INTRODUCTION. XXI
de la mort de Rodolphe, tué, le 15 octobre suivant, à Mersebourg. Par une singulière coïncidence, il avait subi, le même jour, un grave échec en Italie; l'armée lombarde, commandée par Conrad, fils de Henri, avait infligé une défaite aux troupes de la comtesse Mathilde.
Henri, après avoir confié la régence à son gendre, Frédéric de Hohenstaufen, se mit en route pour l'Italie, à la tête de forces considérables, et arriva sous les murs de Rome, la veille de la Pentecôte, après s'être emparé de Florence, de Padoue et de Crémone. Il était accompagné de l'antipape Guibert, qu'il voulait introniser. Les fidèles de Grégoire, effrayés, l'engageaient à entrer en pourparlers avec le roi, mais il refusa: dans le concile annuel, tenu au mois de février, il avait renouvelé la sentence d'excommunication contre Henri et ses adhérents, et, plein de confiance aussi dans le dévouement et le courage des Romains et dans celui des Toscans venus au secours de la ville, il se prépara à soutenir le siège. Pendant près de trois ans, il repoussa les attaques des agresseurs et leur fit éprouver des pertes sérieuses ; mais la trahison ouvrit à Henri les portes de Rome, le jeudi 21 mars 1084 ; dix jours plus tard, à Pâques, l'antipape Clément III lui mettait la couronne impériale sur la tête, puis il était proclamé patrice des Romains, en dépit des partisans de Grégoire, qui fut déclaré déchu de la dignité pontificale. Il ne resta bientôt plus au pape que le château Saint- Ange, où il était assiégé. Il implora alors le secours des Normands de Sicile, dont le chef, Robert Guiscard; avait été absous, quelque temps auparavant, de l'excommunication prononcée contre lui par Grégoire VII, l'année de son avènement à la papauté.
Robert répondit à l'appel du pape et partit à la tête d'une armée de trente mille hommes. A cette nouvelle, Henri se