‹ Histoire du Pape Calixte IIChapitre 14 sur 40 · XX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XX INTRODUCTION

une entrevue, avec l'intention de se saisir de lui; la prudence de Grégoire déjoua ce projet. Alors il rompit ouvertement, en rappelant auprès de lui ceux de ses conseillers qu'il avait été obligé de congédier après la diète de Tribur. La fortune semblait lui revenir de ce côté, mais en Allemagne, les grands et les évêques, réunis à Forcheim, le 13 mars 1077, donnaient, avec le concours 'des légats, la couronne à Rodolphe, duc de Souabe, qui renonça aux investitures et promit obéissance et fidélité au Saint-Siège. Cette élection fut pour l'Allemagne le point de départ de maux sans nombre. Henri, se voyant dépossédé du trône, voulut ressaisir son pouvoir. A la tête des partisans qui lui étaient restés fidèles, il ravagea la Souabe, la Franconie et la Bavière, portant partout le meurtre, le pillage et l'incendie, jusqu'au jour où les batailles de Melrichstadt (1078) et de Flandheim (27 janvier 1080) semblèrent porter le^dernier coup à ses espérances.

Grégoire, qui n'avait pas encore reconnu officiellement Rodolphe pour roi, profita de la réunion du concile qu'il avait convoqué au mois de mars, afin de renouveler contre Henri la sentence d'excommunication, le déclarer déchu du trône et pour proclamer à sa place son compétiteur (7 mars). Mais à Mayence, dans une assemblée composée de nobles et de dix-neuf évêques allemands, fidèles à Henri, l'anathème fut retourné contre le pape, lequel était traité d'imposteur, d'hérétique, d'homicide et de débauché (31 mai). Quelques semaines plus tard, il était à son tour déposé à Brixen, par des évêques allemands et italiens qui portèrent contre lui les mêmes accusations, et remplacé par Guibert, archevêque de Ravenne, un des prélats lombards qu'il avait excommuniés et qui prit le nom de Clément III. D'un autre côté, le parti pontifical perdit un appui considérable, par suite

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