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demment. Car, conliniiaiL lo roi, on disait que celte affaire avait été traitée en cachette, et pour ainsi dire à la dérobée, à Tinsu du clergé de Sens, des évêqiies de la province et de Ini-niême; elle est de celles qui doivent être discutées publiquement et non dans nne conversation particulière. La dignité appartient à régiise et non à la personne; si donc l'archevêque de Sens avait disposé seul de ce qui ne lui appartenait pas et promis ce qu'il ne devait pas promettre, l'église de Sens n'avait perdu ni son droit ni son ancienne liberté; par conséquent, elle ne pouvait pas être soumise à une dépendance qu'elle n'avait jamais connue. Il terminait en demandant au pape de prendre garde que la ville de Lyon, qui relevait d'une domination étrangère, ne profilât de son amoindrissement; car si le roi de France, le propre fils de l'Église Romaine, se sent méprisé dans une affaire semblable, il n'espérera pas réussir dans de plus graves et il ne s'exposera plus à subir, au préjudice de sa dignité, la honte d'un refus. Algrin, le porteur des lettres du roi, était chargé d'exposer de vive voix ce qui ne pouvait pas être traité par écrit (').
C'est l'Allemagne qui, depuis la prise de Sutri, sera, dans le courant de Tannée 1J21 , le théâtre des événements qui intéressent le plus l'Église. Le parti fidèle à la papauté y avait pour chefs reconnus Adalbert, archevêque de Mayence; Frédéric, archevêque de Cologne, et Conrad, archevêque de Salzbourg; Bruno, archevêque de Trêves, s'était aussi rallié franchement à Calixte. Les deux premiers surtout s'étaient fait remarquer par la vigueur avec laquelle ils avaient lutté contre l'empereur; nous avons vu déjà combien leur concours était apprécié par le pape. A tort ou à raison, ils passaient pour avoir conseillé à Calixte d'excommunier Henri V au concile de Reims. Cette excommunication eut pour résultat de surexciter l'ir-
1) .... Rogamus cl pctiuius ut Scuonciisis ecclesia, qmv ab ista de qua mine pulsatur subjecfione hue usquo aliéna oxlilil et libéra, per vos non fiai ancilla. sed antiqua ejus libertas aucloritate aposlolica roborelni- et privilegii firmitale munialur..., Hac igitur ratione Senonensis ecclesiic libertas remauere di^bet inconcussa et intacta... Facta est enim, ut dicitur, ialenter et quasi furtivc subjeclio ista, ncsciente scilicet ciero Senonensi, incousultis eliam episcopis illius diœcesis, ignorante ellam rego... Si Senonensis archiopiscopus isie et quidem solus de non sua fecit quod non oportuit, si promisit quod non dobuit, ecclesia tamen Senonensis quod suum est non amisil, nec privala est libcrtale quam ex antiquitale habuit; ncc cogenda est ad subjeclionem quam nunquam exliibuit.... {Id., ibiil.)
rilation de l'empereur; la défaite de l'antipape Bourdiii , qui avait porté un coup mortel à la politique impériale, ne dut certainement pas la calmer.
La rivalité qui existait entre le parti ecclésiastique et celni de l'empereur était telle qu'il ne pouvait, semble-t-il, en sortir qu'une guerre. Henri résolut d'attaquer Mayence, révoltée contre lui, et de se venger ainsi de l'archevêque Adalbert. Il réunit donc une armée considérable et marcha contre cette ville. Pendant ce temps, Adalbert, qui était légat du pape, parcourut la Saxe afin de la soulever contre Henri, et comme il représentait le Saint-Siège en Allemagne, il avait souvent convoqué les prélats et les princes de cette région pour traiter avec eux des intérêts de l'Église. Il était éloquent et il avait une influence considérable dans le pays : aussi ne lui fut-il pas difficile d'exciter contre l'empereur les seigneurs catholiques et de leur faire prendre les armes pour la défense de Mayence, la métropole de toute la (iermanie. Il s'agissait aussi de rétablir sur leurs sièges Bruno, évêque de Spire; Burchard, évèque de Worms, et les autres qui en avaient été chassés parce qu'ils étaient restés fidèles au pape.
Vers la fin de juin, les deux armées étaient en campagne, l'une en Alsace, l'autre en Saxe; elles ne tardèrent pas à être en présence. La pensée dos calamités qu'allait entraîner après elle une guerre aussi imminente fit tant d'impression sur les hommes les plus modérés des deux partis, qu'ils voulurent, avant de tenter le sort des armes, essayer de négocier un accommodement. Ils firent tant par leurs prières et leurs raisonnements que l'empereur, revenu à des idées plus calmes, consentit à s'en rapporter à un arbitrage. Douze des principaux personnages furent choisis de part et d'autre, et il fut décidé qu'une assemblée générale des seigneurs de l'empire aurait lieu à Wurzbourg, à la Saint-Michel. Ils se serrèrent la main, comme pour affirmer par serment leur intention de respecter la convention, puis ils se séparèrent.
A l'époque fixée, c'est-à-dire le 29 septembre, Henri vint à Wurzbourg avec une grande escorte. L'archevêque de Mayence et les Saxons établirent leur camp auprès de la Wernitz, à une journée de celui de l'empereur. Les deux partis se promirent une sécurité complète et se réunirent trois jours après à Wurzbourg, où Henri les reçut. Les arbitres conférèrent pendant une semaine entière. Des
ennemis de la paix cberchèrenl à faire avorter Tœnvre de concilialion que l'on semblait poursnivre des deux côtés avec une pareille bonne foi: mais l'empereur lint la promesse qu'il avait faite de ne pas régler lui-même le différend ; il laissa ce soin aux arbitres.
Le premier soin de l'assemblée fut de prescrire une paix générale pour l'Allemagne, sous peine de mort pour quiconque la troublerait, et la restitution à l'empire, à l'Église et aux particuliers des biens qui leur avaient été respectivement enlevés. A l'unanimité, il fnt décidé qne les fripons et les voleurs seraient poursuivis et punis conformément aux édits impériaux et aux lois établies, et que les scandales et les désordres qui désolaient l'Allemagne seraient extirpés par tous les moyens possibles. Quant à l'excommunication, qui avait causé presque tous les maux de la situation présente, on jugea que c'était plutôt au pape à prendre une décision. Deux ambassadeurs, Bruno, évèque de Spire, et Erlolf, abbé de Fulda, furent désignés pour aller lui rendre compte des délibérations de la diète et lui demander de convoquer un concile général, où la question des investitures serait tranchée (').
Voici les dispositions dn traité conclu à Wurzbourg, sauf, bien entendu, l'approbation de Galixte II. L'empereur devrait obéir au Saint- Siège et terminer, avec le conseil et le secours des princes, le conflit existant entre l'Église et lui, afin que la paix fut ferme et stable. L'empereur, l'filglise et les particuliers auraient la tranquille et paisible possession de ce qui leur appartenait légitimement. Les évèques élus et consacrés canoniquement conserveraient leurs sièges jusqu'au moment où l'affaire aurait été porlée devant le pape et jugée par lui. L'évêque de Spire serait réintégré dans son évèché ; de même,' celui de Worms, qui aurait de plus sa ville épiscopale, en attendant la décision du pape.
Les prisonniers et les otages seraient remis en liberté de pari et d'autre. En ce qui concerne l'héritage du comte palalin Siegfried, les
(I) Co qui précède, toucliant les lioslililés cnlre les deux partis et la diète de Wurzbourg, est un résumé do la clironique d'EiCKicuARD, publiée dans les .\fouiun. Gerin. Iiislor., Scriplores, t. VI, p. \;:)()--257, et par Watterich, t. Il, p. 14-2-144. — Cf. HiiFÉLiî, Histoire des conciles, t. VII, p. 167-170; — Gervais, l'olilisclie Gesckichte DeiUscIdands unier Ikgierung der Kaiser tleinricli V und Lutliar II. p. 315-335.
DU PAPK CALIXTK II. 129
choses demeureraieiiL en l'élaL qui avail élé convenu à Metz entre l'empereur et lui. Pour les investitures, les princes feraient de bonne foi tous leurs efforts pour que l'empire conservât son honneur intact sur ce point. Pendant ce temps-là et jusqu'à ce que l'affaire fût réglée, les évêques et les catholiques ne seraient pas inquiétés et ne courraient aucun danger. Si, dans l'avenir, l'empereur, cédant à certains conseils et à certaines suggestions, voulait se venger contre l'un d'entre eux de l'hostilité passée, les seigneurs s'engageaient, avec son consentement et sa permission, à rester unis pour l'observation de ce contrat et à intervenir charitablement et avec le respect qui lui était dû pour qu'il n'en fit rien. Dans le cas où l'empereur passerait outre, ils exécuteraient fidèlement la convention, ainsi qu'ils s'y étaient engagés entre eux (').
Othon, évêque de Bamberg, le duc Henri et le comte Bérenger furent ensuite chargés d'aller faire part des résultats de la diète aux seigneurs de la Bavière et de la Carinthie qui s'étaient réunis, le 1" novembre, à Ratisbonne. Ceux-ci donnèrent leur adhésion aux délibérations prises à Wurzbourg (2).
A quelques semaines de là, il se produisit un incident qui montra
(1) Domnus imperatoi- apostolice sedi obediat ot do calumpnia quam adversus eum liabel Ecclesia ex cousilio et auxilio pnncipum inter ipsum et domnum papam compoQatur et sit firma et stabilis pax, ita quod domnus imperator que sua et que rcgni suât habeat, Eclesie et uausquisque sua quiele et pacifiée possideaul. EpiscopL quoque in eclesia canonico clecli et cohsecrati pacifiée scdeant usque ad collaudatam in presentia domui pape audientiam. Spirensis episcopus eclesiam suam libère haljeat; Wormaliensis similiter prêter ipsani civitatem, usque ad presentiam domni pape.
Gaptivi et obsides ex utraque parte solvantur. De hereditate palatini comitis Sigefridi, sicuti Métis inter ipsum et domnum imperalorem definitum fuit, ita permaneal. Hoc etiam quod Eclesia adversus imperalorem et regnum de investituris causatur, principes sine dolo et sine simulatione elaborare intendunt ut in boc regnum honorem suum relineat. Intérim, donec id fiât, episcopi et omnes catbolici sine ulla injuria et periculo communionera suam custodiant. Et si in poslerum domnus imperator consilio sive suggestione alicujus ullam in quemquam vindictam pro hac inimicicia exsuscitaverit, consensu et licencia ipsius hoc inter se principes confirment, ut ipsiinsimul permaneaut et cum omni caritate et reverentia, ne aliquid horum facere velil, eum commoneant. Si uulem domnus imperator hoc consilium prelerierit, principes, sicut ad invicem fidem dederunl, ita eam observent. Martene ot Durand, Velerum scriplorum et monumenlorum umplissima coUectio, t. I, p. G73 ; — Monum. Germ. histor., Leges, t. II, p. 74 ; — Jaffé, Bibliolheca rerum germanicarum, t. V, p. 517; — Scriptores, t. VI, p. 2G0.
{-) Ekrehardi Chrordcon, 1. 1.
une fois de plus le respect de Henri pour les traités. Erlung, évêque de Wurzbonrg, un des partisans de l'empereur, étant venu à mourir, Henri le remplaça immédiatement par Gebliard, de la famille des comtes de Henneberg, encore étudiant, et qui n'avait reçu aucun ordre ecclésiastique. Le clergé et le peuple de Wurzbourg, mécontents de ce choix, élurent un de leurs chanoines, Rugger on Rokker, ce qui occasionna une nouvelle lutte entre le parti ecclésiastique et celui de l'empereur. Il serait trop long d'en faire connaître toutes les péripéties, qui regardent plus spécialement l'histoire de l'église de Wurzbourg ; elles varient d'ailleurs selon l'opinion des chroniqueurs, de même que les historiens modernes les apprécient selon le point de vue où ils se placent ('). Qu'il nous suffise de savoir que Kokker fut reconnu comme évèque de Wurzbourg par Adalbert, archevêque de Mayence, par l'évèque de Spire et l'abbé de Fulda, qui étaient de retour de Rome ; par Lambert, cardinal-évêque d'Ostie ; Saxo, cardinal-prêtre du titre de Saint-Étienne, et Grégoire, cardinal-diacre de Saint-Ange, envoyés pour rétablir la paix entre le pape et l'empereur dans une nouvelle diète qui devait être tenue à Wurzbourg, le '29 juin il2:2, mais cette réunion projetée neut pas lieu ('). La solution de la querelle des investitures fut donc par ce fait encore ajournée.
Cette interminable querelle fournit matière à divers traités, tout de circonstance. Ceux de Geoftroy de Vendôme méritent une mention particulière, soit à cause de la compétence de leur auteur, soit parce que le célèbre abbé exposa à CaUxle, sous forme de lettres, ses vues sur ce sujet. Voici, en quelques mots, la substance de sa doctrine. Au cardinal Pier Leone, qui l'avait consulté spécialement sur cette question, il répondit : « En premier lieu, il faut croire fermement » que de même que le baptême fait un chrétien, ainsi l'élection et la » consécration font lui évêque ; l'une et l'autre est nécessaire pour le
(1) L'UuALnici Codex coulieut le récit de Gebhard. V. Jaffé, Bibliotheca rerum germanicarum, t. V, p. 405-412; — Cf. Ekkehardi Chronicon, dans les Honum. Cerm. kistor., Scriptores, t. VI, p. ■^.iS-'JÔO; — Watterich, l. II, p. 147-148: — Cf. Gervais, Polilische GeschiclUe Deulschlands,.... p. 340-343; — Héfélé, Histoire des conciles, l. VII, p. 170-173, surtout la note des p. 171-172. Les appréciations (lu D'^ Gervais sont, en tout ce qui concerne la querelle des investitures, très favorables à l'empereur.
(2) V. plus bas, p. 143.
» constituer vicaire de Jésus-Christ, et la consécration est nulle si » elle n'est précédée d'une élection canonique. Les clercs sont les » vicaires de Jésus-Christ dans l'élection, les évoques dans la consé- » cration; tous les autres peuvent bien demander un évèque, mais » non pas l'élire ou le sacrer. Quiconque donc s'attribue d'une autre » manière le nom d'évêque et la puissance ecclésiastique, celui-là i) n'entre point par la porte et doit être compté parmi les voleurs. » Kl ensuite : « Quelques-uns croient que tout est permis à l'Église » Romaine et qu'elle peut faire par dispense autrement que l'Écri- » lure ne prescrit. Cette opinion est insensée ; l'ËgUse Romaine n'a pas » plus de pouvoir que saint Pierre ni que Jésus-Christ, qui n'est pas » venu aboHr la loi, mais l'accomplir. Elle doit donc se servir de la » puissance que Jésus-Christ lui a donnée, non selon sa volonté, )) mais selon la tradition de Jésus-Christ, et si le pape est averti » par quelqu'un de ses inférieurs de corriger ce qu'il a fait excé- » dant les bornes de la justice, il doit recevoir cet avis comme saint » Pierre reçut celui de saint Paul. »
GeofiVoy soutient ensuite que l'investiture ou plutôt l'opinion que les laïques la peuvent donner est une hérésie, comme la simonie, et encore pire, en ce qu'elle est toujours publique et qu'elle emporte toujours la simonie, puisque les princes ne sont si jaloux de ce droit que pour leur intérêt temporel, pour recevoir de l'argent ou pour s'assujettir les évêques. Il traite cette opinion d'hérésie, car il prétend que l'anneau et le bâton pastoral sont les signes sensibles de la puissance spirituelle de l'évèque, et par conséquent appartiennent au sacrement et à l'ordination qu'un laïque ne peut conférer. Il émet la même doctrine dans une de ses lettres à Calixte, et il dit que l'investiture est une hérésie, parce que c'est une entreprise des laïques pour conférer un sacrement.
•Toutefois, dans un autre écrit, il convient que les princes peuvent donner aux évêques l'investiture des biens temporels que l'Église possède, parce qu'elle ne les tient que de leur libéraUté et en vertu de leurs lois ; ce qu'il confirme par l'autorité de saint Augustin. Puis il continue : « Les rois peuvent donc, après l'élection canonique et la con- ») sécration, donnera l'évèque l'investiture des biens ecclésiastiques, 0 en lui promettant leur protection, et il n'importe par quels signes I) ils le fassent. Jésus-Christ a voulu que le glaive spirituel et le
» glaive matériel lïisseiil employés à la défense de l'Église ; que si l'un » émousse l'autre, c'est contre son intention ; c'est ce qui ôte la justice » de TÉtal et la paix de l'Église, ce qui cause les scandales et les » schismes, la perte des corps et des âmes. » Et ensuite : « Qne )> l'Église conserve sa liberté, mais qu'elle se donne bien de garde >) d'excéder dans l'usage des censures et de rompre le vase dont elle » veut ôter la rouille. » Sur quoi, il rapporte le fameux passage de saint Augustin contre Parménien, pour montrer qu'il ne faut point excommunier celui qui a la multitude de son côté. Cet écrit semble être le premier où l'on voit l'allégorie des deux glaives pour marquer les deux puissances spirituelle et temporelle. Dans un dernier écrit adressé à Calixte II, Geoffroy donne sur les dispenses les règles suivantes : (I II faut quelquefois accorder des dispenses dans l'Église, » non par intérêt ou par faveur, mais par une pieuse condescen- 0 dance, en permettant pour un temps quelque chose de moins par- » fait, plutôt que de mettre la foi en péril, avec intention de rélabUr » la règle dans un temps plus convenable. On peut aussi changer » par dispense les coutumes des églises et des monastères, mais pour » établir un plus grand bien au lieu d'un moindre. Celui qui dispose » autrement n'est pas vicaire de Jésus-Christ, mais un aveugle qui » conduit d'autres aveugles (•). »
Le "i septembre, Calixte, qui venait sans doute de faire la grave maladie dont il sera question dans la lettre à son neveu Alphonse, était à Salerne ; le 15, il y consacrait, comme archevêque de cette ville, Romuald, cardinal-diacre du titre de Sainte-Marie in Via lata (-2).
L'attachement bien naturel que Calixte II témoignait à Alphonse; l'ordre qu'il avait donné aux évêques, aux seigneurs et au peuple castillans de rester fidèles à leur prince (^i ; les preuves de contiance et de sympathie tout à la fois qu'il avait manifestées à Diego en l'élevant à la dignité d'archevêque de Compostelle, de métropolitain
(l) Fleury, Histoire ecclésiastique, l. XIV, p. 299-30-2. — Cf. Appoatlice au Bullaire, n°' t2''-l9*, et ses Œuvres, dans Migne, t. GLVII, col. 281-290.
^2) .... Gallislus. supiameinoratus pontifex, Romualdum, diaconum cardinalera, archiepiscopiim Salerni cûnsucravil, menso septcmbris medianle. (F.\lco Beneven- TANus, dans Migne, t. GLXXIII, col. 1183.)
(3) l'ar sa lettre datée de Viviers, du 4 mars 1120. V. p. 102.
des diocèses de Mérida, de Braga, de Coïrnbre et de Salamanque, de légat du Saint-Siège dans ces régions, semblent avoir eu pour résultat de surexciter encore l'exaspération de la reine Urraca, la mère d'Alphonse. Elle fit enlever Diego par trahison, le contraignit à lui livrer les biens de son église et le jeta dans un cachot. Outré d'une pareille conduite, Galixte s'empressa d'écrire à Boson, cardinalprêtre du titre de Sainte-Anastasie et son légat en Espagne, d'aller trouver la reine et de la sommer, sous peine d'excommunication, de renietire, dans le délai de quarante jours, l'archevêque en liberté et de rendre à l'église de Coinpostelle les biens qu'elle lui avait enlevés (1). Bernard, archevêque de Tolède, reçut un ordre semblable (2) ; les évêques d'Espagne furent invités à se réunir en concile, aussitôt qu'ils seraient convoqués par le cardinal Boson ou par l'archevêque de Tolède, et d'excommunier Urraca, si elle ne se conformait pas aux injonctions du pape (3). Il écrivait en même temps à son « très cher neveu, le brave et glorieux Alphonse, roi d'Es- » pagne, » la lettre suivante :
« Nous rendons grâces au Dieu tout-puissant et Notre-Seigneur >) Jésus-Christ, qui, rempli de miséricorde pour nous, nous a délivré » d'une cruelle maladie et rappelé à la santé ; nous lui rendons aussi » grâces, parce que, à Rome, hors de Rome et dans toute l'Italie, » les fidèles de l'Église nous sont tellement unis qu'ils obéissent » tous humblement à notre volonté. Cependant, il est une chose que )) nous déplorons très amèrement; nous avons appris que votre » mère, la reine Urraca, sans crainte de Dieu et sans aucun respect » pour l'apôtre saint Jacques, s'est emparée en votre présence du » vicaire de Dieu et de son Christ, de notre vénérable frère Diego, •> archevêque de Compostelle et notre légat dans quelques provinces. >> Votre Majesté ne doit pas oublier maintenant avec quelle affection » il vous a reçu et avec quel amour il vous a autrefois élevé. » Sachez aussi que le Seigneur dit .dans l'Évangile : « J'aime ceux )) qui m'aiment et j'honorerai ceux qui m'honorent. » Si donc il » vous a tant aimé pendant votre enfance, s'il vous a élevé autant » qu'il a pu, s'il a souffert à cause de vous de grands et de nom-
(1) Bullaire, W 253, t. I, p. 368; — J.-L., n" 6926 (5082).
(2) Ibid., W 254, l. I, p. 369; — J.-L., n» 6927 (5063).
(3) Ibid., n" 255, t. I, p. 370; — J.-L., n° 6928 (5064).
» breiix désagréments, aimez-le et honore/.-le, mon très cher fils, et » efforcez-vous, par vous et par vos tidèles sujets, de le faire mettre » en liberté, afin que, par cet exemple, les autres vous aiment da- » vantage, qu'ils se confient encore plus à votre bonté et se dévouent » plus volontiers à votre service. Nous vous prions en outre de nous » informer souvent de votre état et de votre santé, parce que si nous » ne pouvons pas suffisamment vous aider, nous nous réjouissons » avec vous de ce qui vous arrive d'heureux ; car nous vous aimons » comme le plus cher fils de l'Église et comme notre chair, et nous » vous aiderons très volontiers de nos conseils et nous vous prête- » rons de même secours. Que le Seigneur tout-puissant, par les » prières de ses saints apôtres Pierre et Paul et de l'apôtre saint » Jacques, pour son honneur et pour votre salut, vous garde vous et )) votre royaume, et vous fasse parvenir à la vie éternelle. Donné le » 7 octobre.
» F^aites tenir à votre mère par votre ambassadeur les lettres que » nous lui envoyons (^). »
La lettre écrite par Galixte à la princesse qui avait été la femme de son frère Raymond, était loin d'être conçue dans des termes aussi affectueux. Qu'on en juge plutôt :
« Si vous ne vous hâtez de vous corriger de votre coupable obsli- » nation, vous avez tout lieu de craindre d'être sévèrement punie » par le jugement de Dieu, car on dit que vous avez porté la main » sur le vicaire de Dieu et de son Christ, sur notre vénérable frère » Diego, archevêque de Compostellc et notre légat dans quelques » provinces, après lui avoir cependant promis affection et sécurité. » .... Nous pouvons juger par nous-même combien cet acte de mé- )) chancelé doit déplaire au Seigneur tout-puissant, nous qui ne pou- » vous pas supporter sans une grande douleur la moindre lésion » faite à la pupille de nos yeux. C'est pourquoi, afin que vous ne » soyez pas frappée par cette redoutable sentence du jugement divin, » nous vous ordonnons, par l'autorité de ces présentes lettres, de re- » mettre notre susdit frère en liberté, de rendre à lÉglise les chà- » teaux et les fiefs que vous lui avez enlevés, et de satisfaire hnmble- » ment à Dieu et à l'Église pour un si grand crime : sinon, soyez
(I) BiUhiire, n° 'J:)7, t. I, \\. 212 ; — J.-L , u" 6930 (5066).
» assurée que Celui qui a élabli le prêtre pour èlre la pupille de son » œil vous en punira sévèrement, et que, Dieu aidant, nous en ferons, » soit par nous-même, soit par nos frères, une telle justice que, dans » la suite, aucun n'osera, à votre exemple, commettre un pareil » crime (i). » Ces lettres sont toutes du 7 octobre 1121 et datées d'Amalfi.
Far bulle donnée à Matera i-', le 3 novembre suivant, Calixte accorda à Bernard, archevêque de Tolède, qui avait vu avec regret l'érection de Compostelle en métropole, le titre de primat d'Espagne, et décida qu'à l'avenir tous les différends entre les évêques espagnols seraient jugés par l'archevêque de Tolède, sauf toutefois l'autorité du Saint-Siège et les privilèges de chacun des métropolitains. Il soumit à l'église de Tolède les évêchés d'Oviedo, de Léon et de Palencia, nomma Bernard son légat dans les provinces d'Espagne, excepté dans les diocèses de Braga et de Mérida. qui dépendaient de Compostelle, et, afin que son autorité fût reconnue partout, il informa les évêques d'Oviedo et de Léon, puis tous les évêques, abbés et fidèles d'Espagne du choix qu'il avait fait (3).
Pendant son séjour à Tarente, le 10 novembre, Calixte voulut mettre, une fois pour toutes, un terme au différend qui divisait depuis si longtemps les églises Saint-Jean et Saint-Étienne de Besançon. Fidèle à la ligne de conduite qu'il s'était tracée dans cette affaire, il décida, par une bulle qui devait être renouvelée exactement dans les mêmes termes (*). le 19 mars suivant, que la première de ces deux églises posséderait seule, à l'avenir, le siège archiépiscopal. Cette bulle rappelle toutes les procédures relatives à cette affaire, la part que Calixte y avait prise soit comme archevêque de Vienne, an concile de Tournus, soit depuis, comme pape. Voici, d'après ce document, la dernière phase de cette querelle que Calixte avait à cœur de voir terminée. « Depuis, y est-il dit, que par la grâce )) divine nous avons été appelé à administrer le siège apostolique,
(\) Ibid., W -Z'iiQ, t. I, p. 371 ; — .I.-L., n» 69-29 (50G5).
(2) Jus(|u'ici, le texte imprimé des bulles a, par erreur, donné Manlix.
(3) Bullaire, n" 2.i8-261, t. I, p. 373-377; — J.-L., n" 6931 (5067)-6'J34 (5070) (4j La bulle du 10 novembre est souscrite par le pape et six cardinaux; celle du
19 mars n'est souscrite que par le pape.
VOUS avez, à diverses reprises, fait retentir nos oreilles de vos plaintes. Connaissant à fond la supercherie dont les chanoines de Saint-Élienne ont usé et tous les détails de cette affaire, puisque nous avons été élevé dans ce pays pendant notre jeunesse et que nous avons do nos propres yeux vu la vérité, nous avons ordonné aux deux parties de se présenter devant nous pour la seconde fois. Vous, vous avez comparu, ainsi qu'il vous avait été prescrit, mais eux, sans se faire excuser, ne sont pas venus. Une troisième fois, nous les avons convoqués, ainsi que vous, pour la Saint-Luc; mais, cette fois encore, ils n'ont tenu aucun compte de notre invitation. Vous vous y êtes rendus; vous êtes restésquinze jours à Rome et avez attendu les chanoines de Saint-Êtienne au delà du terme ; ils ne sont pas venus et n'ont envoyé aucune réponse. C'est pourquoi il a paru à nos frères les évèques, cardinaux, archevêques et abbés, qui se trouvaient avec nous, que les chanoines de Saint- Étienne cherchaient un subterfuge pour que cette affaire ne se traitât pas devant nous, qui connaissions leur fourberie et lajus- ') tice de vos droits. Aussi, du commun accord de nos frères et en vertu de notre autorité apostolique, nous déclarons nul le titre de maternité qui avait été surpris à notre prédécesseur, ordonnant ) que désormais il n'ait aucune valeur et aucun effet, et que, dans tout le diocèse de Besancon, l'église Saint-Jean possède seule à l'avenir la dignité du siège épiscopal et d'église cathédrale, comme elle l'a possédée dans les temps anciens.... Si les chanoines de Saint-Étienne ont la témérité de contrevenir à notre décision, nous vous donnons la permission, très cher frère Anseric, archevêque de Jiesancon, et à vos successeurs, de faire justice de leurs personnes et de leur église, jusqu'à ce qu'ils aient donné satisfaction ('). »
L'église Saint-Jean devint donc, à partir de ce jour, la seule cathédrale de Besançon. La bienveillance constante ({uc Calixlo 11 lui témoigna rend très vraisemblable l'opinion cpie j'ai émise au commencement de sa biographie, savoir qu'il fut sans doute élevé dans les écoles du chapitre de cette éghse (V. Mais si la question était
(1) Bullaire, n" Q^l et 283, l. I, p. 377 et 408; — J.-L., ii" finSô et 6955 (5081). (?) V. p. 6.
DU rAPE CALIXTE II. 137
tranchée, la rivalité entre les deux chapitres n'en persista pas moins jusqu'en 1253, époque où ils furent réunis (i).
Roger, comte de Sicile, qui devint plus tard roi d'Italie, avait envahi la Calabre et la Fouille, pendant un voyage à Constantinople de Guillaume, duc de ces provinces. Guillaume avait coudé au pape la garde de ses terres en son absence. Roger vint assiéger Rocca Nicetbro, actuellement Rocca Falluca, forteresse située non loin de Catanzaro ('-'). Calixte envoya le cardinal Hugues lui demander de lever le siège, mais Hugues échoua. Il mourut, avec d'autres cardinaux et personnes de l'entourage du pape. Après un dénouement aussi tragique, Roger aurait obtenu de Calixte à demi mort tout ce qu'il voulut. Telle est la version de Pandolphe (3).
D'après la chronique de Tretaberne, le pape aurait essayé de rétablir la paix entre le duc Guillaume et le comte Roger (4). Romuald de Salerne donne le même renseignement, mais en ajoutant qu'il n'y réussit pas (^). C'est à Nicastro que Calixte lit cette tentative de paix. Il nous apprend lui-même qu'il y séjourna quinze jours pour ce fait; il y était le 9 décembre, jour où, à la demande du roi Louis
(1) Cf. l'abbé Richard, Histoire des diocèses de Besançon et de Saint-Claude, p. 313-319. — Cette décision fut notiliée aux évoques suffraganls de Besançon par une bulle également datée de Tarenle, le 10 novembre 1123. {Bullaire, n" 418; — J.-L., n° 7083 (5148).
(?) Le 21 décembre, Calixte écrivit de Calanzaro à Pierre, évèque de Scylla, et à Hugues le Rouge, ùe rendre la forteresse de Rocca Falluca à l'évêché de Tretaberne. {Bidlaire, n" 2()4 et 265, t. 1, p. 383 et 384; — J.-L., n"' ti937 et G93S.) — Le 6 janvier suivant, de Rossano, il ordonne au même Hugues d'obéir à Jean, évêque de Tretaberne. [Bullaire, n° 270, t. I, p. 391 ; — J.-L., n' 6942.)
(3) Nara cornes Rogerius de Sicilia tune, nunc autem Italiœ rex, Calabriam et Apuliam ideo licenter intraverat, (juoniam Guillelmus, Apuliae dux, ut acciperet Alexii, quondam imperatoris Gonstantinopolitani, filiara, quae non postea ei data est in uxorem, Bizanlium iverat et lerram quee ei competit domno papaî in euudo commiserat. Gunique jamdiclus cornes arcem de Calabria, quœ Nuceforis dicitur, obsiderot, domnus papa ad eum ut ab obsidione cessaret, domnum Hugonem cardinalem direxit. Ivit cardinali.^ et infecte negotio rediit; papa autem in comitem tali ornine surgit quali et parentes post eum, sicut ipsi vidimus, erant insurrecturi. Nam fere omnes cardinales meliores quos habuit in temporibus iilis, sed et magnum Hugonem, cardinalem nobilem et industrium, mortuos eum non paucis ex domesticis perdidil, et demum quicquid voluit ipse comes Rogerius eum papa semivivo peregit. (Pandolphe, dans Watterich, t. II, p. 116; et dans l'abbé Du- CHESNE, p. 302-803.)
(4) Dans Watterich, t. II, p. 145.
(5) Ibid.
le Gros, il confirma la réunion des deux évèchés de Noyon et d e Tournai, avec siège à Noyon (i).
La dédicace de l'église de Catanzaro, fondée par le comte Raoul de Loritello et la comtesse, sa femme ('), qui fut faite par le pape vers la fête de Noël, attira dans celte ville une grande affluence. La bulle dans laquelle il fait part de celte cérémonie porte les souscriptions de quarante-huit cardinaux, archevêques, évêques et abbés, presque tous delà région (^). Pendant qu'il était à Catanzaro, il confirma les privilèges et les possessions de l'église de Melito (4'. Il reçut aussi une requête de Jean, évêque de Catanzaro, qui réclamait certaines possessions qui avaient appartenu longtemps à son église et avaient été attribuées indûment à l'église de Tretaberne. Calixte, voulan 1 s'assurer de la légitimité de ses revendications, fit convoquer à Crolone, pour le mois de janvier, une réunion d'évêques et d'abbés de la Calabre, qui seraient chargés de juger l'affaire. Il semble avoir présidé cette assemblée {->).
Les tentatives, aussi persévérantes que nombreuses, faites par Calixte pour faire reconnaître en Angleterre l'archevêque d'York, Thurstin, comme métropolitain, ne furent pas couronnées d'un succès complet. S'il était considéré et traité comme tel, ce n'était que par un petit nombre. En Ecosse, les évêques, lorsqu'ils étaient élus, se faisaient donner la consécration épiscopale par l'un d'entre eux, sans vouloir se faire sacrer par l'archevêque d'York, dont ils étaient les suffragants. Calixte, bien résolu à en finir avec tous les obstacles qu'il rencontrait de ce côté en Ecosse, écrivit au roi de ce pays, Alexandre, à Jean, évêque de Glasgow, et à tous les évêques du royaume, de reconnaître Thurstin comme métropolitain ; il ordonna aux évêques de se faire sacrer par l'archevêque ou, en cas d'impossi-
(1) Bullaire, n° 263, l. I, }). u82; — J -L., u" 6936 (307 I).
(2) Chronicon Trium Tahernarum, dans Ughelli, Italia sacra, l. IX. p. 364, et dans Watterich, t. II, p. 145.
(3) Bullaire, n' 267, t. I, p. 386: — J.-L., u" 6940 (5073).
(4) Ibid., W 266, t. I, p. 385; — J.-L., n» 6839 (5072).
(5) ....Ibique Joannes, Gatenconsis episcopus, fuitot ilerum de sua parochia roquisivit privilégia.... .\udiens autem apostolicus Galixtus quod episcopus Joannes divisiones et terrainos suœ parochiai ila evidenter nominando, pelierat certissimam rei veritatem, et hoc cognoscerc cupiens omnes fere calabros episcopos et abbates apud Grotonem coadunare jussil. {Chronicon Trium Tabernarum. dans Ughelli, Italia sacra, L IX, p. 364, cl dans Watterich, l. II, p. 145-146.)
bilité absolue, avec sa permission. Les lettres qu'il écrivit à ce sujet sont du lo janvier et datées de Tarenle (i).
C'est sans doute l'ensemble de ces mesures qui engagea Raoul, archevêque de Cantorbéry, à adresser au pape un long mémoire dans lequel il se plaint des torts résultant pour lui et son église de la consécration de Thurstin, archevêque d'York (2).
Nous trouvons Calixte, le 26 janvier, à Aquaviva, où il donne une bulle pour l'abbaye de Saint-Denis ("0 ; le 28, à Bitonto, d'où il confirme les possessions de Saint-Germain-des-Prés W\ entin, le 18 février, à Bénévent, où il accorde un privilège à l'abbaye Saint-Florent de Saumur (•'i).
C'est pendant que Calixte II était à Bitonto que Suger, accompagné de l'abbé de Sainl-Germain-des-Prés, vint le trouver de la part du roi Louis le Gros, au sujet de certaines affaires du royaume. Il l'ut reçu avec beaucoup d'honneur par le pape, en considération du roi el de l'abbaye à laquelle il appartenait et à cause de l'affection personnelle que Calixte avait pour lui. Au moment où il revenait en
(1) Pro episcoporum, qui in luo sunt regno, presumptioae atque pro venerabilis fratris Thurstini, Eboracensis archiepiscopi, negotio alias ad le jam litleras misimus, nec exaudili sumus. Quamobrem nobilitatem tuam.... precipimus ut regni fui episcopos sese invicem consecrare absque metropolilani licentia nullatenus permiltas. Cum aulem ecclesiarum opportunitas exegerit, ad melropolilanum suum, Eboracenscm videlicet archiepiscopum, electi reverenter accédant et aut per ejus manum aut, si nécessitas ingruerit, per ejusdem licentiam, consecrationem accipiant. Cui nimirum arcliiepiscopo et illos et leipsum lanquam patri et magistro luimiliter obedire apostolica authoritalc precipimus. (Lettre au roi Alexandre, Bullaire, n" '271, t. I, p. ;i92 ; — J.-L., n" 694a (5074). — .... In tantam, uti accepimus, suj)erbiam elevatus es, ut metropolitano tuo, Eboracensi archiupiscopo, nec pro noslro ctiara precepto professionem volueris exhibore. Gontemtus hujus pertinaciam nos diutius pati non posse pro certo cognoveris. Propter quod repelita tibi preceplione precipimus ut Eboracensem ecclesiam.... recognoscas matrem luain et venerabili fratri nostro T. metropolitano tuo professionem exhibeas. (Lettre à Jean, évêque de Glasgow, Bullaire, n" 272, t. I, p. 393; — J.-L., n° 6944 (5075). — ....Iterala vobls apostolicae sedis prfBceptione mandamus ut.... pracdictum fratrem nostrum Eboracensis ecclesitc archiepiscopum, metropoHtanum vestrum impositiini coguoscatis eique reverentiam et obedientiam impendatis. Porro ecclesiarum electi ad eura pro consecrationis susceptioae tanquam metropolitanum suum accédant... (Lettre aux évoques d'Ecosse, Bullaire, n" 273, t. I, p. 393 ; —J.-L., n» 6945 (5076).
(2) Appendice au Bullaire, n° fi*.
(3) Bullaire, n» 274, t. I, p. 394; — J.-L., a» 6946.
(4) Ibid., n» 275, t. I, p. 395; — J.-L., n- 6947 (5077).
(5) Ibid., n" 277, t. I, p. 398; — J.-L.. n° 6949.
France, il apprit, en même temps que la mort d'Adam, son abbé, décédé le 19 février, son élection au siège abbatial de Saint-Denis. Cette élection avait été faite sans que le roi eût été consulté ; il en fut lort mécontent. Suger ne savait pas s'il devait accepter et braver ainsi la colère du roi ou en appeler au pape. La nouvelle que Louis le Gros l'agréait pour abbé de Saint-Denis le tira de sa perplexité, et il revint en France (•).
(1) Suger, Vie de Louis le Gros, éd. Molinier, p. 'J6-'J7.