LEONI XII P. O. M
Hœe urbs lU qnondam Nono dilecla Leoni
Sit tibi, Sancte Paler, nam tibi nomen idem,
Dwina et virtus Petrtque excelsa potestas ; Ac meritis fulges ^ pectore , mente pari ^
Pluribus ut regiies simul et melioribus annis A4 quœ en lœta offert vota precesque Dec.
A Munich, au milieu d^un transparent, on lisoit : Léo ^ XII nçn desiderio hominuth^ sed voluntate Dei : Ecce vicitLeo ex tribu Juda. Léo et o^is sîmul môrabunt^r. (Pétri Ep. i, c. iv;
ISAÏ. XI, f. 6. )
93 HISTOIRE [18i3]
£a Bavière, à propos de la prédiction de Malachie, qui annonçoit, pour ce règne, ces motSyCams et coluber^ un poète publia les vers suivans :
Cognita sunt cunctis célébrés prœsagia vatis ;
Et canis et coluber PapafiUurus erit, FaBeris etfallis, mi vates, namque vreatiii
Ntm canis aut coluber {\), Papa , sedecceLèo.
(i) A existe une prétendue prophétie attribuée à saint Malachie. On prétend d'abord trouver, d'après une suite de mots latins énig^ niatiqaet, une idée du lieu de naissance et du caractère des Papes, depuis Célestinll, Pape en ii43, jusqu'à Clément XI, Pape en 1700» n est probable* que ces énigmes ont été comiwsées à peu près à cette dernière époque, et non pas par saint Malachie, pieux archevêque d'Armagh, qui ne s'occupoit pas de semblables futilités. 11 y a, ai effet, un rapport assez frappant ei^tre quelques-unes de ces énigmes et le caractère de quelques Papes, de 1143 à 1700. Cela n'a pas été difficile à constater, si l'on a inventé les énigmes après les fiiits. L'auteur, quel qu'il soit , donne ensuite d'autres énigmes applicables aux Papes futurs. Léon XII , neuvième successeur de Clément XI , est annoncé , dit-on , par cette éiiigme : Canis et coluber. Le poète bavarois a raison de dire que cela ne peut s'appliquer à un pape Lion, Le faux prophète a mieux deviné, si l'on veut, pour Pie VI , qu'il appelle Peregrintuc apostolicus. Ce peut être une allusion au voyage à Vienne. Pie VII , huitième successeur de Clément XI , est annoncé par ces deux mots : Aquila rapax. On a voulu voir là Napoléon et son aigle. Toutes ces prédictions ne sont qpe des frivolités indignes de l'histoire \ car enfin , si mr religiositë, qui tombe précisément au règne de Pie VIII , s'applique bien raisonnablement à ce pieux Pontife', vir reHgiosus peut aussi s'appliquer & tous les autres Pontifes passés et futurs. Mais que signifie ex halneis Etruriœ , pour personnifier Grégoire XVI ? (^u'y a-t-il de commun entre les hains (fEtrurie et les courageux efforts du Pape pour défendre les dogmes et l'auto-
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Voici d^autres vers :
Urèem olim clamor complef^erat : Hannibcd ante
Portas ! ac eheu! territa Romafuit^ Ecce novi insurgunt clamores : Hannibal intrà
Portas ! et mirum ! gaudia Rama capit.
Nous parlerons plus bas avec quelques détails des témbignages d^allégressé donnés en France ; ils se rattacheront aux affaires ecclésiastiques du pays.
Les félicitations qui arrivèrent de Londres furent cordialement accueillies, et répandirent la joie dans Rome. L^évêque d^Hallia annonçoit des jours heureux à TEglise ; il ordonnoit qù^on rendît d^abondantes grâces à Dieu dans tous les oratoires, parce qu^il connoissoit là fermeté du Pontife et ses vues d'amoUr et de protection pour les Eglises reléguées au milieu des épines, de Vwraie et des roùhers insensibles des sectes et de leurs réformes. 11 finissoit par dire que la succession des Pontifes éloit une démonstra-
rite de la sainte 'Eglise ? jEncore si. Fénigme eât. porté les agiota Paêtor ttugelicuSj mais ils appartiennent %i:| Pape qui pourra régner en 1900, puisque le Petiior angelicus ne Cloit être que le 6^ successeur de Grégoire XVI. Encore une fois, quoique quelques personnes parlent sérieilsefnetat à Rome de ces rapprocbemens inyentés après coupf ou applicables a tous les^ Papes, en forçant le sens des mots, il faut avertir les jeunes gens jet les esprits sérieux de ne pas perdre leur temps à ces Inutilités.
tien étemelle qui proiivoit combien le siège de Pierre étoit le fondement de la colonne de vérité, et oflfroit à tons les siècles le flambeau inextinguible de la foi.
On ne tarda pas à savoir que la reconnoissance de Léon XII pour le cardinal Sévéroli, ne s^attachoit qu^à trouver des occasions de se manifester. On s^accordoit à dire que son palais étoit le canal des faveurs et des grâces ; mais , comme toujours, les exigences viennent quelquefois refroidir Peffiision de la gratitude la plus dévouée. Cependant Léon XII ne fut pas ingrat un seul jour jusqu^u moment de la mot*t de Sévéroli , qui survécut peu de temps à sa défaite et à la revanche courageuse qu^on avoit prise en son nom.
Bientôt on apprit que le Pape avoit nommé une congrégation d^Etat composée de cardinaux pris dans les trois Ordres, et qui auroit quelquefois, disoit-on, la prétention de gouverner directement les affaires sous tme couleur zelante. Plus tard, il sera question de cette congrégation, et nous dirons ce qu^elle devînt c[uand elle. eut à lutter d'^abord contre Popposition des cours, et ensuite contre les efforts réunis du Pape et du cardinal délia Somaglia. D'un autre qi^,* quelques étrangers, et même des personnes ' considérables dans PËtat , et
moins clairvoyantes que M. le chevalier Itarlinski, croyant servir le cardinal Consalvi, témoignoient de la froideur au succcesseur de cette Eminence. Le cardinal délia Somaglia opposoit à cette conduite désobligeante,' .d^ caresses , des prévenances , et toutes les ressources d^un esprit jaloux de se rendre agréable par tous les genres de services les plus délicats, ou par des entretiens affables, enfin par le ton de dignité que donnent à un .gi*aiid seigneur un âge avancé, et au besoin le costume splendide de la pourpre. Il cherchoit à se concilier les frondeurs et à les ramener au ton de paix et de concorde indispensable pour le^bien des affaires ; mais ces mécontens chagrins, qui ne ménageoient pas le Pape, ménageoient encore moins le» nouveau secrétaire d^Etat. Ces procédés étoient déraisonnables. A la tète de ce parti de mauvaises paroles, figuroit (on aura peine à le croire ) une espèce de diplomate tout-à-fait sobal terne, et se. trouvant momentanément à Rome sans xnission positive ; car on ne Vy reconnoissoit pas comme consul de son pays, qui d^ailleurs auroit eu peu dMntérêts de commerce à Y défendre. Cet homme vouloit composer des satires à la manière des Romains ; jamais Pasquin calomnié ne s^étoit montré plus mal en veine y et n^avoit parlé avec moins de malice sa
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belle langue. On lui faisoit dire que tout étoit devenu ordini, contrordini et dùordùn. 11 étoit vrai que des hésitations avoient pu être remar* qûé^; cep€lxidaiit, pour la cour Romaine, qui en général attend, exanïine, décide ctd referen-^ durrij fait examiner sa décision, lamodiiSe, sou^met encore sa modification à un examen plus attentif, il y avoit peut-être nécessité de renoncer pour un temps à sa lenteur réfléchie.
^ Des brigandfi répandus dans la campagne de Rome inquiétoient par une insolence inaccoutumée. Mal punis sous le dernier gouvernement, tour à tour arrêtés, contenus, déportés dans d^autres provinces, puis, présomptueux, d^utt pardon qui sembloit forcée ils vouloient traiter d^égal à égal. Ils envoyoient leurs députations déguenillées imposer des lois aux villes; ils exigeoient presque des otages*. Une sorte d^esprit public dirigé à faux par des calculs étroits, accordoit une protection conditionnelle à ces agitateurs^ dont le nombre se grossissoit tous les jours. La peur, cette lâche conseillère, refroidissoit les. bonnes intentions des gouverneurs de cantons et de leurs lieutenans. Malheureusement cet étranger qui se plaignoit tant , n^avoit d'autres sociétés que celles des autres étrangers qui, arrivant par des routes diverses, racontoient les dangers du voyage.
Au milieu de ces douleurs, il falloit apporter un remède actif et prompt: Léon Xllle comprenoit mieux que personne dans ses Etats. On dit que le cardinal Sévéroli lui conseilla de charger d^une n^ission à la fois pacifique et militaire le cardinal Pallotta , homme vif, courageux , plus disposé naturellement h, recomiQandei: des mesures de rigueur que des calculs de. réserve^ d^habileté douce et de clémence raisonnée. Léon XII se proposoit de modérer le zèle du chef d\ine entreprise fort difficile, parce qu^elle devoit être délicatement conduite. On obtint quelque succès sans réussir complètement, en employ.ant d^abord des officiers expérimentés ; au total on posa les bases d^un arrangement futur et définitif qui doit à jamais honorer le milieu du règne de Léon XII.