INTRODUCTION. XI
jura, et avec lui le peuple de Rome, de ne jamais laisser lire un pape sans Tordre de l'empereur. La liberté des élections pontificales était dès lors confisquée au profit de l'Empire.
C'est encore Henri III qui, le 25 décembre 1047, fit choix, pour succéder à Clément, de Damase II (Poppo, évêque de Brixen), lequel, arrivé à Rome le 16 ou le 17 juillet 1048, y mourut le 3 août suivant; de Léon IX (Bruno, évêque de Toul) et de Victor II (Gebhard, évêque d'Eichstaedt). Tous ces papes, on le voit, étaient d'origine allemande, mais leurs actes n'eurent rien que de conforme aux intérêts de l'Église.
L'élection d'Etienne X, qui suivit de près la mort de Henri III, aurait pu changer la face des choses. Elle était la première faite librement, depuis onze ans. Etienne n'était pas, comme ses prédécesseurs, inféodé à la politique impériale; loin de là. Suspect à Henri III, qui avait voulu autrefois se saisir de lui, il devait désirer le succès de son frère Godefroy, duc de la basse Lorraine, et plus tard de Toscane, qui convoitait le trône d'Allemagne. Il n'est pas douteux que si la mort n'était venue frapper Etienne prématurément, il n'eût fait tous ses efforts pour assurer la couronne à Godefroy. Alors la querelle des investitures était ajournée pour longtemps, peut-être pour toujours étouffée dans son germe.
Moins canonique fut l'élection du successeur d'Etienne, Benoît X, car il avait acheté à prix d'argent les voix qui l'avaient porté au trône pontifical. Il ne tarda pas à avoir un compétiteur en la personne de Nicolas II, choisi par le roi Henri IV et promu et confirmé en Toscane, dans une assemblée que présida Hildebrand. Cette assemblée condamna le pontife simoniaque, qui dut se retirer devant la force.