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CHAPITRE III

Fondation de l'ordre des Antonins dans le diocèse de Vienne. — Gui est envoyé en Angleterre comme légat du pape. — Il va en Ilalie. — Il oblienl le pallium. — Fut-il cardinal? — Il administre le diocèse de Besançon pendant la vacance de ce siège. — Son voyage en Espagne.

Au moment où Gui de Bourgogne fui appelé an siège archiépiscopal de Vienne, la France et une partie de l'Europe étaient désolées par un fléau terrible, qui a reçu une quantité de noms différents, mais plus généralement celui de feu sacré, de feu Saint-Antoine ou de mal des ardents (i). Ce n'est pas ici le lien d'en indiquer les caractères ; malgré tout ce qui en a été dit, ce mal étrange n"a jamais été bien déterminé. Ses ravages ne sauraient être comparés qu'à ceux de la peste ou du dioléra. Pouvait-il en être autrement, à une époque où l'on n'avait pas les moindres notions de l'hygiène, où la science médicale et les établissements hospitaliers n'existaient pas? C'est dans le diocèse de Vienne qne devait se former le noyau de l'armée destinée à combattre ce redoutable ennemi.

Il y avait, dans une localité nommée la Motte-Saint-Didier, une chapelle construite par un seigneur viennois, Guignes Didier, sons le vocable de saint Antoine. Elle contenait des reliques de ce saint, données, selon la légende, par l'empereur Alexis Comnène à Gnillaume Alleman, dit le Cornu. Elles y furent déposées ensuite d'un ordre

(1) Morbus S. Andreœ, qui el S. Antonii: — morbus S. Anlonii, qui et infornalis, sacer ignis; — morbus S. Gonovefue ; — morbus iaiquus; — morbus B. Maria? ; — ignis diviuus; — feus-Dieu; — ignis silvester; — ignis gehennae ; — ignis s. Firmini; — ignis inferni ; — ignis infernalis ; — ignis Persicus; — ignis judicialis; — ignis subcutaneus ; — ignis B. Mariœ; — infernalis morbus, flans M. -G. Guigue, La légende du grand saint Antoine, p. xxii-xxix, d'après le Glossaire de du Gange.

d'Urbain II. Lors de son passage dans le Viennois, ce pape prescrivit qu'elles fussent retirées des mains des seigneurs qui, comme Jocelin Alleman et Guignes Didier, se les transmettaient par voie d'héritage ou s'en servaient pour assurer le succès de leurs armes («).

En l'an 1095 ('), deux seigneurs dauphinois, Gaston, seigneur de la Valloire, et son fils Gérin, vinrent en pèlerinage à la iVlotte-Saint- Didier, pour remercier saint Antoine de les avoir guéris d'un mal terrible. Selon une pieuse légende, le saint serait apparu en songe à Gaston et lui aurait demandé d'employer sa fortune à construire un hôpital pour les malades atteints du feu sacré et de se vouer au soulagement de leurs souffrances (3). Un petit hôpital fut construit auprès de la chapelle ; Gaston et Gérin, avec huit gentilshommes qui s'étaient joints à eux, s'installèrent à la Molte-Saint-Didier. Tous dirent au monde un éternel adieu. L'ordre des Antonins était fondé.

Cet événement fut confirmé par le distique suivant, qui passe pour remonter aux premiers temps de l'institut :

Gastonis voto, sociatis fralribus octo, Ordo hic est cœptus ad pietalis opus (4).

Gaston fut le premier grand mailre de l'ordre, qui se composa plus tard de frères clercs et de frères convers. Ils avaient sur leurs vêtements pour emblème un T ou tau d'azur, dans lequel on a vu le symbole du bâton dont se servait saint Antoine dans le désert pour soutenir ses pas. M. Guigne y voit, non sans raison, une allusion à ce passage d'Ezéchiel : Omnem aulem super quem viderkis Ihau ne occidatis, et un préservatif de la contagion (»).

(1) Acta sanclorum, l. If, 17 jaav., p. 151; — ex hisloria Anloniana Aimari Falconis, p. 152.

(2) D'après Baromus, Annales ecclesiastici, l. XV, col. 694. Celle dale est aussi celle qui a été adoptée par l'abbé Gollombet, Histoire de la, sainte église de Vienne, i. II, p. 5.

(3) Acta sanclorum, t. II, p. 160, cliap. i"'' de VOrdo S. Antonii.

(4) L'abbé Dassy, L'abbaye de Saint-Antoine en Dauphiné., p. 42 et 45 ; — l'abbé Gollombet, Histoire de la sainte église de Vienne, t. II, p. 5 et 6. L'abbé Dassy donne dans son ouvrage des détails ass3z complet:^ sur la règle et le fonctionnement de l'ordre.

(5) La légende du grand saint Antoine, p. xli. — Du Gange, v° Tliau.

Les premiers Antonins lurent, dès l'an 1101, secondés par des bénédictins que Guignes Didier fit venir de l'abbaye de Montmajour, près d'Arles. La garde de la chapelle et celle de l'église qne l'on construisait en l'honneur de saint Antoine, leur fnt confiée. C'est sans doute à cette époque que le nom de Saint-Antoine fut substitué à celui de la Motte-Saint-Didier. Gui de Bourgogne se montra favorable au nouvel ordre, en lui donnant les égUses de Saint- Marcellin et de Saint-Hilaire(i).

Lorsque Gaston mourut, les frères hospitaliers de Saint-Antoine élurent pour grand maître Etienne, qui semble avoir appartenu à la famille des comtes de Bourgogne et, par conséquent, avoir été le parent de l'archevêque de Vienne. Gui lui conféra les ordres sacrés (2).

Le récit des démêlés de Gui de Bourgogne et de l'évèque de Grenoble m'a forcé de néghger l'ordre chronologique des faits auxquels a été mêlé plus ou moins directement l'archevêque de Vienne, mais il nous a permis de constater les bonnes dispositions de Pascal II pour lui. Cette bienveillance s'était manifestée déjà longtemps auparavant, dès les premiers temps du pontificat de Pascal. En effet, en l'année 1100, selon une opinion commune, il désigna Gui pour être son légat en Angleterre; il se proposait ainsi de remédier à la situalion des éghses de ce pays, qui laissait beaucoup à désirer et qui était en grande partie l'œuvre du roi Guillaume II, mort récemment. Ce prince en était arrivé à considérer comme son domaine propre les abbayes et les évêchés vacants, et lorsqu'il pourvoyait aux sièges ou aux bénéfices, il exigeait du titulaire une somme en rapport avec leur valeur (3). De plus, il était d'une importance extrême de rétablir dans ce pays des fondions qui n'y étaient plus remplies depuis un temps considérable. La haute naissance de l'archevêque de Vienne, sa parenté avec le roi d'Angleterre avaient fait espérer à Pascal que le nouveau légat aurait toute facilité pour s'acquitter de sa mission. Il s'était trompé. Cette mission causa en Angleterre plus que de la surprise.

(1) L'abbé Collombet, ibid., t. II, p. 6

(2) L'abbé Dassy, ibid., p. 61; — l'abbé Collombet, ibid., t. II, p. 11.

(3) John LiNGARD, Histoire d'Angleterre, trad. Roujoux, 2' éd., t. II, p. 154, aux noies. « Le roi, à sa mort, avait dans ses mains un archevêché, quatre évêchés et onze abbayes qu'il avait tous afTormés. »

On n'y connaissait, en effet, d'autre primatie que celle de l'archevêque de Cantorbéry. Si le roi Henri I" ne fit ouvertement rien pour la faire échouer, il n'en fut pas ainsi d'Anselme, archevêque de Cantorbéry, qui vit un empiétement sur ses attributions d'abord et une atteinte aux privilèges et aux coutumes des éghses d'Angleterre. L'échec de Gui fut complet. Il dut quitter ce pays sans avoir été agréé, sans avoir fait œuvre de légat ('). Pascal, comme s'il avait voulu réparer une erreur, confirma, par une bulle du 15 avril llO'â, à Anselme sa primatie (2). Les nombreuses lettres qu'il lui adressa peu après et coup sur coup montrent que ce prélat, malgré l'accneil fait à Gui de Bourgogne, n'avait rien perdu de sa confiance. Il n'est pas besoin de dire que le grand archevêque de Cantorbéry en était aussi digne par ses talents que par sa vertu, et qu'il était, plus que personne, le représentant autorisé de Rome en Angleterre.

Est-ce pour rendre compte à Pascal du résultat de sa mission que Gui était à Rome au commencement de 1102? Il était à la cour pontificale au mois de mars de cette année, puisqu'il souscrit, le 21, comme témoin, une bulle-privilège pour l'abbaye de Saint-Oyand de Joux, actuellement Saint-Claude (3). Ce fut peut-être lors de son séjour à Rome qu'il obtint de Pascal un privilège pour l'église de Vienne. La bulle délivrée à ce sujet, — du moins le texte qui en est arrivé jusqu'à nous, — n'est pas datée, mais il n'est pas téméraire de supposer que si Gui ne l'obtint pas en 1102, ce fut probablement au moment du voyage de Pascal II en France, en 1107.

(t) Eodem anno venit in Angliam Guido, archiepiscopus Vicanensis, functurus, ut dicebat, legatione tolius Britanniic, ex préecepto et auctoritate apostolicœ sedis. Quod per Angliam autiitum in admirationcm omnibus venit; inauditum scilicet in BrUannia cuncti sciantes quemlibet hominum super se vices aposlolicas gerere nisi solum archiepiscopum Cantuarise. Quapropler sicut venit lia reversus est, a nemine pro legato susceptus, nec in aliquo legati oificio fuuctus. (Eadmeri, Cantuariensis monaclii, hisloria Novorum, 1. III, dans Migne, t. CLIX, col. 429.)

(2). ...Hoc ila doecas, sicut tuo scis primatui e.'cpedire. Quem profccto ita fraternitali tuae plénum et inlegrum confirmamus, sicut a tuis constat prœdecessoribus fuisse possessum : hoc personaliler adjicientes ut, quandiu rogno illi religionem tuam divina misericordia conservaverit, nullius unquam legati, sed nostro tanlum debeas subesse judicio. (Migne, t. CLXIII, col. 91.)

(à) Ego Guido, Viennensis episeopus (sic), subscripsi; — il souscrit après le pape, avec les évêques d'Ostie et de Palcstrina. (Bibliollièquo nationale, collection Moreau, n° 875, fol. 8.— Cf. Gallia chrisUana, t. XVI, col. 7B.)

Nous savons par des passages des bulles de Galixle II que Pascal s'arrêta à Vienne et qu'il y bénit le cimetière qui était autour de l'église Sainl-Maurice (i), lorsqu'il consacra cette église (2), sans doute vers le l*"" janvier, avant d'arriver à Lyon, où il était le 4-; peut-être à son retour, entre le 44 et le 20 juillet, dates de son départ du Puy et de son séjour à Valence (3), ou encore pendant qu'il traversait le Dauphiné pour rentrer en Italie. Pascal alors donnait à Gui des preuves non équivoques de confiance et de sympathie ; il le témoigna à ce moment-là même en terminant, ainsi qu'il a déjà été dit^ à la satisfaction de l'archevêque le difiérend relatif au pagus de Sermorens.

Ce privilège soumettait à l'église de Vienne, comme métropole, celles de Grenoble, de Valence, de Die, de Viviers, de Genève et de Maurienne; de même, l'église de Tarentaise devait rester toujours sous la primatie de celle de Vienne, dont les possessions et les privilèges étaient confirmés. L'archevêque n'y était pas oublié. Dans la bulle que, lors de son démêlé avec saint Hugues, il avait surprise de la bonne foi d'Urbain II, Gui s'était fait attribuer le pallium (4) ; mais comme cette bulle fut révoquée et à plusieurs reprises déclarée nulle par Urbain lui-même, il n'osa pas revêtir cet ornement pontifical. Il dut pour cela attendre des jours meilleurs. Pascal lui accorda donc le droit d'avoir cet insigne aux messes solennelles des jours où ses prédécesseurs avaient été autorisés à le porter.

Ni JafTé, ni son savant continuateur pour l'époque dont nous nous occupons, M. Loewenfeld, n'ont suspecté l'authenticité de ce document. M. Maurer ne l'admet pas sans restriction, parce que cette bulle ressemble par plus d'un côté au prétendu privilège de Grégoire VII pour l'église de Vienne '0) ; elle rappelle aussi une bulle de

(1) Gimiterium voro [quod domnujs predecessor noster sauclîc mem[oriœ Pascjha^ lis papa circa Beati Mauricii cccicsiam cons[ecr]avit.... N" 'îô du Btdlaire, du 28 juin 1U9, et a" 145, du 25 février 1120. (Jaffk-Loewenfeld, n° 6822 (4989).

(2) Ilic [PasclialisJ Viennam ingressus, calliedralem ccclesiam consecravil ; uado Lugdunum divortens, ibi IV cal. fobruarii 1107. (Gallia chrisliana, t. XVI, col. 71.)

(3) V. l'itinéraire de Pascal II dans les Regesla de Jaffé-Loewe.nfeld, p. 732, et dans Mas Latrie, Trésor de chronologie, col. 1087.

(4) Contra ajcclesiae nostrau morom absent! tibi pallium conlribuinius. (Bulle du 1> mars 1095, dans Marion, Cartulaires, p. 53; n" 5548 (4154) de Jaffé-Loewenfeld.)

(5) Bulle du fi mars 1077. (Jaffé-Loewe.nfeld, u" 5024.)

Léon IX, qui prescrit aux évêques de sept provinces d'obéir à Léger, archevêque de Vienne, bulle considérée comme fausse (') ; une de Nicolas II, dont nous ignorons l'existence; enfin, une d'Urbain II. De ce dernier pape nous n'avons, en fait de privilège, que la bulle adressée par lui au clergé et au peuple de Vienne , lorsque Gui quitta Rome pour rentrer dans son diocèse. Il n'y est pas question de la primatie de l'église de Vienne.

Il est fort possible, comme le pense M. Maurer (-), que la bulle de Pascal soit fausse; mais il peut se faire aussi qu'elle rappelle des bulles parfaitement authentiques que nous ne connaissons pas ou encore de fausses, si l'on veut, sans qu'elle soit pour cela fausse elle-même. Ne serait-elle pas plutôt à peu près la reproduction de la bulle que Gui de Bourgogne obtint subrepticement d'Urbain II? Gui aurait profité de son influence sur Pascal pour se faire accorder par lui une reconnaissance des prétendus droits de son église. Le pape, dont le caractère était aussi faible qu'il était bienveillant, aurait donné un document reposant, à la vérité, sur des traditions erronées, sur des prétentions non justifiées ; mais ce document serait-il moins authentique pour cela? Assurément non. Beaucoup d'actes du moyen âge, dont on ne conteste pas l'authenticité, ne s'appuient pas sur d'autres bases. Cette question des privilèges de l'église de Vienne sera traitée plus loin (3).

Selon une ancienne chronique des archevêques de Vienne, Gui de Bourgogne aurait aussi été fait cardinal par Pascal II W ; c'est à lui qu'est appliqué le litre de cardinal-prêtre de Saint-Chrysogone, qui fut réellement porté par un Français nommé Gui, après Bérard ou Bernard, que nous trouvons encore titulaire en llOo. Si le fait de la

(1) Jaffé-Loewenfeld, n" 4285 (cccxxxiv).

(3) Je dois dès maintenant signaler l'intéressante étude de M. Gundlach dans le Neiies Archîv, t. XV, p. 1, sur la collection des privilèges de l'église de Vienne. 11 conclut que les privilèges des papes antérieurs à Calixte II, tels qu'ils ont été publiés par Jean du Boys, dans le Lsevum xyston de sa Bibliolheca Floriacensis, et par Jean Lelièvre, Ilisloire de l'anllquilé de Vie,nne, ont été fabriqués par un faussaire, à l'instigation de l'archevêque Gui. pour soutenir diverses prétentions de son siège.

(4) A Paschali cardinalis fuit crealus et ejus legatus adversus schismaticos. (Dom Bouquet, Recueil des historiens, t. XII, p. 346 ; — Monumenla Germanise hislorica, Scriptores, t. XXIV, p. 815.)

promotion de Gui de Bourgogne au cardinalat est exact, il pourrait être, autant que permet de le supposer la chronologie encore confuse des cardinaux, reporté à l'époque du voyage de Pascal II en France. Mais au commencement de l'année 1111 (^), le cardinalprêtre de Saint-Chrysogone est Grégoire. Gui aurait donc dû changer de titre. C'est sans doute ce même Gui que nous retrouverons plus tard cardinal-prêtre de Sainte-Balbine, jusqu'au moment où, sous le pontificat de Calixte II, il sera remplacé par Othaldus. De graves autorités, comme André Duchesne (2) et Baronius (•^), reconnaissent, sans doute d"après la chronique des archevêques de Vienne, Gui comme cardinal. Giaconius et Cardella, qui, dans ses Memorie sloriche de' cardinali, s'est spécialement attaché à étudier la personnalité des cardinaux, ne l'admettent pas comme tel (4). Il est hors de doute qu'ils ont raison, car si Gui de Bourgogne avait réellement été cardinal, nous l'aurions vu désigné avec ce titre dans les documents relativement nombreux où figure son nom. Nous n'en avons pas rencontré un seul exemple.

Après la mort de Hugues IV (Pons de Màcon), archevêque de Besançon, en MOT, selon la plupart des historiens. Gui de Bourgogne fut chargé de l'administration du diocèse jusqu'au moment de l'élection de Guillaume d'Arguel, vers 1109 ['•>). Pendant cet intérim, il approuva une donation faite à Pons, prieur de Mouthier-Hautepierre, par Villencus ou Gulinc de Faucigny, évèque de Sion, et il reçut les serments d'obéissance de Gérard de Faucigny, évèque de Lausanne, et de Rodolphe de Honiburg, évèque de Bàle, sutfragants de l'archevêché de Besançon, qui venaient tous d'eux d'être élus (t^).

(1) V. dans Watterich, l'onlificum Romanorum viur, t. II. p. Gô, les noms des cardinaux qui souscrivirent la deuxième convention passée, le 11 avril III 1, entre le pape et Henri V.

(2) Du Ghesne, Histoire des cardinaux français, t. II, p. 77.

(3) Annales ecclesiasticiy t. XVIII, p. 322.

(4) V. DE .Mas Latrie, Trésor de chronologie, col. 1181, 118-2, 2224 ot 2228.

(5) Eo [Pontio] decedento, anno 1107, Guido, Vienncnsis archiepiscopus, ecclesiara Bisunlinam aliquanlisper rexit. (Gallia chrisliana, t. XV, col. 39.)

(6) lîgo Wilencus, Uei disponento clemenlia Sedunensis episcopus, ccclesiae Boali Pétri de Alla pctra dono quicquid de rébus occlesia' in proprio possidobam vol alii do me tenebant.... cic. Prcdicta dona ego Wido, Vionncnsium archiepiscopus et apostolica aucloritato Bisuntinaî scdis vicarius, confirmo. .\cla sunt hœc anno millesimo centesimo seplimo incarnalionis Domini, indictiouo quinta décima (par

C'est probablement vers cette date que Gui fut nommé légat du pape, en remplacement de Hugues de Bourgogne, archevêque de Lyon, mort le 7 octobre 1106. En 1109, il consacra Pons, le nouvel abbé de Cliiny(i).

L'archevêque de Vienne eut, vers ce même temps, à intervenir, mais à titre purement privé, dans les affaires d'Espagne. Son frère Raimond avait épousé Urraca, fille d'Alphonse VI, roi de Castille ; il en avait eu un fils aussi nommé Alphonse, plus connu sous le nom d'Alphonse-Raimond. En 1108, l'infant Sancho, fils unique d'Alphonse VI et de sa concubine Zaïda, périt à la bataille d'Uclès, gagnée par Ali, chef des musulmans. L'héritier légitime le plus proche d'Alphonse VI fut donc son petit-fils, qui était encore en bas âge, puisqu'il était né en 1105. Alphonse, sentant sa fin prochaine, convoqua les Cortès à Léon et leur fit approuver les dispositions suivantes. Urraca serait reine de Léon, de Castille et d'Asturie ; son fils Alphonse aurait la Galice, sous la suzeraineté de sa mère, si elle restait veuve ; en toute indépendance, si elle se remariait. Gui de Bourgogne, son oncle, et Diego, évèque de Composlelle, d'autres ajoutent don Pedro Froilaz de Trava (2), furent désignés pour être les tuteurs du jeune Alphonse. Les États de Galice, réunis à Composlelle, prêtèrent, en présence de Gui et entre les mains de l'évêque

conséquent postérieurement au 1" septembre). (Gallia cliristiana, t. XII, inslr. 8. — Cf. GuicHENON, Bihliotheca Sebusiana, p. 440 ; — Gollut, Mémoires de la république séquanoisc, avec notes et rectifications de Duvernoy, col. 1818; — l'abbé Richard, Histoire des diocèses de Besançon et de Saint-Claude, t. I, p. 302.) Dans une note, l'abbé Ricliard nous apprend, d'après l'Histoire du prieuré de Moulhier- Hautepierre, de dom Ch.\ssignet, que, dans les documents où Gui fait acte d'archevêque de Besançon, son sceau le représente assis, revêtu de ses insignes archiépiscopaux, la main droite bénissant et la gauche tenant une crosse. La légende de ce sceau, gravé pour le siège de Vienne, est ainsi conçue t GuiDO, Dei gratia, ViENNENSis EPiscopus. — M. Maurcr (p. 49) semble croire que c'est comme légat que Gui reçut les serments d'obéissance des évêques de Bàle et de Lausanne; c'est possible, mais ce fut plutôt comme métropolitain par intérim de Besançon.

(1) Gallia chrisliana, t. IV, col. 1134. — A une date qui n'est pas précisée et que M. Loewenfeld attribue sous toute réserve au 10 février 1107, Gui de Bourgogne fut choisi par le pape Pascal II, avec les évêques d'Avignon, de Valence et de Die, pour servir d'arbitre dans le différend qui s'était élevé entre les abbés delà Chaise-Dieu et d'Aniane au sujet de la celle de Goudargues. Les deux abbés furent invites à se rendre à Valence le 25 mai suivant, pour terminer ce différend en présence des évêques ci-dessus nommés.

(2) Hisloria Composlellana, dans Florez, Espana sagrada, t. XX, p. 96.

Diego, serment de fidélité au jeune roi Alphonse-Raiiiiond ('). Peu de temps après, le 30 juin 1109, Alphonse VI mourut.

C'est sans doute de ce voyage de Gui en Espagne que date l'intérêt qu'il voua à l'église de Gompostelle, l'amitié qu'il avait pour son évêque, intérêt et amitié dont il donna à l'un et à l'autre tant de preuves manifestes, lorsqu'il fut devenu pape.

(1) .... Fidem adhibeaut, praescnte Vienenso arcliiepiscopo, prœfati pucri palnio ; in raanibus domini Didaci secundi, ecclesiee B. Jacobi divina dispensatione episcopi, discreli scilicel viri, hujusmodi jusjurandum vos dare praecipio. (Ibid.J

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