamen illuxit soL

(*) Per govifrnare , e non pet governàni •

Les cardinaux ^ les aiBbastiadèurs » la tourbe des courtisons pressaient chaque jour le Pape d'élever au cardinalat César^ son fils, et Jeaâ Borgia, son neveu. Se donnant Tair de cédev forcément à ces hautes sollicitations, il nomma d'abord Jean, qui était le plus âgé, archeféque de Mont*Réal ; Jean Borgia , sdua le précédent règne, avait pris part au gouvernement de Rome ; il avait même occupé, pendant quelque temps^ à la vice-chancellerie la place de son oncle; mais en to«it genre il s'était montré plus oorrompuque lui. On prétend qu*il ressentit un des premiers les atteintes de ce mal si terrible alors, et dont les ravages ne forent aperçus en Italie qu'à Var^ rivée des Français^

Après ce choix qui compromettait la pouipre romaine , le Pape s'abstint d'en revêtir César^ trop jeune encore selon lui, dépourvu d'expérience et n'ayant pas acquis assez de mérite. C^endant, pour lui préparer les voies, il lui conféra, entre autres dignités ecclésiastiques, le riche archevêché deValence, dont il avait joui lui-même dès sa première jeunesse.

En ce temps où les Pontifes n'avaient pas les mains liées pour verser sur leurs parens le tré-

sor des digûités eeclésiastiques , les grandeurs civiles, moins communes^ exeitaknt davantage Tambition. César, qui entrevoyait pour li|i plus d'avancement par Tépée que par le bâton pastoral , se prêtait de mauvaise grâce aux premiers pas quV>n lui faisait faire dans la hiérarchie de rÉglise. Néanmoins, comme les adr monitions solennelles du Pape lui avaient fait craindre d'abord de n'avoir rien, la prudence lui conseilla de paraître se contenter de peu; d ^ailleurs, dans la carrière des honneurs du siècle, devait passer avant lui François, son frère aîné, que le roi de Castille et d'Aragon venait de créet duc de Gandie. Il accepta donc l'archevêché de Valence, avec l'intention de prendre conseil du temps, de gagner l'esprit de son père et de faire valoir tous les moyens de ruse ou de violence qui s^offriraient à lui.

Jamais la cour papale n'avait répandu tant d'éclat. Outre les ambassadeurs ordinaires, qui, pour chacune des couronnes, étaient généralement au nombre de deux, l'un ecclésiastique et l'autre laïque, on y voyait réunis les ambassadeurs extraordinaires de tous les potentats chrétiens, qui s'étaient empressés d'envoyer leurs félicitations au nouveau Pontife. Par des intci-

&B 41 «Ci gués et des crimes dont nous devons le récit à nos lecteurs, des yilles puissantes, de noipbreux domaines enlevés à l'Église n'étaient pas encore rentrés en son pouvoir; et toutefois elle avait en ce moment plus de prépondérance qu'elle n'en eut par la suite; les heureux commencemens d'Alexandre avaient surtout appelé la splendeur de ces hommages qu'on rendait au Saint-Slége.

Mais le temps est déjà venu où le Pontife va se montrer tel qu'il était en effet, soit que tant d'honneurs lui eussent enfin troublé la tête, soit qu'il fût trop difficile à un caractère comme le sien de se contraindre plus long-temps/ soit plutôt qu'ayant essayé ce qu'on pouvait faire avec les hommes de bien, il crut qu'on ferait davanr tage avec des pervers. L'ambition, la volupté, le désir immodéré d'élever sa famille l'occuperont de nouveau tout entier. Aussi , dès la secondé année, il glissa dans une liste de promotions, où figuraient quelques noms recommandables, celui de César Borgia, qu'on appela dès ce moment le cardinal Valentino ou de Valence. Ce n'est pas qu'il se fût rendu plus digne qu'auparavant de cet honneur; tout au contraire, il semblait avoir pris à tâche de déslionorer d'avance le sacré chapeau : et parce qu'il était alors inouï qu'un

bâtard Teût jamais reçu, Alexandre, subornant de faux témoins , donna César au monde pour le fils légitime d'un autre père.

Mais à peine le nouveau cardinal se vit-il embarqué sur cette mer, où son ambition comptait voguer à pleines voiles, qu'une tempête s*éleva au loin, et menaça bientôt, sinon de renverser, au moins d'arrêter ses espérances. Ici nous avons besoin de remonter plus haut.

L'Italie, i cette époque , voyait à la tête de ses divers États des princes livrés outre mesure aux combinaisons de la politique, jaloux de supplanter leurs rivaux, inquiets à l'excès^ conti*iiuellement en garde contre les dangers les plus lointains, vivant au milieu des craintes les plus abjectes, et , toutefois, présumant beaucoup de leur habileté dans le maniement des affaires. Cette façon d'être pouvait devenir à chaque instant un germe fécond de révolutions.

Ferdinand d'Aragon, roi de Naples , était le plus âgé comme le plus ancien dans l'exercice du pouvoir. Sa puissance égalait, si même elle ne surpassait pas celle de tout autre prince d'I-

talie, depuis surtout qu'il arait mis ua terme aux troubles excités daas son royaume par le parti ÀDgeyin, dont les chefs étaient ceux de la noblesse même, et que la paix avait ramené dans cette contrée les richesses qui lui sont na*turelles. Plus renommé encore par sa prudence que par ses forces, il avait su maintenir les affaires du pays ultramontain dans un juste équilibre. L'influence des monarques étrangers ne lui était pas moins suspecte que celle des princes italiens.

Tant que Laurent de Médicis vécut, Ferdinand avait entretenu avec lui et avec le duc de Milan une ligue offensive très-étroite, et pourtant ce fut par Ferdinand lui-même que s'élevèrent les premiers nuages dont la sérénité de l'Italie fut troublée ; ce fut par lui que commencèrent à se relâcher les nœuds d'une alliance jugée si longtemps indispensable.

Le pouvoir des Pontifes romains avait de tout temps inquiété celui des rois de Naples, tant à cause du voisinage que par rapport aux prétentions du Saint-Siège, qui, regardant les successeurs de Tancrëde comme des vassaux, avait plus d'une fois, au moyen des armes soit spiri-

tuelles, soit temporelles, proroqué au soulèvement un peuple très^mobile de sa nature et fort ami des nouyeautés. Ferdinand avait plus qu^un autre des motifs de crainte. Depuis son -avènement, tous les Papes, à commencer par.Calixte III, et en exceptant Pie II (iËneas Piccolimini), autant attaché à la maison d'Aragon qu'il était ennemi de la France; tous, disons-nous, avaient contesté la légitimité de ses droits à Théritage d'Alphonse, dont il n'était que le bâtard; tous avaient armé ou intrigué contre lui. L'élévation d'Alexandre VI rendit plus vives d'anciennes appréhensions. Ferdinand, comme nous l'avons déjà vu, connaissait cet Espagnol, en fav^eur de qui précédemment la maison d'Aragon n'avait pas cru devoir accueillir certaines traditions de parenté. Pour mettre un frein à l'ambition du nouveau Pontife, ambition stimulée de quelque ressentiment, et que d'humbles discours n'avaient pu dérober aux yeux d'un prince habile, Ferdinand forma des liaisons encore plus étroites .que par le passé avec Pierre.de. Médicis, successeur de Laurent, son père, mais qui n'a^ vaît hérité ni de sa prudence, ni de ses lumières. Ces liaisons nouvelles, une affaire assez importante dans la politique du temps les révéla bien* tôt.

Un certain Franceschetto Cîbo, fils naturel cïu pape Innocent VIII ^ et beau-frère âè Pierre -de Médicis, possédait TAnguillara, Cerveti et autres petits bhâteaux dans le district de Kome. Ferdinand et Pierre ç'entendirent pour engager Praneeschetto à se dessaisir de cêfe places en fareur de Gentile "Virginia Orsino, parent co'nimuii des deux princes. Le marché fut conclu tnoyennant quarante mille ducats, en partie avancés par le roi de fîaples,

Ce 'changement déip6s6e«senr |>araissa!t d'àiitant plus faToratle aux vues de Ferdinanîl, qii'Orsîno étalit un des pluispuîssans barons de Rome; et que, chef de tou te «Ifi faction guelfei, il pouvait encore , p^ï*' 8^8 ^llisiûces , compter siir'les Oîbelifis, qui avaient à leurtête deux principaux membrep delafamiHe Coldnna, Prosper et Fabrice.

Maib des'pratiqûesdonnèrent'^es inquiétudes à Louis^lë-jMlore^' lUtenteor des États de Jqan Galéas^ toik neveu;, qui aidait pour femme Is»t belle, filled'Alphônse^.duc deCulabre, et petitefille ^ë! Ferdinand; il vit des Intentions hostiles daùs ces mesures dirigéei^ contre le pape,, et s^ crut Hsénacélui-'méme. Le pontife, de son câté,

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n'apprit pas avec indifférence la tente foite à son iùsu. Ce grief n'était pas le seul.

Féfdin$^nd et le dnd de Calabre avaient en ce même temps montré de la répugnance pour un projet dont l'aitibition d'Alexandre eûtété^flattée» et qui aurait mêlé le sang dej5 Borgia au noble sang d'Aragoù.

Louis-le-More, ne voulant pas que les redsén» timons du pape fussent stériles, s'occupa de les faire servir aux desseins qu'il formait déjà, sur 1^ IDyaume de Naples^ et que le besoin de sa se* 4 çurité propre lui conseillait. Contre Ferdinand ^ qu'il supposait vouloir prepdne Je^ intérêts de Je^n Galéas ^ il imagina d'armer le roi de France^ qui avait bien aussi quelques prétentions k,4é^ hattre tvec l'ennemi de la maison d'Anjou»

Charles VIII régnait alors. C'était l'un des plus puis^ans rois qui eût occupé le trône de Fcance depuis le premier Charleâ..ll h'arait plus liedû&n, pour faire la guerre^ de ces réunions bëléregèlaeA de grands vassaul, phis àieraindre souvent que rennerifii même. Ses bandés étaient soldées , il pouvait les mener où et contre qui U voulait. Les capitaines qu'il mettait à leur tiéle^ il ks pre^^

nait dans ks premiers rangs comme dans les derniers. Les guerres contre les Anglais, où s'é-^ tait fait une grande consommation de braves , avaient porté à la tête de la milice de simples gentilshommes, des roturiers même. Il avait quelques pièces d'artillerie ; cette ar4De était encore inconnue au-delà des monts. Avec tous xxs avan* tages y il était extrêmement avide de gloire , et il cherchait tous les moyens d'en acquérir dans quelque haute entreprise.

Envoyer des ambasmieurs» corrompre des conseillers par préseus et par promesses » faille intervenir les nonces du P^pe» tels furent le^ moyens publics ou secrets qu'employa le duc dç Milan, pour déterminer ie roi.deI!rance;ils a'6>taient pas absiolument nécess^dres* X^'^a^^ri^e fut dpnp résolu^ ^ on commença d'ii^pQ^a.qâ pré^ paratifs ; de grandes forces tant de terre que de mer furent ^semblées.

On répandait le bruit que l'occupation proje-* tée de Naples devait servir d'appui à une entreprise devenue désormais indispensable. contre les Turcs, quiresserraient chaque four davantage le territoire de Venise, et menaçaient de plus en plus toute la chrétienté. On publiait da^ns tout

le royaume , soit pourflatter le monarque , soît pour augmenter la confiance dont on avait besoin , qu'en la personne de Charles devait s^ac* compHr la prédiction de quelques anciens devins, par qui la domination universelle avait été promise à la couronne dé France ; on répétait le pronostic des astrologues qui , dans le nombre huit, avaient lu avec assurance que ce jeune fils de' Louis XI obtiendrait Tempiré de TOrient et de l'Occident.

' Le pape et te cardinal Valentih furent alarmés. Ib n'avaient pas cru, en prenant part aux détnarches de Louis-le-More, qu'il dût en sortir un efret pareil.. Leur bût avait été' seulement d'effrayer Ferdinfend et Alphonse, afin de le» trouver plus favorables aiix intentions de la iàmHie Borgîay Ce but ^ ils venaient de l'atteindre.

L'Aragonais altier n'avait pas plutôt aj^erÇu les annonces de la tempête , que , se tournant vers rjÈglise, il avait démandé le secours du saint Père danà une. cause commune, puisqu'elle intéressait un royaume feudatairc du Saint-r Siège. Don Frédéric, second fils de Ferdinand , prince d'Alta-Mura, duc d'Andria et grand-ami* rai du royaume , vint auprès du pape avec une

suite des plus Hliïstfes personnages, soit poélate^ soit officiers de là couronne , et dans toute la pompe qui pouvait flatter le plus la yanité des Borgia. Ses instructions voula^ient qu'il accordât au souverain pontife tout ce qu'il avait paru désirer jusqu'alors; rien ne devait coûter pour obtenir Tappui de Rome dans la prochaine lutte* Tout se passa au gré des deux puissances.

Le pape, néanmoins, ne permit pas qq'on rendît encore publics tous les articles de cet accord. Mais il trouva bientôt qu'il avait été plus facile naguère de suivre les impuIsi(H3S données par Louis-le-More qu'il ne l'était aujourdliui de tenir les promesses faites à Ferdinand» Autant Charles VIÏI , dans ses idées de jeunesse et de gloire, arait prêté l'oreille aux précédentes !»•* sinuations de TÉglise , autant il repoussait les tentatives actuelles d'Alexandre pour le maio^ tien de la paix. Démarches des agena dupoa-tife à Pari», représentations auprès des ambe^ sadenrs ordinaires et extraordinaires de France à Rome , brefs d'abord remplis de prières et d'ad* monitions paternelles , puiS' mêlés de reproches et de menaces, rien ne réussît. Charles, ayant pris pour le temps de son absence lesmesuves qu'il crut nécessaires, fit marcher une partie de

son armée, et s'acheaiioa bientôt avec le reste vers le royaume de Naples.

La seule nouvelle de son départ fit sur Ferdinand une telle révolution qu^il en mourut. Ainsi fut victime de la première atteinte portée à la tranquillité de l'Italie et par lui-même, ce prince, long-temps modèle de prudence et d'habileté. On était alors au commencement de Tannée i494'

Alphonse, qui succédait au trône ainsi qu'aux alarmes de son père, envoya de nouveaux ambassadeurs au pontife pour lui prêter obéissance : telle du moins parut être leur mission. Cette ambassade fut magnifique , moins pourtant au dehors et dans le cérémonial que par les riches présens dont elle était chargée pour le pape et pour le cardinal Yalentino, dont le crédit auprès d'Alexandre augmentait de jour en joujr. U s'agissait d'obtenir d'abord l'investiture duroyaume que les papes n'avaient pas eu la force de refuser à Ferdinand, mais qu'ils n'avaient accordée que pour lui seul , ensuite l'assistance d'un légat apostolique à la cérémonie solennelle du couronnement, et, ce qui importait le plus, lé

ïertne établissement de la confédération • déjà formé'e. '^ < ' •- ' -• ■- 'î i>^' i »nî

bans les derniers jours de Ferdinand^ les nœuds de cette ôonfédératîon avaient paru se relâcher de la part du pontife , soit par le peu dVt-»tachement qu*il inontrait dW(ïinaîre pour sa parole, soit parce qu'il espérait obtenir de âi(eilleures conditions à mesure que les besoins dû roi de Naples deviendraient plus pressans, çoit par un autre motif, que l'on explique ainsi:

Lé cairdînal de la Rovète , dit de Saint-Pîérre Eï-Lîens, ennemi du pape, ayant eu le soupçon qu'on voulait se défaire» de luipoui; paier deî9e$ riches dépouilles les iils d'Aleiandre, avait quitté Rome l'année ptécédèirte ^ . et is'était retiré à Ostîe : en sa qualité de isous-doyeii da^sacré-*" collège, il possédait cette ville à «titlre ^d'évéclié* Le pape, à la veille des événemens^ine voyait pas sans inquiétude une place de cette iâipor-tance au pouvoir d'an homme qu'il avait à èrain-*' dre. Le cardinal était ami intime de Ferdinaînd; et par le moyen de ce dernier , il fallait obtenir que l'exilé volontaire retournât à Rome où il paraîtrait moins redoutable, et c'était, à ce qu'on

pense , dans celte vue , qu'Alexandre montrait un refroidissement dont il voulait tirer partL

Maïs l'entrée du roi Charles en Italie ne permettant pas d'ajourner plus long-teuips les préparatifs de défense , le pape confirma enfin la ligue, et les articles tenus secrets jusqu'alors furent rendus publics. Yoîci la substance du traité :

Lé pape et le roi de Naples devaient armer, pour la cause commune, le même nombre d'hommes. L'acte d'investiture serait renouvelé en foveuJt d'Alphonse ; maisctoutefois avec une moindre redevance envers le)SaiAt-Siége. Un légat apostolique irait faire à Maples la cérémonie 4u (couronnement. Don Lpuis d'Aragon, fils d'un don Henri, qui était frère naturel d'Alr phonse, serait élevé au cardinalat. Le roi paierait sur^le-ch^oiip^ trente mil)e ducats au pontife. O0fianc«rait dès ce moment madan^ Saqchfs , fitte naturelle d'Alphonsfs, avec Geoffrpi Boi'gia^ L'un des &h d^Alexandre ,: en attendant que l'âge de l'un comme de l'autre peimttU oQnsomin^* tion du mariage. .On assignait à Geofiroi^ pour la dot.de sa femme ^ outre la principauté de SquijiJaei et les terres de Gariati, uuq pen^îop de

dix mille ducats « pius le cdinmandemeat <de ei^nt hotniMes d'amies aux fir^s du roi, aitiki qtie la charge de protonotaire, qui^^ak^urie deii sept |>rincipdl€fs du royaume , à eonditio héau-* moitié que , «ë^vaut d^otage pour les proiues&es d'Akxau^e, il habiterait auprès de sou beau-^ përe« Le du^ deGaudiev fils aîné du pape, de^* yait ctir^poiirvû parle roi d'un établissement de dotize mille ducats de rente et du prétàieir des sept offices pHïicipaux qui tiendrait à taquer^ moyennant quoi, pendant la vie et aux frais d& son père, il aurait constamment au service de l'un «t de l'autre ^rîoee un corps de trois, cents bomunes d'armes* Au cardinal Yaleutino appat^ tiendraieut leis plus riche$ bènéfttt^s ecclésias^ tiqti^es, qui alors et par la suite seraient dispo^ nibles d^os ie royauirie. Par le dernier articte , Alpboiiseè'engageâît à mettre tout eu œuvrepôur déteitniuei^le cardinal dela&ovère à retourueir auprès du pape. SUl échouait dans ces sollicitations , les armes des deux souverains devaient se réunir pour enlever de vive force le château d*Ostie à so^n possesseur G'efet à quoi Ton fut bientôt réduit*

Le cardinal^ ne voulant pas commettre sa vie à la fol des CûtuUms, ainsi appëlait-^il les Bor*-

gia, prit la fuite 8ur un. bxigdatiu , laissant le ebétt^aa 4s$ez bkA muni et- wus les ordres du préfet! diç Rooife, son frère» Débarqué à Savone, sa ip^itrieril s^e rendit à Avignon dont il était lé^ gat. De. cette ville, Iq, roi Charles, avec des marques d'estime et d'âffectiOn 'peu communes^ le fit venir à Xydn, où il se trouvait pour lors au milieu de tous ces seigneurs italiens, qui, mé* contins de h fortune, cherchaient dans le tu^ multeides révolution^ à se la rendre plus favo-

iJjd, pape nomina jëgat à Latere, pour le cou-> cQnn^emenlt,. son neveu,, le cardmal Jean, archevéqjue deMon.tréal, qui prit aussitôt la route. de Naples avec toute la pompe que l'orgueil des Bor-gî-alpUit imaginer pour relever davantage cette légation, e;ier^4e; par lup neveu du Pontife auprès d'ua:r<Qi, .parent et anji. Gepfi&oiBorgia partit en même temps poiur js^n, mariage..

Alexandre.était b|ien dans la ferme résolution de:$!oppo3er autant qu'il serait eu lui aux des-^ seins des Français contre Naples ; il ne voulait pourtant pas se fermer tout retour aux. changeniens, variations ou délais que les circonstances pouvaient rendre nécessaires. Le légat,. aprèa

a voir déployé toute la maghificencepossibledans le couronnement promis et clans la cérémonie des fiançailliés , devait, comme de lui-même et de son propre mouvement , porter Alphonse à permettre que les deux fiancés véctisèent à Aome, et procurassent ainsi, par leur présence, à un père avancé eu â^ la satisfaction de voir auprès de lui Tespoir de sa maison. Le roi de Naples sen^ tait trop en ce moment le besoin de l'alliance pontificale ; il consentit au départ demandé.

I/entrée des deux époux àRocbe fut accbm-< pi^gnée de toute la pompe imaginable. Le pape et le cardinal Valentino^ son digne instrument, auraient voulu que la réception des: dqux bâtards fût aussi éclatante que le: tridaif]Ai<e' d'un des plus grands généraux du peuplenioi. Lu-»

erèce Borgia , • scbnr dii jéuné' époux et femniio de Jean Sforza, seigneur de Pesaro, ne montra pas moins de zèle en cette occasion. Elle jouissait à la couif papale d'un crédit dont les âges précédens n'avaient offert l'exemple qu'une fois dans la personne de la fameuse Marosie. L'empressement des personnages invités fut plus grand encore qu'on n'avait osé le prétendre.

L'affluence des cardinaux et des prélats, le

ehûix de ia «ajk ^taittdwt d^nné k oet^ récep-tion raspparetieed'an «aQti«toire« «i la j^une époisee et Lucrèot nieua^i^otiiété assises aux c(h tés 0u pap^^'êilas daoaeçdete plwJbai^edistioc* tion n'eusseût i»ît part&e ^le.i'asseoiWée, et si les diyqrtiasemens qui eurent lieu a'eiis^eot p}utdt rappdé.la cour du d«ifQierroî4'Ass^yiriQ.^uç celle des pontifes romain^» . .. ; ,

C'était la TeiUe|âekt Pientecôte. jLele«deuiaiu fut célébrée avec une pompe nonmoÎDS profane la: descente du BàiQt-^Ësprit sur;- la terre. On trouve daj!>s un journal itemu par le m^tre des çérémome^ que le pape<vint à la basilique des saiétsapdtfes; que^aniiahe, sa hril^^tl^ucrèpe^ aai fille ^Beplàcèrèntaupuès'de lui is^itrune cham de marine d(pù;l^s,chaoûh)os de ssiint: Pierre oui odutoine de cliGantcc réjpttceet Tiévangile; qu'un gitand fiombre de femmes étaient avec elles, oc** cupant tout le juhé et .l'espace d*a]«ntour avec beaucoup d'irrévérence et au grand scandale du peuple, : I.

Ainsi, tant à Naplçs qu'à Borne, le temps et l'argent se dissipaient en jouissances de vaiœ gloire, tandis qu'on voyait pénétrer au sein de l'ItaËie les torches qui devaient l'incendier. Le

roi Gharies avait fait des atmeoieos de mercott-sîdéiablesdans les ports de Marseille i de ViU^** Franche et de Gênes. Cette dernière ville, tenue alors sous Tobéissance du duc de Milan par la faction des Adornos, qui reconnaissaieiit pour chef Jean Louis de Fiesque, se trouvait ainsi à la dévotion de Charles. De tels préparatifii poi?-^ tèi«nt le plus grand nombre à croiras qu4^ Xen^ ti^rise contre Maples serait <eKécutée par mf r , comme ceUe dont Jiean , 4uc.de Calabre, fils du roi ReDé> avait eu la conduite autrefois,

Cependant une armée considérable vei^ijt se joindre en Lombardicaux troupes que le dqc'de Milan devait fournir lui-même* Alphonse, voyant akMTS que Torage était inévitable, ûx consentir le pape 4 une entrevue. On choisit dans le district de Rome Vicovaro , terre de Yirgînîo Orsino , de ce puissant baron que, dans les circonstances actuelles, les deux souverains avaient également intention de flatter. Lé pape s'y rendit le preN> raîer avec quelques membres du sacré-coll^, cinq cents chevaux et de l'infanterie. Alphonse vint ensuite avec mille chevaux et bon nombre de fantassins. LeYalentino alla au-devant de lui, escorté de six cardinaux , deux desquels , c'é* taieut lès plus anciens , se mettant aux côtés «jaii

roi, le conduisirent vers le PâpiB;.le bàisément des pieds, du genou et delà main'se passa comme à l'ordînlaîre,

Alphonse n'employa pas tout son temps à s'en* treteniii des affaires qui l'avaient amené ; il eut soin d'étudier César Borgia, dont Tinfluence à la couV de Rome allait toujours croissant, et qui, par sa dissitnulation présumée, exîcitait là eu-* iriosité d'un prince liabile et soupç^^nneux. Le congrès se termina par un banquet où le Pape et le roi se trouvèrent. A la fin du repas. Al* phoûse fit présenter au Pontife deux v^ses d'or Valàfht plus de deux mille iduc^ts; présent qui serait bien mjncê de nosjours ; mais en ee.'tempslà il parut magnifique pour un: mi : Goloinib venait à pleine d« découvrir: île : Nouveau- Monde. •

Dans cette entrevue ^ on, résolut surtout d'opérer pi lisieuf s diyer8iion& qui ne furent pas heureuses. Fipédéric, frère d'Alphonse, forma une entreprise inutile sur^ênesj Ferdinand , du,c de Calabre, fils du roi, marcha par la Romagne vers la^Lombardie , dans le dessein d'y soulever les peuples en faveur de JeanGaléas, son beaufrèrew >Mais en ce ipême temps les Colonnes ^

ayant prie pai^i pour la France , se jetèrent sur le château d'Ostîe, que le pontife avait enlevé au cardinal de la Rovère après sa fuite : cette circonstance força le pape à rappeler les troupes qu'il avait données au duc de Calabré ; tandis que le roi Charles, passant par la Toscane, était déjà reçu à Florence plutôt en maître qu'en allié.

Il n'entre pas dans notre plan de faire con-* naître tous ces détails , qui d'ailleurs n'ont pas été négligés par les' illustres historiens de cette époque ; nous devons i)Ous occuper plus partie cu'lrérement de César Borgia , dont le rôle commence à> devenir plus actif. .. . /. : ....

Le pape Alexandre et le cardinal son fils, par cbtte prévention trop ordinaire aux esprits pas*^ siennes qui croient immanquable le succèsi de leurs amis, et celui de leurs ennemis impossible , s^étaSent figuré que le moindre contre - teinps arrêterait l'impétuosité française, et que l'airmée de Charles serait bientôt ruinée faute d'açgent , de vivres et des objets nécessaires à son entretîeii. Quand* on apprit que non-seulement elle avait traversé la Toscane, mais Qu'elle s'^ppro* (ihaît d'Ostie , bien qu'elle protestât de son respect pour les États de TÉglise ; quand on Sut que

les Coloiaoes, apré^ <a^4)if défeadu leuri:bitoau de fVejUuno contre Alphoase, éDâieai êva \é point de s^ réunir aux Fr^inçai^;, ^ur tirer vengeance de$ injure^ qu'Us disai^ot leur avoir été tailea par le8\Korgia ^ ceux-*ci se mgArdèreot o<>mvf\e perdMS. .

Dans cette extrémité, César vint comme otage à.Marinb, te^e des Cûkmnes» lOÙJe eardiâal As* eagdeâforsai) peU; de- >mois auparavant i, avait cherché uu refuge contre lès tnauvaia^s iotea* tiûns dm pape. Il eD|;agea vivelneut ce priiice de r.Égliae à se t^&dré auprès dû roi Charles pour ménager un accord. Le pape avait . auparavrant chargé de cetle mission François Piccolomini , cardinal :de Sienhe f<{\ii fut depuis san auedessem aii pontificat. souâ;leâ0iin de Pie.m;«Miîs sii majesté n avait paa.yiOiUu yQir un neveu de FieJI» de ce pontife qui s'était tnoDtré si ^haud partisan des Aragunais et si ç<QntrajxjE| au {>9i;ti d'Anjou } c'e3t p^i^^Moi Alexandre avait jeté )es yeux iSur le cârdinfijl Sfori^» qui, ajapt à sie piaîndire de Ss^ Sainteté, serait ipaoins çus^ect au roi. Le cai'dinal vint en conséquence recevoir ses instructions à Rome^ où Alexandre^ l'esprit h pi u^ abject quand il ^'agissait dïi^térôt, J'a^Jcueillit de, la .ms^oîètle la plus distinguée» Asr

190 6t «en ca^ieSfona, néanmoÎDs, attendit d'être bien avaBt sur la roBtc de» Floreiace pouramorist»r les Colonnes à repvojér César Borgia ; car ce fut alors sttttlement qu'il se cnit hors des périls dont riavitàtio& du pontife et sa perfidlfe con* nue l'avaient menacé.

Charies^ne voulut* pas se prêter à un arrangement qui aurait pu déplaire aux Florentins^ dont il avait été si bien reçu ; fl désirait toutefois que le pape ne craignît plus aucun mauvais dessein sur Rome; en eonséquenee , il annonça par un manifeste le projet de faire la guerre aux Turcs. Le recouvUement du roys^uuie de- Napl^s ^ dbnt leaportÀorientaux offiriratentpUm dé facilité-pour cette haute entrq>rise, n'était qu'une opération secondaire. Il engageait le pè^re commun des chrétiens à ne pas s'opposer au passage des Fi^afnçais; il promettait le remboursement de toutes les dépenses qui seraient faîtes pour son armée ; et en finissant, il menaçait de punir un refus, qu'il re^ garderait comme un outrage enversi'Dîeu même, dont il allait défendre la cause contre les Infidèles*

Peuf>-é*re les Borgia auvaient-ils compté sur la parole de Charles, qui passait d'ailleurs pour

avoir acheté les droits d'un Paléologue sur l'ena* pire grec ; mais ce prince avait à sa suite les cardi*^ nauK Sforza, Sairello, Coloane et de la Rovère, leurs plus grands ennemis ; c'étaient en même tempsiés membres les plus puissansdu sacré-co^ lége, par leur naissance, leurs richesses, leurs ad^hérences , et on leur supposait le dessein de faire assembler un concile pour déposer Alexandre.

Aussi , les mesures les plus promples furent^ elles prises pour écarter les Français.

On réunit à Rome toutes les troupes du Saint* Siège; on. fit des enrdlemens nouveaux; César et les autres fils du Pape distribuèrent au peuplé des armes et de l'argent. Alexandre crut en ou* tre qu'il fallait appeler au secours de la ville sainte l'armée du duc de Galabre, et, à cet effet, il dépêcha vers ce prince le cardinal de Montréal,

Charles cependant venait d'envoyer à Rome le cardinal Sforza, Prosper Colonne et avec eux le seigneur de La Trémouille et le président de Gannay, pour former avec le Saint-Père un ac+ cord dans le sens du manifeste. Mais Alexandre, à qui la vue des préparatifs dont il s*occupait et l'approche du duc de Calabre avec son arnpée

■ enflaient le cœdr et cqpseilkientja pe.rfi4i6).>fit

arrêter un soir dana son palais* les cardinaux

Sforza, Sanseverino eldé Luna, Tévêque djÇ.Çé-^

zène, auditeur de la chambre aposjtolique, ,I?ro6-

per Colonne et Jérôme Tuttavilla, tous partisa^is

déclarés du roi de France. Le lendemain au

matin. Colonne et Tuttavilla furent enfermés

au château Saint-Ange; Sforza et Sanseverino

restèrent au palais sous bonne garde { l'ajuditeur

de la chambre apostolique fut relâché, et le

cardinal de Luna reçut la commission d'aller à

Ostie et d'exiger que cette place, où lesColpones

étaient entrés peu de mois auparavant, fût ren-

due.

Cependant les troupes du duc deCalabreiea:

trèrent dans Rome, et le même jour fù^pi^t jarr: rêtés, contre le droit des gens et avec des violen^ ces inouïes jusqu'alors, le seigneur de La Trér mouille et le président de Grannay, qui étaient venus comme ajnbassadeurs du roi. Le Pape néanmoins les fit relâcher peu de temps après ; mais il ne voulut point écouter les propositions qu'ils avaient à lui faire, et refusa coastauimept de livrer passage, d'accorder des vivres à une armée qui venait, disait-il, troubler la paix de l'Italie. Les ambassadeurs firent quelques dé-

marches ai]q>rèd de César* dont ils: ne furent pas mieux reçus. Pondant de hautes espérances sar h maison d'Aragon, César ne pouvait entendre pronoBcer le nom même de la Franef ; il ne se doutait pas que bientôt toute sa fortune reposerait sur Tappui d'une couronne qu*tl haïssait tant.

LesBorgia , père et fils, avaient une telle crainte que les succès de Charles en Italie ne vinssent à renverser tout ce qu'ils avaient fait jusqu'alors pour rélévation de leur maison, qu'ils auraient voulu former contre \m une ligue de tous les princes chrétiens. Alexandre essaya principale^ ment d'animer l'empereur Maximilien , en lui représentant Charles YIII comme un ambitieux qui revendiquait la puissance dont avait joui Charlemagne, et voulait faire passer de nouveau fa couronne impériale «ur la tête des rois de France ; mais, on s'aperçut bientôt que toute cette ardeur n'était que passagère.

L'armée du roi de France ne fut pas plus tôt arrivée sur les frontières des États romains, que les résolutions du Pape redevinrent incertaines et flottantes. Craignant d'irriter davantage, par ses préparatifs de défense, le jeune et pétulant

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moDarque^ il en Ira de nouveau en pourparlet's. Au nombre de ses commissaires, il imagina de mettre le cardinal de Sanseverino, dont la maison, d'origine française, était en faveur aupeès de Charles. A cet eflfet , il délivra ce prince de l'Église, à qui précédemment il avait donné pour prison le palais pontifical. Mais les propositions dont il le chargea n'étaient pas dépourvues d'ambiguïté, et facilement pouvait-on voir qu'Alexandre cherchait à gagner du temps plutôt qu'à faire un accorda

Cependant les Français étaient entrés dans la campagne de Rome ; déjà leurs excui^sions s'étendaient jusqu'au Monte-Mario. Les Colonnes, s'étant emparés de tout le pays depuis Nettuno jusqu'à Ostie et s'approchant des portes de Rome, interceptaient les communications. Les Ursins, s'accommodant à la fortune du vainqueur , avaient mis, avec de justes réserves, leurs États et leurs personnes au service du roi, et le peuple de la ville éternelle, donnant déjà des marques de cette inconstance qui n'est pas un signe de bonheur, s'agitait et faisait craindre unç révolution«

Le Pape est alors profondément consterné. Il

ne' sarit plus que recommander, les larmes aux yeuX) sa personne à seê familiers et serviteurs; quanta Rome^ il est prêt à l'abandonner, emme^ nanties cardinaux^ à^jui, dans un consistoire, fi :i fait proTttpttre de le suivre. Maïs César, qui, dans cet abandon de Romie, voyait la ruine entière de toutes ses espérances, ranime le courage du Pontife , rassurait que le peuple osera défendre la ville et le successeur de saint Pierre. En effet, îl mit tout en œuvre pour gagner ceux qui jouissaient de quelque influence, et le Pape caressa, d'après son conseil, les agens des nations allemande, flamande et bourguignonne. Ces nations formaient à Rome ub corps de peuple assea considérable; n^ais on ne trouva pas de ce cOté les dispositions désirées , et Vùn soupçonna le cat^dinal de Gurck , français d'origine et créature de Tempereur Maximilien, de s'opposer auprès de ces gens-là aux vues dé César et^u Pon» ttfè-

1res choses fcn étaient enfin à ce point qu'il paraissait pllis facile au rôi d'entrer qu'au Pape de se défendre, lorsque, là teille de Noèl, de nouveaux ambassadeurs vinrent, de la part de Charles, toujours effrayé d'avoir à combattre le chef dé l'Église, qui ne Tétait pas moins de ne

pouToir résister; ils demandèreat. pour la dernière fois, le passage dans Aome* Ces ambassadeurs étaient le sénéchal de Bçaucaire, le maréchal de Gié et ce même président de Gannay déjà venu- Il fallut que le Pape congédiât Ferdinand, duc de Calabre,. avec ses troupes, et qu'il fournit, sauf remboufsement, aux besoins de Tarmée française pepdant tout le temps qu'elle resterait dans l'État de l'Église.

Ces conditions paraissaient dures au Sainte Père, et même il ne les trouvait pas sans péril; sa conscience lui reprochait d'avoir naguère» avec Louis4e-More, appelé le roi en Italie, et de «*être ensuite ligué contre lui avec ses ennemis* Yojant bien toutefois que, dans les circon^stan* ces actuelles^ de deux maux il fallait dbôisir le moindre ou le plus incertain, il accéda aux dé«« sirs du prince, et le lendemain, qui était U jour de Noël, il envoya Iq cardinal de Montréal, soa neveu, avec ordre de mettre à la disposition de Sa Majesté son entrée à Rome de la manière et dans le temps qui seraient jugés convenables* Le matin même, avant la messe, il exposa brièvement au duc de Calabre, en présence de. tous les cardinaux, la nécessité de céder à la fortune de Charles, pour ne pas exposer a la fureur des

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ennemis, à Tinsolence des soldats, aux injure» des armes, la dignité pontificale et les choses saintes de Rome ; puis il le pria de se retirer avec son armée en des lieux où plus facilement sa valeur pourrait obtenir les avantages qu'il lui avait toujours souhaités, ajoutant que le roi de. France accorderait un sauf-conduif pour sa personne et pour ses troupes jusqu'aux frontières du royaume de Naples. Le jeune prince répondit qu'il partirait sur-le-champ, puisqu'aussi bien ses services n'étaient plus agréables à Sa Sainteté qi au sacré-collége; quant au sauf-conduit, il remercia très-poliment le Saint-Père, et dit, en montrant son épée, que les Aragonais ne connaissaient d'autre sauvegarde que celle qu'ils portaient constamment avec eux. Les cardinaux Caraffa et Valentino l'accompagnèrent jusqu'à la porte de Saint-Laurent, et le dernier témoigna au prince que cette soumission forcée au roi Charles n'altérerait point l'union formée par le sang, l'amitié et l'intérêt entre sa famille et la maison illustre d'Aragon; il jura de lui donner des marques d'une inviolable fidélité aussitôt qu'il s'en offrirait l'occasion.

Ce fut le dernier jour de Tan i494 V^^ 1^ 'O' Charles entra dans Rome, avec la plus belle

année qu'on eût vue encore depuis celles des conquérons du monde, et dans tout l'appareil d'un vainqueur et d'un maître. Le peuple admira surtout ces lansquenets, ces hallebardiers allemands et suisses, d'une belle taille et dont les vêtemens bigarrés, courts et étroits ne dégui* saient nullement les formes d'un corps, vigou-* reux. Cinq mille arbalétriers gascons, moins grands et de moins bonne mine que les Allé-* mands et les Suisses, n'imprimaient pas un moindre respect par la rudesse de leurs traits et l'aisance guerrière de leurs mouvcmens. Puis venait la noblesse, à cheval, parée de savons de drap de soie, d'armets empanachés et de chaînes d'or; deux mille cinq cents hommes de cette troupe brillante étaient armés de toutes pièces j deux fois autant ne l'étaient qu'à la légère. Trente-six pièces d'artillerie de différens cgili-» bres rendaient cette armée plu^s imposante encore.

Le Saint-Père avait envoyé son maître de cérémonies au roi , et avait engagé ce jeune monarque à donner ses ordres pour l'entrée solennelle à laquelle il désirait, disait^il, qu'on donnât toute la pompe possible. Le roi avait déctaré qu'il entrerait de nuit et sans pompe i

toutefois, rillumination des rues, les innom* arables torches qu'on portait dans les rangs et les ténèbres de la nuit donnèrent à cette entrée, qui se fit par la porte del Popolé , une tnajcsté extraordinaire. Un historien dît que les armes, sur lesquelles se réfléchissaient tant de feux, en étaient plus menaçantes, et que les Soldats paraissaient beaucoup plus grands et plus terribles. Les cris sans cesse répétés de vhaFrancia, Cotonna e V incola (on entendait pSir ce dernier nom le cardinal de Saint-Pierre* Ëi-Liehà Ou in Fincold)^ firent sur le peuple une profonde impression.

Le maître des cérémonies, pendant lin long temps qu'il marcha et s'entretint arec le roi , voulut apprendre à Sa Majesté tout ee qu'elle aurait à faire dans les entrevues particulières ou publiques avec le Saint-Père, et comment «Ue devait traiter, soit dans le palais pontifical, soit au dehors, les cardinaux, les fils du Pape et les autres seigneurs de la cour. Mais Charles , ne voulant prendre leçon pour tout cela que de sa propre courtoisie, y fit peu d'attention ; en revaucihe, il s^ montra fort curieux de tout ce qui avait rapport au genre de vie, au caifactère et au gouvernement du Pontife, à ses amis intimes, u

«es jmioi/sities, ù &es fttjs et aurt<;^ut ftU cardinal Va^ leuiUiiQ. I^es qi^stiaqs du ptiaee lelatîreni^ot àce^er^îer firent fsi multiplias Qten^bïasftèiriiit isint 4e diit^n^, que le twaîtjce ^«s^éïémomes, 4ai^ le joîiroj^l qu'il i)ou$ a lai^aé, avoue u'avoîr pas tOiU}QUf$ pu. y répondrç.

Lç xoi de^c^dit au pala^ft de $aii)t-Mai?<?« Oq li^ea d^m le Toi^iQag^ vq bou nùnibre de cavateri*^t dïpfwterie; le rerte de l'arinée fut réparti jçl^ea^ Ic^ babitao^* De» canojot? fur^ut placés dans jtOMj^s le^ irMes qui abôuti^saftent au palais babité p^ff le roi. Le maréichal de Oie de* manda et obtint Içg çleft de la porte duBelvé-r^ dère et des «nutres portes de Rome, moins pour la. sûreté du prince que pour lui d^auer une marque d'honneur récemment acooj?dée; au dpc4e Çalabre. J^e Pape se tepait au Vatican , i&t ne paraissait ^ public que pour âe^lopctions sactéi^t atteddi^nt qu'ua accord fût coaclu ; WAis cet accord reucontraît plusieurs dif{ipul£és. .

A rexcepjiQu des cardinaux Caraffa et Orsio^o,. tout le «sbcré-ccdl^gç, y oofupri^ même César Borgîa^ f^îudit visite au roi. César, qui naguère, en témoignant iseis regrets au duc de Calabre, n'af ait lait que rendre la siueérité de ses peu--

sées, voulu un faire accueillir le meusonge dans son compliment à. Charles. Si le Pape avait adhéré à la ligue des ennemis du roi, lui dit-ih c'était parce que, dans toute l'Italie, on ne voyait qu'un prétexte dans cette expédition projetée contre les Turcs ; mais depuis que le Souverain Pontife s'était assuré des intentions réelles de Sa Majesté, intentions exprimées dans le manifeste, il avait eu recours à tous les expédiens pour rompre ralliance avec le roi de Naples, et maintenant il promettait de conemirir au succès d'une entreprise glorieuse, par tous les moyens qui seraient au pouvoir du Saint* Siège et de la maison Borgia.

Cependant plus d'un cardinal , plus d'un haron romain pressait le roi de ne pas laisser échapper une occasion si favorable d'arracher l'Église au joug d'une autorité qui , honteuse* ment acquise, était exercée plus honteusement encore. Mais Charles, tout occupé de ses projets sur Naples, dont le succès devait lui ouvrir les chemins de l'Orient, ne voulut pas se mêler des affaires de l'Église plus que ses intérêts présens ne le demandaient. D'ailleurs, soit par argent, soit au moyen de brillantes promesses, Alexan* dre avait déjà gagné t^eux qui , par leurs conseils,

inQuaient le plus sur l'esprit du jeune prince. Il s'était servi des mémjes voies pour arriver enfin à la conclusion d'un accord. L'article qui présentait le plus dé difficultés était la remise à faire du château Saint^Ange, où le Pape s'était retiré avec les cardinaux Caraffa, dé Montréal, Orsino et Yalentino. L'obstination à deraander^d'une part, ce gage de la fidélité papale, et de l'autre, à le refuser, fut quelque temps si forte , qu'on fut sur le point d'en venir à une rupture ouverte» Deux fois l'artillerie française se mit en mouve* ment pour enlever de vive force le château contesté. Enfin, leroi,circonvenupar les amis secrets que s'était acquis Alexandre, et persuadé par les discours des cardinaux Palla vicihi, d'Alexandrie, Carvajalet Riario, qui négociaient ostensible*ment 9 se désista; l'accord fut ainsi conçu :

Il devait y avoir entre le Pape et Sa Majesté bonne amitié et ferme alliance. L'investiture du royaume de Naples était dés ce moment accordée à Charles. En attendant la conquête et la prise de possession, il occuperait, pour l'avantage et la commodité de ses armées, les places fortes de Civita-Vecchia, de Terracine et de Spolète (mais cette dernière ne lui fut jamais remise). Oubli et rémission de tous les torts reprochés

soit aux cardinaux, 6oitaux baroD$ roiiiainsqui avaient suivi le parti du roi. Moyennant une somme de vingt inillo écus incimtiaent payée par Sa Majesté ^ le Pape devait lui remettre Zi* zim ou Gem» frère de TeoD^ereur turc BajaMt; e'était un personnage que bientôt nous ferons mieuK connaître. Le dernier article obligeait le cardinal y alentino à suivre la personne du roi en qualité de légat apostolique, ou plutôt, en effet, comme otage de la fidélité de son p^e.

Ceux qui connaissaient Alexandre necioyaient pQs que la paix conclue dôt avoir plus longue durée que le séjour du roi et de s^s troupes dans les États de l'Église. Les cardinaux qui avaient pris le parti de Charles dans l'intention de venger avant tout leurs injures personnelles se plai^ gnirent d'une telle paix , la trouvant inopportune 9 inconvenante et tout*à-fait inutile aux intérêts du roi> non moins que dangereuse pour ceux qui avaient embrassé sa cnuse ; les cardi*^ naùx Sforza et de Luna en eurent même un tel ressentiment qu Ils n'attendirent pas dans Rome le jour fixé pour l'entrevue entre le Pape et le roi; dès la veille, ils se mirent en route pour Milan , emportés par de mauvais desseinset prêts à susciter de nouvelles révolutions.

L*entrevue eut lieu dans le janrdm secret du Vatican. Le roi de Franee^ à rinvitAtion d'A* lexandre , ayant passé la matinée dans les ap« partemens de ce palais, se mit à dcëoendre au f ardin afec sa suite , dès qu'on lui eut anoMieé que le Pape, venant du château Sâint-^Ange^ en*^ trait dans une galerie qui, du côté opposé, l'ame* D)ait à sa irencontfe. A mesure que Sa Saioteté ^arui dans le jardin, le roi, allant aurderant d'elle, s'agenouilla à la distance voulue par.lé cérémonial romain ; mais le Pape feignit de ne pas 6'eû apercevoir; de hautes plantes, qiii.oetrouraient entré les deux personnages , lui facilitèrent ce jeu d'étiquette; il attendit que Charles , arrivé plus près, en fût à sa troisième génuflexJonçatois, comme s'il n'eât fait seulement que de voir le prince, il tira sa calotte, s'avança vers lui pour l'empêcher de se mettre à genoux, le soutint par les bras et le baisa très-affe<?lueusement au front. Il ne voulut point se couvrir avant que le roi n^eût remis lui-même son chaperon y en quoi il l'aîda de sa main.

Aprèsun mut uel échange de politesses , Charles pria instamment le poi>tîfe d'agréger ati sacréecollège Guillaume Briçonet, évêque de Saint- Malo, qui jouissait de la plus grande autorité à la

COUT, et de qui dépendait preaq^ie entièrement radmlDistration du royaume. Le Pape répondit qu'il allait satisfaire immédiatement aux désirs du roi» et il donna ordre qu'on apportât sur-lechamp une robe et un chapeau de cardinal ; ce qui fut fait. Cet empressement fit croire au prince que la cérémonie allait avoir lieu dans Je jardin même ; mais ce fut dans la salle dite du Perro^ quet * , où le Pape conduisit le roi par la main.

Le roi demeura un mois à Rome. Il y eut bien dans Tinter valle quelques désordres. La populace , que Taspect des grands et forts soldats allemands avait d'abord intimidée , s'était enhardie en voyant les effets du vin sur eux. Plusieurs avaient été attaqués et assassinésdansles mauvais lieux,parces lâches m euiliriers 9 si communsalors dans les grandes villes et surtout à Rome. Un certain Yicino, delà maison desUrsins, avait fait couper les mains à des Français dont il avait apparemment à se plaindre. Le roi exigea qu'on lui tranchât la tête ; et des rigueurs nécessaires exercées à propos amenèrent enfin plus de sécurité pour les troupes.

* Del papagayo.

Ce fut le 2% janyier que Charles quitta Rome, accompagné du cardinal Yalentino, suivant Taiecord. Les cardinaux de son parti le suivirent également. Aucun d'eux ne voulut faire acte de soumission auprès du Pape, à l'exception pourtant du cardinal de Gurck. Mais ni le Pontife Suprême, ni le prince de l'Église n'eurent à s'applaudir de cette démarche, dont le résultat fut une plus forte inimitié. Car Sa Sainteté, par des paroles orgueilleuses et piquantes, ayant réveillé la pétulance ordinaire du cardinal , celui-ci reprocha au Pape son élection simoniaque, le débordement de ses mœurs, les scandales de sa famille, la méchanceté de son esprit, sa dissimulation habituelle, sa mauvaise foi, et surtout ses intelligences secrètes avec le Grand-Turc, qu'il avait informé des préparatifs du roi de France et de ses desseins contre l'Orient.

Le roi s'arrêta le premier soir à Marino, où il apprit qu'Alphonse, avec une précipitation qui démentait les preuves décourage précédemment données, avait, sur quatre galères, passé en Sicile avec ses trésors les plus précieux , laissant le royaume de Naples et le soin de la guerre à Ferdinand, qui, autant aimé du peuple que son père en était haï pour ses anciennes cruau-

tés j fut îMOBtinent salué rei p» les Ma{K>li-

Le jour suîvant , Charles s*étant arrêté à Velletrî, le Valentîpo attendit que la nuit fût venue pour s^évader de Thabîtation qu'on lui avait préparée et sortir de la ville sans être reconnu ; îl s'était déguisé en garçon d'écurie : à un demimille de distance , îl trouva un de ses familiers qu'il avait fait à dessein rester en arrière avec deux bons chevaux, et ils prirent à toute bride le chemin de Rome, où ils arrivèrent avant le jour. Les Français ne s'aperçurent de la fuite du cardinal que le matin, à l'heure où îl devait faire sa cour au roi. Ciiarles ordonna sur-le-champ à Philippe, sire de Bresse, qui fut peu de temps après duc de Savoie , de partir pour Rome , ce qu'il fit le même Jour, et de porter au Pape des plaintes très -vives, en lui donnant à entendre qu^on n'ignorait point la part qui lui était due dans cette évasion concertée d'avance.

Ce ^i confirmait les français daaa cette idée d'util eonnivence entre le Pape et son fils» c'é^ lait- l'afféetation que le cardinal avait mise à se fail^ suivre, ^n parlant, de dix-^ueuf fonifO!^^

^1 paraJssAienl être ricfaemeat chargés. A la première halte, il en fit déballer deux; on en tira nu superbe buffet d'ai%ent, qu'il povtait avec lai pour son usage, et qui devait faire supposer que le re^te des bagages n'était pas moins précieux. Après cette montre trompeuse , il fit recharger les deux bêtes de somme, ordonnant aux con^ docteurs d'aller lentement, et de reprendre avec eUes la route de Rome aussitôt qu'ils seraient hors de la vue des Français. Quand la fuite du cardinal eut été connue, la soldatesque se jeta sur les fbuigons, qui n'étaient plus qu'au nombre de dix^sept; mais au lieu du riche butin qu'elle se promettait, elle ne trouva que des pierf€s et des objets de nulle valeur.

Outre les satisfactions orales que le Pape en cette occasion essaya de donner à monseigneur de Bresse, il dépêcha au roi l'évêque de Nepi et de Sutri , son secrétaire , pour assurer plus ex^pressément encore que l'évasion de son fils avait eu lieu sans la osoindre connivence de sa part. Le peuple envoya de son côté moasignor Por-»

cari ^ doyen de. la Rote , avec deux autre» ger^ tikhommes , pour témoigoer le déplaisir que cette fuite avait caubé , et pour supplier le roi de ne pas l'imputer à crime aux citoyens^

Le roi ne pensa pas qu'il fallût alors punir cette conduite , quoiqu'il la ressentit vivement , et que la participation du Pape ne lui parût point douteuse. Il n'en connaissait peut-être pas tous les motifs. En voici un qui, mentionné par un seul des historiens de l'époque, expliquerait assez bien la précaution que prirent Alexandre et César pour se livrer plus commodément à un renfort de haine contre le roi Charles.

Dans les premiers jours qui suivirent l'occupation de Rome , et sans doute en rq)résailles de provocations et d'injures reçues, furent attaquées et pillées par les soldats, avec meurtre de quelques-uns des habitans, yn certain nombre de maisons appartenant à de» particuliers opposés aux Français ou seulement ennemis de ceux qui tenaient le parti du roi. De ce nombre fut la riche maison de la Yannozza. Plusieurs domestiques de cette opulente courtisane furent maltraités; elle ne fut pas elle- ménie a couvert des outrages. Qu'on imagine ce qui dut se passer dans le cœur d'une femme avare et air tière qui, au sommet des grandeurs, se vit réduite à subir les insultes de la soldatesque ; et sous les yeux de laquelle furent pillées tant de

» Blocs richeéseg^ Aruit d'an long manégè, d'i^i<tBHéd sans nombre et d'un ^bonheur toujours crois-»» sânt! Elle aurait voulu courir tout en fureur au palais pontifical; des considérations l'ariiêtè'^ renti Elle songea un moment à soulever le peu^^ pie contre les Françai^j à faire mettre leurs quar-^ tiers à feu et à sang) mais eHe craignit d'attirer par^L^ sa iruine entière^ dell^dé soti flls^du Bape^ et de Romei Se bornant à mandei^ auprte d^le le Valentino, elle le fit entrer dans un des »ppat* temem les plus dévastés, ^t lui tînt ce discîourark

k Voue avez bien <iômpris maintenant^ lui *dît*^lle, Tous^ave* bien vu de vos' propres ytîu« îles effets de votrfe politique si raffinée! Yàxis • avés^ cm devoir châsseï^ vos houfir^^^aniis, polir > introduire voi ennetlaîfrrvotis avez* vdulii met- *tre des ^Ip^n^^ dans notre ^iâ;^faut-'jl' dbno «s'étonner 8*fls»Él<yus moi^dent, s^lft âoUs infecM » tént de leuf yage, s'ilsinous tuent? Mais plat â vDieu que la èohnaisSanbe.de ma fortune et leur 'fureur les eussent p^rtèd à me tuer^ je i!rt sur-» rvîvrais point ^ mes^^désaistrés^ à mes^ ôffensefs'r »et, ce qui m'est plus crufel tettcore^' à tôtrte^ » ignominie ; car voilà bien certainement ce que «mes ofifenseslfeottt'potif 'VOUS. GW à cause de y voua que mo^n riche mobilier a été la proie de

« la; rapfueité frfit^aiae, et ma réputution le bdl «deleur^ P1m9, aj^foç^aÎDJun^s. Saixâ mon âge,

• ui^ .vjl fanO WQ • wraili peut r être o«é iine! cou* > vrifi 4'opprobfe!, Qt. sa bhrbbre fureur te serait »)ovié^: de tQvteft lyi^ft oré^Utances. Cebt. parce

• que je 3ufs yotre mèiis». gûe.jQh^Irleci, YOtre en; »n/emi;UiOrÉel»:a Kouitty.daiis oiesipropres ^u^ »<rages»;/aiM ijouiil l'ilbiverf^ de ye4rê hoiatt.. Si i^çetXe cjij^jdv^i* lété ettipwtée de viv^ fo4?ce par i {^P; plus iii^pjaçdl^l^/fipaemisldn npnt icbrétien^ »j^.n'a^^fpi> p^îluWiie plu^gnaadlsa li4wettrp^j »et celui qui ose nous traiter avec cette insoiliçnce. biarj)^r^..qu'v^ Turc ne ^e peum^^ttrait ».ppj[pt, ;f^ .fêi4 4^U9 u0s( paUiat, ,y eêX s&vi *>potpme \m ï^isiîtreiljQMH votrjei père, vx)U$ et vos •ïfrères^^iy^Ma-.soye^^.çapabJQf ôé wus résigner»

• mpi je n^. lj?;«i^ipoii}t, S'il faut, que ie,d49e$- » père 4i'êli» Tepg^ iJiy.a,t^l;.miBiW;po|jr, m^ que «je [t^rininfl p^i: le* p$FigoAr<)>.m)erïe ^ésorol^s •/iq^upporMiblfi, »| quc^ jp.:mç veipige du mqios »i*/W îCe.)mê9W f^iia^iq4,ii,^ pfiMr!iY«Hitia«c*riCOtl- ».Çiu^ 'Ç#g^H4wjei;,noAirri;4i.a|éfé ht^^im fk «ft* B^mai^. J'ai)P(ei'dvi^Vbo>nA6ur et ïe èÀra:, ^ Mu-^ •jri5i)pe>rd^re#wprcjlft;vie, rf.: : ', . i, ^» .. .;»

;LeSj pa^r(j^ep de» çiBjUe. d,^wae, j I^MJ^uriS «flficwfis sur Jl'«s|i>|riA!du ,cf|r^ij|ftl, AccimreQA ses jrcjssenti-

mens cbntte les Frantaîs ; toutefois, pour apaiser le courroux de sa mère, il lûî montra fàc* cueil fait au roi Charles comme une concession à la nécessité àés tenipd; les troupes j3*Aragon et dû Pape n'ayant pas été jugées capables de lutter' avec è'elles de "France, 'bien supérieures par le nombre et^ la discipline , ainsi que pair leur précédente fortune, tl essaya de faire Voft combien peu importante devait paraître la perte éprouVée,'en ccimpairaison de la ruiiie totale de la maison Borgia, ruine qu'une plus longue résistance aurait amenée sans doute. Il ajouta.que l'înstalte lie devait point être imputée à la Volonté du roi, mais à l'insolence de lia soldatesque, et qu^il fallait dissimuler pour ne pas irriter davantage une armée étrangère , toujours prompte à se précàutioiinér pair des , rigueurs contre les hainéfe qû^ellé soupçonne, et âpHinir celles qtfW lui -témoigne. Cette însûltè/ au reste, poiivalt bien avoir été su^^érée parties ennemis secrets! de leur maison, Vjui, ps^r des irritations réciproques, cherchaient à mettre Içs armes auxn^ains des soldats, pour causer enfin cette tuîûé qh'ilnê soumission commandée pa^ fë besoin avait su écartera lï finit ia'r dire qu'on devait sdpjiorter le temps présent , tout fâcheux qu'il pût être , et attendre que l'avenir amenât

le moment heureux où la vengeance pourrait prendre son cours,

Catherine ne laissa pas sans réplique les raisons qu'apportait le cardinal; et, ne voulant point les admettre , elle lui dit à la fin qu'il ne la regardât plus comme sa mère, s'il ne songeait à la venger. A quoi le Vale^tino répondit qu il voulait bien n'être plus traité comme son fils, si dans peu la vengeance qu'elle attendait n^était pas complète.

Ce fut dans la vue de se livrer plus facilement avec le pape aux projets d'une haine, non produite, mais ranimée par l'affront fait à la Vannozza , que le cardinal avait M imprudemment violé un des articles de la convention. Il n'entré pas dans notre plan de faire connaître les circonstances de la conquête de Naples; nous dirons seulement que dans moins d'un mois le roi. Charles soumit un des royauqfies les plus jflorïssans, le mieux pourvu de forteresses, de soldats et de capitaines qu'il y eût alors en Europe. Les cruautés du premier Ferdinand et d*Àlphonse, la fuite de ce dernier, le désir des nouveautés, l'avidité des soldats qui voulurent prévenir l'étranger dans le pillage des richesses

du roi et des particuliers ^ les vues intéressées des capitaines, toutes ces causes concoururent à la rapidité d'une défection dont l'histoire napolitaine devait par la suite fournir d'autres exemples , et forcèrent Ferdinand à s'éloigner sans avoir tiré Tépée. On raconte qu'en sortant du port il jeta un dernier regard sur la capitale du royaume qui lui échappait, et fit à son désastre l'application de ces paroles du psalmiste : Ni$i dominas cmtodierit civitatem, frustra vigilat, qui custodit eam.

Nous avons promis de faire plus particulièrement connaître l'Ottoman Gem ou Zizim, dont nous avons déjà parlé, et qui mourut subitement à Naples au Castello Capuano , ancienne demeure des rois Angevins, où il avait suivi Charles.

Gem était fils de ce Mahomet qui s'empara de Constaiitinoplé, et frère du sultan fiajazet, alors régnant. Second par la naissance, il était supérieur à son frère par toutes les qualités de l'esprit et du corps; il eût sans doute égalé en mérite l'auteur de ises jours. Se connaissant lui^ même, connu des princes et du peuple dans TAsie qiiaeure surtout, il s'était laissé mettre à

la tête d'u9 soulèveuiisnt k}u« oe secouda poiot la for^uijie» II, combattit coiitro son frère .dans le$ plaiqes 4e Brousse., fut vaincu et forcé à prenne 1^ fMiti\ Se cQnfttint à la çénérosité des chrétiens, et aveuglé, par dis déairs. iJlégiti mes de vengeance , il chercha un asile à Hhodes auprès ^e^i; cit^eyal^rs de Saint- Jean. Les chrétiens, qui auraient pu se servir de lui polir porter la gucare dans les. entrailles de Tislalnisnie, fle virent dans ss^ confiance qu'un mOjFen d'ohteoir une honteuse paix ou un profit plua h«^at«ux encore. Le grand-maître d'Aubusson, créé depuis cardinal par JEftnocent YIU, le fit garder çonimfik prisonnier; •ensuite» pour plus de 8û«* reté f il Teoivoya ^n Provence , d'où quelque ten>ps apjr^s, aux tonnes d'an accord passé entr« Innocent et le gratut*{nAîtré» il fut eonduit à Rome, où il resta sous l'entière dépendance du Pontife. Instruit de ces particularités et désirant téoiir ^n frère: loin de «es Étato^ Bafaiet, pour gagner r6fl|)nt du PËipc,.lui fit d'abord pré^ a^nt du fer de lance avec lequel fut percé le flaoc de Notlre-^eîgikenr^ Peu de ten^s après» il con^ vint avec le Saint**Père de payer chaque année quarante tntUe ducala d'ôr, âtitirc de peasion^ pour l'entretien de Oem. Celte somme » qui étaiti iort «onsidéartible pour h> tevipsi^ : pûmt à

Bajacdt'devçi^ satisfaire l^avarfôe des pontife»,! et les enipêchier de nsquèr un avantage certain contré les chaiioets d\itte entreprise quelconque' dont Gémi pourrait étire riùstrumenit ou lé prétexte. Gèœr tëcut avet; as^cè d'agréitient A Rome pendant }es dernières anné^ dlhnôcent, et lés premières^ d'Alexandre. U était de toutes* les fétesrde la cour papale ;^t^ quand il se trou*- Tait au^ caîdlcsides dik duc de Gàndie, celuî^i prenait tdujours la' gauelie.^ ' ;i , .

. Lùrsque Chariep ée pr^ârait'p^ur son cxpé<* dition de Naplès, que 4evait suivra une entrée prise plus itâpbrtaiite conh'e lH3rient, il fut eu* tendu qub la présence «le 6em' flans son wcmée aiderait au soulèTèmeat d'es peuples contre Ba^ jaxet. liais à mesure que le vei t'avançait en Italie, Alexandre, qui voyait toujours s'acçrot^ tre la diffibutté de loi résî«tef, en' conservait pburtaht le désir t enân ^ttë raison d'État, qui inspire tant decoii^eilB sots'ou pervers; .lui 9ug« géra> lïdée de recoàrii^, cloii|o)ntémeat'a|vec Ai^ phorise, aiix; seeotirs dû 'Grand-Turc. Ils envoyèrent fort secrètement auprès de la Potté Camillo Pandone, de la part du roi, et Giorgino Bueéiar(16l liesGiites', en 'qualité de nbftcfc aposto- Hque;»' • ' - " *• !" ' ' ' '"^•- '■ • '" ^ "'■

Le tionce, après avoir reçu de Bajazet toutes les démonstrations désirables de biènTeillance et dlionneur, retournait eu la compagnie de Casini Dautio, que le sultan envoyait à Rome complimenter le Saint^Père. Mais il eut le malheur de faire naufrage entre Siuigaglia et An-» oone. Le navire, le nonce et l'ambassadeur turc, furent pillés par Jean de la Rovère, pré« feit de Rome et seigneur de Sinigaglia. Informé de leur prochaine arrivée, il les attendait sur la côte pour enlever non-seulement leurs papiers, mais encore l'argent que Bajazet envoyait au Pape, et qui s'élevait à plus de cinquante mille ducats d'or, somme due à Sa Sainteté pour les arrérages ;de la pension depuis la mort dlnno-< cent. Jean de la Rovère relâcha les naufragés ; mais l'argent, quoi que pût faire Alexandre, soit par lui-^même, isoit par l'intermédiaire de la seigneurie de Venise, à qui, disait-il, apparternait le droit de i protéger des Turcs dans le golfe Adriatique , l'aident ne fut point rendu. Quant aux papiers, le préfet de Rome, ennemi du Piipe, les envoya au roi Charles, qui était encore à Florence»

Outre les instiiictions données par le Pape à son envoyé, il se trouva cinq lettres du Grand-

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Turc au Saînt-Pére. Deux étaient des lettres de créance. Par la troisième, on remerciait le Pape de Tayis qu'il avait donné sur les desseins du roî de France; on promettait un puissant secours à Alphonse , et les bons offices de la Porte auprès des seigneurs de Venise en faveur de Naples. La quatrième contenait la demande du chapeau pour Nicolas Cibo, archevêque d'Arles^ qui avait été nonce auprès du sultan sous le pontificat d'Innocent yill et depuis Tavénement d'Alexandre. La dernière était relative à Gem. Elle fut publiée en latin , ainsi que les autres lettres , après avoir été traduites par le «avant grec Lascaris, assisté de Tévêque deFamagoustîe, et d'un certain Marcel de Constantinople, secret taire du prince de Salerne. Bajazet offrait pour la mort de son frère deux cent mille ducats, et la tunique sans couture de Notre-Seigneur.

Quoique le nonce eût perdu ses lettres, il en savait le contenu ; il put le faire connaître. L'appât d\ine forte somme, le désir de contrarier Charles, décidèrent, à ce qu'il paraît, Alexandre et le Valeiitino. Ils avaient le secret d'un poison lent qui n'avait ni odeur, ni goût particuliers, et qui ressentiblait parfaitement , disent les histo* riens, au sucre en poudre. Quand Gem fut livré

au roi par un nçcord éerit et raoyenDant vingt iri-îlle écqs payés sur-lchchamp, il portait Ja^mort dan$ fiion jsein. Au uioment où cet infortuné prît congé du Saîmt-Pèr^ «t du cardinal ^ il leurté^ moigaa, d<^ la manière la plustendfe^ sa reconMnaissance pour les boos traîtemens qv'il arait reçus à la cour de Rome, et le» pria d© les re^ comm^fîdi^r à ^p nouveau protecteur» Gfitte recommaDidatiol^ n'était pas nécessaire; il «stl présmnable que le jeuûei roi ClMtcks, eu emaien nantOem, av^it cru le soustraite. à la moit; m aïs il ne connaissait pUs encore asaesi bien les ^Pocgia^ La. mort de Gem causa une grande .sa« tisfaction à Baja^et , et le prix du sang fut ao-« quitté^ • , ' , . ., . ^ . n j: t

Quand le Valentino, se vit dû oouveau dans llom.Q, délivré qu'il se crut des armes françai-* ses, il commença le cours des vengeances promise par Uii à sa mèrf . La ville et la caiôpagnc furent. inondées de ^ites et de coupe «^jalrrats à ses ordres, qui iaiâaieiit totiitefi sorteè d.'io^ttlt6&« de violeJDgçe^ ;^t dei4o*np6iage6, *«^Bit «1u^ fl¥.}e(l$ du roi qu'^ ses parti$£ms» L^ aisaassinats se foi^ guiM^t au: yol Qt au jpiljçigew Qn rtowpte paroU tes, Frpnç^iSi q^^ .pprdiiî^^liila vie, lUil fiU du? car*' diuBlîdfî SainthM^lOi 4q ce Guillaume Briçoi%<H

qui avait été fait prince dte l'ÉgHae dans ia dalle del Pafagayo. Le trime fut cotnmtd entre Baccano et l'Isola; il eut pour fruit trois mille écu» que le malheureux emportait arec lui. Les Suis^ ses qui se trouvaiaat à Rome furent les plus maltraités de tous ceux qu'on se mit à poursui-* vre. On avait remarqué que les principaux ao^ teurs dfeSi violences exercées au palais de la Vannoz^a^ étaient des^ soldats de cette nation. I^^e Y^entiùOy ne pouvant tirer vengeance des coupables, s'en prit à leurs c^uipaitriotes. 11 y«ii avait cent cinquante au service du Pap^ô^ tous enrichis non moins par leurs épargnes et^elles^ de leurs pères que par les profits de leur indus* trie particulière. César voulut qu'ils fusdeiht li-^ cenciés, et que dans un terme très^ourt ilë eus^ sent à sortir de Rome et ensuite des États de rÉ^is?% Ces malheureux, obéissant à la dure nécessité I avaient décidé de partir un i:àatih tous ensemble aved leurs femmes,, leurs enfaiss et leur bagiage. I>éjà cinquante franchissaient. la porte; environ quarante se trouvaient dans rÉ<glise.de Saint-flerre, offrant à Dieu et au saiQt leurs dernières prières dans la ville de Rotii»:; le Jteste était sur la place; quand tout*à*doup* deux mille JEspagnols, la plupart de Valence ou; de Çatalagney qui étaient à la solde du Pape, se

jetèrent d'abord sur les soixante Suisses qui étaient plus à portée, tuant, blessant, ou poursuivant ces malheureux jusque dans les appar* temens même du palais pontifical. Tous furent dépouillés de leurs habits , de leurs bagages et de leur pécule. Plusieurs même de ceux qui étaient dans l'église ne furent pas épargnés. Quant aux Suisses qui étaient déjà sortis de la ville, ils se réfugièrent, en apprenant le sort de leurs camarades , dans une maison voisine , s'y barricadèrent et se défendirent avec tant de valeur, qu'ils donnèrent le temps au capitaine des gardes de venir à leur secours avec des forces suffisantes. Il est à croire qu'un tel secours ne leur fût pas venu , s'il n'eût été appelé par l'in** dignatîon publique.

Ces vengeances pourtant ne satisfaisaient point les Borgia; car elles n'atteignaient ni les intérêts , ni la personne du roi , dont ils à{>prenaient avec dépit les succès journaliers. C'est pourquoi ils résolurent de former contre lui une ligue des principales puissances de l'Europe chrétienne. Us y réussirent par le moyen de l'ambassadeur de Venise, et surtout par les intrigues du cardinal Ascagne Sfbri&a. On a vu précédemment oe prince de l'Église suivre le

I»93 «en parti du roi; uiais, n'ayaut pu entraîner Charles dans ses mouvemens particuliers de haine contre Alexandre , il s'était tourné subitement vers celui qu'il n'avait pu abattre , et son zèle nouveau égalait ses animadversions passées.

Quand l'affaire, eut acquis sa maturité , le Pape , jetant sur d^ç intérêts personnels le voile sacré de la religion, du bien public et des avantages du Salnt-Siége , réunit en une congrégation, dite d'État^ un grand nombre de cardinaux, la plupart ses créatures. Dans cette assemblée^ il exposa succinctement les prières de Charles et fit entrevoir à quoi l'on devait encore s'atteudre« Il montra ces progrès comme. ^n juste sujet d'alarmed pour les puissances ^ comme un torrent qu'il leur convenait d'iirréter. Quanti à lui, ajouta-t-il, sou but unique étaiït dé faire en toutes choses ce qui convenait lèimieûx au vicaire du Christ, au père commun des fidèles ^ il engageait ceux qui devaient porter avec lui le poids du gouvernement 4^ l'Église à Taider de leurs conseils dans une circonstance stOssi grave* Il n'y ent aucun de ces cardinaux qui ne comprit quels conseils leur étaient demandés.

Comme doyen du sacré-coUége , c'était au

cardinal de Naples à porter le premier la parol^^ I) était 8U]et dévoilé d^Atphoiiêe 9 et il «'^tprima

mnsh :

« Je n'igftMe pa8vTrè»-8binti-Pèfe, que plu- » sieurs des plus sages princes dltalie ont désiré , » ont âppëléiles armes du roi Charles; que d*au- ><tre6 ne les ont ni r^^doùtées, ni irepoussées : cttik n cond\ifte peut s'cjxpHqaer pur le beisoitt géné- « ralement senti de îitéprioïet ârec les forces de »1q France, je ne sais quelle» tnauvaîses dispo-^ » sitiôiiifô qâi se trouvaieuten^notis. Mais i^ujour* «dlbui que le* reti^ède J 'Opérant plus qu'on ne «crdyait,' au lieu de-guérïr le cnal-en a* causé un irpireJ, peot^on aimer le bi^n poblie et croire en V même temps qull ne oonvient point <d'ai*raehet «des ot^traiUëd de lïtalie les^ fiMidemeos de eet nénlpiile français ?[ Notre crainte cfi^nn so^?efâin ^italien n'alcquière Ja suprématie éur tbuë les vautfei et' ne les soumette^ i sesiois s'est dissi-^ »pëé : mais nous voyons alairement to^t ce ••qu^'tin 60 «veiraia^ étranger pieut fafre» 'en met-

• tant lé pied dane «totre pays. Qwe signîôev ^n ir effet ,'poiui('quïeo!iiq[ue'est initié ^auit intérdts de »la poHtîqo'èyi'^ewpiatiottf'dé Sereuana , î(^e 8e4

• rezariello, de Pîetra-Santa , de Pise et de Lî-

• toiiirrie dans.lirToscane; celle de Civita^^Vec-

»chia, d'Ostieet de TeTrâdne dftiïé 1^8 têïïes de

»l'JËgli6e9<NeHoit^ôliipaftqne Çhsrlee, î^ii allant

là Naples, s'est fait donner les clefs les plus^iin-

t portantes de ces États , pour s'en ouvrir les

•^6rtés quand iïrétournêk^ trioiilt^tiknt , €ir{)6ur

îles asisiiiettit à son ppu^tqir îiin^i<|ae}ei:^tede

»ritalie? J}e':quft âù'«re âvfnJT<nonJ Ifibenaçait^

•il^.qàiafad il imposait de «i< durèi côtidltfoifis

f awD iLbcquois^ ' HfUk • Biètînoié , aux Plti^éàtitl^

» et à Votre Sainteté même ? De quel autre ave-

»iiiîp , ijfi l»l«tfès4^e^lrdtt« ass^Hissfetoêtft^ à^totis ?

iMaMmf^mmfi^ quoique bien jgmu^enbtdrit,

Iqwe telhoi^B^bstftlrtne "^de tdtit àtrtre vïtflehté

ieDiréJrs te Sftim^iéîge^eèt-éé Motte ttne dltiià-

litioki digne d^nn l^oiitîfe^tdtliarHqUe 'cette aie-

ifiendaneié4iont^t!iiàe , cette àttèiWJonfcdtltîiîiielle

<*umei^ndre feigne de qui peu^iefeîre iftëîf par

Kla- foreetPÔien ^ue' le trôrie porittoèal rfestft'à

«Rortiè^' fiutant tîaudrait lq[it*îr retbtirtiâli^ Àvl-

^^*ow>-«ftr*e9 I^apéfi -ne' *s4tôiit '^ïîià qUe'îes

r^^reïÉïkr^'chA^lairis des' fbis de ftiiice. ÏTaris

«•èeiiétdl^eîhédëéj'Vbtrë 'Sainteté' dmt régarder

fccctftimèitiilè fatfcttrdo'ciei cet à]f)peI'M^

»pUi» gfiftiié^oWHtàt* éhrétreny, à tiiiè figue iri-

t*»péMûble^ôWïfelîè ttotkH dVI àtôir la' première

^inqwratîom'Oei^o^ÈWkiifâ cfe'qii'èfn éf^pédhe' in-

• contlttemife^ïdi ChtfrlëS'd^ é'étabiir rf^hs ses

> conquêtes, jusqu'à ce jour mal assurées. Le ûial » deriendrait irréparable si Ton tardait davan^ • tage* »

Kaphaèl Kiario , autrement dit le cardinal de Saint-Qeoige » bien que parent et ami du car« dinal de la Rovère, qui était auprès du roi, avait néanmoins la confiance du Pape* Appelé à cette congrégation^ il crut devoir parler en ces termes t

« Je croirais» Très-Saint-^Pète, ttahir la oon« » fiance de Votre Sainteté, et blesser la religion » de cette assemblée 9 si je ne disais librement » ce que la conscience et la raison me dictent ' » dans une affaire de si haute importance. Il est » question de former une ligue contre un roi » très-chrétien, et de la sanctifier en quelque » sorte par l'adhésion et le nom dfe l'autorité «pontificale ; mais dans l'examen des mqtifs^ on » écarte précisément ceux qui démontreraient la «justice ou l'injustice de cette ligue* Si une a^ »fectation pareille avait lieu dans le (oqaeil de «tout autre prince, je ne dirai pas chrétien, » mais infidèle , elle mériterait certainement » notre blâme; et vous croyez que le monde en-- «tier se taise, quand, au sein d'une cOngréga-^ «tion présidée par Votre Sainteté, et composée

» de iiQS premiers prélats, on s'occupe d'au^ «très objets que du service de Dieu et dii » maintien de l'Église ? Je pense qu'un Pontiffe » romain pourrait se dispenser d'entreprendre »une guerre, alors même qu'elle lui serait dé- » montrée comme très-juste; mais qu'il prenne • les arnaes sans un motif équitable et saint, et »par les seules raisons que la passion apporte et »fait valoir, je né sailraià ni le comprendre, ni «l'approuver. Le roi de France est* parvenu, il «est vrai^ à la conquête du royaume de Naples; «cet accroissement de puissance est contraire «aux vœux des princes Italiens, et r^c peut que «rendre ses armes encore plus redoutables, sur- «tout aux États voisins. Est-ce donc là une raison » suffisante pour forinei? une ligue contre lui? Et «s'il a de légitimes droits, faut-il qu'on lés lui «dispute, par cela seul que la jouissance de ce «qui lui est dû en ferait un prince trop puis- «sant? Ces droits sont ceux de la maison d'An- » joti ; avec le comté de ce nom et la Provence, ifils sont entrés dans l'héritage des rois très- » chrétiens ; ces droits , l'investiture donnée par «les Souverains Pontifes ne lès a-t-ellé pas sou- «vent et solennellement corifirmés? Votre Sain- »teté elle-même, dans les premiers articles dd » l'accord stipulé avec le roi Charles , accord dont

t» 98 iCI

»)e ne vois pas comment elle peut se départir, » nVt-elle pas promis à ce prince une in?esti- »turç iiouvelle du royaume de Naples? Si cette

• investiture n'a pas été encore octroyée. Votre » Sainteté eiji est-elle moins engagée à la donner, ■ maintenant que Charles a été salué Koi par

• les Napolitains? Certes, Votre Sainteté n'aurait

• pas pris un tel engagement, si les titres de » Charles ne lui avaient paru légitimes. Et s'ils le

• sont en effet, s'il y joint cette possession ac-

• tuelle, qui, en matière d'État, rend juste l'in- ^ justice même (*) , sous quelles couleurs Votre

• Sainteté peut-elle violer sa parole envers un

• prince qui n'a pas violé la siepne? Je sais qu'un

• souverain à qui sont inspirés d^ justes sujets de

• crainte pour ses domaines» a dcoit de préve-

• nir les violences qu'on cherche à lui faire.

• Mais quelles craintes de ce genre Votre S^in-

• teté peut-elle avoir? Quand Charles était dans

• ces murs avec une armée, qui, à un signal,

• pouvait abattre le Saint-Siège et élever le trône

• d'un nouvel Empire romain, ne l'a-^t-on pas

• vu, constant dans son respect pour le vicaire

• du Cl^rist, rendre à Votre Sainlieté les mêmes

' (*) Ch' m maiirUi di stato êuol render gituta Cmgimtitia me-

• hommages que s^s ancêtres readaient à vos > augustes prédécesseurs? Loin d'emplayer la

> force qu'il aTait en main , n'est'-ce pas seule* âment par des strpplicatioDS et par des traités

> qu'il a voulu subvenir aux besoins de son ea-« streprise? Maintenant qu'il est maître d'unpifis^ i sant royaume en Italie , ses moyens seront plus

• grands pour abattre, quand il voudra, l'édifice

• temporel de l'Église. Mais qui donc a oublié

• que les rois de France n'usèrent jamais plus » volontiers de leurs forces que pour l'exaltation »du Saint-Siège , et la ruine de ses ennemis? Ils

• furent plus puissans que Charles YIII, en Italie t et ailleurs, Pépin, Charlemagne, Louis-le*Pieux

• et leurs premiers successeurs, soit à l'empire, »soit seulement au royaume de Fyance; que » n'ont-ils pas fait pourtant en faveur de l'Église? » Et si les Souverains Pontifes ont déchu queliquefois de. leur grandeur, soit à Avignon, soit »à Rome, on sait bien que c'est en général ipar la mauvaise volonté d'autres princes que i»les rois de France. Mais peut-être comme sou-^ )iverains de Naples seront-ils plus dangereux?

• Leur maison a possédé ce royaume pendant

• cent cinquante ans; où sont les outrages que •le Saint-Siège en* a reçus? les empiétemens, lies usurpation», dont les successeurs de saint

A Pierre aient eu à se^plaiudre? La maison d'A- »ragon est venue ensuite; le premier de ses

• princes a porté en même'^temps^les^couronnes » d'Aragon , de Naples et de Sicile ; l'Italie; a-t- » elle été épouvantée de cette réunionJ|de sceptres »dans une même main ; la paix, le repos uni- » versel en ont-ils été troublés ;Vt-on^fonné des «ligues? Pourquoi, dans un cas pareil, ne pas » tenir une conduite semblable? Les Français ne » sont pas plus ambitieux ni moins observateurs > de la foi donnée que les Espagnols. Et si le suc- >.cès de la ligue projetée ne répondait point aux » vœux de Votre Sainteté, aurait-elle le droit de » se plaindre comme Pontife de ce qu'elle aurait »à souffrir comme ennemi particulier et volon*

• taire? »

Ces libres paroles de Riarib , quoique sanâ effet sûr des esprits décidés d'avance, furent recueillies par le Pape^et son fils ; on verra par la suite combien profondément ils en éprouvèrent l'atteinte. Le cardinal de Saint-George, dans ses avis politiques, ne^s'élevait point à la hauteur du temps ; les principes qu'il osait émettre à la cour d'Alexandre TI,;; ne furent même" jamais bien franchement à l'usage des] hommes d'État ; ils ont un code tout différent du nôtre;

feur instrument , c'est la force; leur juge, le succès : quelquefois cette force n'est que dans nos mépris, mais que leur importe?

Cependant les nœuds de la ligue se serraient étroitement entre le Souverain Pontife, Tempereùr Maxîmilien, Ferdinand et Isabelle, l'un roi, l'autre reine d'Aragon et de Castille, laré^ publique de Venise, et le duc de Milan. Le motif .ostensible était la défense commune et une garantie, réciproque des puissances lîguéesv On laissait la faculté d'y entrer sous des conditions voulues à ceux qui en auraient. le, désir; Charles même y était appelé. Mais par de secrets articles , et dans le but d'arracher au nouveau souverain de Naples une possession qui excitait de si fortes alarmes , il fut convenu qu'on attaquerait bientôt Charles. sur plusieurs points, et que! chacun des premiers . ligués emploierait à cette guerre les hommes et l'argent qui seraient en son pouvoir. Combien la nouvelle de cet acte, que les ministres des puissances conclurent à Venise, causa de joie au Pape et au cardinal, son. fils , c'est ce qu'il serait difficile de rendre,, ainsi que l'ostentation et l'apparat avec lequel on le promulga dans Saint-Pierre , le jour de Pâque fleurie , après la distribution des Rameauxv Sa

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