CHAPITRE X
LE ROI LODIS XYIII ÉCRIT A LEON XII ^ POUR LE FELICITER. . PASTORALE DE M. LE CARDINAL DE CLERMONT-TONNERRK. IL DEMANDE DES MODIFICATIONS LEGISLATIVES RELATIVE- MENT AU CLERGE. DIVERSES FEDILLES ATTAQUENT LAPAS-*
TORALE. M. PICOT, REDACTEUR DE iJjMI DE LA REU*
G ION ET IfU ROI, REPOND A CES ATTAQUES. M. COTTRET, CONCLAFISTE DE S. E, ET DEPUIS EVEQUE DE BEAUVAIS, A VOIT COMPOSÉ EN PARTIE LA PASTORALE. LETTRE d'uN ITALIEN DOMICILIÉ EN FRi(NGE, SUR LES RÉSULTATS DU CO^fGLAVE. RÉPONSE DE LOUIS XVIlI ' AUX FÉLICITATIONS Dl^ LÉON XII SUR LES SUCCES DES FRANÇAIS EN ESPAGNE. MANDEMENT DE l'ÉVÉçUE d'oRLÉANS^MS^^ DE BEAURE6ARD. IHANDEMENT DE MS*^' LOUIS LAMBRUSCHINI , ARCHEVEQUE DE GÈNES. FÊTES EN ESPAGNE ET EN BELGIQUE. FÉLICI- J:ATI0NS venues du levant et du NOUVEAU-MONDE.
Cependant le roi Louis XVIIl avoît reça la lettre qui lui notifioit Favénemenr du nouveau Pape. Sa Majesté écrivit à Sa Sainteté la lettre suivante :
tt Très-Saint Père,
» J'ai éprouvé la satisfactiou la plus parfaite en rccevant la lettre par laquelle Votre Sainteté m'informe de son élévation sur la chaire de Saint-Pierre. Mes vœux les plus ardcns se trouvent accomplis par cet lieureux événement. Gonnoissant les éminentes vertus
el ies luimères supërieoi'es de Yotre Sainteté^ j'ai la conviction la pl^s intimeque Je goiivei neiueut de l'Eglise sera dirigé par elle avec l'esprit de justice, de modération et de charité qui caractérise le Père commun des fidèïès. EQë jpgera ^ns doute que ces sentimens qui sont <cUns«on cœur, âoht le p1,us -sûr, ihoyen d'accroître lebi^n dé notre sainte leligion, de perpétuer l'honnçur du Saint Siège, et de contribuer essentiellem'ent à la tranquillité et au bonheur 4u monde entier. Auinié des mêmes intentions que les rois, mes prédécesseurs, . je me plais A déclarer à. Yotre Sainteté, qu'en ma qualité de fils aîné de l'Eglise, je regarde 4X)mn^e un devoir de justifier ce titre glorieux, que fài reçu avec la couronne, en employant la puissance que la divine Providence m'a" confiée, à seconder autant qu'il me sera possible les pieuses intentions qui dli'îgeron.t Votre Sainteté dans le^ soins de son gouvernement. Je charge inon cousin le' duc* de Laval-MontmorenCy, mon ambassadeur' extraordinaire près le Saint Siège, de vous présenter cette lettre, et je lui recommanda de ne sien négliger pour se concilier l'estime et la confiance de Sa Sainteté. J'ai lieu d'espérer qu'il y réussira ; ayant pu apprécier depuis lûng-teihps «es talens,son caractère et les qualités personnelles qui le distinguent. Je prie Votre Sainteté de l'accueillir avec bienveillance., et d'ajouter une créance et une foi entière à tout ée q\i'il lui dira de nia' part, surtout lorsqu'il lui exprimera les vœux que je forme pour la gloire de- son Pontificat, et lorsqu'il cherchera à là convaincre de ma sincère aifection, ajtnsi que du tespect filiz^lavec lequel je suis.
Très -SAINT PiiRE,
De Votre Sainteté, le très-devot fils,
Pvi», le 14 octobre 1823. LOUIS. »
106 HISTOIRS .. [tSM]
Pendant quç cette lettre étoit écrite à Paris, on y envoyoit ' de Rome un document doût il est nécessaire 'de parler;
Le cardinal de Clermont->-T6nnerre^ archevêque de. Toulouse, crut devoir, adresser, de Rome même 9 à son clergé et aux fidèles desoù dioÊèseVune Lettre'pasterale. Nousi présenterons un extrait des points les plus imjiortans traités par Soi! Eminehce.
«< C'est di^ sein de cette ville appelée 'la fritte éternelle que nous vous adressons, !N.. T. Ç. F.,.no5instruc^oii6 et l'expression de nos sentimens. Avant de quitter ]^ capitale de la France pour nous, rendre dans la capitale du monde clirétien, nous voulions déjà vous faire çpanoître quelques dispositions particulières que npu^ avions.méditées dans l'intérêt de votre sahit qui jxox^ est si cl^er^et dont notre ministère nous fait un devoir sacrée mais le coup qui a frappé l'Eglise au moment même où nous concevions de nouvelle$ espérançes'pour la conservation de son auguste chef, ne nous a pas permis de vous laisser, avant notre départ, ces témoignages, de notre sollicitude e% de nop-e affection.
» G'est^donc dans le centre de l'unité catholique, dans cette ville arrosée du sang de tant de martyrs, c'est au milieu de ces beaux monûmens qui déploient à nos yeux toute Ja majesté de la religion, c'est dans le sein du Sacré Collège, environné des lumières et des. vieirtus de ce sénat illustre, c'est dans cette chapellç sainte, en présence des images révérées des douze Apôtres, près de ce trône vacant, qui nous annonçoit à la fois et le deuil
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et les besoins de l'Eglise ; c'est enfin dans* le conclave, a8Se(ii}]^:ipOur*; l'élection d'un nouveau Pontife, que npus avons médité derechef >çt pesé,, au poids dusanctua^re, les inteiltionspù nous étions, et le désir.que nous avons de mettre en ^vigueur des mesures non moins nécessaires .4ti'imjK>rtàntes pour lé* clergé et les fidèle^ de notre diôfeèsé^'" ' "
iNcNM YOul<nUB;!N/T.G. F.^ aut^int liju'il est en nous, y ^tf^'UnMi'^iwipiUAe ecclésiastique etle^dcoû commun, tels .qu'on les.ôbservjoit dans l'Eglise ^va^it les troubles et les funestes envahissemens de la révolution. Cette terrible catastropl>e nous a oté, il est vrai, les biens, les titrés, lès 4)rérQgatires temporelles que le' clergé possêdbît deptiis tiînt de siècles, n>ais elle» n'a pu enlever à FEglîâe te droit de se gouverner suivant les canons, et le pbuYbiBde^ çliofses humaines n'a pas'plus de prise sur Iji, djsçiyliiie.'dQ l'jElgUse (^i^e.sur. ses dojgines, sa morale et ses sacrçmens. • -
» No^s méditions donc^N. T. C. F., sur les objets les plus hfï|>ortatij'{)our le rétablissement de la discipline ecdésialrtique, IbMqùe la voix dé l'Esprit saint' sV^ fait eiitendre tout à èoup au miliejA de notre cénacLe, ^t le <iOB|L^d§ Iié^tfXIJ a jb;ejb@9ti çn cet instant dans les murs. 4e la iieine dep .çités^. 4h.I quelle a é,té no.tre joie, lorsque réuni à notre illustre coU^ue (Ms'' de La Fare)^ nous avons pu proclamer celui qu'avoleht appelé plusieurs foi» iios voeux étnotte suffrage, lorsque dans cette attèinbléé A)éme,.6À àvoit paru comtne l'un de nous, nous avçns pu l'appeler dudoux;nom.dePère, et recevoir les plus précieuses assurances 'de son attache- Qieji»tp.puf la France, pour, le monarque qui ep fait la filoire: enfin, pour vôtre premier pfistenr, et pour son troupeau : »
Le cardinal demande i^'dés -modificoÉianê^ ié» gislatwes qui mettent en hafUmoTrie ies'toid àt TEtat et la loi immuable de FEvaûgilé ; ^'^lè'rë^ tablisseihent des synodçfs diocésains * éÇ ' dés conciles provinciaux ; S"" la ^réha|;>ilit£(tioi| des
fêtes solennelles ; 4'' ^^ réhabilitiitioa cte>plii* sieurs ordres religieux; S"" lUndépendanoe ides ministres de la religion à Tégard.de leurs^Min
ordonnés. Tant que les prêtres éèk)tit rédùitir à attendre le patn qui leur est nécessaire, de ceux auxquels ils prêchent rEvangile,,le:jg[ïinîstère. des prêtres ser^ sans autorité et |eur& tij^v^f^l sans fruit : il est important que .les pËistéuIài reçoivent une' dotation •'conforme''à^la ^dignitéî de leur état, et qui les mette à même' di^ dàntrer des secours à ceux auxquels ils spn^'souVent obligés d'en demander .aiijou]r(J''hqij 6"^ le^^ tributions .des offici^lité^ métcopolijtaiiUes ejL diocésaines, réglées selon les canonisa et te^ connues par le gduvjevifement, dans tout ce qui a rapjpbrt aux matières coiitentieusés, a là validité ou à la nullité des mariages.
Enfin le. cardinal invo'quoit la ,s.uppressioa d'une ^wûe jABec.Iois^QrganiQuesj contre les^r quelles le Sainte Siège avoit Iqng-temps ré-* clamé. ' • '
Quelques journaux éclatèrent en reprocher au moment où Ton publia cette Pâstorâïe, Il f
eut à, Paris un défenseur très-habile et très-sage de la doctrine de Farchevêque de Toulouse.
M. Picot , rédacteur de V^mi de la Religion et duRoi(yoyez tbme xxxviii, page 369), opposa aux attaqués d^un critique amer des réflexions de- sang froid ; j^en rappellerai quelques- unes.
« Le critique est étonné et presque révolté que M. le cardinal demande quelques modifications dans nos codesl Maià ces modifications ne sont^-elléà pas réclamées depuis long-temps par de bons esprits? Des hommes même étrangers au clergé, n'ont-ils pas exprimé des voeux semblables? // / a, dit le critique, Irais millions de proteslàns en France y favdrQ.'i'il les réduire à Véiat de dégradation jst d^ ilotisme 'dans lequel ils ont si long^témps gémi? On reconnoit bien ici le ton d'exagération familier aui hommes de parti. D'abord il n'y a pas trois millions de protestans en France ; il n'y en a que sept cent mille, d'après un relevé fait par les préfets en 1819, soiis le ministère de personnes qui protégoient les prçtestans (1) ; ensuite, en quoi les protestans èeront-ils dégradés, si les catholiques se marient devant leurs propres prêtres? les premiers seront-ils opprimés, parce que les seconds iront foiiie bénir leur union à l'égUse, au lieu d'aller à la m^ailie?... Ya-t-il ensuite de l'ambition pour les pasteurs
(1) On jcissure aujourd'Hbi (184^) que, d'après de nouveaux' re,censemens faits avec une ardeur qui chercholt des augmentations, illi'yapasneafcentmillej)rotestansen France, et qu'il y a deux millions de caUiolIques de plus*
112 HISTOIRE ItS^]
à demander, que Içurs revenus soient l^es, au lieu d'être variables et dépendans àés circonstances? Le clergé français ne • pouiroit-ii pas, sans trop dfi présomptipn, solliciter les avantages dont jouit le clergé cf'Ângleterre? Les^ dotations de çelui-cî sont-elles contraires à la liberté; et les pasteurs anglîcâtis opprîlAent-ils 1^ citoyens, parcb qu'ils ont défs revenus assurés? Il ne s'agit pas d'augmenter les impôts, mais de convertir en dotations fixes destraitemens sujets à mille chances. , .
«Nous pourrions ajouter, que quand .M. le cardinal de Clermont-Tonnerre a parlé de l'indépenc^Emce des prêtres, il a spécifié, le sens '4e ce vœu. Il n'a p^ç demandé que les prêtres fussent indépendans de l'i^utorité des lois, des magistrats ; il a voulu dire, il a dit : qu'il étoit à désirer que les prêtres jie dépendissent pas, pour leur traitement, de leurs propres paroissiens, et ne.fussent pas obligés de solliciter des secours de ceux mêmes qu'ils doivent conduire dans les voies du salut ; et l'on voit en effet combien (îette dépendance peut nuire .au. succès de leur ministère. »
La Pastorale de M. de Clermont-'fonnerre fut déférée au conseil d^Ëtat , et nous verrpns que d'^autres démarches du même archevêque furent détioncées par le. ministère aux tribunaux de I^aris.
Nous aurons occasion de revenir sur cette affaire i Je me bornerai à remarquer ici quW a accusé à tort M. de Clermo»t-Tonnerre d'^avoir caché à la Cour romaine la Pastorale dont il est
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qaesdoD ; elle fîit montrée «au Pape et à quel->ques-iins de ses conseillers , et imprimée avec lés permissions nécessaires. Jemçrappelle même en avoir parlé a,vec 'M. Cottriat, boucla viste du cardinal. Cet ecclésiastique d^un talent distingué et d!une piété éclairée^ mort dernièrement dans son évêché de Beauvais, nenioit pas la part qu'il avoît prise à la rédaction de cette pièce. Il reste à examiner l'opportunité de cettô publication, et le danger qu'on couroit à la faire arriver ainsi d'u pays étranger pour la jeter eii France, coomie si Ton p'osoit pas à Toulouse faire entendi*e d^ fiaroles qui contrarioient les pas-r siens de^ partie. L'occasion de s'exprimer avec plds'de détails sur ceUè question ne tardera pas à s'offrir, ►
De toutes parts, en Europe, on avoit lés yeux fixés sur Rome. La nouvelle de l'élection Q'étoit point parvenue partout arvec autant de rapidité qu'à Paris, où Tavoit portée le télégraphe de la ville de Lyon, Dans ce temps-là, un courriel^ à cheval* pou voit aller de Rome à Lyon, en uitpetl moins de quatre jours. Alors un .Italien domicilié en France écrivit, d'un lieii où l'avénement n'étoit pas encore cojinu, quelques mois <{ui circulèrent même au Vatican, et qui tendoîent à rassurer les couronnes contre toute menace ' d'entreprises ultérieures des zelantù
L^événement a prouvé que ces quelques mol$ étoient une exacte vérité.
•ce Quand ma kttre arrivera,* il e»t ppssil^le. que vous ayeas uii Pape. Quel sera-t-il? je n'en sais rien. Et que fera-t-il, et que pensera- t-îl? Je crois en vérité qu'il ne le saif pas |jlus que moi^ et c^est ce qui peut lui arriver de mieux, car s'il s'imagine trouver dani ses antécédens, dans les impiilsioné qu'il areçues» soitde ses sentioiensy soit de ses opinions, ou soit des sentioiens et des opinions .d'au trili, divers motifs de -se tracer d'avance une règle générale de conduite, il s'exposera certainement à faire de bien grandes et' de* bien dangereuses finîtes ; mais je ne crois pas qu'un Italien, et un Italietfdéce temps, soit capable d'en faire dépareilles» Il y a des gens que le temps use, d'autres qu'il émousse, d'aubes qu^il abat; quant snx ItaUens^le temps lés aiguise. Ils entrent fort habiles, grâces à leur naturel, dans les maux c|M temps ; ils ne sont que plus affilés quand ils en sortent. »
Le même correspondant écrivoit après avoir connu la nomination de Léon XII : '
« Je YèvÈ écrire à mon aise sur cette nominaûon inattendue, qui toutefois est fort à mon gré^ et qui, ^i je ne me trompe, sera un peu plus tôt, un peu plus tard, plus au gré de ceiix qui n'y ont pas contribué, qu'au grè de ceux qui l'ont faite. Il y a, à là suite de teb événemens, des mécomptes qui né sont particuliers ni à Rome, ni à cette circcmstance. Ils sont, dans ce temps, partout, le résultat de toute* les haute» nomi-
natioilfl. Les partis s'efforcent pat toutes sortes de moyens, d'élever aux places'les hommes de leur choix, et une fois parvenus, ceux-ci trouvent un horizon qui les éclaire de nouvelles lumières, ib voient avec dé nouveaux yeux et gouvernent avec de nouvelles viies ; les amis surviennent et left. excitent ; mais les pérQs sont là ; ils sont présens, nfenaçans ; il faut choisir entre l'ingratitude çt le malheur, . ou même le crime de maji faire, de s'exposer, d'exposer l'Etat : un honnête liopime en pareil cas est affligé, mais n'est pas embarrassé du choix qu'il doit faire. Yoilà l'avenir de l'histoire du Pape que vous avez aujourd'hui.' »
Tout cela, depuis le commencemeut jusqu^à la fin, sera vrai pour Léon XII : il se livrera d^abprd.aux aipis; il accueillera feurs vœux avec empressement.: mais peu à peu il s^éclairera, et tout engardant la phis grande partie des dispositions dans lesquelles il est arrivé, il laissera agir le cours de la nature, Teffet de récompenses absoluitient suffisantes; il ne renoncera pas à la pratique' sincère des grandes et nobles Vertus, il contractera des amitiés nouvelles et dévouées ; ces amitiés, dans le sens des intérêts qui vont naître, viendiront au secours du Pontife ^ il n^ sera pas cbupsd>le d^ngratitude, et il méditera la gloire de tenir le gouvernail d^une main ferme au milieu des orages, et d^accomplir ho- QorablexQÇfot son dévoir, sans les avoir; imprudemment bravés.
Le Pape s^ëtoit etopretôé d^adresser' au ni Louis XVIII deâ' feUcitations sur les beurieux succès de nos animes eu Espagne, qui dévoient rassurer tous les gouvememens amis de la paix, voulant Tgrdre ehe^ eux, et^ naturellement aussi* chez les autres ; car le bon 4>rdre, . chez soi s^ulement^'n^a jamais suffi.
Le roi avoît lu avec attention diverses biographies cLes cardinaux présens au conclave; Le cardinal deUa Genga, après le cardinal Castiglioni ti le cardinal délia Somaglia, s^ troutoit traité 'avec un sentiment indirect de préférence. On avoit surtout fait remarquer qu^il étoit connu à Paris. Le roi désira que Fon expédiât promptement sa réponse aux félicitations du Pape. Nous la donnerons ici tout entière.
Tk^s-Saint Père ,
«* Rien ne pou voit m'étre plus agréable que la lettre
|MLr laquelle Votre Sainteté m'adresse ses félicitations
sur les événemens qur ont amené la délivrance du roi
d'Espagne. La divine Providence a visiblement prô-
iêgé la cause des rois'^ en couronnant mes elfiforts daàs cette entreprise. C'est donc à' telle que nous devons adresser nos actions de grâces pour des bienfaits aussi signalés y et qui ont. concouru également a xnain tenir la légitimité des trônes et l'avantage de notre sainte religion dans la péninsule. Je forme, comme Votre Sainteté, les vœux les plus ardens pour que la justice et la modération garantissent à toujours l'E^
pàgne, du rcytour de9. malheurs et deç excès qui Yofï% si cruellement affligée. Espérons que Dieu exaucera ces vœux, et qu'il maintiendra son ouvrage en assurant le repos et le bonbisur de l'Europe entièrç. Je ne puis terminer cette lettre sàn3 faire connoitrç à Votre Sainteté combien je suis touché des sentimens qu'elle m'exprime pour ma famille, et en particulier pour le duc d'Angoiilême. Ce ^gne fils de mon choiiC a justifié toute 'ma confiance, et s'il a mérité les élog^ de. Votre -Sainteté et les miens, c'est -pour s'être conduit aveb sagesse, et en* guerrier chrétien, dans le commandement de mes *arméea*en Espagne. Je saisis s^vee un véritable plaisir cette, occasion pour renouveler à Votre Sainteté les assurances de la sincère afr ieciipn et du respect Qiiàl) avec lesquels je suis,
Très-Saint Père, .. ,
. . I>e Votre Sa^ntetéj le très-dévpt fils,