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Sainteté entonna un Te Deam solennel , et Té-* Têque de Goncordia prononça un discours élé* gant, qui fut répandu arec profusion par l'art de rimprimerie, récemment découvert.
Le roi Charies, pour dissimuler Timpression fâcheuse qu'il reçut de cette nouvelle, fit jouer au château de V(MufAt% comédies où Ton mettait en scène les princes confédérés et les pei^ sonnages qui avaient agi dans cette affaire. Tou* tefois , il sentit si vivement à quels dangers il allait se trouver exposé , qu'après avoir reçu à Naples, avec la pompe accoutumée, les insignes de la dignité royale , il résolut de repasser en France* L'entreprise qu'il avait conçue en fa» veur de la Grèce , avorta. Le diadème d'empereur d'Orient, que, d'après son contrat avec un Paléologue , il avait cru devoir porter , quand il fit son entrée triomphale dans la cité de Naples, ne fut qu'une couronne d'illusion. Cependant le bruit de ses dispositions prochaines s'était répandu dans les contrées malheureuses qu'il voulait affranchir. Il devait, disait-on , d'Otrante aller à Yolone dans la haute Albanie; de Yolone, il aurait marché sur Gonstantinople.
La ligue av^it été signée à Venise le i** du
)» lOS «e( mois d'avril; elle fut publiée à RoiHe le lâ ^ et Charles , dès te 20 mai , nonobstant les diffi* cultes de sa position et les raisons qui militaient contre son nouveau dessein, reprit le chemin de Rome avee Télite de ses troupes ; le reste fut dispersé dans les plus importantes places du royaume > et Gilbert de Montpensîer , avec le titre de vîee-roi, eut le commandéitient en chef.
li était dans les désirs de Charles de s'aboucher avec le Pape , pour essayer d*énlever à la ligue un appui si important au temporel et sur^ tout au spirituel. A cette fin , quelques )our^ avant son départ de Naples, il avait envoyé à Rome le sire de Saint-*Pol , frère du cardinal de^ Luxembotl^gi Au moment de se mettre en routes, il dépêcha l'archevêque de Lyon pour assurer plus fortement le Pape de ses dispositions à resserrer les liens de l'amitié passée, et à faire ce qui serait le plus agréable à Sa Sainteté, ne demandant eh retour que le renoncement d'Alexandre à la ligue , et l'investiture déjà promise du royaume de Naplcs.
D'un côté , le Pape et le Valentino ne voulaient point abjurer l'inimitié qu'ils ressentaient pour
Charles; de Tautre, ils répugnaient à quitter Borne : en conséquence, avant que le roi partît de Naples, ils avaient sollicité avec instance au^ près du sénat de Venise et du duc de Milan l'envoi de troqpes, suffisantes pour interdire à Charles l'entrée de la cité pontificale , et oppo-^ ser la force à ses violences probable^. Mille cbeyau-légers et deux mille hommes de pied leur furent envoyés d'abord; mille hommes d'armes devaient suivre. Mais en même temps on leur rappela l'exemple de Ferdinand , on leur montra le peu de fond qu'il fallait faire sur des soldats italiens; éloignés de leurs provinces natales, que peut-êtrç ils seraient bientôt appelés à dé-? fendre ; et on leur conseilla de ne pas attendre à Rome l'arrivée du roi, afin que la majesté pontificale ne fût point exposée aux hasards d'une périlleuse défense.
Informé de ces négociations et de leur résuln tat peu satisfaisant pour le Pape et son fils , qui, d'ailleurs, n'étaient encore engagés dans aucune hostilité ouverte, le roi conservait l'espoir de réussir auprès d'eux ; et dès l'abord , ils ne se montrèrent pas éloignés d'acquiescer à la demande qui leur était faite ; mais bientôt , craignant qu'il n'y eût pas plus de sincérité de la
part du roi qu'ils n'eu avaient mis eux-mêmes dans toute leur conduite envers lui , et préférant les espérances dont la ligue flattait leur constante haine contre les Français, ils sortirent de leur capitale et se retirèrent à Orviète , laissant au cardinal Jean de Morton la surintendance du gouvernement de Rome, et le soin de recevoir Charles avec les honneurs qui lui étaient dus.
Charles ne tarda point de paraître. Il ne vou-. lut pas entrer au Vatican dont les clefs lui furent offertes au nom du Pape, et se contenta d'un simple logement en Transtepère; peut-être pour i^e pas se trouver en vue du château Sainte Ange, qui paraissait vouloir faire résistance et qu'il n'avait pas dessein d'attaquer. Avec les forcés qu'il avait alors et les mauvaises di^posi-^ ^ons des habitaos et même de la garnison du château envers les Borgia , il est presque hors de doute que, si Charles eût mis de côté le rtîspect dû à l'Église par le premier de ses fils, il aurait pu se rendre maître absolu de Rome, de tout l'État ecclésiastique , et y joignant avec non moins de facilité la Toscane , fonder en Italie \\n empire plus grand et plus puissant qu'aucun de ceux qu'on avait vus s'y établir depuis Cons-i tautiu.Mais, loin qu'un tel projet entrât dans
0» 106 «en sa pensée , il restitua Givita-Yecchia et Teiracioe au Pape, remit la citadelle d'Ostie au pouvoir du cardinal de Saint*Pierre-Ez-Liens, et, partant de Rome après trois jours, il se dirigea du côté de Vîterbe.
Alexandre, le voyant s'approcher, et lui supposant toujours des intentions analogues aux siennes, prit le parti de s'enfuir à Pérouse, dans le dessein , s'il était poursuivi , de traverser rOmbrie jusqu'à Pesaro, où l'appelait son gendre Jean Sforzà et Lucrèce , sa fille , tout prêt à s'emb&rquer même pour la ville de Venise , s'il île pouvait trouver de sûreté que 4^ns les lagunes. Mais tandis que le Pape fuyait des périls qui n'existaient point, Charles en allait chercher que tout autre aurait fui, et pouvant s'embarquer ou suivre du moins la route de Gènes, qui va le long de la mer, il tira droit -vers Pontremoli , dans la vue d'attaquer les forces considérables que la ligue y avait déjà rassemblées.
Alexandre , rassuré par la route que Charles avait prise, retourna de Pérouse à Rome avec son fils et tous ceux qui avaient partagé sa fuite. Bientôt ils apprirent l'échec éprouvé à Rapallo
par quelques troupes do France avec lesquelles le cardinal de la Rovère , ainsi que Frégose et plusieurs autres exilés de Gènes avaient voulu s'em* parer de la Ligurie au nom du roi Charles; la révolte des Napolitains, qui avaient rappelé le roi Ferdinand, et la bataille du Taro, dont les troupes de la ligue s'attribuaient l'avantage. Alors, toutes les craintes qui pouvaient leur rester encore s'étant évanouies, leur esprit se monta à un degré d'arrogance extraordinaire.
Le Pape, à l'instigation de la ligue, envoya présenter par un de ses huissiers, au roi de France , qui faisait en ce moment à Turin quel* ques dispositions pour secourir Novare, un monitoîre bien propre à faire voir qu'on ne le craignait plus. En vertu de l'autorité pontificale, on le sommait de quitter l'Italie dans dix jours, et on ne lui accordait qu'un même intervalle de temps pour rappeler ses troupes du royaume de Naples, sous peine de se voir contraint par les censures ecclésiastiques à comparaître en per-^ sonne devant le Saint-Siège.
Charles, dit-on , répondit qu'il ne comprenait pas pourquoi Sa Sainteté lui ordonnait ainsi de repasser les monts, tandis que les confédérés
avaient voulu , mais en vain, sur les bords du Taro^ empêcher sa sortie ; qu'il ne voyait pas davantage pourquoi ses troupes devaient être rappelées de Naples,* n'y étant allées que du consentement et avec la solennelle bénédiction de Sa Sainteté; quant à la menace de le faire yenîr en personne à Rome, il ne la comprenait pas non plus, puisque Sa Sainteté s'était retirée , lorsqu'elle avait appris qu'il devait y passer, et n'avait pas voulu recevoir les hommages qu'il se promettait de rendre au chef de l'Église : néanmoins, il ne refuserait pas d'y retourner, en prenant les précautions nécessaires contre ses ennemis; mais il priait Sa Sainteté de vou-» bir bien l'attendre cette fois.
Au reste , Charles et la majeure partie des siens désiraient retourner en France. Une paix précipitée et peu sûre fut conclue avec Ludovic Sforze, à qui l'on céda la possession de Novarc, et l'on se mit en route pour Paris, renonçant aux affaires de la Lombardie et laissant celles de Naples dans une situation désespérée.
Quand César Borgia vit le roi de France hors de l'Italie, sa joie fut extrême. Il pouvait main* tenant donner l'essor à son ambition long-temps
comprimée. Alexandre ne fat pas moins content, quoique les vues de Tun et de l'autre fussent opposées.
Le Pape se voyait en mesure d'élever aux plus hautes dignités le duc de Gandie, et de fonder sur lui la grandeur future de sa maison. te cardinal songeait, au contraire , à supplanter son frère et voulait s'appropriei* adroitement tout ce qui , dans le principe , n'avait pas été destiné pour lui-*même.
Jean , duc de Gandié , avait reçu de la nature tm visage assez agréable et un caractère porté à la douceur. Dans un siècle aijssi dissolu, on ne songeait point à lui faire un reproche de son penchant à la volupté. Par l'aménité de ses manières , comme par sa modération au sein des grandeurs paternelles et des siennes propres, il s'était fait autant aimer que César, son frère ^ avait inspiré de haine et de crainte. Bien que le Pape fît plus d'état dé César, à cause de son aptitude aux affaires, des artifices de son esprit, et de son habileté^peu commune à|^exécuter le mal ; toutefois , dans sa tendresse et ses affections , il paraissait pencher davantage vers l'autre , qui, d'ailleurs, étant l'aîné, avait dû être
la» 110 (« choisi pour ser?ir de fondement aux grandeurs séculières de la famille.
11 s'établît donc entre Alexandre et César une lutte secrète , où long-temps se balancèrent les injustices, les violences, les moyens pervers; César enfin l'emporta , comme nous le verrons bientôt, mais il fallait pour un tel triomphe un excès de scélératesse dont lui seul était carpaUe.
Le Pape jugeant que, pour arriver à ses fins, il avait besoin de se former dans le collège des cardinaux un parti qui secondât ses projets d'élévation temporelle, projets qui ne pouvaient être exécutés qu'au préjudice de l'Église , donna le chapeau , dans les premiers jours de Tan 1496^ qui était la quatrième année de son règne, à quatre prélats non moins attachés à sa personne qu'au duc de Gandie : c'étaient Tévêqu^ de Ségovie, majordome du palais apostolique, l'évê-* que de Girgenti , gouverneur du château Saint- Ange; l'évêque de Përouse, dataire (*) du
n Dataire » officier de la cour de Rome , dont les fonctions consistent à porter au Pape , pour les signer, les suppliques des bénéfices un peu considérables, auxquelles il met la date, Datum Romœ , etc.
»» ill <«( Saint-Siège , et Jean Borgia , protonotaire apostolique, neveu de Sa Sainteté. A la place du dataîre, créé cardinal, Alexandre, voulant avoir un homme qui concourût au projet d'enrichir le duc , nomma Jean-Baptiste Ferraro , de Modène, évêque de cette ville. C'était un slmoniaque fameux ; et comme il faisait son infâme commerce dans les intérêts et par Tordre iiu Pape , on publia le distique suivant :
Vendit A lexander clatei , altaria, Christum: Vendere jam potest, emerat ilU prias (*).
En outre, il créa comme un nouveau moyen d'amasser de l'argent , un collège de 80 secrétaires des brefs.
C'était peu encore. Lesbarons Romain^ avaient toujours été pour lui un sujet d'aversion , et leurs domaines, un objet de convoitise. Elevé sur la chaire pontificale , il avait d'abord attaqué les Ursins, comme nous l'avons dit; bientôt l'approche des Français lui fit interrompre cette agression; il eut besoin de se défendre lui-même.
(*) A,l)exandre vend les clés, les autelë, le Christ; il peot bien vendre» paisqa*]] a acheté.
^ 112 éei En ce même temps, néanmoins , il avait poursuivi les Colonnes qui, par surprise j s'emparèrent du château d*Ostie et s'y réfugièrent. Il les avait déclarés privés de leurs États et domaines ; il avait fait raser leurs palais ; mais l'arrangement qu'il se vit obligé de conclure avec le roi de France , dont la famille Colonne suivait alors le parti , était venu arrêter le cours de cette autre persécution. Quand le départ des Français lui eut laissé le champ libre , les hostilités recommencèrent contre les Ursins, qui étaient restés fidèles à la France, tandis que les Colonnes étaient entrés dans le parti d'Aragon.
Virginio et les autres chefs des Ursins , après le départ de Charles et sur son invitation , ainsi que par les intrigues de Camille Vitelli, ami iélé du roi, s'étaient mis à la solde des Français avec six cents hommes d'ai'mes, et j traversant les terres de l'Église, s'étaient portés dans l'A^ bruzze, malgré les défenses du Pape, qui pourtant alors n'osa pas donner carrière à son ressentiment , parce que les affaires de France paraissaient vouloir se relever dans lé royaume de Naples : vaines apparences , qui s'évanouirent bientôt , et laissèrent arriver pour Alexandre le moment où il pourrait se venger.
js»> lis ee4 Les puitoans secours" qtife les Vénîtienè eii- TÔyèrèDt et par terre e^ par iner, le ièîe "des autr^cT confédéi^ë^ à remplif letirs engagèmèns , rabandoD où les troupes de France furent laîsséésy réduisirent bientôt celles-ci aux dernières ettrëmités; enfin elles capitulèrent , non sans avoir fait auparavant tout ce qu'on devait attendre de leur courage. ^ .
Va des articles les plus importans de la capitulation accordait le retour en France au duc de Montpensier, lieutenant de Charles, après toutefoia qulï aurait rendu les places de guerre occupées encore par ses. troupes. Les Drsins et,
\ Paul Vitellî , frère de Camille , qiij était mort dans un combat , pouvaient également sortjlr du, royaume de Naples ; mais le Pape , les poursuivant comme coupables de lèze-majesté pontificale et -derébeUion envers* lé Saint-Siège , engagea fërdînand à fcs retenir prisonniers. Lé cardinal JeanBoïçia, son légat auprès du même prince, agit en mêtne temps avec vigueur à l'effet d'obtetiîr que Paul Yitelli fût remis en son pouvoir, Gfe dernier s'était livré* à ia foi du martîuis de Mantoue, générer 'dtS^trolipes' téhitîénries ,' qui l'emmena aveciui*; mais Ferdinand, p'our complaire au Pape , n'ayant égard ni â l'honneur,
ni i la foi jurée ^iltemprisonnner ^u chAtéau dç rOEuf, d'abord Virginio et Paul Ursjiis^ ensuite Jean Giordano;^ fiU de Virginio ^ et Bartolopaéo d'Alviano, son pareAt Le duc d'Urbin , lieutenant -général, de TÉglise, enleva à, leu^rs gens, dans l'Abruzze^ les armes pt les cheyam^.
Bientôt après, on tint à Borne un consistoire où lesUrsins, déclarés rebelles, furent condaoïnés â perdre leurs biens; et Ton résolut d 'envoyer des troupes pour faire exécuter cette sentence. A lïssue de l'assemblée , ïe Pape , revêtu de ses habits pontificaux et suivi de tout le sacrécollège , se rendît à Saint-Pierre , pour donner, avec toute la pompe imaginable , lés enseignes du géiiéralàt de rÉglise au duc de Gandie,
S'il se fût agi d'une expédition contre ks Turcs ou de toute autre importante guciqre^ on n'eût pas déployé plus de faste et d'appareil. Ami de son frère, Cé^ar n'aurait pu voir sans envie cette prodigalité d'honneurs milita|i:es décernés au due; que ne dût-il pas éprouver dans les mauvaises disposition où il était déjà !- Aossf. le duc de Gandie, qui triomphait ainsi avant d'avoir coinbs^^tu , n'eut-il pas plus tôt cess^ de
19» itô eC|
Tîf re , que CëBar voulut reoeveir des heuaedins: iniHtakee semblables.
lie 37 octobre 149^^ ®^ ^^^ P^^ éauis lés premiers jours de 1497 cemmei'a écsitCuicttsuMËLa^. aovtireut de Rome ieicardinal Légat^ attaefaé^' Tarmée papale^ le duc de Gandie et lies autves chefs deguenre, avec toutes leurs tro^lpes^ armes ^provisions, et ils prirent leur marche vers les terres des Ursinis. Dans l'espace d'un Tnois, la plupart de ces terres furent enlevées, à Texception de trois places fortes, situées sur le lac de Bracciano : Anguillara, Trivîgnano, ainsi que le ch^âteau qui donne son nom au lac , et où les prosciits avaient cra devoir concentrer leurs, moyens de résistance*
Dans cette guenre improvisée, se signalèrent parleur mérite un homnxm^t une femme de ia maison des Ursins; LHsn était œ' méone Rarto^ loméo d'Âlviano. retenu prisonnier par le roi' Ferdinand , et qui « un peu avant la mort de ce prince, survenue presque au milieu de son triomphe , avait réussi à briser ses fers. ' Tout seial et fort jeune encore ^ il. avait mis Â^faissëm-*'^ hier des troupes, à munir et fortifier les trois places y  rejeter les avances de Tenhemi , i
Mi« 'd^^kortiefl heureu^s/ uni; liabOelé , une présence d'esprit qu'on eût àfieineTeneontpées dans les capitaines de Texpérieuce la plus consommée. L'iutre fut Bârtoloméa , sœur de YirgîiMby^fbmiiie d'un grand courage^ aussi pleûûbe dbptodénce que d^attâckemënt |K)Ur sa maisôe ; se pioiitanl! (A sa'fMrésencë était lé plus nécessaire, FftS0emblaiQ[t/deis tioupeis, les. excitant à Se dérfeiidre y prodiguant ses richeises , son Or, ses bijoux , et convertissanl ses habits las ()lus soa>p* tupuxv même ses robes de noce, eil sayoïos pour les pauTxes soldats.
' Là «valeur de ees deux personnla^s n'empépha poinA rJinguillara et Tri^^ignano de; fie rondre:;. les assiégeans y exercèrent toutes sortes decruau** tés. Mais le château de Bracciano se défendit avec obstination , et, dan« une des Tigoureiiies soïrtibs d'Alviano, César fiorgia, qui se* liVnwlt' ai^plàisiiT deja^hi^ise prèâ.de Montè-^Marîo j ae dut soii saUt qu'à la vitesse 4e <soni che?aL
Le roi de f^a^ace n'aband<Nina: point les Ursias. liiedvoya à leur secokics Charles, fils paturel dtr Yhrgima, et Yifellozzo Vitelli, sinon; avec de nombreuses tirnupes, du moins aycc.de fortes sôn^mesid'argenlt pour lever des hopûnes. Leurs
Vieux soldats les- joignirent* IlsTfarentsfidés.pdi: leS' Baglioni , < pë^r Jettn^ de la. Ruvère ^ piré£it ;die Rome, et par plosieùrs' autres BeâgnâurSylqujf craignaient d'être dépoifilIéBà leurtoiir au profil: dé lia .maison Bol'gia. LeaColonine^ etlestâixeUi ne -siBTiiCdnt) point ,celE exemple de îgéùérôbilé^ qni rétait en mèine temps de priidencel Aiitaiit ils s'étaient[uiontrés ënoeiïiis dèis Bor^a ^ autant deyinrernt-ils leurs-plus cfaauda partisans , seiier fusant !ainsi à croire' èe qu^on disait ipcfurtàtt| dans la rue : que ^i'ks Bongiàlallaimt dirià^.iiàr les iéttrei deSiVrsinByilÈ eomptakm bien souple surfeellfs des Coi9nne^.'\ .f. ; ' \ .?., i
Le duc de Gandie, ayant appris que Charles Orsiftoet Vftélloazo Vitelli s'ayançaiçtit avec plus de troiâ millej ihdmmés dei^pîed' et-'ian nombre proportionné ite ' chfe^aà -légeïs^'let d^bommQgî d'iarmies j iu^e? qu'il' ètâî,t dai^reujt dè'leis attendre $idûs4esnJiivs<deBTacçiihoi ttoM la garnison, seule enéîoihé,' l'inquiétait i il viîïf^ leur rencontre. Le combat fut opiniâtre , et tel quV^n devait U^àtteûdre dé soldats ébder capitaines qui , des- deux côtés j étaitof ' l^éÛté^ 'dé la milîéfe italienne. ^ ^ bi .i..i/i
La cataierie des Ursiri$^lia' un rhfïtièhi i -éX ^
daos dot échec palsager , Rosseto , trèâ^yaiUànt eapiteine des VitelU et Fraiiciotto Ocmdo^ depuis cardiaal, restèrentprifionniers desColonneâ». Mais Vitellofezo étant pa^rrenu à reogager le combat, ks Ursîbs mirent tàntd^àrdeur i faire ot4»lier letir eourte défaite , que les tn>upes de L'Église leuE cédèrent enfin la victoire. Drapeaux ^ munitions » artilkrié tombèrent au pouvoir des^ vainqueurs. Cinq oentt hoiiimes fuient tués ou pri^ ; le reste se sauva honteusement. L^ duedlJrbin et Jean^iecre de Gonzague^ comte de Mtrrolara ^ se trouvèrent aur nombre àeB prison*^ niers. Le légat apostolique eut une peur si grande , qu'il en. mourut peu de jours après.
Le Pape y àcetterUouvelIe., fut assailli de ceê tejrreurs qui succédaient ëi ptomptemcnt' en lui à Taudaoe. La. paix vint heureusement à son secours. .YirgiDia nr put en profiter , û éttiit vaott huit jours araot la bataille; on eut qUeK ques soupçons d^empoisonnement ♦
Alexandre « avant h cQûclusion de la paix^ avait demandé à Fsédéric « successeur. du r^i Ferdinand, deux de ses généraux, Prosper Gor lonne et le célèbre Gonzalve de Cordoue. Ne pouvant, plus les employer à combattçe les^
k» lU M«K
Ulrins, il les fit -mairchér tîotitré le chfiteàu tfOfttfe * qui fot repris. tie$servk;6s dé 6oni&f)T« fqrefU si Qgtéable^ au- Pdpe, ^e fce générai es* pâgiioli reçut à Rome les plus gtikdé'hobîidursj Ou dit même que la rose d'or lui fut abctnrdéei c'était la plus haute distinction que pouvait doûtfer ie Stfint-JMiie. Dân^ les qfiiatre anhiées préeédenteB ) remperoùy , le jfoi^d^ France, le d#ge*de ?4eoi8es'«t4e •n^ar^tri^'deilf anléuey «IV talent reçue. »
Cependant la présence de Gonzàlve à ïlomé suscila quelques ^pôitttineries de prébéaiiee.' Le fier Castillan rèfiiissril de ciéder le pas au dite de Candie, tdiut allie que fût celui-^ci à la maison d'Aragon. Les diffitultiésf s'apls^niitent enfm , et le duc obtint 'une soIennéHe reconnaissance de se^ droits* Op choisit , à ce de^seitl ^ la fête dé TAnnoiiciation , où le Pape devait aller à l'Église de la Mitt«rve eâ grande Mcérémonie; Gonzëlvé vînt de son palais au-«Eevant du oortége ponti-s fical , €ft se plaÇà ii!ntnèdiatément après tous* les cardinaux à la gaii^he du duc de'Gàndlcv qui, prévenu de cette démarche , affecta d'étaler sur sa personne cônhfme da*ns sa suite un luxe extraordinaire ,iet tel qu'à' peiné ' il aurait pu €f<mtenir au fite légitii^^ du plus grand potentat
d'alors. Afiaia . cette pooipe orgueilleuse » cette jouiK^^n^e, d'amour --pcfpfe^ .si rédatiiQte fiât la demî^re que la teindres^^ d*UQ père>eut le tanips de lui peronettre. £Jle pn^oédad^ bieoipeu ses
.. Le Pap^e 9ydBt.ya.,aiaqqjaer. ,tQuâ les pvoîefis djagrandîflsement fermé^^ein fa¥eiir. de seo filsr^ et qu'il £9Uaitp^w»iiivcea«i^tdépei)S'dé8.barM0 romains , s'occupa néanmoins d'eotKl^ir. des semences de guerre entre les principaux d'entre QUJ^, les Uiislase^t l^fliCglpunes, duerçbfmti ainsi i^ profiterdujtort/iwS^pçuffwrt^q^Mwllf^ se faiice»,.M#i$ ils s'aperçurent-^ des Jttteiïliens d'IA^xan^dre , et déoppçerlièDenit se» mesures^ ea )urant)toatà ep^p la.pai]c«.$a.SaiQteté. oojnprit alprs qu'elle ne po<j|rrait. accroître la; grandeur dç soob enfanf qu'aux, dépi^ns de J'Égljàe :eUe<> méipe 3 .en JQjOOaéqueoce , le 7 juin;; de cette m^me.anqé^sun (^P^iMuife. fuit .teau^ où l'on prpposa, d'ériger nn ducWilg cité de Bénéireut , etdela^idoQn^r a^ dm^4ei(fapdie,f^eQ Terraçine ,
Les Qardiipi.au;X ^sçiuscri firent au ,dfii9bem^bre* ment. Majs ce4;te: dpi^ii^re; marque ^de fi^yeuri&it dans l'âme . atrocement amibptieusei de. César qa
atrêt 4e; mort tôntxt son firèjre.'fToutelt^ U âa prévoyait ^aB «aïie plaisir qtie la jalousie d'un aoSKHU . incestlMux>; fK)unrait >.être priae poiur, le motif d'un attentat qui, impiikté seulementr.à Taifibitiion ,> aurait trcip révolté les écrits- (y). '
1^ jouriqnijsiiivit la tenue 4u.<cQMisl;oirejH Lucrècie Borgia se 9ea<lit m monastère de SaiQt-^ij($e , et B*f .mf^tm^ ^iMnf^ que ie motif de^ cette reti^ite spvdaine fût soufiçoADié.il^es c<Hirtisap<s «'épuisaient en conjectures. jQn apprit ctnfin que, pour deS( raisons; à lui ccrniiuesv! le Saint-Père avatt purononeé la dissoluition du)aia^ riagp conUïaQtéjpar dlë afreb JeannSfana^^tseir*; gneur de Pessiro» L'umon durait depvds quatr^ apfi. On leur kis$ai la Ssiculbé^de ccniyoler à d^^ secoQ4^6 jioces ; ce querbient^t Jls firent Vntï et.raujtre,- , «" •< , • .,, : '|
Le vendredi de la même semaine , un autre
{*) ' Selon Oiiichârdm V iCésar atàît pour eectoixd mal son propre pèrc^, ; qql , ,lo;r8fpi*il. 'M élevé sur U chaire pontificaJbe ; ' démaria s» fille nne prendre f(f iç , pour la donner à un seigneur de haut rang , Jean Sforza ; deyenu ensuite jaloux de son gen-* dre, il poursuivit la dissolution du second mariage, en faisant apporter dévaul de» juges coîrompus certsfines preuves et témoignages .dlmpuiwaucequon' reçut de confiance. '
consistfiire etit'Iieu. Le cardinal Vaientin^ y fut nommé légat à Lattre ^ pcMir aller à Naples pro* céder au couronnement solennel de Frédéric* Aptes rassemblée , il fut accompagné par tout le stfcré-mtlége à ses app«rteidèns , où il se reri« ferma , moins pour vaquer aux soins du départ, que pour conterter arec ses sicaires Tetétution d'un crinie , depuis lon^ç-temps médité. Le moment lui paraissait opportun : ce voyage qu'il allait faire devant le dérober pour quelques mois aut regards scrutateurs dès Romains «t de son père. D'ailleurs , 9 ne pouvait se résoudre i partir , en teitoant aU pouvoir d'un rival cette seeur corrompue , dont il était non* moins épris que son frèrei En conséquence , il fut convenu avec ses sbires , à la tête desquels était un n6mm é Don Michelotto , espagnol , que le départ de Rome aurait Heu le 1 5 de juin , et serait précédé dans la nuit par l'assassinat du duc.
La Yannozza , prévenue du départ , voulut réunir, la veille, tous ses fils^.et les invita à souper dans une vigne délicieuse ^ qu'elle pos^ sédait auprès de San-Pietro in Vîncola. Le Valentino accepta l'invîtation, persuadé qu'elle ne pouvait nuire à son projet» Tous les autres frères et les principaux parens acceptèrent aussi. On
IB» 133i tel
s^amusa b^aucHup et Gësar autant [qut le» autres*
Après le souper et un peu de promenade, César prit lisser profmptement^eongé de sa mère, sous prétexté de vouloir faJré également ses adieu^t att Pape avant de se lâettre* au lit ; et, se hâtant de retournef à èon palais , afin d'avoir tout le tetnps nécessaire, iltortif en mêmei tenlps que lé duc de Gandie, qui avait aussi des raisons pour so hâten Ils marchèrent ensemble , avec quelquesuns de leurs serviteurs^ jusqu'auprès du palais^ Bor^a , qui était habité par le cardinal Sfon&a. Le duc> se séparant alors? de soh frère , lui dit, avec la liberté dont ils avaietit coutume d'user ensemble, qulavaïit de se retirer dans son parlais il voulait passer quelques heures auprès d'une dame qui était fort de son goût. Le Yalentino lui répondit q^i 'il en était fort 1& maître, et ils se: i^uittèrent. '
Le duc renvoya ses gens^ à Texception d'unestafiey et d'un autre se^viteur^de cette espèce, qui f le soir tnéme, était venu "sôUs le m^^que luî parler à la vigne , et qui l'abèrdàit Souvent ainsk -au palais pontifical. Arrivé à la place de la Giudècca,^ il congédia Testafier en lui disant de^
venir à upe hewe ip<liquée raHeii4K eu cette même place, d'où il retournerait au palais, B\som maître ne paraissait point.
- . .Ç^wr^aW» pyfiû/^e QWgfi 4«,pw^ xeçut sa. bénédiction, €rt on a^le vit,|Uu^)K)uU>e part juf^u/à son retom*nd^.M9i^es, où;sa:)Buil^.a|yait eujftTjir^ de i^ d^vpinc^i JiC duc de GnQfUf nfe rfparyt pasimpn plus^r priais ce. |ttt>pOMr toiu-^ ioiv$*,;./ . :,;-.•. ;. ,:;;.• ')- ' ■••
i.Le? ciçcjoftstancfjs de ^a m^rtiont été diTeraeçfi^eptraç^At^^, On prétend néaninoia& qu'après aYpir fait ses fidieux.apPapç^.le .Yaleiitino^^ re* monté ^.cheyaljialla^ suijrji deti q^isitse ^soélérald qui i^çyaîe];àtiCOQcpqrir:,am.crim.ci;; attendre que sp^ :feère:, au retpnr dQ,s^(v|site osi^itutne^ passât;i2in un liçp qu'il ne pouvait éMitiar ; et que le 4mÇ5 : ayApt. p^ru, en ^t , aj^iec il6^srjîQod;es1ia-* fier dont nous avons parlé déjà, fut aMSÛlUpar cinq assassins ; vainement il essaya de les attendrir, ,:çn, se faisant cQnniaiid^)^ i^iluÂi^urent biepJtôJ:.>ar]r^çhé la^viç. Les meurtf iétis le^^art^ rç^t spn cadp(yre ;>et li^ val^t qu'ppcf i^t mort fut li^s^é sur le catar^aiu- • it. îm |
Cet homme ii^ano^qi^p^ attira par sçs géminé-
mei¥S')e»Uiablti5lifi» d'une pitite tnaië^- Voisine ^ quîle portèrent SUT Un lit; mai^ û expira avatit d'avoir pu 'raconter ce -qui lui était arrivé ainsi qu'à son tnaîtïei !
Les gens du due s'étonnèrent de ne pas le lievoir le lendemain; leur étonnement, à mesure quête )oiiT s'en ajlait, se convertit en alarnies, à chaque {estant plus vives. Le Pape , quoique troublé de quelques fâcUeuxpresséntimens, s'ef* forçait de croire que son fifs, surpris par le jour dans quiblque aventure galante, attendait le retour dëfiïà Tauit pour se rétirer ; mais la nuit vint et le diic ne reparut point. Le jour suivant, des bruits sinistre» comirvenoèrént^à* s!épindpe«;>i)sl vinrent jusqu'aux! oreilles du Pontife. Sa douw. leur fut extrême. Qu'on sluformév difljail-ili à' chaqu^> instant ; qu'on chei'ehe à savoir comment ai péri Tinfertuné ! ' •
Le& serviteurs du Pape é'occupèrent avec empresseipént de.*» recherches com m andjées. ; Le corps dû duc ne fut retrouvé nulle part. Alors, on pensa, et la*pratique de ces temps^à auta*risait cette* idée, que , pour dérober les traces du forfait^on' avait bien pu. jeter le cadavre dans le ^ Tibre. Oui interrogea tous ceux qu'on supposait
avoir pu , . ^t. de hm. maison , i$oit de. leur ,baiw que»coauaitre ce qui s'était passé les nuits pté» oédentes.sur les bords du Aeu?e, Uo ciertain Georgi^ escisTou de natiou^ qui apportait dans son bateau des bois à Ripetta, fit la déclaratioa suivante:
Ayant, dit-^iK le mercredi i4 du uioisy mis i terre mon chargement, je me reposais dans. ma barque , à la fraîcheur de la nuit » veillant à ce que d'autres ne se chargeassent pas de c^ que l'avais déchargé , quand sur les cinqlieQre» (une heure après minuit , selon la manière française de compter les divisions du jour), je vis deux hommes à pied quiy <de la ruelle à gauche, de notre église de Saint Jérôme, portaient leurs pa3 vers la grande rue. Par leur manière d'aller, de i}k et de là, ils montraient assez qu'ils n'avaient pour but que d^obscrver si. personne, ue> passait dans la rue; ce dont s'étant assurés, ils se renfoncèrent dans la ruelle, d'où sortirent peu de temps après deux autres hommes, qui prirent la- même précaution et firent signe 1 leurs compagnons <1 'avancer; ils reparurent aussitôt , {précédés d'un homme monté sur un cheval sur la croupe duquel était placé un cadavre, dont la tête et les bras pendaient d'un côté, et led
pieds de Tmitre. Lts deux hommes qui les ^e^ miers ctaieDt venuft à la découvre, aidaient à empêcher que le corps ûe tombât. Le cat alier et ses assistans^ s'avancèrent vers le fleuve , tan-^ dis que led autres faisaient sentinelle dan6 la cuie^ et s'étant approchés du lieu d'où .les. iuimoudicea de la ville tombent dans le Tibre, celui qui était à cheval fit tourner la croupe vers la rivière ; alors les deux autres prirent le cadai^re Tun par. les bras, lesiecond par les pieds, puis , après iravoir d^uxoutceis fois balancé, avec force; ils le lati«oèrentdans les ondes aussi loin qulls purent du bord. Après quoi , le cavalier demanda s'il avait dispaïai. Us répondirent: Oui, Seigneur; et, sur cette réponse, ayant piqué âoq cheval, il sV perçut, en tournant l<t tête, que quelque chose flottait sur Teau* Qu'est-ce donc? dit-il, Je vois quelque chose de noir sur la rivière! Ils répondis rent : C'est le maDteau, Seigneur. Aussitôt Tufi d'eux^ y jetant des pierres, le fit plonge r.Rnsuite,. ils se retirèrent par la grande rue , et entrèrent dans la ruelle qui mène à Saint-Jacques. C'est tout ce que j'ai pu voir, et tout ce .que je puis dire, eu. réponse aux questions qui m'ont étéfaitea* <
Les serviteurs' du Pape demandèrent alors à cet homme pourquoi il n'avait pas révélé le fait
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au gouverneur. Il réfiondit arëc la métncf sincérité : i Depuis que j'ekerce> ffion tnétiér sur le fieuvet^ j'y ai vu jeter de la même manière plus de cent cadavres^ sans qu'on ait pris aucune informalion.* Voilà pourquoi je. n'ai pas cru de^ ^oir parler^ ne pensant pas qu'on y mettrait cette fois-<;i plus d'importante que par le passé.
Après ce renseignement, 'quj n'était que tropclair, les gens du'Pape fifent assembler tous les batcQie^s et mariniers, promettant ftne bonne récompensera icelui qui trouverait le corpis.' Ai»srîtôt, on se mit à «l'œuvre ; et , le soir du 'même jour, furent Ttirés bors dis l'eau deux cadavres^ dont l'un était celui de l'infortuné duc. On y remarquait n^uf blessures; la plus oonndérable était à la gbrge. Rien n'avait étéidérangéà ses. vêtemens; ses gants étaient à là ceinture, et' son argent dànsJa bourse. Décemment couvert eti placé dans, une «banque ,11 fut aussitôt, tr^n^yorté» au cbâteau SaiutTrAnge, et revêtu desiornemens. militaires affectés au généralat de la Sainte-. ÉgUse.' Yers la nuit* ses principaux serviteurs le portèrent à l'Église. de laiMadonna del Popoio«, avec toute la pompe funéraire , dont le clergé et la coiir pouvaient iM^iiorer le fils>du'Pape. Toute la. ville le pleura ; car , malgré les petits dé-
fauts qui pouvaient lui être reprochés^ on l'ai-* mait généralement et Ton ne trourait d'odietix en lui que sa condition d'avoir un méchant père et un frère plus méchant encore.
Alexandre , qui. Tavait chéri avec excès , le pleura de même. Il erut long-temps que l'envie , excitée par l'éclat de sa famille, avait inspiré ce meurtre, et il refusait d'ajouter foi aux insinuations de ceux qui essayaient de lui montrer Ja main d*où le coup était parti. Ne voulant pas survivre à son fils bien-aimé , il s'enferma dans le plus reculé de ses appartemehs ; là , il ne prenait ni repos, ni nourriture. Enfin , il se laissa fléchir par les prières de ses plus familiers ser* viteurs , qui , de la porte , le suppliaient de les laisser eatrer ; il leur ouvrit et se prêta aux consolations qu'ils lui donnèrent. Bientôt même, il parut avoir oublié qu'il eût eu ce fils, dont la perte lui avait été si cruelle, et auquel il avait cru ne devoir pas survivre. On pense généralement que lai crainte de César Borgia , à qui de pareilles démonstrations auraient pu déplaire, le retint. Mais César aurait -il jamais attenté aux jours d'un Pape, dont la grandeur était Tunique base sur laquelle il fondait ses e^éranccs ?
Le Valentîno » pour éblouir les yeux du public et empéc'her qu'on ne lût dans les siens, donna t<iute la solennité possible aux céréoio^ nies qu'il était venu sanctionner par sa présence. Le roi de Maples parut ne pas vouloir se laisser aveugler partant de beaux dehors; et si, enefFet, le cardinal et sa dermino œuvre ne lui étaient pas inconnus, de quel* sinistre augure dut être pour ce prince une- couronne ainsi p5séo sur sa tête par des mains tout fraiebement souillées du sang fraternel !
Après avoir pris beaucoup ée tennîps pour ses fonctions ' de légat , - il erut devoir . prolonger encore son séjour , sous le prétexte des gran^ des challeurs* Enfin , il fut de retour à Rome le 5 septembre. Le lendemain , il fit son entrée solennelle , et son père le reçut eu consistoire. Il ne fut pas plus question entre eux de l'infortuné duc de Gandie que s'il n'eût jamais existé.
Le retour de César à Rome devint le signal des plaisirs. Il y eut de grandes parties de chasse. Outre un grand nombre de courtisans, et plusieurs cardinaux de leurs plus intimes aiuîe, Alexandre et son jfils s'y faisaient accompagner d'ordinaire par quatre cents chevaux et
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I» ifti «d six centi» hommes de pittd. Ce* fut à IViecasinn de eea chasses que le Vakntino , préparant la ¥oie à d'autres càangcniens, commença de portcff ua habit laïque à la frantsaise.
Maître désormais de resprit de soa père , il se livra sans veteiiue à tous les e^lcèd^ eu ajant soin toiitefoia.de ne quitter pas un certain air de grandeur^ qui, avec une libéralité adroite et l'usage d'aine autorité despotique ^ produisait chez les petits non moins que chez les grands un n)élai)ge d'intérêt, d'afiBujettîssement et de crsMDte^ propre à le faire autant respecter que le plus puissant flionatque du inonde. La force auprès de lui tenait lieu de justice; tout ce qttll était en son pouvoir de faine, îl le faisait. Entaufé d'hommes capables djB tous les couper de main , il en avait infeslé Doi»-^tilement la cour j mais la ville ; et Rocne > déjà si ooirouipue p était bien Téritablement alors une oarerne de voleucs, un réceptacle d'iniquités. Qtiand il te fallait, néanmoins , le Pape et Gésas savaient frapper leurs propres agcna et punir euxnmémes les complaisances ou lea crimies qu'ils avaient encouragés , demandés et salariée.
Ferdinand et Isabelle se plaignirent vivement
pat \ewS' ambassadeurs de ce qu'une dispeuse avait été accordée pour marier une religieuse professe, restée seule héritière de la couronne de Portugal, avec un fils naturel <lu dernier roi ; ce qui portait un notable préjudice aux prétentions des deux souTerains* Leurs plaintes furent d'autant mieux accueillies, que le père et le fils avaient dessein de former une alliance de famille avec Frédéric , roi de Naples, ami et parent des deux monarques espagnols.
Le cardinal Yiilfsntino crut devoir nier que la dispense eût été accordée avec le consentement du. Pape ; et il accusa de faux Tarchevéque de Cosenza , alors secrétaire des brefs apostoliques. Ce prélat fut, enfermé. au château Saint-Ange. Qn lui fit son j^rocès. On allégua qu'il avait expédié cent onze mille faux brefs, pour des grâces iqsolites ou qui ne pouvaient être du tout accordées ; telles, par exemple, que la dispense QnvJOyée à l'héritière de Portugal. Pour .comble d'artifice , des personnes . affidées engagèrent L'archevêque à: se reconnaître coupable, afin d'éviter, par sa soumission, les peines dont- il était menacé. On lui fit même. entrevoir qu'une fois les monarques espagnols apaisés, il rentrerait en. grâce. On ajouta que peut -être même ,
«a> tas <e« pouc Uindemnisèc de ce qu'il aurait à souffrir dans le iiioment , des dignités nouvelles lui étaient i^ésérvées.
I/archevêque donnn dans le piège, II n'eut pas plus tôt confessé son délit que. le procès, appuyé des aveux du coupable, fut lu en consistoire; deux jours après une sentence intervint, qui le privait de toute dignité, de tout bénéfice ecclésiastique , avec dégradation des ordres sacrés. Ses biens, qui n'étaient pas d'une médiocre valeur, passèrent dans les mains du Valéntino, On mitigèa la sentence en ce qui regardait la dégradation ; mais le malheureux prélat, condamné à une prison perpétuelle, y mourut bientôt de douleur.
Don Pedro Aranda , évêque de Calàhorra , éprouva un sort semblable, maispar l'imputation ' d'un délit différent; Il ët^it majordbme du palais apostolique. Tant qu'il resta pauvre ,^ les Borgia le virent avec amitié ; mais les richesses qu'il sut acquérir excitèrent leur cupi** dite. Ses plus proches domestiques l'accusèrenl: de ce crime qui attira le feu du ciel sur quatre villes en Palestine. De telles infamies étaient
alW9 SI eoûMO urnes, «t trouvaient des juge» sf douji;, quc^ peu de jours avparayant^ deux cent tjrente accusés de divers états et professions n'a« vaieat eu à subir que la honte d'un renoncement splennel et d'une amende honorable. Il n'en fut pas ainsi pour l'évêque de CaJahorra et pour un si^n. bâtard , également compromis ^ mais envers lequel pourtant op fut moin^ rigoureux. L'évêque ne racheta aa vie que pac l'abandon de plusi^ur^ place* lucrative*.
Cependant les projets des Borgia pour l'iagrandissement de leur maison , étaient touJQurs poursuivis avec la même ardeur. Lucrèce épousa don Alphonse d'Aragon, duc de Bicellî et pnnce de Salerne^ fils naturel d'AJphonst* II> et frère de dona Sencia. Un autre mariage se traitait entre une fille même du roi Frédéric et le cardinal Yalentino, qui était diacre, mais se proposait de renoncer aux ordres déjà reçus ^1 au ehapeai». Frédéric pourtant ne se prâtt»it psks à cette autre alliance avec autant de facilité qul^ k première. On demandât pom dot la prinei^ pauté de Tarent^. L'accorder, c'était donner tvofvck puissance à i»n gendre 1^1 qiie Césav; c'était introduire dans sa famille un fe« caché,, qui dévorerait bientM tout le royaume.^.
AlexdDdre et son fils, désespérant de surixionter rbésitatiQn du roi de Naptes, commencèrent à tourner leurs intrigaes vers la France. Us ne voytdent plus de succès pour eux. qu'aumilieu des agitations nouvelles dont cette puis** sauce pourrait étee riustrunaetit» et ne. se faisaient pas scrupule de rompre ^ s'il le falilaît» leurs engagemetkà avec la confédération qu'ils avaient tant concouru à foruiet. D'ailleurs , les princes d'Aragon , en faisant là paix avec Chatoies, avaient montré qu'ils ne tenaient guère euxmêmes, à l'alliaoce italienne. Mais Charles mourut sans laisser de fils; et Louis^ duc. d'Orléans, lui su<rcéda sous le nom de Louis XIL Ce changement arrêta des deux côté$ les démarchet^ déjà faîtes. ,w
I^ Yalentino, Be sachant pas encore ee qu'il pouvait se promettre du nouveau roi de France, fit reprendre avec plits de vivacité que jatnai» les négociations relatives & son mariago-atec la fiUe do roi Frédéric. Les espérances que lui fai* sait «concevoir cetle union, n'avaieùl; pour limites futures que eeHe& mêmes du royaume. Mais Frédéric, qui dfàs long ^ temps connaissait les Éoigia, ne se laissait point endormir à la voix des syrèneSt En vain le duc de Milan , menacé