XII INTRODUCTION
Nicolas devait en grande partie la tiare à Hildebrand; aussi se prèta-t-il admirablement aux projets de réformes que celui-ci avait conçus. Une expérience récente et plusieurs fois renouvelée venait de démontrer à Hildebrand que, dans le nombre de ces réformes, il en était une à laquelle il fallait d'abord arriver : à la liberté de l'élection des papes. Le mode suivi jusque-là, et qui consistait à faire ratifier par l'empereur le suffrage du clergé et du peuple romain, malgré les apparences de garantie qu'il présentait, ne pouvait que donner des résultats fâcheux, dont le plus certain serait de laisser, en dernier ressort, l'empereur le maître absolu des élections. Dès lors, les vertus et les talents nécessaires au chef suprême de la chrétienté n'étaient plus d'aucun poids dans le choix du pape; ils ne tenaient pas lieu d'une soumission aveugle à l'empereur et à sa politique. C'était à bref délai la germanisation de l'Église.
Afin de remédier aux dangers de cette situation, Nicolas ou, pour mieux dire, Hildebrand fit convoquer à Latran, pour le 13 avril 1039, un concile auquel assistèrent cent treize évêques. La question des élections pontificales y fut longuement discutée, et il fut pris des décisions qui rendirent à l'Église seule le droit d'élire les papes; on maintenait pourtant le consentement du peuple romain. Hildebrand venait de remporter un succès qui devait vivement l'encourager à poursuivre ses autres réformes. Ces décisions ne tardèrent pas à recevoir une première application, quand Alexandre H fut appelé à remplacer Nicolas H; mais aussi cette élection fut le signal d'un schisme, de désordres et de luttes sanglantes provoqués par la nomination de l'antipape Cadalous ou Cadolus, qui prit le nom d'Honorius n. Henri IV, son chancelier Guibert et ses conseillers