‹ Histoire du pape Léon xiiChapitre 12 sur 37 · COMPOSER DANS CETTE VILLE ET A MUNICH. TEMOIGNAGES · texte numérisé non relu

COMPOSER DANS CETTE VILLE ET A MUNICH. TEMOIGNAGES

d'allégresse donnés en FRANCE. EN ANGLETERRE,

l'^VÊQUÉ d'h ALLIA 'ANNONCE DES JOURS HEUREUX A

- l'Église. Ihecohnaissancb du pa^e envers sÉvÉRbLi.

SYMPTOMES d'opposition A ROME DE LA PART d'uN ETRAN-

GER. RAVAGES CQM9IIS PAR LES BRIGANDS QUI INVESTOIENT LES ROUTES. PROJET d'eNVQYER EN MISSION D^NS CE PAYS LE CARDINAL PALLOTTA.

A TOUT inststnt OU se demandoit quelle serpit la dispQsitipu définitive du Pape pour le gran4 ministre qui avoit dirigé si long -temps les afiaires de Rome, A une des messes officielles célébrées dans Saint-Pierre, Consalvi remplissait les fonctions de cardinal-diacre chargé 4^ porter le calice au Pape. Plus d^un étranger.

venu là dans un biit profane, se promettoit d^épier les mouvemens de tous deux.

On admipoit la dignité du maintien de Son Emihence, qui, en même temps, ne manquoit jamais d^élég^nce. Au montent fixé, le cardinal prit la sainte Hostie sur Taulel, Fêle va trois fois en la montrant au peuple , puis la déposa avec la patène entre les mains du sous-diacre, qui la porta au trône du Pape. Arrivé là, le sousdîàcre se rangea à la gauche du Saint Père, le cardinal-diacre prit ensuite le calice, Péleva trois fois, ainsi quHl avoit fait pour THostie, et descendit les marches de Tautel. L«^espace à parcourir pour porter le calice jusqu^a^ trône , est assez considérable ; il faut marcher à petità pas, tenant des deux mains le calice élevé, s^avancer danstine entière confiance, soutenu par les maîtres dés cérémonies, sans voir même les tapis qui couvrent les dalles du temple. On ne peut pas dissimuler que des prgtestans, présens à la cérémonie , semblèrent chercher à découvi'ir dans les traits du Pape et de Pancien ministre,, quelques traces d^émotion et des souvenirs humains de tant d^efforts de Topposition pour favoriser naguère un autre choix, et peutêtre ailleurs des joies de triomphe; mais le visage du Pape étoit calme et bienveillant, celui du cardinal satisfait et soumis , tous deux

en même temps absorbés dans la grandeur du mystère sacré.

A rapproche du cardinal, le Saint Père se prosterna, puis, se tenant debout entre le diacre et le sous-diacre, il se frappa la poitrine trois fois, et reçut de leurs mains, pour communier, rhostie et le calice ; le diacre retourna ensuite à Fautel, y prit un ciboire d'or, et le porta avec la même solennité jusqu'au trône, où le Tape alors distribua lui-même la cpmmunion aux personnes . qui sont admises à Thonneur de communier de la main du souverain Pontife (i).

Toutes les cérémonies de Tintérieur étoient terminées ; il n'y avoil plus qu'à procéder au couronnement en public. -Le jSaint. Père parut à la grande loggia de Saint-Pierre , devan le balcon qui domine la plus magnifique place de l'univers. Descendu de la sedia gestatoria^ il monta sur un trône à la vue d'un peuple immense, .pendant que l'on chan toit : « Corona

(i) Le chevalier Italirisky, de la rellgioiugreciipie séparée, minûtre de Russie^ élbit dans les tribunes du corps diplomatique, et m'avoitdit : a Certainement, je me^ mettrai à genoux comme TOUS pendant la communion ; mais promettez-moi de m'âider à me relever, car mes quatre-vingts* ans m'en empêchent, ce lorsque je l^BÎdai à se remettre sur pied , il me dit tout bas, apparemment pour me remercier et réjouir mon arae catholique : ce Mon Dieu ! » mon Dieu ! comme ils ont élé beaux tous les deux ! d Le bon vieillard, dans ce moment-là, ressentoit nécessaireméiitune grande estime pour la Cour romaine.

89 , HJSTOIJlfi [1823]

(H4rea supef^capui yus. n Le caidinai Fabrice Ruffo, premier cardipal-diacre, suivant son droit s^approcha pour couronner le Pontife, et plaça sur sa tête (i) le trirègoe, en disant : u Accipe ihiaxam tribus coroiiis omatam^ et scias te esse patrem principi^m et rç^m^ pastorem orbis^ xH^^^rjdyicQràun scdifatoris nostriJesu-Ckristi^ C14Î est hçnar et glo.ria m sœcula sœculorum. H Reçois la thisffe ornée ^e trois eouronues, et » apprends que tu es le père des princes et ))*(iesJrois, Je Pasteur de Vunivers, et sur la terre » le vicaire de notre sauveur Jésus-ijGhrist, à » qui sont dus honneur et gloiF0 dans les w siècles des siècles.. »*

Lç Pape alprs , portant la tiare en tête^ et restant ^sis, proppnça la formule suivante :

« Sancd apostoli Pelriis et Paulus, de quorum potestcue, » et auctoritate confidimus, ipsi intercédant pro nobis ad » Ddminurri, {Amen.) — Precibus et meritis beatœ Marîœ *» semper f^irginis, beati MichaeHs Archangeli , beati » Joannis BapUstœ, et SS. apostolorum Pétri et Paidi, et

(1) Le cardinal Ruffb, affligé d'un ^and âge, marchant péniblement et tout courbé, avoit ^té sa mitre que tenoit son caudataire. au moment de procéder au courqnnement y le cardinal ne la trouvant plus, ^'agitoit, et, malgré son empressement^ ne pou voit s'approcher du trône, la tête nue, lorsque le voisin naturel du premier diacre , le cardinal de La Fare, dernier des prêtres, lui prêta sa mitre. Le peuple, qui vit ce mouvement, dit tout do suite que c'étoit la France qui avoit couronné Léon XII.

» omnium Sanctorum, misereatur vestrt omnipotens Deus, et » dimissis omnibus peccatis vestris, perducat vos Jésus » Christus ad viiam œternam, {Amen,)

u Que les saints apôtres Pierre et Paul, dai^s la puisn sance et dans l'autorité desquels nous nous confions, » intercèdent eux-mêmes pour nous auprès du S^- >» gneur ! — Que par les prières et les mérites de la » bienheureuse Marie toujours .Vierge, du bienheureux » Michel Archange, du bienheureux Jeaiï-*Baptiste et » des saints apôtres Pierre et Paul, et de tous les Saints, » le Dieu tout-puissant ait pitjé de vous, et qu'après » vous ayoir remis tous vos péchés, Jésus-Christ vous ■ conduise à la vie éternelle ! » •

Ici le Saint Père éleva davantage la voix.

tt Indulgeniiamy absftli^tionem et temissionèm omnium » peccatorum vestrorum, spatlum verœ etfructuosœ poeni- » tentiœ^ cor semper pœnitens , et emendationem vitœ, gra- » tiam et consolationem ^ancti Spiritus et finalem perseue^ » rantiam in bonis ^peribus tribuat vobis omnipotetis et mi" » sericors DomimjLs; {Amen,)

M Que le Seigneur tout-puissant et miséricordieux >» vous accorde l'indulgence, l'absolution et la rémis- » sion de tou3 vos péchés : la durée d'une véritable et >» fructueuse péûîtence ; un cœur toujours pénitent ; - l'amendement de votre vie, la grâce et la consolation »> de l'Esprit saint, et une finale persévérance dans les » bonnes ceuvres ! » •

Le Pape, lisoit cette formule dans un livre soutenu par un éyêque assistant.

Au moment précis où la bénédiclion devoit êti*e donnée, le Pape se leva, et, imprimant encore plus de force à sa voix, au milieu du silence universel , il fit entendre ces dernières paroles avec la majesté d'un souverain Pontife et la tendresse d^un père (i) :

u Et bençdictio Dei omnipolentis PeUris f, et Filii "[•, et » Spiritus *]* sancU descendat super vos et maneat s^mper. n {yimen,) »

« Et que la bénédiction du Dieu tout-puissant, du » Père t, et duïlls f, ei.du Saint f Esprit, descende sur m vous et y demeure toujours ! »

On sait que la bénédiction se donne ainsi :

Après le mot benedictioj le Pape fait trois signes de croix sur- le peuple, et quand il prononce les mot$ descendat super vos et maneat semper^ il élève les inains au Ciel, les ramène sur sa poitrine, et ensuite il s^asseoit. •

Nous, placerons ici un petit détail de famille qui ne ser^ pas hors de propos. Quelle que soit Féïévation du caractère d'un personnage qui est promu subitement à une haute dignité, le souvenir de famille , surtout celui qui ne doit jamais dégénérer en népotisme, .est un sentiment naturel , opportun, moral et digne d'une

(i) Tous les prêtres connoissênt cette formule : je la transcris ici pour les hommes du monde qui ne la connoissênt pas aussi bien.

belle ame. Le Pape chérissoit avec tendresse sa sœur Catherine, mariée dans la maison Mongalli, et il ordonna- qu^ un courrier allât lui annoncer la promotion d'^un frère qu'acné aimoit avec la plus vive tendresse. Ces mouvemens de prédilection de la nature sont si doux ! n'envions pas le bonheur quHls procurent, même quand ils attesteroienl une préoccupation qui tiendroit à la foiblesse du sang ou à la satisfaction du sqccès !

La ville de Bénévent, cette ville qui a d^autant plus de patriotisme qu^^elle est ' enclavée dans une terre étrangère, la patrie.du cardinal Pacca, ténioigTia sa joie par les vers suivans :

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