XXIV INTRODUCTION
ment quand il exerçait les fonctions de légat en Allemagne. En effet, il avait présidé, en 1084, à Berka et à Quedlimbourg, des assemblées composées d'évêques et de seigneurs allemands, qui ratifièrent les décisions de Grégoire et confirmèrent la sentence portée contre Guibert. Il partageait, mais avec plus de modération, toutes les idées de son illustre prédécesseur; aussi déclara-t-il, au moment de son élection, qu'il marcherait sur ses traces. Mais, au lieu de brusquer la situation, il commença par s'assurer la sympathie des Romains, en se montrant animé de dispositions conciliantes. Ce fut seulement en 1089, lorsque Guibert, dans un concile tenu à Saint-Pierre de Rome, eut, entre autres choses, proclamé nulle l'excommunication prononcée contre l'empereur, condamné la simonie et anathématisé Urbain et ses adhérents, que celui-ci donna officiellement suite à sa déclaration, en convoquant aussi un concile à Amalfi. Les grandes questions, toujours les mêmes, de la simonie, de l'incontinence des clercs et des investitures, des aftaires de discipline ecclésiastique y furent traitées; Henri et Guibert ne furent, à ce qu'il semble, l'objet d'aucune censure publique. Mais l'excommunication fut renouvelée contre l'antipape et ses fauteurs, par conséquent contre l'empereur, au concile de Bénévent, à la fin de mars 1091.
Déjà plus d'un an auparavant, Guibert avait été chassé de Rome et, pour la troisième fois, Henri avait passé les Alpes, afin de l'y ramener. Une révolte de son fils Conrad, fomentée par la comtesse Mathildc, d'accord avec Urbain H; le couronnement de ce prince comme roi d'Ualie par Anselme, archevêque de Milan, et la défection de partisans de l'empereur et de Guibert forcèrent ces derniers à se réfugier à Vérone. Le pape, après une absence de plus de trois ans, put rentrer à Rome (vers la fin do novembre 1093) et.